MARTHE ET MARIE

Grande synthèse des réponses au problème du mal

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Grande synthèse des réponses au problème du mal

Message par Ubu le Mer 30 Mai 2007 - 3:35

Ok, soyons sérieux un petit moment. Je voudrais faire avec vous l'inventaire des réponses connues au problème du mal.

On va se limiter au mal naturel. Le mal naturel n'est pas causé par le libre arbitre de l'homme. Il inclut la plupart des maladies, les catastrophes naturelles, plusieurs blessures, les accidents, etc..

Première réponse: Le mal sert à nous punir de nos mauvaises actions. Il y a une justice immanente. Mais bien sûr, il y a des innocents qui souffrent.

Deuxième réponse: Le mal est nécessaire pour qu'on ait conscience du bien, car le bien ne s'expérimente que dans un contraste avec le mal. Mais n'y aurait-il pas un excès de mal? Et est-ce juste de répartir inégalement les souffrances?

Troisième réponse: Le mal sert à nous faire mûrir spirituellement. Si on accepte le mal, il nous fera grandir et on deviendra plus mature et plus sage.

Quatrième réponse: Le mal sert à tester notre foi. Dieu nous envoie des épreuves et on sera d'autant plus honorable qu'on aura résisté à ces épreuves et persisté dans la foi.

Cinquième réponse: Le mal est nécessaire pour qu'un plus grand bien arrive. Par exemple, s'il n'y avait pas eu de misère, on n'aurait pas eu nos saints, qui ont fait preuve d'un comportement admirable. De même, le mal donne l'occasion à plusieurs personnes de devenir des héros. C'est une opportunité pour déployer notre bonté. De même, la mort est nécessaire pour que la vie sur terre en général puisse subsister. La souffrance est nécessaire pour nous avertir qu'on court un danger.

Sixième réponse: le mal est une conséquence nécessaire de l'ordre de la nature. Du moment que la nature existe, il ne peut qu'y avoir certains maux. Cette réponse suppose que la création de la nature était une bonne chose et qu'elle justifiait les maux qui y sont présents. D'une certaine manière, cette réponse se réduit à la réponse précédente.

Septième réponse: Le mal est un mystère. Dieu a une bonne raison pour permettre le mal, mais nous ne le comprenons pas. Réponse facile qui a peu d'intérêt, notamment pour ceux qui, dans la souffrance, ont une conscience aiguë de la contradiction avec la bonté de Dieu, et c'est une réponse qui refuse le dialogue.

Huitième réponse: Dieu n'est pas tout à fait omnipotent. Il fait de son mieux, mais il était au-delà de son pouvoir de créer un monde parfait. Cette réponse nous fait sortir du monothéisme!

Neuvième réponse: Le mal est causé par des démons. Ah oui, et qui a créé les démons? Pourquoi donner tant de pouvoirs aux démons? Notons que cette réponse tente de réduire le mal natural au mal moral.

Dixième réponse: Le mal prouve l'existence de Dieu, parce que si on perçoit des choses comme «mauvaises», on possède un standard du bien et du mal. Mais en quoi consiste ce standard? D'où vient-il? La réponse est que ce standard est objectif et ancré dans la nature de la source de tous les biens, Dieu. Cette réponse n'écarte pas la possibilité que Dieu soit méchant, au moins partiellement. En plus, le problème du mal est un problème dans la cohérence interne d'une vision du monde. Elle n'implique pas qu'on croie en les théories de cette vision du monde.

Onzième réponse: on a déjà prouvé l'existence de Dieu, donc il faut que le problème du mal ait une solution, même si on n'est peut-être pas assez malins pour la trouver ou la comprendre. Oui bien sûr, mais je doute de ces preuves, et puis c'est une chose de prouver une cause première ou un vague «designer», et c'en est une autre de prouver la providence.

Douzième réponse: Dieu est le maître suprême. C'est lui qui fait les lois. Il ne nous doit rien. Nous lui devons tout. Dieu exerce sa justice comme il lui plaît. Donc si Dieu ordonne le meurtre, ça devient une bonne chose? Vraiment? Et d'ailleurs si ce qui est bon, c'est ce que Dieu veut, le concept même de bonté perd son sens. Le bien doit avoir une réalité indépendante de la volonté.

Alors voilà. Connaissez-vous d'autres réponses?
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Grande synthèse

Message par Elisoune le Jeu 31 Mai 2007 - 18:17

Me vient à l'esprit en lisant ce post cette parole de St Paul :

"Le bien que je voudrais faire je le ne fais pas, le mal que je ne voudrais pas faire je le fais".

Le mal est en nous j'en conclus et sans la grâce de Dieu nous ne pouvons rien.... je crois que dans l'être humain la volonté de faire le bien est forte mais le mal depuis le péché originel est en nous et c'est sans cesse que nous devons lutter contre nos penchants....

Mais on sait y arriver car Jésus dit : "Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait".

Nous sommes appelés à tendre à la Perfection... dans mon cas ce n'est pas demain la veille Rire mais j'essaie.... chaque jour est un jour nouveau ... sunny :panda:
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Re: Grande synthèse des réponses au problème du mal

Message par Ubu le Jeu 31 Mai 2007 - 18:30

Oui...

Mais ici il est question du mal naturel.
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Re: Grande synthèse des réponses au problème du mal

Message par saturnales le Ven 1 Juin 2007 - 15:58

Encore cette foutue volontée d'attribuer un sens au "mal naturel"...
rien que le terme de mal naturel est franchement orienté. s'il n'est de mal sans intentionallité, pourquoi le fait de se prendre un pot de fleurs sur la tête au détour d'une rue serait il plus "malin" que de ne pas le prendre du tout ? Ca n'a rien a voir non plus avec le péché originel.

je me répète mais, cet écart de langage tient encore du fantasme prénatal d'une béatitude extatique ... Faut choisir : être pleinement vivant et s'opposer aux contraintes ( l'autre, le hasard, la souffrance), ou toujours regretter ce temps ou nous étions "entiers"

Le nourisson aime a faire "disparaitre" l'autre : l'autre c'est lui-même, en absence de temporalité percue, il n'est que dans le flux héraclytéen de l'actuel, il répond toutes les souffrances par un même cri à l'attention de la providence ( les parents, ou autre chose...). De ce fait il se décharge du poids de l'altérité du monde. Cet eden , dont nous avons tous fait l'expérience, nous le quittons des lors que nous entrons dans la sphère du langage. En revenche, nous y gagnons l'identité.

faut s'y faire, la souffrance est une idiotie ( du grec idiotes : qui n'a pas de sens, pas de visée), et peut être que si nous nous plongions davantage dans toute l'absurdité que consiste le fait d'être vivant, nous devriendrions plus libres encore.

Donner un sens a la souffrance, c'est encore crier, prier, nier la vie.
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