MARTHE ET MARIE

PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

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PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Lun 1 Oct 2007 - 11:45

J'ouvre un dossier sur un monument de l'accompagnement spirituel : le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, carme mort en 1967, fondateur de la communauté nouvelle "NOTRE DAME DE VIE"



De son expérience d'accompagnateur spirituel, il a écrit un livre qui est une synthèse du livre des demeures de sainte Thérèse d'Avila et de l'oeuvre de saint Jean de la Croix : "JE VEUX VOIR DIEU".


Ce livre peut être une bonne entrée en matière avant d'aborder l'oeuvre de sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix.

Je vais essayer de rassembler le plus de renseignements possible sur le net pour vous faire connaitre un de ceux qui ont eu une importance considérable dans ma vie Wink
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Lun 1 Oct 2007 - 11:58



Père Marie Eugène

Henri Grialou (1894-1967)


Encore enfant, il s’oriente vers le sacerdoce. Après la Première guerre mondiale où il expérimente la puissante protection de Thérèse de l’Enfant-Jésus, il reprend ses études au Séminaire de Rodez, y témoignant d’une profonde vie spirituelle. La découverte de saint Jean de la Croix lui révèle sa vocation au Carmel de la Réforme thérésienne où il entre au lendemain de son ordination sacerdotale, le 4 février 1922. Il prend le nom de Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus.

Fortement saisi par la grâce prophétique et mariale du Carmel dans son double mouvement de contemplation et d’action, le Père Marie-Eugène pressent très tôt sa mission : comme carme, puis comme fondateur d’un institut séculier, il servira passionnément son Ordre et l’Église.

Dès les débuts de son ministère, il s’emploie à diffuser la doctrine spirituelle des Maîtres du Carmel et, convaincu de l’actualité de l’héritage de Thérèse de Jésus (Thérèse d’Avila), il travaille à renforcer la vitalité des Carmels de France, dont il est nommé Visiteur Apostolique par Pie XII en 1948. Dans l’Ordre, il assume diverses charges parmi lesquelles celles de Définiteur Général (1937-1954) et de Vicaire Général (1954-1955). Il sera, à sa mort, Provincial des Carmes Déchaux d’Avignon-Aquitaine. Son maître ouvrage, Je veux voir Dieu, synthèse des richesses doctrinales du Carmel, nous livre sa propre expérience spirituelle.

Appelé par Dieu à transmettre sa grâce à un grand nombre d’hommes, il fonde à Venasque (Vaucluse, France), en 1932, l’Institut séculier Notre-Dame de Vie dont les membres, laïcs et prêtres, veulent témoigner du Dieu vivant et le révéler aux hommes de notre temps. Son désir est d’ouvrir à tous les chrétiens, en plein monde et dans la vie ordinaire, les chemins de la contemplation et de la sainteté.

Il passe sur l’autre rive de la Vie le 27 mars 1967, un lundi de Pâques, jour où lui-même aimait célébrer la joie pascale de Marie, Mère de Vie.


Repères Chronologiques P. Marie-Eugène

1894 2 décembre, naissance d’Henri Grialou, au Gua (Aveyron),
13 décembre, baptême.
1904 Mort de son père, Auguste Grialou.
1905 Septembre, entrée à l’École Apostolique des Spiritains à Suse (Italie).
1908 Entrée au petit Séminaire de Graves (Aveyron).
1911 Entrée au grand Séminaire de Rodez.
1913-1919 Sous les armes.
1919 Retour au grand Séminaire de Rodez.
1922 4 février, ordination sacerdotale.
24 février, entrée au noviciat des carmes à Avon.
1923 Voeux temporaires.
1924 Au couvent de Lille.
1925 Directeur de la revue Carmel.
1926 11 mars, voeux solennels.
1928 Prieur au couvent du Petit Castelet, Tarascon.
1929 Rencontre de Mlle Marie Pila et de ses deux compagnes.
Elles seront les premiers membres de l’Institut Notre-Dame de Vie.
1932 Installation du groupe près du sanctuaire de Notre-Dame de Vie (Venasque).
1932 Prieur d’Agen.
1936 Prieur de Monte-Carlo.
1937 Définiteur général de l’Ordre à Rome.
Érection du groupement de Notre-Dame de Vie comme
Fraternité du Tiers-Ordre carmélitain.
1939-1940 Mobilisé.
1946 Retour à Rome.
1948 Visiteur apostolique des Carmels de France.
1948 Érection de l’Institut séculier de droit diocésain « Notre-Dame de Vie ».
1949 Parution de Je veux voir Dieu.
1953 Organisation de la fédération des Carmels de France.
1954 Vicaire général de son Ordre.
Fondation de l’Institut aux Philippines.
1955 Retour de Rome en France.
1957 Élu provincial d’Avignon-Aquitaine.
Fondation de l’Institut en Allemagne.
1960 Constitution d’un groupement sacerdotal de Notre-Dame de Vie.
1961 Érection du groupement sacerdotal de Notre-Dame de Vie comme Pieuse Union.
1962 Reconnaissance de l’Institut Notre-Dame de Vie de droit pontifical (branche féminine).
Organisation de la branche masculine de Notre-Dame de Vie.
1963 Réélection comme provincial d’Avignon-Aquitaine.
1966 Nouvelle réélection comme provincial.
En décembre, grave maladie.
1967 Le 27 mars, lundi de Pâques : Entrée dans la Vie.
1973 Reconnaissance de l’Institut Notre-Dame de Vie par le Saint-Siège comme formant un seul Institut séculier de droit pontifical à trois branches autonomes.
1985 Ouverture, à Pâques, de la cause de béatification du Père Marie-Eugène par l’Archevêque d’Avignon.


www.carmel.asso.fr/-Marie-Eugene-de-l-Enfant-Jesus-.html+marie-eug%C3%A8ne+de+l%27enfant-jesus&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr" target="_blank" rel="nofollow">LE CARMEL EN FRANCE
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Lun 1 Oct 2007 - 12:33





Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus

Pourquoi une année sur le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus ? Pour le père François-Régis Wilhélem, il ne s’agit pas tant de célébrer le fondateur de Notre-Dame de Vie que d’essayer de percevoir comment son charisme peut éclairer les grands chantiers de l’Église aujourd’hui.

Interview du père François-Régis Wilhélem [28/09/2007]


- Comment définir le charisme du fondateur de Notre-Dame de Vie ?

- Il est à découvrir à travers les multiples facettes de son enseignement, qui est très riche. Je veux voir Dieu est une véritable “somme” de vie spirituelle, mais il existe également de nombreux enregistrements dont la publication a commencé. Parmi les aspects essentiels de son charisme, il faut noter la place centrale accordée à l’Esprit Saint. Il se situe bien dans la tradition du Carmel qui, à l’imitation du prophète Élie, oriente constamment vers la docilité à l’Esprit Saint. Il s’agit donc de chercher à s’ajuster à Dieu tant dans la contemplation que dans l’action. Une telle docilité suppose une expérience personnelle de l’Esprit Saint. Le père Marie-Eugène éclaire ce chemin difficile.

- Que peut-on dire des “relations” du père Marie-Eugène avec l’Esprit Saint ?

- Il y aurait tellement à dire ! Citons, entre autres, cette confidence qu’il fit trois mois avant sa mort à la cofondatrice, Marie Pila, sur les débuts de sa vie religieuse, alors qu’il était novice au carmel d’Avon. "L’année du noviciat fut l’année des fiançailles, des manifestations de l’Esprit Saint. Tout un jeu de flammes, de feu. Et je racontais tout à mon Père-Maître qui n’y comprenait rien. Quand je lui ai parlé d’une mission de Dieu, il m’a répondu : “Soyez un bon religieux.” Moi, j’étais fou d’amour. Je ne voulais que de l’amour. Je ne demandais que de l’amour."

- Il a vécu une effusion de l’Esprit ?


- Tout dépend ce que l’on entend par là. Toute grâce de Dieu est effusion de l’Esprit Saint. Mais, en cette occasion et en bien d’autres au cours de sa vie, on peut le dire en effet. Il qualifiera plus tard son expérience du noviciat de « Pentecôte vécue » et avouera que toute sa vie a été basée sur la connaissance de l’Esprit. C’est vraiment sa personnalité de grâce.

- Vous faites un rapprochement entre les quarante années du Renouveau charismatique et le quarantième anniversaire de la “naissance au Ciel” du père Marie-Eugène (27 mars 1967), pourquoi ?


- Le 12 janvier 1967, sur son lit de mort, le père Marie-Eugène a comme prophétisé : « Après ma mort, l’Esprit Saint éclatera avec une puissance extraordinaire. » Je suis maintenant convaincu que cette prophétie ne concernait pas seulement sa fondation, mais la vie de l’Église. En effet, en février 1967 apparaît aux États-Unis le Renouveau charismatique catholique ; auparavant les textes du Concile avaient déjà redonné toute sa place à l’Esprit. Et voici que de manière inattendue surgissent des groupes de prière et des communautés nouvelles. Leurs membres, bouleversés par l’expérience de l’effusion de l’Esprit, désirent vivre leur baptême jusqu’à la sainteté et exercer les charismes pour le bien de l’Église. Cette dynamique est en réalité un formidable appel d’air en direction de la vie “mystique”, autrement dit une vie chrétienne effectivement conduite par l’Esprit. Je pense que le père Marie-Eugène est un des maîtres spirituels de cette grâce ecclésiale de Pentecôte.

- Comment articuler vie mystique et vie charismatique ?

- La vie charismatique n’est pas un tout en soi. Elle ne prend sa véritable signification qu’en étant reliée à la vie de foi, d’espérance et de charité qui constitue le cœur de la vie chrétienne. Le père Marie-Eugène montre ce lien et développe en outre le rôle essentiel des dons du Saint-Esprit pour la croissance spirituelle.
L’un des enjeux théologiques et pastoraux pour le Renouveau est de situer clairement la vie charismatique en dépendance de la vie théologale.

- Et concernant l’expérience spirituelle, que peut-il nous apporter, aujourd’hui ?

- Dans le Renouveau, il arrive que l’on parle « d’expérience de l’Esprit Saint » sans un discernement suffisant. Le père Marie-Eugène propose un certain nombre de critères extrêmement éclairants. Il écrit par exemple : "On a tendance à identifier vie mystique et expérience mystique, action de Dieu par les dons du Saint-Esprit et expérience de cette action comme si elles étaient inséparables. Cette confusion est la source d’erreurs pratiques importantes. Il est évident en effet que l’action de Dieu par les dons est nettement distincte de l’expérience que nous pouvons en avoir, si bien que la première peut exister sans la seconde." Principe lumineux. Ainsi, quand Dieu nous dispense une grâce, "on expérimente ni Dieu ni son action, mais seulement les vibrations produites par cette action divine" (Je veux voir Dieu, page 314 et s.). Autre exemple. Dans la ligne de la tradition carmélitaine, le père Marie-Eugène insiste sur le fait qu’une authentique expérience de Dieu peut s’accompagner d’une grande sécheresse intérieure, d’un sentiment de profonde pauvreté, voire d’épaisse obscurité. Les figures d’une Thérèse de l’Enfant-Jésus ou d’une Mère Teresa montrent la pertinence d’un tel enseignement. Aujourd’hui, le père Marie-Eugène apparaît comme un homme de discernement, qualité plus nécessaire que jamais !
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Lun 1 Oct 2007 - 12:56

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Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, un maître pour apprendre à se livrer à l'Esprit

Par le Père Louis Menvielle




Il définira la vocation comme "une harmonie entre l’être et la vie". On trouve sa vocation lorsque les aspirations profondes de l’être, dues au tempérament, l’histoire et la grâce de Dieu, pressentent qu’elles s’épanouiront dans le cadre de vie concret du sacerdoce diocésain ou d’une consécration au sein de telle famille spirituelle.

Au noviciat, il se plonge dans l’oraison qui "est en quelque sorte le soleil et le centre de toutes les occupations de la journée". Les trois dispositions fondamentales pour attirer le don de Dieu et entrer dans la contemplation sont : le don de soi, l’humilité, le silence. Il s’y livre avec ardeur, et l’Esprit Saint l’entraîne dans les profondeurs de son mystère : "Au début de ma vie religieuse, je crois avoir été saisi par l’Esprit Saint, puis en plusieurs circonstances, d’une façon vigoureuse et absolument certaine".

L’Esprit Saint se fait alors connaître au Père Marie-Eugène comme "la lumière au sein de la Trinité sainte, l’amour unissant le Père et le Fils et l’agent de toutes les opérations d’amour de la Trinité sainte", écrira-t-il à un ami, le 2 avril 1923.

"Je veux voir Dieu"

Il vivra désormais dans l’intimité de l’Esprit Saint. Comment l’expérimente-t-il ? Parfois de façon très subtile, ainsi qu’il le chante en un texte fameux. D’autres fois, l’Esprit lui fait expérimenter les relations mêmes qui unissent les trois personnes divines : "Dans la Trinité sainte, j’étais placé entre le Père et le Fils, dans leur spiration*, leur amour, leur joie qu’est l’Esprit Saint. L’amour du Père !! C’est ineffable !". Expérience des sommets, intimité qui pourrait nous étonner, mais à laquelle nous sommes pourtant tous appelés, simplement parce que nous sommes baptisés et donc promis aux arrhes de l’Esprit Saint (cf. Ep 1, 13-14).

Le Père Marie-Eugène est livré à l’Esprit parce qu’il est un apôtre et que l’Esprit est le grand agent divin qui construit l’Église. "Dans notre grâce, nous avons parfois une intimité avec une personne divine. Nous, nous sommes apôtres, nous marchons davantage avec l’Esprit Saint". Car il ne voit pas comment on peut travailler dans l’Église sans une docilité à l’Esprit, d’où cette phrase lapidaire : "L’action personnelle qui n’est pas accomplie sous l’action de l’Esprit Saint n’est pas vraiment catholique".

"L’Esprit Saint m’a toujours contrarié, mais en mieux"

Agir sous l’action de l’Esprit n’est pas commode. C’est un chemin de foi : "Comme le bon Dieu est transcendant, on ne sait jamais ce qu’il veut". Il faut donc bien faire des projets, prendre des décisions raisonnables, mais "en appelant l’Esprit Saint, et se tenant prêt à ce qu’il détruise tout. Bien souvent il commence par contredire [notre manière de voir]". Alors, il faut marcher dans l’obscurité, en réalisant son devoir d’état quotidien ; "Ensuite il y a sa lumière qui est une certitude". Ici, le Père Marie-Eugène parle d’expérience : "L’Esprit Saint m’a toujours contrarié, mais en mieux".


Comment est-il donc apôtre ? Il est jeune religieux lorsque Thérèse de Lisieux est béatifiée (1923) et canonisée (1925), et lorsque Jean de la Croix est proclamé Docteur de l’Église (1926). C’est l’occasion de beaucoup prêcher à des milieux très variés. Partout il perçoit la même avidité pour l’enseignement carmélitain sur la vie spirituelle. Ainsi s’explicite pour lui cette mission qu’il porte depuis longtemps : former des apôtres qui soient des priants et des témoins authentiques de Dieu-amour qui veut se donner ; des apôtres qui connaissent l’enseignement du carmel et qui aillent en plein monde rencontrer les hommes et les femmes pour les conduire aux sources jaillissantes de la vie divine. "Ma vocation est théologale, je suis fait pour conduire les âmes à Dieu."

