MARTHE ET MARIE

DE LA DIVINE PROVIDENCE

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DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Clotilde le Lun 28 Mai 2007 - 19:35

Extraits d'un petit ouvrage, écrit par le père Jean-Baptiste Saint-Jure, de la Compagnie de Jésus, datant de 1908 ayant imprimatur et nihil obstat... study

Exposé de la conduite pleine d'amour que Dieu tient envers les hommes, et du bonheur de ceux qui se soumettent comme ils doivent à cette conduite.

Chapitre premier

C'est la volonté de Dieu qui a fait et qui gouverne toutes choses.

Traitant de la Volonté de Dieu, saint Thomas enseigne, après saint Augustin, qu'Elle est la raison, la cause de tout ce qui existe. En effet: "le Seigneur, dit le psalmiste, a fait tout ce qu'il a voulu, au ciel, sur la terre, dans la mer et dans tous les abîmes" (Ps, CXXXIV, 6) Il est écrit encire, au livre de l'apocalypse: "Vous êtes digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir gloire, honneur et puissance, parce que c'est vous qui avez créé toutes choses, et que par votre volonté elles étaient et ont été créées" (Deut, XXXII, 4) C'est donc la Volonté divine qui a tiré du néant les cieux, avec leurs habitants et leurs magnificences, la terre avec tout ce qu'elle porte à sa surface et renferme dans son sein; en un mot, toutes les créatures visibles et invisibles, vivantes et inanimées, raisonnables et privées de raison, depuis la plus élevée jusqu'à la plus infime.

Or, si le Seigneur a produit toutes ces choses, comme dit l'apôtre saint Paul, suivant le conseil de sa volonté (Eph, I, 11), n'est-il pas souverainement juste et raisonnable, et même absolument nécessaire, qu'elles soient conservées et gouvernées par Lui, suivant le conseil de cette même Volonté? Et de fait: "Quest-ce qui pourrait subsister, dit le Sage, si vous ne le vouliez pas? ou se conserver sans vos ordres? (Sag, XI, 26)

Cependant, les oeuvres de Dieu sont parfaites, est-il écrit au Cantique de Loïse (Deut, XXXII, 4). Elles sont si accomplies que le Seigneur lui-même, dont la censure est rigoureuse et le jugement formé de droiture, a constét, la création achevée, qu'elles étaient bonnes et trés bonnes. Mais il est bien évident que Celui qui a fondé la terre par la sagesse, et affermi les cieux par la prudence (Prov, III, 19) ne saurait apporter moins de perfection dans le gouvernement que dans la formation de ses ouvrages. Aussi, comme il ne dédaigne pas de nous le rappeler, si sa Providence continue à disposer toutes choses (Sag, XI, 21) c'est avec mesure, nombre et poids (Sag, XI, 21) c'est avec justice et midéricorde (Sag, XII, 15, XV, 1). Et personne ne peut lui dire: Pourquoi faites-vous ainsi? Car, s'il assigne à ses crétures la fin qu'il veut, et choisit pour les y conduire les moyens qui lui plaisent, il ne peut leur assigner qu'une fin sage et bonne, ni les diriger vers cette fin que par des moyens également sages et bons.

Ne soyez donc pas imprudents (Eph, V, 17) nous dit l'apôtre; mais efforcez-vous de connaître quelle est la volonté de Dieu; afin que, laccomplissant, vous obteniez l'effet de ses promesses (Héb, X, 36); c'est-à-dire le bonheur éternel, puisqu'il est écrit: Le monde passe, avec sa concipiscence; mais celui qui fait la volonté de Dieu demaure éternellement (I Jean, II, 17).
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Arcanes le Lun 28 Mai 2007 - 19:54

...mais efforcez-vous de connaître quelle est la volonté de Dieu; afin que, laccomplissant, vous obteniez l'effet de ses promesses ...

Connaître la volonté de Dieu, est une chose bien difficile. Parceque si on espère une réponse, relativement à nos propres désirs, il en est, en réalité pas souvent le cas. La volonté de Dieu peut soumettre aussi à rudes épreuves, constater que ce qu'on le voudrait nous est une espérance de ce qu'on souhaite que Dieu nous veuille. angel
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Joss le Lun 28 Mai 2007 - 19:55

C'est drôle, cela me rappelle un livre que j'ai lu, très prisé, que j'ai dans ma
bibliothèque :
L’Abandon à la Providence divine
Jean-Pierre de Caussade, s.j. du XVIII
(Le texte provient d'une ancienne version compilée, qui était adressé sous forme de lettres par le Père de Caussade à une religieuse)

Les paragraphes :

Chapitre I - De quelle façon Dieu nous parle et comment nous devons l’écouter.

Chapitre II - Manière d’opérer dans l’état d’abandon et de passivité et avant que d’y être arrivé.

