MARTHE ET MARIE

[ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

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[ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

Message par christianc le Sam 25 Aoû 2007 - 9:12

L'ACIRC est la commission des théologiens anglicans et catholiques qui réfléchissent et élaborent ensemble sur l'oecuménisme.

(La communion : dans l'église anglicane, la conception est celle qui a toujours été , décrite chez Ignace d'Antioche, le chrétien est en communion avec son évêque et les évêques sont en communion entre eux.
L'unité "invisible" existe dans cette volonté d'accomplir la mission du Christ, d'autres communautés ont adopté des organisations un peu différentes mais l'intention d'accomplir la mission du Christ reste la même)

La mission de l'évêque étant d'"enseigner" et d'exercer l'autorité en 1966 les échanges d'anneaux épiscopaux entre l'Archevêque de Canterbury et le Pape Paul VI a été vécu comme un "bien" du coté anglican.

Le don de l'autorité (traite des ministères comme don à l'Eglise)

http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_12051999_gift-of-autority_fr.html



5. La nature et l’exercice de l'autorité dans les Eglises et dans la société sont l’objet d’un vaste débat. Anglicans et catholiques romains veulent témoigner devant les Eglises et devant le monde que l'autorité correctement exercée est un don de Dieu qui apporte réconciliation et paix à l’humanité.
L'autorité peut être exercée de manière tyrannique et destructive. Il arrive souvent, on le sait, qu’il en soit ainsi dans les sociétés humaines et jusque dans les Eglises, lorsque celles-ci adoptent sans discernement certains modèles d’autorité. L’exercice de l'autorité dans le ministère de Jésus indique une autre façon de faire.

C’est en conformité avec l’esprit et l’exemple du Christ que l'Eglise est appelée à exercer l'autorité (cf. Lc 22, 24-27 ; Jn 13, 14-15 ; Ph 2, 1-11). Pour l’exercice de cette autorité, l'Eglise est dotée par l’Esprit Saint de divers dons et ministères (cf. 1 Co 12, 4-11 ; Ep 4, 11-12).

24. Au long des siècles, l'Eglise reçoit et interprète comme un don de la grâce de Dieu tout ce qu’elle reconnaît comme expression authentique de la Tradition confiée une fois pour toutes aux apôtres.

La réception est acte de fidélité et en même temps de liberté. L’Eglise doit persévérer dans la fidélité pour que le Christ qui viendra dans la gloire reconnaisse en elle la communauté qu’il a fondée ; elle doit rester libre de recevoir la Tradition apostolique de manière nouvelle selon les situations auxquelles elle est confrontée.

L’Eglise a la responsabilté de transmettre l’intégralité de la Tradition apostolique, même s’il peut y avoir des segments qu’elle trouve difficile d’intégrer à sa vie et à son culte. Il est possible que ce qui a eu grande signification pour une génération antérieure retrouve à l’avenir une importance peu perçue dans le présent.


30. Ceux qui exercent l’épiscopè dans le Corps du Christ ne doivent pas être séparés de la « symphonie » du peuple de Dieu tout entier, où ils ont leur rôle à jouer.

Il leur faut être attentifs au sensus fidelium, qu’ils ont eux aussi en partage, s’ils tiennent à être sensibilisés à la nécessité d’une intervention pour le bien-être et la mission de la communauté, ou lorsqu’un élément de la Tradition a besoin d’être reçu de façon neuve.

Le charisme et la fonction de l’épiscopè sont spécifiquement reliés au ministère de la mémoire qui renouvelle constamment l'Eglise dans l’espérance. Par ce ministère, l’Esprit Saint garde vivante dans l'Église la mémoire de ce que Dieu a fait et révélé, et l’espérance de ce qu’il fera pour amener toutes choses à l’unité dans le Christ.

De cette manière, non seulement de génération en génération, mais d’un lieu à l’autre, l’unique foi se trouve communiquée et vécue. Ce ministère est celui de l’évêque et de ceux ordonnés sous sa responsabilité, lorsqu’ils proclament la Parole, administrent les sacrements et jouent leur rôle dans l’application de la discipline au profit du bien commun. Les évêques, le clergé et les autres fidèles doivent tous reconnaître et recevoir ce que Dieu leur transmet par cette médiation mutuelle. Le sensus fidelium du peuple de Dieu et le ministère de la mémoire existent ainsi ensemble dans une relation réciproque.

Autorité collégiale, synodalité, communion, écoute ..



47. Dans le cadre de son ministère le plus large, l’Evêque de Rome exerce un ministère spécifique touchant le discernement de la vérité, et qui ne fait que traduire sa primauté universelle.

Ce service particulier a été la source de difficultés et de malentendus entre les Eglises.