Aussi, à Pentecôte 1929, lorsqu’il voit venir à lui Marie Pila et deux autres jeunes femmes désireuses d’être guidées dans leur soif de se donner, le jeune supérieur de 34 ans du couvent de Tarascon se dit intérieurement : "Les voilà !" Au fil des mois, car les germinations divines se font habituellement dans le temps et dans l’obscurité, l’idée d’un groupe et d’une consécration se précise, jusqu’à ce que la propriété de Venasque lui soit offerte. Alors qu’il la visite, la Vierge du sanctuaire se manifeste au fondateur comme pour l’accueillir et lui donner cette assurance, partagée à la sortie de la chapelle : "Oui, la Sainte Vierge nous veut bien là". L’institut sera marial autant que voué à l’Esprit, selon la grâce du carmel. Ce sera l’Institut Notre-Dame de Vie.

"Qu’importent les qualités naturelles !"

Demande-t-il des qualités spéciales ? "Qu’importent les qualités naturelles ! La grande richesse, c’est d’être saisi et transformé par l’Esprit".
La formation de ces apôtres consistera donc surtout à les livrer à l’Esprit, grâce à des temps de silence et de solitude, grâce à l’apprentissage d’une union vivante de la contemplation et de l’action, par l’oraison quotidienne et l’apostolat dans la vie séculière ordinaire. Des laïcs hommes et des prêtres diocésains viennent rejoindre le groupe féminin, et Notre-Dame de Vie devient un seul institut séculier à trois branches autonomes, auxquelles s’adjoint encore un groupe de foyers. Aujourd’hui 700 membres environ vivent en 18 pays.

Mais le fondateur reste carme jusqu’au bout des ongles. Il conduit sa fondation tout en occupant de hautes charges dans l’Ordre du carmel, à Rome et dans sa province. Pie XII lui demande aussi de visiter tous les carmels de France et d’organiser leur fédération. Il trouve encore le temps d’écrire "Je veux voir Dieu" son maître ouvrage. À la lumière des saints du carmel et de sa propre expérience, il prend le chrétien au début de la vie spirituelle et le conduit jusqu’au sommet de la sainteté. "Je veux voir Dieu" est un hymne à l’Esprit qui envahit le baptisé et le sanctifie pour en faire un apôtre au service de l’Église.

L’amour est l’unique prière qui vaille

"Je veux voir Dieu" est aussi un hymne à la charité, car son auteur a expérimenté le lien entre l’Esprit et l’amour. Se livrer à l’Esprit et grandir dans l’amour sont un même mouvement.
Pour plusieurs raisons : d’abord, "l’amour est répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous est donné" (Rm 5, 5). Et l’amour rend aussi accueillant à l’être aimé. Cette capacité réceptive de l’amour a un nom : ce sont les dons du Saint Esprit qui ouvrent à l’influence discrète - mais si concrète - de l’Esprit. Plus j’aime, plus les dons accueillent l’action de l’Esprit jusqu’à ce que je sois complètement éclairé et mû par l’Esprit, et donc parfait enfant de Dieu (cf. Rm 8, 14). C’est pourquoi le Père Marie-Eugène insiste sur l’exercice de l’amour, non seulement envers Dieu, mais également à l’égard des autres et dans le devoir d’état quotidien, bref à tout instant. Demander aussi l’amour : "C’est l’unique prière qui vaille". Que vise-t-il ? La transformation en amour, condition pour la fécondité spirituelle.

Lorsqu’il sent approcher sa mort, le Père éprouve le besoin d’exprimer ce qui lui tient le plus à cœur : inviter les chrétiens à se livrer à l’Esprit. Cela en deux écrits majeurs. Il s’agit d’un texte pour tous les prêtres qu’il dicte à Marie Pila alors qu’il est très malade et son testament :

"Que l’Esprit Saint descende sur vous, que vous puissiez tous dire, le plus tôt possible, que l’Esprit Saint est votre ami, votre lumière, votre maître. C’est le vœu que je forme pour vous et c’est la prière que je continuerai certainement pour vous pendant l’éternité !…"

Sa cause de béatification est en cours. Les enquêtes diocésaines sur les vertus héroïques et sur le miracle sont achevées et déposées à Rome.
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Arcanes le Lun 1 Oct 2007 - 13:02

"On a tendance à identifier vie mystique et expérience mystique, action de Dieu par les dons du Saint-Esprit et expérience de cette action comme si elles étaient inséparables. Cette confusion est la source d’erreurs pratiques importantes. Il est évident en effet que l’action de Dieu par les dons est nettement distincte de l’expérience que nous pouvons en avoir, si bien que la première peut exister sans la seconde." Principe lumineux. Ainsi, quand Dieu nous dispense une grâce, "on expérimente ni Dieu ni son action, mais seulement les vibrations produites par cette action divine"

C'est très intéressant.
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Lun 1 Oct 2007 - 13:17

C'est très intéressant.

Oui ! Wink ....Pour le moment, je cherche des articles plutôt biographiques et ensuite, je chercherai des extraits de "JE VEUX VOIR DIEU"
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 8:51



L’Esprit Saint, un ami !


Dans ces textes familiers, témoins de son expérience, le père Marie-Eugène donne quelques conseils pour découvrir l’Esprit Saint et son langage. Il nous aide ainsi à ne pas le confondre avec nos sentiments, à ne pas le tenir à distance, à nous placer librement sous sa conduite.


Dieu s’occupe de chacun de nous
« L’Esprit Saint a de la joie à être chez nous… C’est là notre trésor, notre richesse. Cet Esprit de Dieu, cet Esprit d’Amour qui est en nous et qui travaille en chacun de nous avec le même soin, avec la même puissance que pour l’Eglise tout entière. »

L’Esprit Saint fait l’Eglise
« L’Esprit Saint est l’architecte de l’Eglise. Nous, nous dépendons de lui et pour que notre travail soit efficace, il faut qu’il soit fait en collaboration avec l’Esprit Saint. Nous sommes les petits apprentis, nous lui faisons passer les outils, nous plaçons les pierres comme il nous le dit… Dans ce grand chantier, Dieu réunit des ouvriers pour construire l’Eglise. »

Il faut entrer dans le mouvement !
« L’Esprit est en marche. Nous ne sommes pas là pour le regarder courir : l’Esprit Saint, ce n’est pas le Tour de France qu’on va voir au sommet d’une montagne pour voir s’il marche bien ! Il faut se laisser emporter par l’Esprit ! Il faut entrer dans le mouvement ! »

Travailler avec l’Esprit Saint
« L’Esprit-Saint a besoin de notre docilité, de notre attention, beaucoup plus que de notre force. De la force, il en a, lui, la force infinie, et il nous en donnera si nous n’en avons pas. Il faut que nous soyons ouverts à l’Esprit Saint : voilà la première condition de notre vie spirituelle. »

L’Esprit Saint va chez les pauvres
« Sentir sa pauvreté, c’est la grâce des instruments de Dieu. Dites-lui : « je suis pauvre… ». L’Esprit Saint va chez les pauvres. Il vous aidera : Il ne demande pas mieux ! »

L’Esprit Saint

Qu’importent les qualités naturelles ! La grande richesse, c’est d’être pris par l’Esprit, d’être transformé par l’Esprit.

L’Esprit Saint trouve une joie immense dans le Corps Mystique qu’il va créer et construire. Il n’est pas seulement l’architecte de l’œuvre qu’il a conçue, il en est l’ouvrier, l’inspirateur dans tous les détails, il en est l’animateur, comme l’âme anime le corps.

L’apôtre qui doit être un collaborateur de l’Esprit Saint ne devient un apôtre parfait que lorsque l’Esprit Saint a véritablement pris possession de son âme.

Il ne s’agit pas d’aller où nous voulons aller, ni de réaliser ce que nous pensons le meilleur, notre œuvre, avec le petit rayon de lumière qui nous découvre l’avenir. Non, entrons dans le dessein de l’Esprit Saint, dans sa pensée, dans sa volonté, pour faire ce qu’il veut, réaliser tout son dessein.


L’amour comme grâce


La valeur chrétienne par excellence, c’est notre charité, c’est notre grâce baptismale qui est amour, c’est l’amour qui est notre grâce baptismale. C’est cet amour dont il faut se préoccuper, qu’il faut développer, lui qui fait notre valeur ici-bas et qui fera notre valeur d’éternité.

Quand on a pris conscience de sa grâce baptismale, du sceau qu’elle porte, de la lumière qu’elle donne, de la direction qu’elle imprime, des espérances qu’elle donne, on a une ancre dans sa vie pour son âme.

À l’âme enrichie de la grâce, Dieu se livre lui-même comme un ami et un père. À l’âme devenue son enfant par la grâce, Dieu découvre sa vie intime, sa vie trinitaire et l’y fait entrer comme une véritable fille pour la lui faire partager.

La vie spirituelle n’est pas autre chose que cette progression conquérante de la vie divine par envahissement progressif. La grâce est vraiment ce levain qu’une femme met dans trois mesures de farine.


Le Christ

Que le spirituel avide d’ascensions spirituelles ne cherche point d’autre voie que le Christ. Puisque le Christ Jésus nous a été envoyé pour nous indiquer la voie qui conduit à Dieu, et nous montrer en lui la perfection à réaliser, nous devons nous mettre à sa suite et modeler nos gestes sur les siens.

Considérer le Christ, l’imiter dans ses actes, dans ses pensées, dans ses sentiments et ses vouloirs, le suivre de Bethléem au Calvaire est la voie la plus sûre et la plus courte. Réaliser le Christ et le faire vivre en soi est la perfection la plus haute.

Souvent, à quelque degré de vie spirituelle que nous soyons, quelle que soit notre ferveur ou notre sécheresse, pour bien prier et pour apprendre à prier comme il faut, humblement et posément, récitons le « Notre Père », la prière que Jésus a composée pour nous.


Dernière édition par le Mar 2 Oct 2007 - 10:53, édité 2 fois
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 9:38



Prier, c’est rencontrer Dieu

Le Père Marie-Eugène fut un homme de prière. L’oraison unifiait sa vie. Il n’a cessé d’en enseigner les voies, revenant toujours à l’essentiel. Nous sommes faits pour Dieu.
« Dieu est Amour » (1 Jn 4,8)
. Il a de la joie à se donner.
« Echange d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec Dieu dont on se sait aimé » (Thérèse d’Avila)
, regard simple sur le mystère de Dieu manifesté dans le Christ Jésus, regard soutenu et animé par l’Esprit Saint, l’oraison est l’exercice premier de la vie divine en nous, le mouvement vital de la grâce filiale en notre âme. Elle n’est pas un exercice parmi d’autres : elle est le mouvement de la vie baptismale.



L’oraison est la rencontre de l’être vivant tel que nous sommes avec le Dieu vivant qui habite en nous : rencontre du Créateur et de sa créature, du Dieu Saint et de l’homme pécheur que la grâce rend capable d’amour filial. Mystère de nos relations personnelles avec le Dieu-Trinité, temps fort de notre vie de baptisés, l’oraison comme rencontre nous porte à rechercher la présence divine au milieu de nos occupations quotidiennes.

L’oraison est un contact vivant. Notre part, indispensable parce que libre, est de recueillement, d’orientation de tout notre être vers cette présence, invisible et obscure, mais réelle et agissante de Dieu en nous. L’important, c’est d’établir un contact vrai et vivant avec Dieu.


Or,
« la foi donne Dieu »
, nous dit Jean de la Croix.

C’est une vérité évangélique. La foi de la femme malade fait tressaillir Jésus.
« Qui m’a touché ? »
. Cette foi lui « arrache » une force qui guérit.
« J’ai senti qu’une force était sortie de moi » (cf. Lc 8,43-48)
. Notre acte de foi, foi vivante qui espère et aime dans la pauvreté sentie et l’impuissance, fait tressaillir Dieu. La foi touche Dieu. Et Dieu se donne. Lui-même. Il a de la joie à se donner.

Notre collaboration dans cet échange d’amour qu’est la prière d’oraison est une collaboration de foi. C’est un regard de foi, regard sur Jésus, regard persévérant sur l’obscur de son mystère, regard nourri de prière vocale, de lecture, de méditation peut-être, ou simplement de silence. Que le contact se fasse dans la joie ou la tristesse, la ferveur ou la sécheresse, l’activité ou l’impuissance, l’enthousiasme ou l’écrasement, peu importe. Au-delà du senti, Dieu se donne. Ce regard de foi, que l’Esprit Saint perfectionne peu à peu en simplifiant son exercice, crée une intimité de plus en plus profonde avec Jésus. Il fait entrer dans ses sentiments. Il fait découvrir l’Église de l’intérieur. La fidélité du regard, voilà ce que Dieu attend de nous. Car c’est dans l’oraison que son Amour se donne, prépare ses instruments, forge ses témoins. Dans l’oraison, Dieu fait les saints.

¤
¤¤¤¤¤
¤


Joies et difficultés de la prière


Nous avons beau savoir que la prière est vitale…notre élan se heurte chaque jour à des obstacles, intérieurs et extérieurs. Conseiller spirituel familier des difficultés de la route, le père Marie-Eugène ne donne pas de recettes : il ouvre les perspectives essentielles et nous encourage à persévérer !


La joie de Dieu : nous combler En cette époque d’indifférence générale à l’égard de Dieu, où tout le monde cherche le paradis ici-bas, Dieu cherche des âmes partout, n’importe où, et il leur donne autant qu’elles espèrent. Plus que jamais l’Amour veut se répandre.

La prière est toujours possible Dieu nous regarde avec amour parce que nous sommes ses enfants et cela est indépendant des actes d’amour que nous pouvons lui offrir. Le regard de Dieu nous enveloppe quel que soit notre état psychologique et notre faiblesse.

Où et quand ? Chacun, suivant les conditions de sa vie ordinaire, choisira le cadre qui lui est e plus favorable et le plus accessible. L’expérience prouve qu’il est des gens très occupés qui font oraison. Il faut surtout avoir la conviction que l’oraison est utile.

Je ne ressens rien Le danger vient surtout de ce qu’on attend une consolation sensible et qu’on la recherche. Il s’agit d’aller à l’oraison pour Dieu, de savoir qu’on fait un échange avec Dieu, et on lui dit : « Voilà, vous savez ce que je suis, vous savez ce que je vaux, vous savez ce dont j’ai besoin ». Et Dieu donne ce dont on a besoin.

Devenir contemplatif La contemplation, ce n’est pas les grâces extraordinaires, ni les extases, ni les expériences de Dieu. La contemplation n’est pas faite d’un assemblage de pensées : elle est faite d’un regard, d’un regard sur Dieu simplifié par l’amour.


Nous y sommes tous appelés La grosse erreur consiste à dire : « Cela, c’est pour les saints, je n’appartiens pas à cette catégorie ». Non, nous y sommes tous appelés et le Concile Vatican II nous le rappelle très heureusement.

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Le Dieu vivant

Dieu Amour est présent dans notre âme, d’une présence surnaturelle, personnelle, objective. Il y est en activité constante d’amour, foyer répandant constamment sa chaleur, soleil ne cessant de diffuser sa lumière, fontaine toujours jaillissante.

Livrés à la grâce de Dieu, vous ne vous appartenez plus. Cela doit vous conduire au don inconditionné de votre vie dans la mission qui vous est confiée, où que vous soyez et quoi que vous fassiez : enseignants, infirmières, cuisiniers. Peu importe le rôle, il suffit d’aimer.

Dieu ne nous a donné notre liberté qu’afin que nous puissions la donner. Donner son intelligence, sa volonté, donner son moi, c’est ce que nous pouvons donner de mieux au bon Dieu, et c’est ce qu’il attend de nous.