Chapitre III - Les dispositions que demande l’état d’abandon et ses divers effets.

Chapitre IV - Continuation du même sujet de l’état d’abandon. Sa nécessité et ses merveilles.

Chapitre V - De l’état de pure foi.

Chapitre VI - (suite du même sujet) De l’état de pure foi.

Chapitre VII - Que l’ordre de Dieu fait toute notre sainteté et de la petitesse apparente de cet ordre pour certaines âmes que Dieu sanctifie sans éclat et sans effort industrieux.

Chapitre VIII - Qu’il faut se sacrifier à Dieu pour l’amour du devoir : de la fidélité à le remplir et de la part qui est confiée à l’âme dans l’ouvrage de sa sanctification. Dieu fait tout le restes lui seul.

Chapitre IX - De l’excellence de la volonté de Dieu et du moment présent.

Chapitre X Tout le secret de la spiritualité consiste à aimer Dieu et à le servir s’unissant à sa volonté pour tout ce qui arrive à faire et à souffrir.

Chapitre XI Dans le pur abandon à Dieu tout ce qui nous paraît obscurité est action de foi.

http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Caussade/Abandon.html
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Clotilde le Lun 28 Mai 2007 - 20:12

Arcanes a écrit:...mais efforcez-vous de connaître quelle est la volonté de Dieu; afin que, laccomplissant, vous obteniez l'effet de ses promesses ...

Connaître la volonté de Dieu, est une chose bien difficile. Parceque si on espère une réponse, relativement à nos propres désirs, il en est, en réalité pas souvent le cas. La volonté de Dieu peut soumettre aussi à rudes épreuves, constater que ce qu'on le voudrait nous est une espérance de ce qu'on souhaite que Dieu nous veuille. angel

donc, il faut rester (tacher de rester) dans un état d'abandon et de désir: fais-moi connaître Seigneur ta volonté.

En fait, je crois qu'on ne connait jamais la volonté de Dieu par avance (ce que j'aurai voulu, pour ma part) mais seulement une fois qu'on est "dedans". C'est pour cela que le désir de faire la volonté de Dieu est suffisant, et ainsi on ne manquera pas de connaître cette volonté en la faisant.
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Clotilde le Lun 28 Mai 2007 - 20:13

Joss a écrit:C'est drôle, cela me rappelle un livre que j'ai lu, très prisé, que j'ai dans ma
bibliothèque :
L’Abandon à la Providence divine
Jean-Pierre de Caussade, s.j. du XVIII

donc encore plus ancien que le livre que j'ai! C'est visiblement un sujet qui n'a pas d'âge Wink
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Arcanes le Lun 28 Mai 2007 - 20:18

Clotilde dis : il faut rester (tacher de rester) dans un état d'abandon et de désir: fais-moi connaître Seigneur ta volonté


Je partage ton avis Clotilde. J'ai souvent remarqué lorsqu'on fait taire la pensée les choses se mettent en place.
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Arcanes le Lun 28 Mai 2007 - 20:19

Tu as l'air d'avoir une chouette de bibliothèque Joss. :hello!:
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Joss le Lun 28 Mai 2007 - 20:43

Arcanes a écrit:Tu as l'air d'avoir une chouette de bibliothèque Joss. :hello!:

Ce livre est en ligne Wink
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Clotilde le Mar 29 Mai 2007 - 9:26

(suite)

Non, rien ne se passe dans l'univers que Dieu ne veuille, qu'il ne l'ordonne. Et cela doit s'entendre absolument de toutes choses, le péché excepté. "Rien, enseignent unanimement les saints Pères et les Docteurs de l'Église, avec saint Augustin, - rien n'arrive par hasard dans tout le cours de notre vie; Dieu intervient partout."

Je suis le Seigneur, dit-il lui-même par la bouche du prophète Isaïe, je suis le Seigneur, et il n'en est point d'autre: c'est moi qui forme la lumière et qui crée les maux; c,est moi, le Seigneur, qui fais toutes ces choses (Is XLV, 6,7) - C'est moi, avait-il dit auparavant par Moïse, c'est moi qui fais mourir et c'est moi qui fais vivre; c'est moi qui blesse et c'est moi qui guéris (Deut XXXII, 39) - Le Seigneur ôte et donne la vie, est-il dit encore dans le cantique d'Anne, mère de Samuel, il conduit au tombeau et il en retire; le Seigneur fait le pauvre et le riche: il abaisse et il élève (I Rois II, 6,7) - Arrivera-t-il dans la cité, dit le prophète Amos, quelque mal (affliction, désastre) qui ne vienne du Seigneur? (Amos, III,6) - Oui, proclame le Sage, les biens et les maux, la vie et la mort, la pauvreté et les richesses viennent de Dieu (Ecc XI, 14). Ainsi dans cent autres endroits.