Toute définition solennelle prononcée sur la chaire de Pierre, dans l'Eglise de Pierre et de Paul, ne peut pourtant qu’exprimer la foi de l'Eglise. Toute définition de ce genre est prononcée du sein du collège de ceux qui exercent l’épiscopè, et non pas en-dehors de ce collège.

Un tel enseignement faisant autorité est une forme particulière d’exercice de la vocation et de la responsabilité du corps des évêques d’enseigner et d’affirmer la foi.

Quand la foi est articulée de cette manière, l’Evêque de Rome proclame la foi des Eglises locales. C’est ainsi l’enseignement parfaitement sûr de l'Eglise entière qui est à l’œuvre dans le jugement du primat universel. Lorsqu’il formule solennellement un enseignement de ce genre, le primat universel est tenu de discerner et déclarer, avec l’assistance et la conduite assurées du Saint-Esprit, en fidélité à l'Ecriture et à la Tradition, la foi authentique de toute l'Eglise, c'est-à-dire la foi proclamée depuis les origines.
C’est cette foi, la foi de tous les baptisés en communion, et cette foi seulement, que chaque évêque exprime avec le corps des évêques en concile.

C’est cette foi que l’Evêque de Rome en certaines circonstances a le devoir de discerner et de rendre explicite. Cette forme d’enseignement autoritaire n’a pas une garantie plus grande de l’Esprit que n’en ont les définitions solennelles des conciles oecuméniques.

La réception de la primauté de l’Evêque de Rome implique la reconnaissance de ce ministère spécifique du primat universel. Nous croyons que c’est un don à recevoir par toutes les Eglises.
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Re: [ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

Message par Joss le Sam 25 Aoû 2007 - 9:18

Les catholiques fonctionnent comme les anglicans. C'est un des nombreux points que nous avons en commun.
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Re: [ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

Message par Souricet le Sam 25 Aoû 2007 - 9:19

Une question : les Anglicans croient-ils que Jésus est Dieu ? Et croient-ils à la transubstanciation ?
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Re: [ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

Message par christianc le Sam 25 Aoû 2007 - 9:35

Souricette a écrit:Une question : les Anglicans croient-ils que Jésus est Dieu ? Et croient-ils à la transubstanciation ?

C'est une blague ? Very Happy

Les anglicans confessent le Symbole des apotres, le symbole d'Athanase et le Credo de Nicée et reconnaissent l'autorité de tous les conciles de l'église "indivisée" (c'est à dire des 7 premiers)

Pour la Transsubstanciation les anglicans reconnaissent la "présence réelle" du Christ dans l'Eucharistie, comme une grace, sans y voir un "acte magique" opérant parce qu'on fait le geste.

C'est d'une perspective chrétienne que l'on part, quelqu'un qui vient assister à une messe y vient "avec la foi", les bénédictions, les grâces reçues ne sont pas dans ce cadre dissociées de la foi..

C'est complètement différent de la vision personnelle qu'on peut avoir, j'ai d'abord perçu la Ste Cène comme un mémorial (je suis très Zwinglien en fait) , puis comme un "moyen de grace" un moyen que Dieu donne à son église pour la nourrir, puis comme un sacrement.

Dans ce sens là le partage du pain (et du vin) fait par le prêtre n'est pas le partage de n'importe quel pain.

L'Eucharistie est un sacrement donné par le Christ à toute l'Eglise, ce qui fait que "par principe" tout chrétien baptisé dans une confession de foi trinitaire a part, si il le souhaite et si cela ne choque pas sa conscience, a l'Eucharistire. Le Christ ayant donné deux sacrements de base : Le Bapteme et l'Eucharistie, les autres sacrements se relient aux sacrements de l'Eglise..De l'appartenance communautaire et ecclésiale.

La réciprocité n'est pas demandée aux autres communions, nous comprenons tout à fait les réticences ayant aussi lu Ignace d'Antioche qui enjoint de rester fidèle à l'Eucharistie de l'Eveque et pas à celle des hérétiques...


Disons que l'appartenance communautaire, la foi, des uns et des autres qui se soutiennent, la communion sont prises en compte dans une définition plus liturgique que "dogmatique"..
(Plusieurs sensibilités coexistent)

Le BCP confesse la "Présence Réelle", bon je sais que les catholiques sont plus "carrés" et systématiques.. L'approche anglicane est plus "intuitive" si ce n'est "mystique".
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Re: [ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

Message par Joss le Sam 25 Aoû 2007 - 10:21

Pour SOURICETTE :

Les anglicans sont aussi proches de nous que les orthodoxes.....Même organisation ecclesiale, memes sacrements. La différence : leur Pape est la reine Elisabeth (que Christianc corrige ce raccourci pédagogique Very Happy ).