Dans la création, Dieu ne peut donner rien de plus parfait que la grâce, participation créée de sa nature. Il n’est donc pas de joie supérieure pour Dieu à celle qu’il trouve dans la diffusion de sa grâce

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Le silence

Les secrets de l’âme sont les secrets de Dieu. Dieu en effet entoure son action de silence et d’obscurité. L’Esprit Saint agit silencieusement dans les âmes et dans l’Église au milieu des agitations du monde. Dieu aime le silence et la discrétion.

Pour le spirituel qui a goûté Dieu, silence et Dieu semblent s’identifier. Car Dieu parle dans le silence et seul le silence paraît pouvoir exprimer Dieu. C’est dans le silence que Dieu engendre et que toute vie divine est reçue. Le silence assure à l’action de Dieu toute son efficacité.


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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 10:09

La foi pour prendre contact avec Dieu

Entre Dieu et nous, il y aura toujours cette distance de l’infini. Qu’est-ce qui va me permettre de franchir cette distance, d’entrer en relation avec Dieu ? Le père Marie-Eugène, à la suite de Saint Jean de la Croix, ne cesse de redire que seule la foi peut établir ce contact avec Dieu. Elle est cette capacité, greffée par Dieu sur notre intelligence, qui vient la perfectionner et nous rend capables de le connaître vraiment. Pour prier, il est nécessaire de croire en notre foi.

La plus haute connaissance que nous puissions avoir de Dieu c’est de comprendre qu’Il est au-dessus de tout savoir et de toute intelligence. La lumière du soleil éclipse toutes les autres lumières ; son éclat éblouit parce qu’il est excessif. Ainsi en est-il de la foi.

Cet enthousiasme, ce tressaillement que nous sentons dans le Christ, nous le produisons en Dieu lui-même chaque fois que nous le touchons avec foi, avec une foi ardente.

La foi prend un contact véritable avec Dieu. Lorsqu’elle est fixée en lui, nous recevons la vie de Dieu, c’est un débordement de Dieu qui arrive en tout notre être.

La foi nous donne des certitudes absolues ; elle est certaine, mais elle est obscure. On dira : « C’est obscur, je n’y crois pas ». On peut le dire mais ce n’est pas logique. C’est comme si on disait : « Je ne vois pas où je suis, c’est que je n’y suis pas ». Quand vous êtes la nuit dans votre chambre, vous ne la voyez pas et cependant vous y êtes. Etre quelque part et ne pas le voir, c’est deux choses.

L’obscurité ne crée pas la distance.

Puisque la foi atteint Dieu et que Dieu, semblable à un feu consumant est toujours en activité pour se donner, chaque acte de foi met en contact avec ce foyer.

Quelles que soient donc les circonstances qui accompagnent cet acte de foi – sécheresse ou enthousiasme, joie ou souffrance – il atteint la Réalité divine ; et même si je n’expérimente rien de ce contact en mes facultés, je sais qu’il a existé et qu’il a été efficace. J’ai puisé en Dieu à la mesure de ma foi, dans une mesure plus abondante même peut-être si la miséricorde divine est intervenue pour combler mes déficiences et se donner en considérant non mes mérites, mais seulement ma misère

La Foi aimante


Avoir une foi développée et affinée est, pour ainsi dire, la meilleure et la plus grande richesse que nous puissions trouver ici-bas. C’est la foi qui fait la qualité de nos rapports avec Dieu. Toute notre vie d’oraison est faite de cela, de cette conviction que notre foi touche Dieu.

Celui qui a la foi pénètre en Dieu et des fleuves de vie coulent de son sein : c’est la fécondité spirituelle. La fin de tout ici-bas est l’amour ; il faut le répéter avec saint Jean de la Croix. Toute lumière ici-bas doit donc se tourner à aimer et embraser le foyer de l’amour.

Offrons-nous à la puissance infinie de Dieu. Si nous n’y croyons pas, nous la lions à nos modes humains. La seule chose que Dieu demande c’est la foi en son action sanctificatrice, purement gratuite, indépendante de notre coopération sauf celle de la foi.
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 10:43



Une nécessaire présence à Dieu


A l’heure où l’Eglise, lors du Concile Vatican II, s’interroge sur la présence qu’elle doit avoir dans le monde de ce temps, le père Marie-Eugène est habité par la préoccupation de garder indissociablement liés les deux axes de l’union à Dieu et d’une présence au monde. Il réagit vivement devant la tentation d’opposer prière et engagement dans le monde. Ne croyons pas que la prière éloigne des activités quotidiennes et des soucis de nos contemporains. Comme toujours chez lui, les affirmations trouvent leur source dans l’exemple du Christ. Il ne s’agit pas de choisir entre présence à Dieu et présence au monde, mais d’unir ces deux mouvements qui procèdent d’un même amour.


L’Eglise

Le dessein éternel de la sagesse d’Amour est de tout réunir dans le Christ. L’Église est la fin et la raison de toute chose. Chacun de nous a sa place dans cette construction et doit être l’ouvrier d’une tâche précise que la Sagesse a fixée.

L’Église est la manifestation de l’Amour, de la Sagesse, de la Miséricorde ; c’est là que Dieu montre le plus la puissance de cet amour qui n’est pas seulement capable de se donner à des êtres spirituels mais qui est capable d’envoyer son Fils pour nous racheter.

L’Église, c’est le Christ qui se répand. Les sarments fixés sur le cep permettent à la vie du Christ de se répandre selon sa mesure, selon toute la fécondité que Dieu a voulue pour elle.


Nous avons à lutter contre la théorie qui nous a fait diviser action et contemplation, et les a fait tellement distinguer qu’elle les a rendues presque inconciliables.

Eh non ! Elles jaillissent l’une de l’autre : l’action jaillit de la contemplation ; l’efficacité et la valeur de l’action jaillissent de la puissance de la contemplation.

Notre-Seigneur a prié : il a prié le jour, il a prié la nuit. Toutes les raisons que nous pouvons avoir de ne pas mettre de prière dans notre vie parce que nous avons du travail, de nombreuses activités, ne tiennent pas devant son exemple.

Le contact avec Dieu n’isole pas du monde, n’isole pas de notre tâche. Un apôtre qui veut être uniquement actif ne sera pas un saint. Un contemplatif qui ne veut pas traduire son amour d’une façon pratique cultivera son égoïsme spirituel. C’est une synthèse à réaliser. On ne peut être saint si on choisit l’un ou l’autre.


Gardez la fidélité à l’essentiel : action et contemplation bien unies.


La sainteté

La sainteté concrète a pour chacun de nous une forme particulière. Il n’y a pas de standardisation dans le Royaume de Dieu. Dieu ne connaît pas le robot qui marche. On pourrait en faire des millions… Ici, non, nous sommes tous différents : le bon Dieu a son dessein pour chacun de nous.

La sainteté consiste dans un état de pauvreté tel qu’à tout instant on soit obligé de tout demander à l’Esprit Saint, on soit dans sa dépendance, suspendu à son secours, convaincu que sans sa grâce, on ne peut rien faire.

Un saint vivant n’est pas immobile dans une niche et l’Esprit Saint ne le quitte pas dans les moments difficiles. La grande preuve de sainteté n’est pas de ne pas avoir de tentations ou de lassitudes, non, mais c’est de toujours marcher, de réagir, de monter vers Dieu.


L’Espérance confiante


L’espérance est la vertu de marche, la vertu qui marche vers Dieu. Elle est le chemin, comme les allées de la vie spirituelle. Pour obtenir autant et tout ce qu’elle espère, la confiance doit être parfaite, c’est-à-dire n’espérer que Dieu seul et à cause de sa miséricorde.

Une âme fera parfaitement les choses si elle a une confiance très pure qui n’espère plus qu’en Dieu, et a donné à Dieu la place qui lui revient. Tel est l’enfant : un être essentiellement pauvre et confiant, qui est convaincu que sa pauvreté est son plus précieux trésor.


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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 12:25



Don de soi

Pour que ce besoin du regard sur Dieu ne soit pas uniquement pour ainsi dire poétique ou sentimental, il doit être accompagné de la décision de donner tout à Dieu, de faire le don de soi complet.


Le prophète comprend qu’il ne peut exiger que Dieu se donne et se tenir en sa présence s’il ne lui a pas tout donné. Le prophète est constamment à la recherche de Dieu et constamment livré à son action intérieure ou extérieure. Il se livre et c’est toute son occupation à lui. A Dieu de disposer de lui pour le retenir dans la solitude ou pour l’envoyer de-ci de-là.

Plonger en Dieu en fermant les yeux pour se livrer à la toute-puissance divine, à l’amour de Dieu. C’est dans l’obscurité en effet qu’il faut chercher le dessein de Dieu, car ses pensées dépassent les pensées humaines comme le ciel dépasse la terre. Le don de soi doit chercher sa vocation dans le mystère et s’offrir à ce mystère qui la dissimule et la garde jalousement pour l’heure des réalisations. Le don de soi doit être indéterminé pour ne pas s’égarer dans les constructions humaines et pour rejoindre sûrement la réalité et la vérité divines.

Ce don pour des réalisations indéterminées n’est pas un essai de communion au vide, c’est un don effectif à des volontés divines certaines mais qui sont inconnues pour le moment.
Bienfait positif incomparable de ce don indéterminé devenu habituel, il livre l’âme à l’action de l’Esprit Saint. Dans l’obscurité de foi où il maintient l’âme, il la garde attentive aux moindres manifestations de la volonté divine, il affine ses sens spirituels qui deviennent sensibles aux onctions délicates de l’Esprit Saint.

Évidemment, l’âme y va avec tous ses défauts, avec toutes ses tendances mauvaises, avec tous ses péchés de la vie passée, mais tout cela ne constitue pas des obstacles pour faire ce saut en Dieu. En se jetant dans cette obscurité par le don de soi, on tombe nécessairement dans la miséricorde de Dieu.


Soif de Dieu


Cette touche de Dieu sur l’apôtre se distingue par ce goût d’absolu, ce besoin d’absolu que l’on trouve en lui. « Il est vivant le Seigneur en présence de qui je me tiens » ; il veut se tenir en présence de Dieu.

Cette vocation prophétique est marquée par ce fait que celui que Dieu touche, orienté ainsi vers Dieu, a besoin de se fixer en Dieu par le regard. Ayant expérimenté un peu de la transcendance, il consent à fixer son regard sur cette transcendance, il en a faim et soif. Il a trouvé le Dieu vivant et ce Dieu vivant, il veut le connaître. Il y a donc ici le besoin d’oraison.

Dans la solitude, des échanges merveilleux s’établissent entre Dieu et le prophète. C’est ainsi que l’âme devient une âme de Dieu, une âme dont le souci essentiel, dont l’aspiration fondamentale c’est la recherche de Dieu, c’est la présence de Dieu, c’est de se tenir en présence de Dieu.

Pour réparer les dégâts, pour réparer les blessures, pour réparer les faiblesses que la vie du contact avec le monde, avec d’autres éléments, d’autres vocations, et surtout avec le mal du monde provoque, c’est le retour dans la solitude, c’est le bain que l’on prend pour se purifier et pour vivre quelques instants dans l’élément vital qui est Dieu.


Emprise de Dieu

En quoi consiste l’esprit prophétique ?

Essentiellement, il consiste dans une emprise de Dieu sur l’âme et même sur le corps du prophète, sur tout ce qu’il est, sur tout ce qu’il a.


Dieu, un jour, appelle un homme. Il quitte tout et va au désert et là, il se tient en présence de Dieu. C’est au désert que Dieu a conduit et formé les grands contemplatifs de tous les temps et les instruments de ses grandes œuvres. La vocation prophétique, quand on l’analyse, comporte donc au principe une certaine expérience de Dieu, une certaine touche de Dieu, consciente ou inconsciente, une certaine manifestation de la transcendance de Dieu qui a révélé à l’âme quelque chose de l’absolu, lui a donné ce goût, ce besoin d’absolu, et qui lui fait choisir cet absolu comme sa voie, non plus seulement comme un acte d’une journée pour un projet provisoire, mais comme un chemin de perfection.

Et cela n’est pas autre chose que la sainteté. C’est celle qui fut réalisée par les apôtres le jour de la Pentecôte. Ils devinrent des instruments parfaits de l’Esprit Saint, mis à sa disposition et en même temps ils furent sanctifiés par lui, par son action envahissante.

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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 12:48


Oraison et témoignage

L’oraison, échange d’amour : tout est dit dans ces mots. C’est tout l’être vivant que je suis, qui se porte, avec toutes ses puissances mais aussi ses faiblesses, son poids de péché et ses désirs de sainteté, à la rencontre de Dieu Amour toujours en activité pour se donner.

Il est là ! Et je le cherche dans la nuit de la foi, sachant bien que ni ma sensibilité, si versatile, ni même mon intelligence armée de ses seuls raisonnements, ne suffiront à l’atteindre, lui, Dieu, dans son Etre d’amour. Mais, comme la femme malade de l’Evangile qui veut, de tout son être, toucher Jésus, je tends vers Lui. Avec la force de ma foi qui l’atteint aussi certainement et le fait tressaillir. Avec le cri de mon espérance qui attend tout de Lui et accepte de rester en sa présence, silencieux et mendiant, comme un pauvre enfant pécheur et pardonné. Avec, plus que tout, le désir de mon amour : désir de le connaître toujours davantage, de découvrir son visage, de lui ressembler peu à peu. Désir qui se transforme petit à petit en acceptation de son Don à lui. En réceptivité de plus en plus offerte au torrent de son Amour, qu’il veut répandre à pleins flots en celui qui s’abandonne entre ses mains.

Il est là ! Et ma prière se fait simple regard dans le silence. Tout mon être apprend à s’apaiser, dans l’attitude de mon corps, dans le calme de mes pensées que je nourris d’une parole de Jésus dans l’Evangile, "Je suis venu allumer un feu sur la terre…", ou d’un cri du psalmiste "Ô Dieu, crée en moi un coeur pur !…" Le regard de ma foi, telle une antenne qui se dresse, demeure, attentif et patient, pour capter les ondes de l’infini. Inlassable quête, que ne rebutent ni les distractions ni l’agitation, ni surtout l’obscurité et l’apparente absence de Dieu : il ne paraît se cacher "dans le secret" que pour m’attirer à le chercher plus profondément. Oui, je crois à la puissance du don qu’il m’a fait, je crois en la puissance de ma foi, je crois qu’il est là et me cherche lui-même avec infiniment plus d’amour.

Il est là ! Et le temps que je lui donne chaque jour dans l’oraison devient comme la respiration de mon être profond, le souffle vital dont je ne saurais me passer. Il est là, et mon amour le cherche aussi, en dehors de ce temps de l’oraison, comme un ami très cher dont la pensée revient constamment à mon coeur. Il est là, et cette joyeuse certitude ne peut rester enfermée dans mon coeur : il me faut la communiquer autour de moi, faire connaître cette Bonne Nouvelle à tous ceux qui tâtonnent dans la nuit. Il est là, qui désire se communiquer : je voudrais tant lui faire la joie de lui amener les brebis qui errent sans berger.

Il est là ! Dans cette foule que je côtoie dans l’ordinaire des jours, foule du métro, des magasins, de l’immeuble. Il est là mais tellement discret, inconnu, méconnu. Puisque je me sais porteur de Sa présence, là-même je l’appelle instamment : "Je t’en supplie, que ma simple présence silencieuse permette Ta présence créatrice. Que mon pauvre être opaque devienne, par Toi, transparence de Ta lumière. Que mon cri d’intercession ouvre les coeurs qui T’attendent sans le savoir, que Tu habites sans qu’ils le soupçonnent".