Vous allez dire peut-être que si cela est vrai de certains effets nécessaires, comme les maladies, la mort, le froid, le chaud et autres accidents produits par des causes naturelles, dépourvues de liberté, il n'en est plus ainsi dès qu'il s'agit de choses qui relèvent de la libre volonté de l'homme. car enfin, - m'objecterez-vous, - si quelqu'un parle mal de moi, s'il me ravit mes biens, me frappe, me persécute, comment puis-je attribuer cette conduite à la volonté de Dieu, qui loin de vouloir qu l'on me traite de la sorte, le défend au contraire sévèrement. On ne peut donc alors - concluez-vous - s'en prendre qu'àa la volonté de l'homme, àa son ignorance ou sa malice. - C'est bien là, en effet, le retranchement derrière lequel on cherche à s'abriter, pour éluder les coups ménagés par la main du Seigneur, et excuser un manque de courage et de soumission.

Mais, c'est en vain - vous répondrai-je - que vous pensez à vous prévaloir de ce raisonnement, pour vous défendre de vous abandonner àa la Providence; car Dieu lui-même l'a réfuté, et nous devons, sur sa parole, croire que dans ces sortes d'évènements, comme dans tous les autres, rien n'arrive que par ses ordres. Ecoutez plutôt.
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Message par Clotilde le Mer 30 Mai 2007 - 14:12

Il veut châtier l'homicide et l'adultère commis par David, et voici comment il s'exprime, par l'organe du prophète Nathan: Pourquoi donc as-tu méprisé ma parole, et commis le mal devant mes yeux? Tu as fait périr Urie l'Hétéen; tu lui as ravi sa femme et tu l'as lui-même tué par le glaive des enfants d'Ammon. C'est pourquoi le glaive ne sortira plus de ta maison, parce que tu m'as méprisé, et que tu as ravi la femme d'Urie l'Hétéen. Voici donc ce que dit le Seigneur: je te susciterai des châtiments dans ta propre maison; je prendrai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai à l'un des tiens, à la face du soleil. Tu as fait, toi, le mal en secret; mais moi je te châtirai à la vue de tout Israël et en plein soleil (II Rois, XII, 9-12).

Plus tard les juifs ayant, par leurs iniquités, gravement outragé le Seigneur et provoqué sa justice: Assur, dit-il, est la verge et le bâton de ma fureur; j'ai fait de sa main l'instrument de ma colère; je l'enverrai à la nation perfide; je lui ordonnerai de marcher contre le peuple objet de ma fureur, de le dépouiller, de le mettre au pillage, de le fouler aux pieds comme la boue des chemins (Isaïe X, 5, 6)

Hé bien! Je vous le demande, Dieu pouvait-il plus ouvertement se déclarer l'Auteur des maux qu'Absalon fit souffrir à son père, et le roi d'Assyrie aux Juifs? Il serait facile d'apporter d'autres exemples; mais ceux-làa suffiront. Concluons donc avec saint Augustin: "Tout ce qui nous arrive ici-bas contre notre volont. (que ce soit de la part des hommes ou d'ailleurs), ne nous arrive que par la volonté de Dieu, par les dispositions de sa providence, par ses ordres et sous sadirection; et si, vu la faiblesse de notre esprit, nous ne pouvons saisir la raison de tel ou tel évènement, attribuons-la à la divine Providence, rendons-lui cet honneur de le recevoir de sa main, croyons fermement que ce n'est pas sans motif qu'elle nous l'envoie."

Répondant aux plaintes et aux murmures des Juifs, qui attribuaient leur captivité et leurs souffrances à la mauvaise fortune et à d'autres causes que la juste volonté de Dieu, le prophète Jérémie leur disait: "Quel est celui dont la parole peut produire un effet quelconque, si le Seigneur ne l'ordonne? Est-ce que les biens et les maux ne sortent pas de la bouche du Trés-Haut? Pourquoi donc l'homme, pendant sa vie murmure-t-il, se plaint-il des châtiments dus à ses péchés? Pour nous, rentrons en nous-même, interrogeons notre conscience, réformons notre conduite et revenons au Seigneur. Elevons au ciel nos coeurs et nos mains vers le Seigneur, et disons-lui: Nous avons agi injustement, nous nous somes attiré votre colère; c'est pour cela que vous êtes devenu inexorables (Lam. III, 37-42). Ces paroles ne sont-elles point assez claires?
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Clotilde le Ven 1 Juin 2007 - 22:00

Mais nous devons en tirer profit pour nous-mêmes. C’est pourquoi, si, par exemple, l’on nous donne un soufflet, et l’on noircit notre réputation, si l’on ravit notre bien, si l’on brûle notre maison, si enfin, de quelques manière que ce soit, l’on vient à nous faire une injure, un tort, un outrage, ayons grand soin de tout rapporter à la volonté de Dieu, et croyons bien que ce sont là des coups de sa main et des mesures de sa Providence.