Il y a malqré tout chez eux trois branches :

- proches du protestantisme
- proches du catholicisme
- proches des orthodoxes
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Re: [ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

Message par Souricet le Sam 25 Aoû 2007 - 11:06

Merci pour toutes ces précisions. Conclusion : l'anglicanisme a été créé uniquement pour permettre à je ne sais plus quel roi d'Angleterre de divorcer. semoque fourire
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Re: [ACIRC] Le don de l'autorité (1999)

Message par christianc le Sam 25 Aoû 2007 - 11:54

Joss a écrit:Pour SOURICETTE :

Les anglicans sont aussi proches de nous que les orthodoxes.....Même organisation ecclesiale, memes sacrements. La différence : leur Pape est la reine Elisabeth (que Christianc corrige ce raccourci pédagogique Very Happy ).

Il y a malqré tout chez eux trois branches :

- proches du protestantisme
- proches du catholicisme
- proches des orthodoxes

En gros c'est vrai sauf pour le Pape qui reste l'Archeveque de Canterbury, en matière théologique et doctrinale et disciplinaire. La structure de des anglicans est héritée du moyen age en fait, l'archeveque de Canterbury est nommé par la reine ou le roi mais la séparation des pouvoirs est claire.

Henry 8, disons que c'est la "version populaire"
Il a créé l'Eglise d'Angleterre pour lui permettre de divorcer d'avec Catherine d'Aragon..
(entre nous si il l'avait fait empoisonner c'aurait été plus rapide et sans schisme..)


C'est en gros la pagaille du 16eme siècle
- émergence d'une classe moyenne de bourgeois éduqués
- un clergé mal formé
- émergence intellectuelle et redécouverte des manuscrits anciens
- dissidence d'Erasme qui remet en cause la traduction de la Vulgate
de St Jerome
- Manoeuvres politiques du Pape qui tente de maintenir une cohérence par un jeu d'alliances (mariage d'Henri 8 et de Catherine d'Aragon)
- Un personnage avec un ego sur-dimensionné (Henry 8)
- Théologien nommé "Défenseur de la foi" par le pape après sa condamnation de la Réforme continentale
- Rupture de communication entre l'Europe du Nord et la papauté (au sud)
- Crise du St Empire Romain Germanique, dissidence politique des princes alllemand du Nord.


Dans un contexte anglais , conflits de seigneurs, d'influence..

Et "boum" le "défenseur de la foi" s'appuyant sur des articles canoniques, pousse l'Eglise d'Angleterre à la rupture .

(Historiquement l'église de Grande Bretagne avait été fondée par des missions "orthodoxes" égyptiennes, ainsi que par des missions gauloises,
dans une influence cistercienne , déploiement de monastères, et évangélisation,

- A noter que l'Eveque d'un secteur était avant tout l'Abbé, la notion d'Eveque diocésain forte sur le continent était ici très faible, aller cherche l'évêque c'était selon Christopher Webber "Aller chercher un simple frère dans sa cellule"


Et l'église celtique s'est toujours comportée comme une église auto-céphale jusqu'à ce qu'elle soit intégrée dans la communion de Rome au Synode de Whitby (600). St Augustin de Canterbury ayant été envoyé pour faire revenir tout le monde dans la communion de Rome. Ils n'en étaient jamais partis en fait.. St Augustin (d'après Christopher Webber avait pour consigne de "retenir des coutumes des angles ce qui était bon")



Entre temps ils avaient :
- préservé les manuscrits chrétiens
- recommencé l'évangélisation dans toute l'Europe
- La confession auriculaire a été mise en place par St Columban}

En bref l'Eglise d'Angleterre et ses responsables avaient toujours eu une forte autorité et l'habitude de se "débrouiller tout seul" (La Grande Bretagne est un ile)

Au moment du conflit c'est la crise, les prêtres anglais sont aussi mal formés que sur le continent (quasiment incultes) et la Reforme Continentale commence à s'implanter, sans trouver de réponse.

La Réforme s'implante, l'église d'Ecosse est devenue presbytérienne, ce qui inclut une co-existence de plusieurs églises chrétiennes , l'une calviniste en Ecosse, l'autre Catholique en Angleterre ,avec un seul roi..


Donc si je résume
- un roi théologien+une église autocéphale+une crise politique majeure+l'inculture du clergé+ une alliance politique avec l'Espagne qu'Henry 8 avait l'intention de résilier + une réforme continentale dynamique+ une guerre civile interne+ Les réformés qui viennent de créer l'église présbytérienne en Ecosse.. = un schisme..

- C'est Elisabeth I (sa fille) qui va rétablir la paix, et donner une "paix civile", après une période de guerre dans lesquels les partis politiques catholiques et protestants se sont succcédés.

Des archevêques de Canterbury
- Thomas Cranmer => Exécuté par les catholiques de Mary Stuart
- Thomas Laud => Exécutés par les protestants de Cromwell soit un siècle après.
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