Il est là ! Et ma parole peut aussi le révéler, si elle porte la saveur de l’expérience, l’écho d’une intimité réelle avec mon Seigneur. Si l’Evangile porteur de vie s’incarne soudain, en vérité, dans telle situation concrète où mes mots le traduisent, où mes gestes portent sa marque.

Il est là ! Et, si souvent, je me sens totalement impuissant à en porter témoignage auprès de tous ceux que je voudrais atteindre. C’est l’heure alors de l’espérance du salut. Et je reviens vers Dieu dans l’oraison, avec un besoin plus ardent et plus profond. Car au-delà de ma propre soif, me voici chargé de celle de tous ces frères liés à ma grâce dans le dessein de Dieu. C’est l’heure de la prière suppliante qui s’identifie à la prière de Jésus Sauveur, la prière ardente et douloureuse qui purifie et qui sauve.


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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 12:49



Tous appelés à devenir saints

En grande résonnance avec l’enseignement du Concile Vatican II, le père Marie-Eugène ne cesse de rapeller que nous sommes tous appellés à devenir des saints.


- Il n’y a pas de sainteté, pas de vie chrétienne, pas d’entrée dans le Ciel, sans cette union au Christ, cette identification au Christ, à la mesure de notre grâce, de l’appel de Dieu, du dessein de Dieu sur nous. Il y a dans cette lumière, un appel, une exigence. Il est fort possible que Dieu ne permette pas que nous nous arrêtions à mi-pente, à un degré qui serait simplement une demi-réalisation. Vouloir ne tendre qu’à une demi-réalisation peut nous faire échouer complètement dans notre oeuvre, même dans l’œuvre de notre salut.

Il est dangereux de diminuer l’idéal que Dieu nous impose, la sainteté qu’il exige de nous, surtout en des périodes comme celle que nous vivons avec ces dangers, ces courants que nous subissons et auxquels nous devons résister. Il est dangereux à notre époque d’être des saints à moitié, d’abdiquer un idéal qui nous est présenté. On pouvait croire autrefois que la sainteté était réservée à certaines catégories, à certaines âmes, à l’état religieux ; actuellement la sainteté doit déborder, pénétrer dans toutes les âmes, dans la masse, dans tous les états. Elle s’impose non seulement à l’état religieux, à l’état de perfection, mais à la vie dans le monde.

Cette vie dans le monde est bien dangereuse au point de vue spirituel ; là aussi il faut y être un saint si on veut simplement faire son salut. Il ne peut plus y avoir de demi-mesures. L’union au Christ s’impose à nous ; chacun de nous doit être un sarment, une tige de la vigne du Christ.

- Nous avons des saintetés différentes ; la sainteté concrète a, pour chacun de nous, une forme particulière. Il n’y a pas de standardisation dans le Royaume de Dieu.
Dieu ne connaît pas le robot qui marche : une fois qu’on e a fait un, on peut en faire des milliers et des millions ; ô pourrait faire une humanité de robots. Ici non, nous sommes tous différents : le bon Dieu a son dessein pour chacun de nous.

- Les diversités du monde spirituel sont plus grandes encore que celles du monde matériel. Nous pourrions prendre les comparaisons que j’évoquais : l’arbrisseau, la salade, le baobab. Chacune de ces plantes atteint sa perfection et chacune pousse à sa taille.

Sur le plan spirituel, c’est un peu la même chose. Nous sommes destinés à avoir des tailles différentes, des mesures différentes de grâce selon le choix de Dieu, selon la pensée de Dieu sur chacun de nous, selon le témoignage qu’il attend de nous, et donc de la place qu’il nous fait occuper dans son Corps Mystique. Eh bien, quelle que soit la mesure de chacun, la plénitude pour tous sera la filiation parfaite. Filiation parfaite, qu’est-ce à dire ? C’est le développement parfait de notre grâce filiale, c’est, nous dit l’Apôtre, la domination de l’Esprit sur nous ; c’est le règne de Dieu chez nous.

- La sainteté peut être parfois voilée de tant de simplicité qu’elle n’apparaît pas. Elle peut l’être aussi par un défaut habituel qui n’a rien de volontaire et dont l’âme souffre la première en faisant aussi souffrir les autres. Un exercice de charité simple est donc d’adorer, de se recueillir devant l’Esprit Saint qui les habite.

- Dieu certes est exigeant, mais il est liberté, joie et équilibre. Le chemin qui conduit vers Lui est étroit, mais pour y marcher avec rapidité il ne faut pas être encapuchonné, ni dans la crainte ni dans la dévotion.


- Qu’importe que je fasse la vaisselle, les escaliers ou de la philosophie ? Une seule chose compte : l’amour.


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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Mar 2 Oct 2007 - 13:12

Prière du Père Marie-Eugène

Ô Père

Ô Fils

Ô Esprit d’Amour…

Donnez à chacune de nos âmes,
cette beauté, cette grandeur,
que vous avez rêvées pour elles
de toute éternité.

Nous vous le demandons humblement,
ô Père Source de toute lumière,
ô Jésus notre Frère, notre Maître, notre Roi,
ô Esprit Saint, Amour substantiel,
Architecte et ouvrier des desseins de Dieu.
Réalisez tout entière cette pensée de Dieu.
Que pas une étincelle de cet amour que vous nous destinez
ne reste inemployée, mais qu’elle descende ici-bas.

Unissez-nous à vous,
entrevoyez déjà toute notre participation à votre vie trinitaire.
Nous y trouverons notre bonheur, et je sais que vous aussi
vous y trouverez une gloire, secondaire c’est vrai,
mais dans laquelle vous saurez cependant vous complaire.

Voilà la prière que nous faisons,
ô Trinité Sainte.
Elle est pour votre gloire, votre joie,
pour l’expansion de votre vie trinitaire.
Assurez son efficacité par une nouvelle emprise de l=Esprit Saint.
Que chaque jour, chaque instant de notre vie
marque une croissance de votre emprise.
Et lorsque vous dominerez sur chacun de nous,
nous porterons témoignage de vous,
là où vous nous enverrez, comme vous nous enverrez.
Et dans cet apostolat de témoignage,
nous trouverons notre raison d=être,
ô Père, ô Fils, ô Saint-Esprit.

Considérez ce que vous avez fait,
et réalisez complètement votre œuvre en nous,
et par nous, en tous ceux que nous introduirons
dans le même dessein d’amour,
dans votre vie trinitaire,
auprès de vous et en vous.

Ainsi soit-il.

Pentecôte 1963


La Cause de béatification du P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, carme, (1894-1967) a été ouverte en 1985.
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je veux voir dieu

Message par charles le Ven 19 Oct 2007 - 16:29

bonjour joss

pour te montrer que nous de l'armée de marie n'avons rien

de diabolique , il nous est tres fortement conseillé de lire ste therese

st jean de la croix et le pere marie eugène ainsi que garrigou lagrange;

notre consécration est faite dans l'esprit de grignon de mopnfort .

amicalement charles

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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 15:54

Continuons, à l'occasion de l'année du PERE MARIE EUGENE DE L'ENFANT-JESUS de donner des extraits de "JE VEUX VOIR DIEU"


LE DÉMON

Il agit à la façon d’une lime sourde… 1e Dem. Ch. II, p. 832.



Dans ce combat qu’est la vie spirituelle un autre personnage intervient : le démon. Bien que son action se déroule dans l’ombre, le regard pénétrant de sainte Thérèse en a discerné toute l’importance. Fréquemment elle en parle pour signaler sa présence, pour dévoiler ses ruses aux carrefours, aux passages dangereux, partout où il y a assez d’obscurité pour le dissimuler. Pour sainte Thérèse le démon n’est pas une mystérieuse puissance malfaisante, c’est un être vivant, bien connu parce que souvent rencontré, un ennemi personnel.

Profitons de son expérience et de son enseignement pour étudier la nature et la puissance du démon, la fréquence de ses interventions et ses modes d’agir dans la vie spirituelle, les moyens de déceler sa présence et de combattre son action [2].

A.— NATURE ET PUISSANCE DES DÉMONS

Les démons sont des anges déchus. En même temps que le monde matériel Dieu créa les anges, purs esprits, êtres de lumière, doués d’intelligence et de volonté, en nombre incalculable, tous différents, groupés en hiérarchies, échelonnés en perfection suivant leur puissance et la lumière qui les constitue, communiquant entre eux à la façon des esprits par un simple acte de volonté. Ils formaient la cour céleste de Dieu qui les destinait à la participation de sa vie.

Pour la leur faire mériter, Dieu les soumit à une épreuve dont nous ne pouvons préciser la nature. Le plus grand d’entre eux, Lucifer, fasciné par sa propre lumière, refusa de se soumettre. Il entraîna dans sa révolte une multitude d’anges, peut-être le plus grand nombre.

Tandis que les anges fidèles trouvaient dans leur soumission à Dieu la vision face-à-face et la béatitude éternelle, les anges révoltés, fixés dans leur attitude de révolte par la simplicité de leur nature, se trouvaient pour l’éternité dans la haine de Dieu, dans la privation du souverain Bien et de l’Amour infini.

A ces anges devenus des démons et des puissances de haine Dieu donnait permission d’intervenir dans le monde. Ils pourraient ainsi contribuer providentiellement aux épreuves que devaient subir les hommes appelés à les remplacer dans la cour céleste.

Avec quelle puissance les démons peuvent-ils intervenir dans ce combat ? Avec la puissance de leur nature angélique qui, en ce qui la constitue essentiellement, n’a pas été diminuée par leur chute.

En tant que pur esprit le démon domine le monde intérieur de la matière et des sens. Il en connaît les lois et les réactions. Il peut les mettre en action et les utilise intelligemment pour ses fins. A ce titre tout ce que l’homme possède de matériel et sensible, le corps, les puissances sensibles (sensibilité, imagination, mémoire), n’échappe pas à une certaine action ou influence du démon.

Par contre cet ange déchu, bien que pur esprit, ne peut pas pénétrer dans les facultés de l’âme, à moins que la volonté ne les lui ouvre. Il ne pourra pas lire les pensées dans l’intelligence, ni agir directement par elles. La volonté lui sera aussi un asile inviolable et inviolé, même dans la possession, à moins qu’elle-même ne se livre à son emprise.

Le monde surnaturel, dans lequel on ne pénètre que par la foi amoureuse, lui est complètement fermé. Le démon a cependant une certaine connaissance de Dieu et croit malgré lui aux vérités divines qui le tourmentent. Mais les lois du monde surnaturel que seule livre l’expérience, les opérations de Dieu dans les âmes, les rapports spirituels de l’âme avec Dieu lui sont un mystère impénétrable.

Toutefois, au moyen d’impressions et d’images sensibles qui seront présentées à l’intelligence et à la volonté et auront normalement une influence sur leur activité, le démon pourra intervenir indirectement dans l’activité de l’âme et la vie spirituelle. L’image sensible sera parfois si subtile et le passage de l’image à l’idée si rapide que l’âme elle-même pourra s’y tromper aisément et ne pas soupçonner une intervention de l’esprit malin.

De même le démon pourra connaître les pensées de l’intelligence, les vouloirs et désirs de la volonté et même les mouvements surnaturels de l’âme s’il en recueille l’expression écrite ou parlée ou s’il réussit à interpréter les phénomènes sensibles qui les accompagnent [3].

Il ne semble pas douteux que, grâce à certains indices extérieurs et à sa pénétration merveilleuse, le démon ne puisse deviner l’orientation habituelle d’une âme au point de vue surnaturel, l’efficacité profonde des grâces qu’elle a reçues, sa puissance présente et surtout future, et conclure par conséquent à la nécessité de combattre plus violemment cette âme tandis qu’elle n’a point encore toute sa force surnaturelle et ne lui est point devenue dangereuse. C’est ainsi que le démon, ignorant probablement sa divinité, a discerné cependant la puissance singulière de Jésus, qu’il aborde au désert avec des tentations qui lui paraissent à la taille de son adversaire. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus dit que la maladie mystérieuse, dont elle souffrit à l’âge de neuf ans, était produite par le démon, « il voulut, dit-elle, se venger sur moi du tort que notre famille devait lui faire dans l’avenir [4] ».

La puissance de chaque démon est proportionnée à la perfection de sa nature, et variée comme ses dons personnels. Les démons ne se présentent point comme une force hostile et uniforme, mais comme une armée redoutable certes par le nombre, plus redoutable encore par la haine intelligente de chacun des ennemis qui la composent, par les ressources multiples et la puissance différente que cette haine trouve en chacun pour son œuvre malfaisante.

B.— INTERVENTION DU DÉMON DANS LA VIE SPIRITUELLE


Parmi les paraboles dites « du royaume de Dieu » il en est une qui dévoile le rôle du démon dans la vie de l’Eglise et des âmes :

Le royaume des Cieux, dit Notre-Seigneur, est semblable à un homme qui avait semé du bon grain dans son champ. Pendant que ses serviteurs dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie au milieu du froment et s’en alla. Quand l’herbe eut poussé et fut montée en épis, on aperçut l’ivraie. Alors les serviteurs s’approchèrent du Père de famille : « Maître, lui dirent-ils, n’est-ce pas du bon grain que vous aviez semé dans votre champ ? D’où vient donc l’ivraie ? — C’est, répondit-il, l’ennemi qui a fait cela. — Voulez-vous que nous allions l’arracher ? — Non ! répondit-il, de peur qu’avec l’ivraie vous n’arrachiez aussi le froment. Laissez croître l’un et l’autre jusqu’à la moisson. Et alors je dirais aux moissonneurs : ramassez d’abord l’ivraie et liez-la en gerbes pour la brûler. Vous recueillerez ensuite le froment et le mettrez dans mon grenier [5]

En quelques mots, cette parabole nous dévoile les mœurs du démon, son activité toujours en éveil pour contrefaire l’activité divine et la détruire, son habileté à profiter de l’obscurité pour se dissimuler, la patience divine enfin qui permet à son action de se développer en même temps que l’œuvre divine de la grâce.
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 15:55

Il nous suffira de préciser les traits caractéristiques suivants :

I. — Fréquence des interventions du démon.


Chaque soir au début de Complies la sainte Eglise nous fait entendre l’exhortation de l’Apôtre saint Pierre [6] : « Mes frères, veillez et priez, parce que le démon, votre ennemi, rôde autour de vous, comme un lion rugissant, cherchant une proie à dévorer ».

L’exhortation est pressante ; elle nous est répétée chaque jour, parce que certainement la menace est constante.

La haine des démons est puissante et toujours en éveil. Il est normal qu’ils usent de toutes les occasions pour entraver l’action de Dieu dans les âmes. Les ressources des démons sont variées, ils sont nombreux : personne ne peut prudemment se croire à l’abri de leurs attaques.

Telle est l’opinion de sainte Thérèse, exprimée en maints passages de ses écrits. En ses ascensions spirituelles il n’est pas d’étape où elle ne les ait rencontrés et n’ait eu à les combattre. Dès les premières heures elle nous avertit :

Comme l’intention du démon est toujours si perfide, il doit mettre dans chacune de ces Demeures plusieurs légions de mauvais esprits, afin d’empêcher les âmes de passer aux autres Demeures ; et comme les pauvres âmes ne le comprennent pas, il leur dresse toutes sortes d’embûches pour les tromper. Son pouvoir toutefois est moins grand vis-à-vis de celles qui sont plus rapprochées de la Demeure où habite le Roi [7].