Cependant – direz-vous peut-être encore – il y a péché dans toutes ces actions; comment donc Dieu peut-il les vouloir et y prendre part, Lui qui, étant la Sainteté même, ne saurait avoir rien de commn avec le péché?
En effet, Dieu n’est pas et ne peut pas être l’auteur du péché; mais il n’en est pas moins l’Auteur du soufflet qui vous est donné ou de la perte des biens qui vous sont ravis, etc. Ce sont deux choses très différentes. N’oublions donc pas que, dans tout péché, il faut, comme disent les théologiens, distinguer deux êtres, l’un naturel, l’autre moral. Ainsi, dans l’action de l’homme dont vous croyez devoir vous plaindre, il y a, par exemple, le mouvement du bras qui vous frappe, de la langue qui vous injurie, et le mouvement de la volonté qui s’écarte de la droite raison et de la loi de Dieu. Mais l’acte physique du bras ou de la langue, comme toutes les choses naturelles, est fort bon en lui-même, et rien nempêche qu’il ne soit produit avec et par le concours de Dieu. Ce qui est mauvais, ce à quoi Dieu ne saurait concourir et dont il ne peut être l’Auteur, c’est l’intention défectueuse, déréglée, qu’apporte à ce même acte la volonté de l’homme.

La démarche d’un boiteux, en tant qu’elle est un mouvement provient à la fois, il est vrai, de l’âme et de la jambe; mais la défectuosité qui rend cette démarche boiteuse ne vient que de la jambe. De même, toutes les actions mauvaises doivent être attribuées à Dieu et à l’homme, en tant qu’elles sont des actes naturels, physiques; mais elles ne peuvent être attribuées qu’à la volonté de l’homme, en tant qu’elles sont déréglées, coupables.

Si donc l’on vous frappe ou que l’on médise de vous, ce mouvement du bras ou de la langue n’étant point un péché, Dieu peut très bien en être et il en est effectivement l’auteur; car l’homme, non plus qu’aucune créature, n’a l’existence ni le mouvement de lui-même, mais de Dieu, qui agit en lui et par lui : car c’est en Dieu, dit saint Paul, que nous avons la vie, le mouvement et l’être (Act, XVII, 28 ). Quant à la malice de l’intention, elle est toute de l’homme; et c’est là seulement que se trouve le péché, auquel Dieu ne prend aucune part, mais qu’il permet toutefois pour ne pas porter atteinte au libre arbitre.

De plus, quand Dieu concourt avec celui qui vous meurtrit ou qui dérobe vos avoirs, il veut sans doute vous priver de cette santé ou de ces biens, dont vous abusiez et qui eussent causé la ruine de votre âme; mais il ne veut nullement que le brutal ou la voleur vous les ravissent par un péché. Ceci n’est point le dessein de Dieu, ce n’est que l malice de l’homme.
Un exemple pourra rendre la chose plus sensible. Un criminel, par un juste jugement, est condamné à mort. Mais le bourreau se trouve être l’ennemi personnel de ce malheureux, et au lieu de n’exécuter la sentence du juge que par devoir, il le fait par esprit de haine et de vengeance… N’est-il pas évident que le juge ne participe nullement au péché de l’exécuteur? La volonté, l’intention du juge n’est pas que ce péché soit commis, mais bien que le justice ait son cours et que le criminel soit châtié.

De même, Dieu ne participe, en aucune façon, à la méchanceté de cet homme qui vous frappe ou qui vous vole : elle est son fait particulier. Dieu veut, avons-nous dit, vous corriger, vous humilier ou vous dépouiller de vos biens, pour vous affranchir du vice et vous porter à la vertu; mais ce dessein de bonté et de miséricorde, qu’il pourrait exécuter par mille autres moyens où ne serait aucun péché, n’a rien de commun avec le péché de l’homme qui lui sert d’instrument. Et, de fait, ce n’est pas sa mauvaise intention, son péché qui vous fait souffrir, vous humilie ou vous appauvrit; c’est la perte, la privation de votre bien-être, de votre honneur ou de vos biens temporels. Le péché ne nuit qu’à celui qui s’en rend coupable. C’est ainsi que nous devons en ces sortes d’évènements, séparer le bon du mauvais, distinguer ce que Dieu opère par les hommes de ce que leur volonté y ajoute de son propre fonds.
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Re: DE LA DIVINE PROVIDENCE

Message par Souricet le Dim 10 Juin 2007 - 9:08

Ce livre a longtemps été considéré comme un livre fondamental, et il était dans toutes les bibliothèques catholiques.
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