Les premières emprises divines des cinquièmes Demeures
irritent la jalousie du démon et éveillent ses craintes pour l’avenir :

En cet état, écrit la Sainte, l’âme n’est pas tellement forte qu’elle puisse s’exposer aux dangers, comme elle le pourra après les fiançailles dont nous parlerons dans la Demeure suivante. Elle n’a eu qu’une seule entrevue avec l’Epoux ; aussi le démon ne négligera aucun effort pour la combattre et la détourner de ces fiançailles…

Je vous l’assure, mes filles, j’ai connu des âmes très élevées qui étaient arrivées à cet état (cinquième Demeure). Or le démon, à force de ruses et de pièges les a fait tomber ; tout l’enfer se ligue pour les séduire et, comme je l’ai dit souvent, si le démon perd une seule de ces âmes, il en perd en même temps une foule d’autres, comme l’expérience le lui a prouvé [8]

A partir des sixièmes Demeures, le démon devient moins dangereux pour l’âme

Lorsque dans la suite le démon la voit complètement soumise à l’Epoux, il n’a plus autant d’audace vis-à-vis d’elle, car il la redoute ; d’ailleurs l’expérience lui montre que, si parfois il ose alors l’attaquer, il n’en retire que plus de confusion, et l’âme plus de profit [9].

Toutefois c’est bien en ces sixièmes Demeures que le démon s’acharne à reproduire les grâces extraordinaires, et cela avec la permission de Dieu et une grande fréquence qu’affirme saint Jean de la Croix.

Les faveurs que Dieu confère par le moyen du bon Ange, Dieu permet d’ordinaire que le démon en ait connaissance, pour qu’il s’y oppose de toutes ses forces d’après les proportions de la justice et ne puisse alléguer de son droit en prétextant qu’on ne lui permet pas de vaincre l’âme, comme il l’a dit de Job [10]. Et il en serait de la sorte si Dieu ne laissait une certaine chance de succès entre les deux adversaires, le bon Ange et le mauvais, pour la conquête de l’âme [11].

Les plus hautes communications divines, celles que Dieu lui-même fait à l’âme, ne saurait toutefois être connues du démon :

La cause, dit le Saint, vient de ce que Sa Majesté demeure substantiellement dans l’âme, où ni le bon Ange ni le démon ne peuvent arriver à comprendre ce qui se passe, ou à connaître les communications intimes et secrètes qui ont lieu entre Dieu et l’âme
[12]

Ces affirmations nous montrent que les âmes qui aspirent à la perfection sont tout spécialement l’objet de ses attaques. Les pécheurs, livrés à leurs passions, lui sont une conquête plus facile ; c’est ainsi que le démon règne pacifiquement sur une foule immense d’âmes qu’il ne trouble en aucune façon. Le tiède lui est une proie aisée. Seuls les fervents échappent à son influence et c’est contre eux que s’acharne sa haine rageuse et persévérante.

De cet acharnement Notre-Seigneur nous donne une idée lorsqu’il dit :

Lorsque l’esprit immonde est sorti d’un homme, il erre par les lieux arides, cherchant le repos, mais il n’en trouve point. Il dit alors : Je retournerai dans ma demeure d’où je suis sorti. Et revenant il la trouve inhabitée, purifiée de ce qui la souillait et ornée. Il va prendre alors sept autres esprits plus pervers que lui. Ils entrent tous ensemble dans la demeure et s’y établissent [13].

Les retours offensifs du démon n’obtiennent pas toujours une pareille victoire, mais cette description de Notre-Seigneur nous dit la persévérance de ses attaques contre ceux qui l’ont vaincu et dont les progrès ne peuvent qu’augmenter la violence de sa haine.

L’action du démon contre les âmes soucieuses de perfection n’est point par conséquent un fait rare, réservé à l’hagiographie ; elle est normale et fréquente.

Elle devient particulièrement intense quand le démon comprend que, par ses qualités et ses pratiques de vertu, une âme est apte à monter très haut. Tout l’enfer est alors conjuré pour l’obliger à sortir du Château, assure sainte Thérèse
[14]

Mais conclure de ces affirmations que les attaques du démon prendront fréquemment une forme extérieure visible serait méconnaître complètement les mœurs démoniaques. Le démon est essentiellement une puissance des ténèbres. Il travaille dans l’obscurité pour surprendre et tromper. Le succès de ses agissements auprès des âmes ferventes dépend de son habileté à dissimuler ce qu’il est et ce qu’il fait. Aussi il ne se dévoile par des signes extérieurs que lorsqu’il y est contraint pour contrefaire des charismes ou des grâces extraordinaires qu’il veut discréditer, ou encore lorsque sa haine est exaspérée par de multiples défaites, il semble abdiquer toute prudence, et, faisant tomber le masque, se montre tel qu’il est en sa rage impuissante pour effrayer encore si possible par sa seule présence. Ces manifestations sont alors le signe des victoires d’une âme, et, par conséquent, la preuve de sa sainteté [15]. Ainsi s’explique l’action visible du démon dans la vie de certains saints tels que sainte Thérèse et le Curé d’Ars.

Très rare aussi est la possession, par laquelle le démon avec la permission de Dieu, s’empare d’un corps et des facultés sensibles et y agit en maître. La volonté de l’âme reste libre, mais le corps est soustrait à son empire, au moins en certaines heures. L’Eglise, dans sa prudence, exige des signes certains de la présence du démon avant de procéder aux exorcismes publics destinés à lutter contre cette emprise toute spéciale [16].

La plupart des prétendues possessions se réduisent à une certaine action du démon sur des imaginations surexcitées, sur des facultés sensibles affaiblies par la maladie ou sur des tempéraments mélancoliques [17]. Le démon peut d’autant mieux exercer sa puissance que le contrôle de la raison est plus faible en ces âmes. Faiblesse de l’âme souvent pathologique et tentation du démon sont mélangées à un point qu’il est quasi impossible de les distinguer.

A propos des paroles intérieures sainte Thérèse note :

Parfois et même souvent il peut y avoir illusion, surtout chez les personnes faibles d’imagination ou mélancoliques, je dis notablement mélancoliques. A mon avis, il n’y a pas à faire cas de ce que disent ces deux sortes de personnes, alors même qu’elles affirmeraient qu’elles voient, qu’elles entendent et qu’elles comprennent. On ne doit pas non plus les troubler en leur disant que c’est le démon qui leur parle. Il faut seulement les écouter comme des personnes malades…

Il faut néanmoins avoir soins de les éloigner de l’oraison, et les engager le plus possible à ne point faire cas de ces choses, car le démon a coutume de se servir de ces personnes malades pour nuire à d’autres, s’il ne peut leur nuire à elles-mêmes [18].

Rares en tout temps, ces manifestations extérieures de la puissance du démon semblent moins fréquentes encore à notre époque (ce n’est pas le cas de nos jours du début de l’an 2002 avec les sextes du New Age, charismatiques etc. Note du copiste), peut-être parce que les grâces charismatiques sont moins visibles, et parce que surtout l’athéisme généralisé et l’apostasie des masses assurent au démon une domination extérieure pacifique [19]. Cette paix extérieure ne doit pas nous faire oublier que dans les âmes la lutte reste âpre, quotidienne, habituellement silencieuse, contre cet ennemi qui rôde sans cesse autour de nous et qui, nous dit sainte Thérèse, « agit à la façon d’une lime sourde » [20].
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 15:56

II. — Modes et but de l’action du démon.


Le démon, notre ennemi, s’efforce de porter les âmes au mal par la tentation, de les gêner dans leur marche vers Dieu en les troublant et en les trompant.

a) la tentation


proprement dite est rarement l’œuvre exclusive du démon. Habituellement, il utilise sa connaissance des tendances dominantes d’une âme et sa puissance sur les sens pour faire plus séduisante une image, pour provoquer une impression, augmenter une jouissance, aviver ainsi un désir, faire plus prenante et plus actuelle une sollicitation qui envahira le champ de la conscience et emportera le consentement de la volonté.

La sainte Ecriture nous décrit la tentation de nos premiers parents au paradis terrestre. Le serpent, le plus rusé des animaux, note l’auteur inspiré, mélange la vérité et le mensonge, aiguise l’appétit des sens, nourrit l’orgueil de l’esprit, réussit à créer une certaine évidence et obtient ainsi le consentement qui consomme le péché. Les yeux s’ouvrent ensuite, mais le péché est commis [21]. Adam et Eve ont perdu les dons surnaturels de la grâce et les dons préternaturels d’intégrité.

Sous des formes diverses la tentation reste la même et le péché produit des effets semblables.

Mis à part les trois premières Demeures, sainte Thérèse parle assez peu de la tentation proprement dite. Mais elle insiste sur les obstacles que le démon excelle à créer pour empêcher l’âme de marcher vers l’union divine.

b) le trouble

est la première arme dont se sert le démon contre les âmes désireuses de perfection.

Le trouble arrête en effet, au moins pour quelques instants, fait hésiter sur le parti à prendre, paralyse et diminue les moyens d’actions et de résistance ; les terreurs qui l’accompagnent peuvent même les arrêter définitivement. Mais surtout le trouble crée autour de l’âme l’obscurité qui permet au démon de dissimuler et de déployer toute sa puissance.

Impressions dans les sens, fantômes dans l’imagination, craintes irraisonnées dans toutes les puissances sensibles : tels sont les moyens dont le démon se sert pour créer et entretenir le trouble. C’est ainsi que sainte Thérèse signale que, chez les débutants, il provoque toutes sortes de terreurs sur les sacrifices à faire, sur l’avenir, la perte de la santé :

Les démons lui représentent alors, écrit-elle, les biens du monde, et lui montrent que les plaisirs d’ici-bas sont en quelque sorte éternels ; ils lui rappellent l’estime dont elle y jouit, ses amis, ses parents ; ils lui parlent de sa santé qu’elle va compromettre par les pénitences… O Jésus ! quel vacarme que celui que les démons font alors, et dans quelle affliction ne plongent-ils pas la pauvre âme ? Elle ne sait si elle doit avancer ou retourner à la première Demeure .[22]

Parfois, dit ailleurs la Sainte, le démon nous jette dans les plus vives inquiétudes en nous représentant la gravité de nos péchés. C’est là un des points sur lesquels il trouble les âmes de beaucoup de manières [23]

Parfois aussi quand les distractions et les troubles de l’entendement sont excessifs… c’est le démon qui en est l’auteur [24].

L’expérience de sainte Thérèse sur ce point est très étendue. Elle nous dit comment à certains moments le démon assaille

tout à coup l’entendement de choses parfois frivoles… Il le trouble à son gré ; l’âme n’est plus maîtresse d’elle-même, mais enchaînée ; elle ne peut penser qu’aux choses folles qu’il lui représente et qui sont pour ainsi dire inutiles…Parfois il m’a semblé que les démons s’amusaient à se renvoyer mon âme comme une balle, sans qu’elle pût s’échapper de leurs mains [25].

L’expérience de saint Jean de la Croix vient confirmer celle de sainte Thérèse. Dans la Nuit Obscure le saint Docteur décrit la tactique du démon pour produire le trouble :

Le démon, voyant qu’il ne peut s’opposer à ce qui se passe dans le fond de l’âme, écrit le Saint, n’omet rien pour agiter et troubler la partie sensitive qui est à sa portée. Il suscite en elle des souffrances, des fantômes horribles, des craintes pour inspirer de l’inquiétude et du trouble dans sa partie supérieure et spirituelle, là où sont les biens qu’elle reçoit alors et dont elle jouit…

Quand la communication n’est pas très infuse dans l’esprit et que les sens y participent, le démon arrive plus facilement à troubler l’esprit et à l’agiter de terreurs par l’intermédiaire des sens [26].

Dans la Vive Flamme il résume et complète la description :

quand parfois une âme entre dans un profond recueillement surnaturel et que le démon ne réussit pas à la distraire… du moins il lui inspire des terreurs, des craintes, il l’accable de souffrances corporelles ; il produit des bruits étranges, des clameurs effroyables à l’extérieur ; son but est de frapper ses sens, de l’arracher à son recueillement intérieur, jusqu’à ce que voyant l’inutilité de ses efforts, il finisse par la laisser en repos [27].

On le voit, le bruit fait par le démon peut devenir extérieur [28].L’agitation qu’il crée ainsi peut s’étendre à tout un groupe, à une ville entière et affecter des gens fort bien intentionnés :

Dans le temps de trouble et de zizanie dont il est l’auteur, il (le démon) semble entraîner à sa suite tous les hommes qui sont pour ainsi dire aveuglés par les apparences d’un beau zèle. Mais Dieu suscite alors un élu qui leur ouvre les yeux, et leur montre comment le démon les a séduits pour les empêcher de voir le chemin [29].

Ces paroles de sainte Thérèse sont une allusion évidente à l’agitation que créa le démon autour de la fondation du premier monastère de la Réforme, Saint-Joseph d’Avila. Toute la ville s’émut, le conseil de ville s’assembla et convoqua une assemblée de tous les ordres religieux ; on ne parlait de rien moins que de détruire le monastère. La Sainte elle-même avait subi un assaut du démon qui lui présentait toutes les difficultés à la fois, sans qu’il fût en son pouvoir de penser à autre chose et lui fit passer une des plus terribles heures de sa vie [30].

Le démon avait deviné l’importance de l’œuvre qui commençait et son zèle destructeur nous paaît aujourd’hui bien justifié.

c) Menteur et père du mensonge [31] .

Le trouble est une préparation. Il crée l’atmosphère favorable à l’action décisive du démon, au même titre que le recueillement précède et prépare l’action de Dieu. Cette action décisive, le démon la réalise par le mensonge. Reprenant la parole de Jésus, sainte Thérèse l’appelle « l’ami du mensonge et le mensonge même »[32]. Auprès des âmes soucieuses de perfection il n’aura quelque chance de succès que s’il réussit à couvrir le mal des apparences du bien. La dissimulation, le mensonge sont des moyens dont il ne saurait se passer et constituent toute sa tactique de combat.

Pour assurer à ses simulations toutes les chances de succès, il s’appuie sur les tendances de l’âme et sur ses désirs, en donnant au mal les apparences du bien spirituel particulier convoité par l’âme. En effet la tendance aveugle et la joie du désir satisfait semblent empêcher tout contrôle de la raison. C’est ainsi que le démon donne des consolations spirituelles qui nourriront la gourmandise spirituelle d’une âme, la portant à des excès dans les exercices de piété et les mortifications, ou du moins lui feront trouver si pénibles les sécheresses qui suivront qu’elle se découragera. Sainte Thérèse nous parle des fausses humilités suggérées par le démon,qui paralyseront l’âme et l’éloigneront de la perfection.

Contrefaire les grâces surnaturelles de Dieu est une œuvre plus difficile à laquelle cependant le démon ne manque pas de s’employer. Il est peu de faveurs extraordinaires qui n’aient pas leur contrefaçon et dont, en fait, le démon ne s’efforce de reproduire les effets sensibles dès qu’il les a observés
[33]. Même si elle est promptement découverte, la supercherie laisse une impression de malaise chez celui qui en est la victime. Le démon ne manque pas d’ailleurs de l’orchestrer bruyamment pour la faire connaître, jeter ainsi un certain discrédit et répandre une sorte de terreur sur tous les phénomènes merveilleux de ce genre.

Si la contrefaçon n’est point découverte, elle peut entraîner l’âme en des erreurs d’une importance pratique considérable pour elle et pour son entourage. Pour le moins elle soustrait progressivement l’âme à l’action de Dieu jusqu’au moment où dépouillée des biens spirituels qui brillaient en elle, elle tombe dans un découragement que le démon s’efforce d’aggraver pour le transformer en désespoir.

Saint Jean de la Croix signale en la Vive Flamme comment le démon se poste avec toute sa perfidie sur le passage qui va du sens à l’esprit… Il la trompe (l’âme contemplative) en l’attirant par le sens même ; il lui représente… des choses sensibles pour qu’elle s’y arrête et ne lui échappe pas
[34]

En ces mêmes régions le démon profite des lumières et des ardeurs reçues dans la contemplation pour retirer l’âme des régions obscures où elle s’unit à Dieu et l’attirer vers l’activité des facultés réconfortées par un tel secours surnaturel.

D’une façon générale d’ailleurs le démon est plus particulièrement actif dans les périodes de transition qui, par l’obscurité douloureuse qui y règne et la nouveauté des phénomènes qui s’y produisent, lui offrent des occasions plus nombreuses et des facilités plus grandes pour tendre ses pièges.

En d’autres circonstances il se dissimule sous des causes naturelles à l’action desquelles il substituera peu à peu la sienne propre, qui deviendra ainsi progressivement malfaisante.


Pour l’instant nous n’avons pas à préciser ces pièges et contrefaçons démoniaques dont nous retrouverons le détail dans l’exposé des divers Demeures. Mais cela nous suffit pour deviner combien ces tromperies du démon supposent chez leur auteur d’observation attentive et suivie, de pénétration psychologique, d’habileté pour reproduire, d’audace pour tenter.

« Serpens erat callidior omnibus animantibus. Le serpent était le plus rusé des êtres vivants [35] », dit l’auteur inspiré en parlant du serpent qui tenta Eve .Cette caractéristique lui reste et c’est ce qui le rend redoutable pour nous comme il le fut pour nos premiers parents.

C.— MOYENS DE RECONNAÎTRE L’ACTION DU DÉMON


Les ruses et les artifices du démon sont tels qu’il est souvent malaisé de discerner son action. Pour limiter et préciser l’usage que l’on doit faire des exorcismes publics, le Rituel donne les signes de la possession diabolique. En exposant les grâces extraordinaires, sainte Thérèse indique les caractères qui prouvent leur origine surnaturelle. Une étude détaillée ne serait point ici en sa place. Pour l’instant recueillons auprès de sainte Thérèse les conseils qui permettent dans l’ensemble des cas de discerner les interventions du démon dans la vie spirituelle.

1) Dans le doute, assure la Sainte, il faut se défier et attendre :

qu’il s’agisse de personnes malades ou saines, il faut toujours se défier de ces choses jusqu’à ce que l’on comprenne quel en est l’esprit. Aussi je dis que, dans les débuts, le mieux est de les combattre [36].

Cette défiance n’offense pas Dieu qui nous doit la preuve de son action surnaturelle. Elle ne nuira point à l’âme qui, si elle est sous l’action de Dieu, trouvera dans cette lutte un moyen de montrer sa vertu et de faire des progrès :

Si elles viennent de Dieu, ajoute en effet sainte Thérèse, cette résistance sera un moyen de réaliser de plus notables progrès ; plus on met ses faveurs à l’épreuve, plus elles augmentent ; oui, il en est vraiment de la sorte [37].


Le temps est nécessaire pour observer le fruit de ces faveurs, et c’est aux fruits surtout que l’on reconnaît leur origine : « A fructibus eorum cognocetis eos. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » [38], nous dit Notre-Seigneur.

2) Le premier fruit qui signale l’action du démon, c’est le mensonge, nous dit sainte Thérèse :


Lorsque c’est le démon qui agit, il ne tarde pas à se trahir par les innombrables mensonges où on le surprend [39].

Ce faux ange de lumière ne peut pas soutenir pendant longtemps son rôle sans se montrer sur quelque point en contradiction avec lui-même, soit par ignorance des choses surnaturelles, soit par l’exagération qu’il met dans l’expression de la vérité, soit par les étrangetés qu’il mêle à son action, soit par les mensonges particuliers que ce père du mensonge éprouve le besoin d’ajouter à sa supercherie encore dissimulée.

Ce signe du manquement à la vérité apparaît très important à sainte Thérèse :

Quand à la moindre parole, dit-elle, qui ne serait pas absolument conforme à la Sainte Ecriture, vous n’en ferez pas plus de cas que si vous l’entendiez de la bouche même du démon [40].

3) Les interventions directes du démon ne sauraient produire dans l’âme les effets de paix et d’humilité qu’y apporte l’action de Dieu. Jésus a dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur [41] ». Cette humilité et la douceur de la paix sont le parfum de sa présence et le signe de son action directe. Le démon, ennemi et privé de Dieu, produit normalement les effets contraires :

Quand le démon nous parle, il ne procure à l’âme aucun calme intérieur. Il la laisse plutôt comme saisie de frayeur et en proie à un grand dégoût, affirme sainte Thérèse [42].

Ce qui dépasse son pouvoir (du démon), c’est de contrefaire les effets dont j’ai parlé ; il ne produit ni cette paix, ni cette lumière qu’apportent les paroles divines, mais plutôt l’inquiétude et le trouble… Il est certain que quand elles viennent de Dieu (les paroles) l’âme conçoit d’autant moins d’estime d’elle-même que ces faveurs se multiplient [43].

Seule l’expérience peut donner un sens précis à ces mots de lumière, de paix, de trouble et d’inquiétude, employés par sainte Thérèse. Aussi un vrai don de discernement des esprits, don lié à cette expérience, est habituellement nécessaire pour discerner l’action du démon, non pas seulement dans les phénomènes extraordinaires, mais dans les manifestations ordinaires où elle se dissimule sous les causes naturelles et s’unit à elles d’une façon subtile pour produire les effets particuliers qu’il recherche. Les saints furent terribles au démon parce que, dès l’abord, leur sens spirituel affiné discernait sa présence et son action.
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 16:30

D.— COMMENT COMBATTRE L’ACTION DU DÉMON

La première condition pour triompher du démon, c’est de ne point s’abandonner à une crainte exagérée. Certes, il est un adversaire redoutable par sa puissance dans le domaine sensible et par son habileté ; mais nous ne devons pas oublier ses déficiences, son ignorance du monde surnaturel, son impuissance à pénétrer dans les facultés de notre âme, sa qualité enfin de réprouvé qui ne lui permet que des victoires temporaires et en fait un éternel vaincu.

Se laisser prendre par la terreur serait aussi irraisonnable que dangereux. Le démon utilise en effet savamment ce trouble pour dissimuler son infériorité et dresser ses pièges. Ce serait perdre nos avantages et augmenter sa puissance et ses chances de succès que de le craindre démesurément.

C’est ce que nous a enseigné sainte Thérèse, avec toute l’autorité que lui donnent ses nombreux démêlés avec les mauvais esprits. Après avoir dit que les démons l’ont tourmentée très souvent, et avoir narré quelques-unes de leurs attaques, elle ajoute :

Cet exposé pourra servir au véritable serviteur de Dieu et l’aider à mépriser tous ces fantômes dont les démons se servent pour l’effrayer. Soyons-en bien persuadés, chaque fois que nous les méprisons, nous leur enlevons de leurs forces, et notre âme acquiert même sur eux un plus grand empire. De plus, il en découle toujours quelque grand avantage pour nous.

… Le fait est que je comprend si bien leur peu de pouvoir quand je ne suis pas infidèle à Dieu, que je n’en ai pour ainsi dire aucune crainte. Tous leurs efforts sont vains, s’ils ne rencontrent pas des âmes qui se rendent à discrétion. C’est contre ces lâches qu’ils montrent leur pouvoir [44].

Ce mépris, si sensible au démon, doit être accompagné de prudence. Cette prudence, lorsqu’elle devra combattre le démon, utilisera les armes surnaturelles qui assurent notre supériorité, à savoir les sacramentaux dont plus spécialement l’eau bénite, ainsi que la prière et le jeûne.

Aussi souvent qu’elle le pourra, elle rompra le combat et échappera à toute atteinte du démon en se portant, par des actes de foi et d’humilité, dans des régions où le démon ne saurait pénétrer.

Disons un mot de ces armes de combat et de cette tactique de fuite.




I. — Armes pour combattre le démon.


a) Prière et Vigilance.

La vigilance dans la prière est un moyen indispensable pour lutter contre le démon. Sainte Thérèse dit qu’un motif pour lequel nous devons nous adonner à l’oraison c’est que le démon n’a plus autant de prise pour nous tenter. Si les démons

Remarquent que nous ne nous tenons plus sur nos gardes, ils peuvent nous porter un grave préjudice. Dès qu’ils voient qu’une âme est chancelante, et qu’elle n’est ni constante dans le bien ni fermement résolue d’y persévérer, ils ne lui laissent de repos ni jour ni nuit, lui suggèrent mille craintes, et lui représentent sans cesse de nouvelles difficultés. C’est ce que l’expérience m’a fort bien appris ; voilà pourquoi j’ai pu en parler. J’ajoute que personne ne sait combien l’avis que je viens de donner est sérieux [45].

L’Eglise, pour marquer l’importance de la lutte contre les puissances infernales, a approuvé des prières spéciales : prières des grands exorcismes, exorcismes de Léon XIII, prière à saint Michel Archange après les messes privées.

L’invocation de certains saints qui ont une puissance particulière sur les démons est spécialement recommandée. La prière à l’ange gardien est certainement efficace : il a reçu mission de nous protéger, et contre qui nous protègerait-il sinon contre les anges déchus qu’il peut affronter avec la puissance de sa nature angélique et les privilèges de l’ordre surnaturel.

b) Jeûne.


Aux Apôtres qui s’étonnaient de n’avoir pu chasser un démon Notre-Seigneur disait : « Ce genre de démons ne peut être chassé que par la prière et par le jeûne [46] »,indiquant ainsi l’efficacité spéciale du jeûne contre les puissances infernales.

L’hagiographie montre en effet que les saints qui eurent une action spéciale sur les démons furent tous de grands pénitents : saint Basile, saint Antoine, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse, le saint Curé d’Ars.

Il semble normal que la mortification du sens, sur lequel les démons agissent habituellement, libère d’abord de leur influence. En nous faisant dominer la nature elle nous rend semblables aux anges et nous confère ainsi une certaine puissance sur les anges déchus.

c) L’eau bénite.

L’Eglise a institué des sacramentaux, rites ou objets auxquels une bénédiction particulière confère une vertu spéciale de préservation contre l’influence du démon. Parmi les sacramentaux, sainte Thérèse aimait tout spécialement utiliser l’eau bénite.

Je l’ai vu bien des fois par ma propre expérience, écrit-elle, il n’y a rien de plus efficace que l’eau bénite pour repousser les démons et les empêcher de revenir. La croix aussi les met en fuite, mais il reviennent. La vertu de l’eau bénite doit être bien grande. Pour moi, j’en éprouve une consolation très particulière et très sensible lorsque j’en prends. Et je l’affirme, elle me fait éprouver d’ordinaire un bien-être que je ne saurais exprimer, et une joie intérieure qui fortifie toute mon âme. Cela n’est point une illusion ; ce n’est pas une fois, mais très souvent que je l’ai éprouvé et examiné avec soin [47]

Elle demande en effet de l’eau bénite chaque fois qu’elle est en butte à une attaque du démon et elle le chasse ainsi. En voici un exemple :

Une autre fois il me tourmenta durant cinq heures par des douleurs si terribles et un trouble physique et moral si profond, que je ne croyais pas pouvoir y résister plus longtemps. Les personnes présentes étaient épouvantées ; elles ne savaient que faire, ni moi comment me défendre… Le Seigneur daigna me faire entendre que c’était le démon. Je vis en effet près de moi un petit “démon” d’aspect abominable ; il grinçait des dents comme désespéré d’avoir essuyé une perte là ou il croyait trouver un gain. Dès que je l’eus aperçu, je me mis à rire et je demeurai sans crainte, car il y avait près de moi des religieuses…

Je leur demandai de l’eau bénite. Elles m’en apportèrent et en jetèrent sur moi, mais ce fut sans effet. J’en jetai moi-même du côté où était le démon et il disparut aussitôt ; tout mon mal me quitta comme si on l’avait enlevé avec la main ; mais je restai aussi brisée que si j’avais été rouée de coup de bâton [48].

L’Eglise en effet, dans les diverses oraisons de la bénédiction de l’eau, demande avec instance qu’à cette eau soit accordé le pouvoir « de mettre en fuite toute la puissance de l’ennemi, de déraciner cet ennemi avec tous les anges rebelles, et de les chasser… de détruire l’influence de l’esprit immonde et d’éloigner le serpent venimeux… [49] ».

« Cela montre combien est grand tout ce qui est établi par l’Eglise » commente sainte Thérèse [50].

On comprend dès lors ce qu’a déposé la Vénérable Anne de Jésus au procès de béatification, à savoir que la Sainte :

ne se mettait jamais en voyage sans emporter de l’eau bénite. Elle avait beaucoup de peine si l’on venait à l’oublier. Aussi nous portions toutes, suspendue à la ceinture, une petite gourde pleine d’eau bénite et elle voulait avoir la sienne [51].
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 16:30

II.— Tactique.

Lutter avec de telles armes contre les démons, c’est s’assurer la victoire. Mais les saints semblent ne pas désirer cette lutte et ne la recherchent pas. Le voyageur qui traverse le désert infesté de brigands ne cherche pas à les rencontrer, même s’il est sûr de les vaincre ; il n’est préoccupé que d’atteindre le but de son voyage. Ainsi, l’âme en route vers son Dieu ne cherche pas les démons qui pourraient sinon l’arrêter, du moins la retarder dans sa marche en lui causant quelques dommages, mais elle les fuit volontiers.

Excellente tactique que celle de la fuite, qui met à l’abri des atteintes, des coups et des ruses des démons. On la réalise en se portant par la foi et l’humilité dans les régions surnaturelles où il ne saurait parvenir lui-même
.

a) L’exercice de la foi ou actes anagogiques.

Dans l’épître aux Ephésiens, l’Apôtre saint Paul décrivant l’armure que doit revêtir le chrétien pour les combats spirituels, indique spécialement la foi comme arme défensive contre le démon :

Revêtez-vous de l’armure de Dieu pour pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les principautés, les puissances, contre les maîtres de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans les airs. C’est pourquoi prenez l’armure divine pour pouvoir résister au jour mauvais, et rester debout en remportant une complète victoire. Debout donc, les reins ceints de vérité, revêtus de la cuirasse de justice, les pieds chaussés du zèle de l’Evangile de paix, tenant en outre le bouclier de la foi contre lequel viendront s’éteindre les traits enflammés du méchant [52].

Dans la Nuit Obscure, saint Jean de la Croix commente très heureusement et gracieusement cet enseignement de l’Apôtre. En entrant dans la contemplation par l’exercice de la foi, l’âme, dit-il, se déguise sous une nouvelle livrée. Cette livrée, faites des vertus théologales, la dissimule à ses ennemis. C’est le vêtement blanc de la foi qui la soustrait au démon :

La foi, écrit-il, est une tunique intérieure d’une blancheur tellement éclatante qu’elle éblouit la vue de tout entendement. Quand l’âme s’avance revêtue de la foi, le démon ne peut ni la voir, ni lui nuire ; elle marche alors en toute sécurité. Cette vertu la protège beaucoup plus que les autres contre le démon qui est son ennemi le plus redoutable et le plus rusé. Aussi saint Pierre, qui n’a pas trouver de meilleur bouclier pour le repousser, nous dit : « Cui resistite fortes in fide [53] », résistez-lui en demeurant fermes dans la foi [54].

La foi en effet fait dépasser le domaine du sens, sur lequel le démon peut exercer sa puissance, et introduit l’âme dans le domaine surnaturel dans lequel il ne saurait pénétrer. L’âme y devient donc inaccessible à son ennemi, et par suite à l’abri de ses attaques et de ses coups.

Dans ses Souvenirs, le Père Elisée des Martyrs, confident de saint Jean de la Croix, assure que le saint Docteur recommandait la méthode des « actes anagogiques » ou actes des vertus théologales pour échapper à toutes les tentations. Il nous donne en ces termes l’enseignement du Saint :

Aussitôt que le premier mouvement ou la première attaque d’un vice se fait sentir… il ne faut pas s’y opposer par un acte de la vertu contraire, selon la première manière, mais recourir aussitôt à un acte ou mouvement d’amour anagogique qui s’oppose à l’attaque. En unissant ainsi notre affection à Dieu, il se fait que l’âme, en s’élevant, quitte les choses de la terre, se présente devant Dieu et s’unit à Lui. De ce fait le vice, la tentation de l’ennemi se trouvent frustrés, la tentative échoue, l’idée de faire du mal manque d’objet. L’âme, plus forte là-haut où elle aime, que dans le corps qu’elle anime, soustrait divinement la chair à la tentation, ce qui fait que l’adversaire ne sait plus l’atteindre ni la blesser ; elle ne se trouve plus là où il comptait la frapper et la ruiner. Chose merveilleuse ! l’âme semble alors étrangère au mouvement vicieux ; près du Bien-Aimé et unie à Lui, elle est entièrement libre de ce mouvement sur lequel le démon fondait ses espérances [55].

Ces actes anagogiques ne peuvent ordinairement avoir la puissance d’abstraire l’âme et de la soulever dans les régions surnaturelles qu’après un certain exercice. Aussi, ajoutait le saint Docteur au témoignage du même auteur, s’il arrive aux débutants que malgré l’acte et le mouvement anagogique, ils s’aperçoivent que l’effort vicieux de la tentation n’est pas complètement écarté, qu’ils aient bien soin, pour y résister, de recourir à toutes les armes et considérations en leur pouvoir…

Saint Jean de la Croix soulignait l’excellence et l’efficacité de cette méthode qui réunit tout ce que la stratégie offre de nécessaire et d’essentiel pour triompher [56].

Cette stratégie, qui assure à la fois les avantages psychologiques de la diversion et le secours surnaturel du prompt recours à Dieu, devient d’une application très facile à l’âme qui en a pris l’habitude. La fuite devant l’ennemi lui devient un réflexe normal dont elle expérimente le grand bienfait. Dans la Nuit Obscure saint Jean de la Croix écrit, de l’âme purifiée :

Chose admirable, dès qu’elle sent la présence de l’ennemi perturbateur, et sans qu’elle sache ce qui se passe ou fasse rien par elle-même, elle s’enfonce dans la partie la plus intime d’elle-même ; elle se rend très bien compte qu’elle pénètre dans un certain refuge où elle est plus éloignée et cachée de son ennemi ; de la sorte elle augmente la paix et la joie que le démon prétendait lui ravir
[57].

Spécialiste de cette méthode, saint Jean de la Croix l’utilisera non seulement contre les attaques du démon, mais contre l’agitation des facultés et les impressions désordonnées des puissances sensibles.

b) Pour échapper aux ruses du démon sainte Thérèse recommande surtout la vertu d’humilité.
Cette vertu semble jouir d’une sorte d’immunité : elle excelle en effet à discerner son action, et n’en éprouve quasi aucun dommage lorsqu’elle doit la subir :

Il (le démon) nuira peu à l’âme, ou même il ne lui portera aucun dommage si elle est humble [58] Affirme sainte Thérèse en parlant des paroles que prononce le démon.

Dieu ne permettra pas au démon de tromper une âme qui se défie absolument d’elle-même, dit-elle ailleurs[59].

Le démon en effet est fixé dans une attitude d’orgueil par sa révolte contre Dieu. IL ne sait pas être humble et ne comprend pas l’humilité. Toutes ses contrefaçons, même ses contrefaçons d’humilité, portent toujours des marques visibles d’orgueil. L’humble, habitué au parfum du Christ, les discerne promptement à ce signe. Par contre, l’humble vit en des régions que le démon ne connaît pas. Celui-ci ignore les réactions de l’humilité. Il est toujours déconcerté et vaincu par elle.

La veille de sa profession, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus subit les assauts du démon :

… le démon m’inspirait l’assurance qu’elle [la vie du Carmel] n’était pas faite pour moi, que je tromperais les supérieures en avançant dans une voie où je n’étais pas appelée […] cependant je voulais faire la volonté du bon Dieu et retourner dans le monde, plutôt que rester au Carmel en faisant la mienne ; je fis donc sortir ma maîtresse et remplie de confusion, je lui dis mon l’état de ma âme… Heureusement elle vit plus clair que moi et me rassura complètement ; d’ailleurs l’acte d’humilité que j’avais fait venait de mettre en fuite le démon [60].

Il n’est pas en effet d’adversaires plus redoutables au démon que les âmes à la fois faibles et humbles, car Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les forts ; et Dieu a choisi les choses vils du monde et les choses méprisables, et celles qui ne sont rien, pour détruire celles qui sont [61].

Aussi, malgré la puissance dont peuvent user les démons, sainte Thérèse ne les redoute pas :

Je ne puis concevoir, écrit-elle, les craintes qui provoquent ces exclamations : « le démon ! le démon ! », quand nous pouvons dire : « mon Dieu ! mon Dieu ! », et faire ainsi trembler l’esprit de ténèbres. Ne savons-nous pas qu’il ne peut faire le moindre mouvement si Dieu ne lui permet ? Pourquoi donc ces frayeurs ? Pour moi, je l’affirme, je redoute bien plus ces hommes si timides devant le démon, que le démon lui-même. Lui ne me peut nuire en rien ; les autres, dont je parle, surtout s’ils sont confesseurs, jettent l’âme dans les plus grandes inquiétudes [62].

Chasser les terreurs ne suffit pas. Il faut reconnaître le rôle providentiel du démon dans notre épreuve d’ici-bas. Certes, il peut nous entraîner au mal, mais, comme le note saint Jean de la Croix :

Il faut savoir que quand l’Ange bon permet au démon de prévaloir contre l’âme… il a pour but de la purifier ; il l’a dispose par cette préparation spirituelle à quelque grande fête ou grâce céleste que veut lui accorder Celui qui ne mortifie que pour donner la vie et n’humilie que pour exalter [63].

C’est donc pour faire plus grands nos mérites, plus pures et plus hautes nos vertus, plus rapide notre marche vers Lui que Dieu permet au démon de nous tenter et de nous éprouver.

(En une page imagée et puissante, Tauler décrit ainsi les avantages des tentations et le moyen de les vaincre :

« Quand le cerf est vivement chassé par les chiens à travers forêts et montagnes, son grand échauffement éveille en lui une soif et un désir de boire plus ardents qu’en aucun autre animal. De même que le cerf est chassé par les chiens, ainsi le débutant (dans les voies de la charité) est-il chassé par les tentations. Dès qu’il se détourne du monde, il est en particulier pourchassé avec ardeur, par sept forts mâtins vigoureux et agiles… Plus cette chasse est vive et impétueuse, plus grande devrait être notre soif de Dieu et l’ardeur de notre désir. Parfois il arrive qu’un des chiens rattrape le cerf et s’accroche avec ses dents au ventre de la bête. Quand alors le cerf ne peut se débarrasser du chien, il l’entraîne avec lui près d’un arbre et le frappe si fort contre l’arbre qu’il lui brise la tête et ainsi s’en délivre… Voilà précisément ce que l’homme doit faire. Quand il ne peut se rendre maître de ses chiens, de ses tentations, il doit en grande hâte courir à l’arbre de la Croix, et de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, et y cogner son chien, c’est-à-dire sa tentation et lui briser la tête. Cela veut dire que là, il triomphe de toute tentation et s’en délivre complètement »). (Sermons de Tauler, lundi avant les Rameaux, traduc. Du P. Hugueny tome I, p. 258.)
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 16:38

DE LA VERTU D’HUMILITÉ :




La distinction étant faite de l’humilité raisonnable et de l’humilité fervente d’après la nature de la lumière qui les produit, il nous semble difficile de pousser la distinction plus loin pour chacune d’entre elles en essayant d’apprécier l’intensité de la lumière qui la produit et la perfection de l’attitude intérieure qu’elle crée, car l’une et l’autre échappent à une analyse précise.

Une discrimination plus claire et plus pratique nous paraît être celle qui distingue les divers biens qui servent d’aliment à l’orgueil, par conséquent les diverses formes d’orgueil que l’humilité doit combattre successivement. Nous pouvons, sous cet aspect, considérer l’humilité aux prises avec l’orgueil qui s’appuie sur les biens extérieurs, avec l’orgueil de la volonté, l’orgueil de l’intelligence, et avec l’orgueil spirituel. Pour combattre ces formes d’orgueil de plus en plus subtiles, et de plus en plus dangereuses parce qu’elles se nourrissent de biens de plus en plus précieux, l’humilité doit elle-même s’affiner et s’approfondir. C’est donc une progression logique de l’humilité qui s’établit ainsi, aussi bien d’ailleurs de l’humilité raisonnable que de l’humilité fervente.




L’ORGUEIL DES BIENS EXTÉRIEURS


Ces biens extérieurs sont tout ceux qui assurent honneur et considération, par conséquent les avantages et qualités extérieures : la beauté, la fortune, le nom, le rang, les honneurs (ecclésiastiques ou non). Ces biens constituent une simple façade, brillante peut-être, qui dissimule très mal, nous en avons conscience, notre pauvreté intérieure. Cependant nous aimons appuyer sur eux le sentiment de notre propre excellence et des exigences d’honneurs et de louanges. Le monde ne s’y trompe pas, et, après avoir satisfait aux exigences des conventions, il se réserve de porter intérieurement le jugement sévère de la justice.

Cet orgueil, le plus sot, mais aussi le moins dangereux parce que le plus extérieur, est ordinairement le premier qui cède devant la lumière de l’humilité :

« Elle (l’âme) déplore, écrit sainte Thérèse, l’époque où elle a été sensible au point d’honneur, et l’illusion qui lui faisait regarder comme honneur ce que le monde appelle de ce nom. Elle voit que c’est un mensonge insigne dans lequel sont plongés tous les hommes. Pour elle, l’honneur seul digne de ce nom est exempt de mensonge et inséparable de la vérité. Elle estime ce qui mérite de l’être, mais elle regarde comme néant ce qui l’est en réalité. Or, tout ce qui passe et ne tourne pas à la gloire de Dieu est néant et au-dessous même du néant. L’âme rit d’elle-même en se rappelant que jadis elle a fait quelque cas de l’argent et l’a même quelque peu désiré…[1]

Sainte Thérèse signale spécialement le point d’honneur, car elle est castillane et fille de chevaliers du XVIe siècle au pays du Cid.

« Je vois des personnes qui, par la sainteté et la grandeur de leurs œuvres, font l’admiration du monde. D’où vient donc, ô mon Dieu, que ces âmes rampent encore sur la terre ? Comment ne sont-elles pas déjà parvenues au sommet de la perfection ? Quel est ce phénomène ? Qui donc retient ces âmes qui font pourtant de si grandes choses pour Dieu ? Hélas, elles sont retenues par un point d’honneur et, ce qui est pire encore, elles ne veulent pas en convenir, car le démon leur persuade parfois qu’elles sont obligées de le garder. Mais, qu’elles se fient à mes paroles, qu’elles ajoutent foi pour l’amour de Dieu à cette petite fourmi à qui le Seigneur commande de parler. Si elles ne font pas disparaître cette chenille, l’arbre pourra n’être pas endommagé tout entier ; quelques vertus lui resteront, mais toutes seront atteintes. Cet arbre sera sans beauté, il ne grandira pas et il empêchera de grandir ceux qui l’entourent, car les fruits des bons exemples qu’il donne ne sont pas sains et durent peu. Je l’ai dit bien des fois, si petit que soit le point d’honneur, il est comme une erreur de ton ou de mesure dans le chant ; il n’y a plus d’harmonie. Il est nuisible en tout temps ; mais pour l’âme qui marche dans la voie de l’oraison, c’est une peste »] (Vie, ch. XXI, p. 341.)

Le point d’honneur l’a préservée de certains dangers lorsqu’elle était jeune fille, car elle n’aurait rien voulu faire contre l’honneur. Mais ce sentiment de l’honneur, si profondément enraciné en elle, ne sera purifié qu’à la longue. A ces conversations de parloir qu’elle refusait au P. Balthazar de sacrifier, et auxquelles seule la parole divine entendue en son premier ravissement put la faire renoncer, elle était attachée par un sentiment de reconnaissance pour les personnes qu’elle voyait ; mais n’y avait-il pas aussi cette satisfaction qu’elle trouvait dans la compagnie de la meilleur société d’Avila, en des conversations qu’elle faisait si aisément brillantes et spirituelles en même temps que surnaturelles ?

L’exemple de sainte Thérèse nous montre que l’attache désordonnée à ces biens extérieurs, lorsqu’ils sont bien de famille ou de race (ou de famille religieuse), peut-être si tenace qu’elle ne cède qu’aux purifications des sixièmes demeures. Ce que la Sainte nous dit des âmes murées dans les troisièmes Demeures parce qu’attachées trop raisonnablement aux biens de la terre ou soucieuses de leur honneur, nous montre les conséquences graves d’un pareil dérèglement.

Aussi la Sainte poursuivra-t-elle avec sévérité toute susceptibilité orgueilleuse :

« Mais dire-vous, écrit-elle, ce sont là de petites choses, des mouvements de nature, et il n’y a pas lieu d’en faire cas. Veuillez ne point les traiter à la légère. Ces choses montent comme l’écume. Une chose n’est pas petite quand le danger est aussi grand que dans ces points d’honneur et dans la recherche des torts qu’on peut nous avoir fait[2] ».

Un jour viendra enfin où l’âme verra « parfaitement que l’on fait plus de bien en un jour quand on méprise la dignité du rang pour l’amour de Dieu, que l’on n’en ferait avec elle en dix ans[3]». Cette âme ainsi éclairée est déjà parvenue en de hautes régions de la vie spirituelle, et sur sa route elle a découvert d’autres formes d’orgueil.



(Extraits de : Je veux voir Dieu du Père M.Eugène. de l'Enfant-Jésus. Editions du Carmel (Petit Castelet - Tarascon B.-du-Rh.))


Dernière édition par le Ven 7 Déc 2007 - 16:54, édité 1 fois
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 16:41

L’ORGUEIL DE LA VOLONTÉ



Cet orgueil qui réside dans la volonté se nourrit des biens que la volonté trouve en elle-même, de son indépendance, de son pouvoir de commander et de sa force dont elle a pris conscience. Il se traduit par un refus de se soumettre à l’autorité établie (ou avérée), une confiance exagérée en soi et par l’ambition dominatrice. C’est lui qui prononce le ‘Non serviam’ et qui désorganise toute société, la famille comme la société civile, en détruisant la subordination qui est le principe de l’ordre et de la collaboration.

Il refuse ou rend difficile la soumission à l’égard de Dieu. Ou encore croyant à la puissance et à l’efficacité de ses efforts, même dans le domaine surnaturel, il ne comprend pas la parole de Jésus

« sans moi, vous ne pouvez rien faire »
,

ou celle de saint Paul :
« c’est Dieu qui fait le vouloir et le faire »
. Ainsi, l’orgueil de la volonté, en se refusant à toute soumission, s’oppose au règne de Dieu et à l’emprise de la grâce.

Seul, le Christ Jésus, venu pour servir et non pour être servi, qui s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la Croix, peut apprendre par son exemple la noblesse et la valeur de la soumission. Mais les abaissements du Christ, lorsqu’il faut les partager, restent une folie pour les chrétiens tant que la lumière de Dieu n’est pas descendue sur leur âme.

Les premières oraisons contemplatives en révélant obscurément à l’âme une présence transcendante dans les flots suaves de la quiétude ou dans l’impuissance de la sécheresse, atteignent l’orgueil en enchaînant la volonté. Les grâces d’union des cinquièmes Demeures, qui font sombrer les facultés dans l’obscurité du divin d’où elles reviennent avec la certitude d’un contact avec Dieu, les brisent et la volonté désormais sera souple à tous les vouloirs de Dieu. Un long et rude labeur d’ascèse pourra suppléer à cette grâce mystique et mériter l’emprise divine qui réalisera l’union de volonté.



(Extraits de : Je veux voir Dieu du Père M.Eugène. de l'Enfant-Jésus. Editions du Carmel (Petit Castelet - Tarascon B.-du-Rh.))
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 17:04

DE LA VERTU D’HUMILITÉ :


L’ORGUEIL DE L’INTELLIGENCE


L’orgueil de la volonté s’appuie habituellement sur l’orgueil de l’intelligence. Le « Non serviam » des anges rebelles procédait d’une complaisance orgueilleuse en leur propre lumière. Fascinés par leur propre état, ces esprits n’eurent pas un regard pour la lumière éternelle de Dieu, et fixés dans cette attitude par la simplicité de leur nature, ils renoncèrent au face-à-face divin et se condamnèrent à la privation éternelle de Dieu. Le péché angélique est le péché de l’orgueil de l’esprit.

Ce péché trouve dans les déficiences de la nature humaine, soumise aux passions et au changement, une excuse et une possibilité de pardon et de repentir. Il reste cependant un péché des plus graves et des plus lourds de conséquences, car il procède de la faculté humaine la plus haute et la soustrait à la lumière divine dont la transcendance exige la soumission.


En dressant l’intelligence contre l’objet de la foi, le libre examen protestant a exalté l’orgueil de l’intelligence. En proclamant les droits absolus de la raison, la Révolution française en a fait un péché social. Les découvertes de la science, en paraissant justifier les prétentions de la raison à une domination suprême sur toutes les réalités d’ici-bas pour en exclure Dieu définitivement, en ont fait un péché quasi-irrémissible pour la masse des esprits de notre temps.

Ce péché social dont les derniers fruits sont l’agnosticisme philosophique, le libéralisme politique et le laïcisme scolaire dont l’atmosphère est saturée, a pénétré dans les milieux les mieux préservés et s’y traduit par l’habitude de tout citer au tribunal du jugement propre et par la difficulté de se soumettre au simple témoignage de l’autorité. La foi devient ainsi plus exigeante de lumières distinctes et, moins soumise, elle chemine plus lentement dans l’obscur vers son objet divin. C’est cet orgueil, cause de l’apostasie des masses, qui à tant d’âmes assoiffées de lumière et de vie, refuse l’accès des sources qui pourraient apaiser leur soif ardente ; lui aussi, qui arrête tant de belles intelligences, croyantes cependant, devant les obscurités divines où l’on pénètre que par le regard simple de la contemplation.

L’orgueil de l’intelligence trouve cependant dans le contact avec la vérité et ses mystères, dans le commerce avec les savants et les grands esprits, un remède. L’étude de la vérité révélée et les actes de foi lui sont déjà une purification.

Mais il ne sera purifié profondément que par les envahissements de la lumière elle-même, douloureuse d’abord et obscure, en attendant qu’elle produise une demi-clarté d’aurore. Dès lors, que l’âme ait été éblouie par une suspension des facultés dans les clartés de l’infinie, ou qu’elle ait souffert longuement dans l’obscurité de la ténèbre divine, elle a compris que Dieu est inaccessible à l’intelligence, que ses pensées et ses desseins ne sont pas nos pensées et nos desseins, et que la plus haute connaissance que nous puissions avoir de Dieu c’est de comprendre qu’Il est au-dessus de tout savoir et de toute intelligence. Respectueuse et amoureuse devant la Réalité divine, elle n’ose plus dresser les clartés de la raison et elle se réjouit de ne rien savoir, de ne rien pouvoir, de ne rien comprendre, afin qu’appuyée sur une foi pure et plus ferme elle puisse pénétrer plus profondément dans l’obscurité lumineuse des mystères qui lui sont proposés.

Dans ces régions où la connaissance défaille, l’orgueil de l’intelligence est purifié ; aussi la lumière arrive à flots dans l’âme qui découvre toutes choses en leur place dans la perspective d’éternité. Aussi sainte Thérèse ne peut-elle s’empêcher de souhaiter cette lumière à ceux qui ont la charge des grands intérêts des peuples.

« Bienheureuse l’âme que le Seigneur élève à l’intelligence de la vérité ! Oh, comme cet état est bien pour les rois ! …Quelle équité ne verrait-on pas fleurir dans le royaume ! que de maux on éviterait ! combien auraient déjà été détournés ![1]

Comment ne pas faire nôtres ces réflexions et ce souhait, alors que la décadence de la civilisation chrétienne, (Rome qui a perdu la foi) les désordres et les luttes qui affligent le monde trouvent leur source en de fausses lumières ou idéologies édifiées par l’orgueil de l’esprit ?


(Extraits de : Je veux voir Dieu du Père M.Eugène. de l'Enfant-Jésus. Editions du Carmel (Petit Castelet - Tarascon B.-du-Rh.))
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Re: PERE MARIE-EUGENE DE L'ENFANT JESUS

Message par Joss le Ven 7 Déc 2007 - 17:06



DE LA VERTU D’HUMILITÉ :

L’ORGUEIL SPIRITUEL




De ce péché, de l’attitude qu’il crée et de son châtiment l’Evangile nous offre un exemple vivant dans la parabole du pharisien et du publicain :

« Deux hommes montèrent au temple pour prier : l’un était pharisien, l’autre publicain ».
Ainsi qu’il convient, le pharisien s’avance près du sanctuaire. S’il fût resté au fond du parvis on se serait étonné à bon droit, car c’est un homme religieux et considérable. Il prie ainsi :
« O mon Dieu, je vous rend grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont voleurs, injustes, adultères, et en particulier comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine, j’offre la dîme de tout ce que j’achète ».
Certes, tout cela est la vérité et il ne se glorifie de rien qu’il ne fasse réellement.
« Quand au publicain, se tenant à distance, il n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, disant : « O Dieu, ayez pitié de moi, pauvre pécheur ! »
Le publicain, ce voleur authentique et détesté, se met lui aussi en la place qui lui revient et confesse les péchés qu’il a commis. Tous deux sont vrais, mais le pharisien se glorifie de sa vertu, le publicain s’humilie de son péché. Dieu semble oublier et la vertu et le péché : il ne voit dans le premier que la suffisance, dans le second, que l’humilité.
« Je vous le dis : celui-ci descendit chez lui plus justifié que l’autre »
. Divites dimisit inanes, exaltavit humiles… Il élève les humbles et renvoie les riches les mains vides.



Ce pharisien, qui devant Dieu se glorifiera de ses œuvres spirituelles, se glorifiera devant Jésus de son attachement à la loi de Moïse et de cette filiation d’Abraham qui lui vaut de faire partie du peuple choisi entre tous. Cette fidélité orgueilleuse, qui s’est cristallisée en multiples pratiques extérieures, l’empêche de reconnaître celui que les Patriarches et les prophètes eussent désiré voir et n’ont point vu, le Messie annoncé, le Verbe incarné lui-même qui se présente à lui.

L’orgueil spirituel se glorifie en effet non seulement de ses œuvres comme si elles étaient uniquement de lui, mais de ses privilèges spirituels. Appartenir à un état, à une famille religieuse qui compte de grands saints, qui possède une doctrine, une grande influence, est une noblesse qui oblige et peut aussi nourrir un orgueil spirituel qui stérilise et aveugle devant les manifestations nouvelles de la miséricorde divine.

Les dons spirituels personnels peuvent aussi servir de pâture à l’orgueil. Les grâces d’oraison enrichissent le contemplatif, laissent leur trace profonde dans l’âme, donnent une expérience précieuse, fortifient la volonté, affinent l’intelligence, augmentent la puissance d’action, assurent au spirituel un rayonnement puissant. Ces grâces sont reçues toujours dans l’humilité qu’elles créent et la reconnaissance qu’elles provoquent. La lumière qui les accompagne disparaît, leurs effets dans l’âme restent. La tentation peut venir ensuite, subtile et inconsciente. Elle vient presque nécessairement, tellement l’orgueil est tenace et le démon malin, d’utiliser ces richesses spirituelles pour s’exalter et paraître, pour servir un besoin d’affection ou de domination, ou simplement pour faire triompher des idées personnelle. La personnalité idolâtre d’elle-même se substitue à Dieu lui-même, et ce qu’elle avait reçu pour être instrument et moyen, elle l’utilise pour s’imposer comme une fin et un dieu à elle-même et aux autres.

Corruptio optimi pessima. La corruption de ce qu’il y a de meilleur engendre le pire. On ne peut songer sans frémir à certaines chutes lamentables d’âmes favorisées de Dieu. Luther, nous semble-t-il, n’aurait pu édifier sa théorie de la foi-confiance qui justifie, s’il n’avait senti les débordements pacifiants de la miséricorde, et il n’aurait pu attaquer la religion en la frappant au point où la foi se greffe sur l’intelligence s’il n’eût précédemment découvert en une purification de la foi, au moins ébauchée, la vulnérabilité de ce point d’intersection du naturel et du surnaturel. Et d’autres sont venus, avant et après Luther, utilisant les privilèges de leur intimité avec le Maître sinon pour le trahir comme Judas par un baiser, du moins pour nourrir leur orgueil et faire triompher leur personnalité.

N’est-ce pas parce qu’ils auront profité pour eux-mêmes des charismes dont ils auront été favorisés que le souverain Juge prononcera cette sentence étonnante, mais qu’il annonce Lui-même :

« Ils seront nombreux à me dire en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous point fait des prophéties en votre nom ? en votre nom n’avons-nous point expulsé les démons ? en votre nom n’avons-nous point accompli quantité de prodiges ? Et alors je leur déclarerai hautement : Jamais je ne vous ai connus. Eloignez-vous de moi, vous tous, artisans d’iniquité ! »

Malheur donc à cet orgueil spirituel qui s’établit sur les dons de Dieu. La jalousie divine s’exerce avec d’autant plus de sévérité que les biens qui lui sont soustraits par l’orgueil sont plus élevés, plus gratuits et plus purement l’œuvre de Dieu lui-même. La miséricorde se montre plus jalouse que la justice. Lésée par l’orgueil, elle se montre plus exigeante pour les faveurs surnaturelles dont il jouit que pour les dons naturels et les vertus qu’il s’attribue en propre.

Le pharisien, qui étale orgueilleusement ses œuvres, s’en va les mains vides. Le même pharisien, qui se glorifie du privilège qui l’a fait fils d’Abraham, est aveugle devant la lumière du Verbe ; le prophète qui a joui de son charisme va au feu éternel.

Seul les saints, qui ont vu sous la lumière de Dieu la gravité d’un tel orgueil, peuvent nous expliquer les exigences de Dieu sur ce point et la sévérité de telles sentences. Ecoutons sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, à la fin de sa vie, alors qu’elle était parvenue à l’union transformante :

« Ma mère, disait-elle, si j’étais infidèle, si je commettais seulement la moindre infidélité, je sens que je le paierais par des troubles épouvantables, et je ne pourrais accepter la mort ».

A juste raison on s’étonnait de cet aveu dans la bouche de l’apôtre de la confiance et de la miséricorde, qui avait écrit que les fautes les plus graves ne sauraient arrêter le mouvement de sa confiance filiale à l’égard de Dieu :

« De quelle infidélité voulez-vous parler ?
lui dit-on.
D’une pensée d’orgueil entretenue volontairement
, répondit-elle ;
par exemple celle-ci : j’ai acquis telle vertu, je suis certaine de pouvoir la pratiquer ; car alors ce serait m’appuyer sur mes propres forces, et quand on en est là, on risque de tomber dans l’abîme. Si je disais : O mon Dieu, je vous aime trop, vous le savez, pour m’arrêter à une seule pensée contre la foi, mes tentations deviendraient si violentes que j’y succomberais certainement »
.

Dans la lumière des sommets, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus se rendait compte qu’un péché d’orgueil spirituel pouvait ébranler le magnifique édifice de sa perfection et arrêter le torrent débordant de la miséricorde divine sur son âme parvenue à l’union transformante !

La réponse de saint Jean de la Croix au Christ qui lui demandait ce qu’il désirait comme récompense, ne nous révèle-t-elle pas les craintes intérieures de Saint, de même nature que celles de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus :
« Point autre chose, Seigneur, que souffrir et être méprisé ».
Qu’est-ce à dire sinon que le Saint, parvenu lui aussi à l’union transformante, et au plein épanouissement de sa grâce de Docteur, craignait encore ces vapeurs d’orgueil que le démon pouvait faire monter de la prise de conscience de son état et de la fécondité de sa grâce, qui eussent voilé l’intimité de son union et l’eussent arrêté dans sa marche vers les profondeurs de Dieu.

Subtilités ! dira-t-on. Oui, peut- être, pour nos âmes encore peu spirituelles, mais réalités perçues en un relief puissant et horrible par le regard purifié des saints. Aussi sainte Angèle de Foligno disait en son testament spirituel à ceux qui l’entouraient :

« Mes enfants, soyez humbles ; mes enfants, soyez doux, je ne parle pas de l’acte extérieur, je parle des profondeurs du cœur. Ne vous inquiétez ni des honneurs, ni des dignités. O mes enfants, soyez petits pour que le Christ vous exalte dans sa perfection et dans la vôtre… Les dignités qui enflent l’âme sont vanités qu’il faut maudire. Fuyez-les, car elles sont dangereuses ; mais, écoutez, écoutez. Elles sont moins dangereuses que les vanités spirituelles. Montrer qu’on sait parler de Dieu, comprendre l’Ecriture, accomplir des prodiges, faire parade de son cœur abîmé dans le divin, voilà la vanité des vanités, et les vanités temporelles sont après cette vanité suprême de petits défauts vite corrigés ».

Ils sont immenses et terribles en effet les ravages de l’orgueil spirituel dans le monde des âmes. Si, habituellement, seules les grâces extraordinaires lui permettent d’accumuler les ruines, elles sont nombreuses les âmes satisfaites d’elles-mêmes, se complaisant dans les grâces reçues et les résultats obtenus, qu’il arrête définitivement dans les voies spirituelles en détruisant les ardeurs de l’espérance et le dynamisme nécessaire aux ascensions.



(Extraits de : Je veux voir Dieu du Père M.Eugène. de l'Enfant-Jésus. Editions du Carmel (Petit Castelet - Tarascon B.-du-Rh.)


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L’humilité a le goût de Dieu ! Partout où elle se trouve, Dieu descend, et partout où Dieu se trouve ici-bas il s’en revêt comme d’un manteau qui dissimule sa présence aux orgueilleux et la révèle aux simples et aux petits.

Dieu ne peut se passer de l’humilité. Il l’aime tant, qu’à ses yeux, elle peut suppléer à tout le reste parce qu’elle attire effectivement tous les dons de Dieu.

Ne te désole pas de ton impuissance puisqu’elle est le meilleur moyen pour entrer dans les profondeurs de la miséricorde du bon Dieu. Cette miséricorde ne se justifie et n’existe que par l’existence même de la misère en nous.

Père Marie-Eugène
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