MARTHE ET MARIE

LA POLOGNE DE 960 à 1947

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LA POLOGNE DE 960 à 1947

Message par Souricet le Lun 28 Mai 2007 - 19:35

SITUATION GÉOGRAPHIQUE



Limitée au Sud par les Carpates et les Sudètes, au Nord par la mer Baltique, à l'Ouest par l'Oder et la Neisse, à l'Est par le Bug, traversée par la Vistule, fleuve issu des montagnes du Sud et venant se jeter au nord dans la mer, telle se présente la Pologne de nos jours. Elle retrouve les territoires du Xe siècle qui ont été tantôt étendus tantôt vers l'Est, tantôt vers l'Ouest sous les poussées germaniques et russes.



PROTOHISTOIRE


Occupé dès le troisième millénaire, le pays connaît les civilisations lusacienne (XIIIe siècle avant J.C.) et poméranienne (VIe au IIe siècle avant J.C.). Traversé par la route de l'ambre (Ier et IIe siècles après J.C.), il entre en contact avec le monde romain. Au IIIe siècle, les Vandales sont installés en Galicie et dans les Carpates du Nord où ils vivent à côté des Proto-Slaves. Après le passage des Huns, bien établis en Hongrie (IVe et Ve siècles), et celui des Avars venus des steppes de l'Asie Centrale (VI siècle), les Slaves, en provenance de la zone s'étalant de la Vistule au cours moyen du Don occupent les territoires plus au Sud, de la Bohême aux Balkans. A l'Ouest, ils s'étendent jusqu'à l'Elbe. Au IXe siècle, les peuples migrateurs de l'Est se stabilisent et les premières principautés slaves prennent corps. Le paganisme constitue leur religiosité.

AVANT LES PIAST


Au début, le peuple polonais ne possédait pas un royaume uni, celui-ci était morcelé en de nombreuses peuplades ou tribus. Dans la partie supérieure de la Vistule vivaient les Vistuliens, les Mazoviens étaient installés le long de la partie centrale du fleuve. Polanes et Silésiens des bords de l'Oder cohabitaient avec les Poméraniens, voisins de la région maritime du Nord.

Les Polanes, sur les territoires du centre le long de la Watta formaient la tribu la plus puissante. Au fil du temps, les peuplades devaient se fondre en nation polonaise dont le nom est dérivé de celui des Polanes, unificateurs initiaux.


L'ORGANISATION SOCIALE, LES CROYANCES

Autrefois, les gens se regroupaient dans de petits villages et vivaient dans des maisons de bois, aux toits de chaume. A leur tête se trouvaient des chefs de tribu. Les demeures de ces derniers étaient des lieux fortifiés entourés de hauts remparts, édifiés sur les. sites naturels facilement défendables : monticule, presqu'île, île, marécages.

Les chefs avaient à leurs ordres des soldats: cavaliers et fantassins. L'armement était généralement composé d'arcs et de flèches, de lances ou de haches ; un bouclier assurait la protection. Certains guerriers possédaient une épée, un casque métallique et une cuirasse. A la tête de leurs forces, les chefs partaient guerroyer ou défendaient leurs propres terres contre les envahisseurs.

Dans le voisinage des demeures fortifiées, se développait un artisanat nourri par la fabrication des matériels nécessaires aux maîtres et à leurs troupes. Il subvenait également aux besoins des habitants. La nécessité d'échanger engendrait l'activité commerciale.

En grandissant sur les sites, la population les transformait en bourgades englobées dans une seconde enceinte fortifiée, regroupée autour de la première. Par la suite, ces agglomérations se transformèrent en villes.

Comme les autres Slaves, les premiers Polonais étaient livrés au paganisme. Ils adoraient de nombreux dieux et faisaient des offrandes dans des lieux sacrés, sur les collines ou dans les bois. Des monuments étaient dressés en leur honneur, les plus courants étaient Perun, Swarozyc, Swietowit, Jarowit et Trzyglowa (« Trois-Têtes »). Les croyances allaient à des esprits bons ou mauvais qui résidaient dans les arbres, les rivières ou les torrents. Les offrandes étaient destinées à obtenir des faveurs.


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Message par Souricet le Jeu 31 Mai 2007 - 7:46

RÉCITS DE LA MÉMOIRE COLLECTIVE



LECH, CZECH ET RUS


Voici bien longtemps, trois frères nommés Lech, Czech et Rus voyageaient à travers le pays. ils chevauchaient en te~te de guerriers en armes, suivis de domestiques conduisant un troupeau de bétail; femmes et enfants étaient installés dans des chars à bœufs. Les chefs étaient las de voyager et cherchaient un endroit où bivouaquer avec leurs groupes. En fin de journée, alors que la nuit approchait, ils arrivèrent dans une clairière au sein d'une immense forêt. ils y découvrirent un chêne majestueux abritant une aire d'aigles. Lech apprécia beaucoup cet endroit; il en avait rarement rencontré d'aussi sublime. Aussi décida-t41 de s'y installer. S'approchant de l'arbre, il ordonna de prendre un aiglon du nid. Saisissant ce dernier dans ses mains, il le fit se profiler sur le ciel rougeoyant du soleil couchant et décida d'en faire son symbole et celui de son peuple. Cette représentation est restée jusqu'à nos jours celle des armoiries de Pologne.



La cité qu'il fit construire à cet endroit prit le nom de Gniezno (mot dérivé de Nid d'Aigle), en souvenir de sa découverte. Cette bourgade devait constituer la première capitale de Pologne, pays du peuple des Polanes, tout comme plus à l'Ouest les Francs avaient donné leur nom au pays France.

Poursuivant leur route Czech et Rus trouvèrent également des terres qui leur plurent et y assirent leur autorité. De ces deux frères sont issus les peuples voisins:
Tchèques au Sud et Russes à l'Est.
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Message par Souricet le Sam 9 Juin 2007 - 9:48

LEGENDE DE POPIEL DÉVORÉ PAR LES SOURIS

Au bord du lac de Goplo, dans la fertile région des Kujawy se trouvait une petite ville du nom de Kruszwica. Sur la presqu'île qui s'insinue dans le lac se dressait une ancienne et imposante tour de briques rouges. Son sommet permettait d'embrasser du regard l'intégralité du lac et de la région, très loin jusqu'à l'horizon ; cette construction porte de nos jours le nom de « Tour des Souris ». A une période très reculée y régnait le méchant prince Popiel. Cet homme malmenait ses sujets et les rendait malheureux : il exigeait de nombreux impôts, confisquait leurs biens, les châtiait corporellement ou les jetait au cachot. Ses soldats étaient de veules têtes brûlées qui exécutaient avec un cruel plaisir chaque ordre de leur chef. De surcroît, l'épouse du despote avait sur cet homme une influence plus que néfaste. Le couple avait donné naissance à deux fils qui n'avaient rien à lui envier. Le peuple haïssait Popiel et sa femme. Les gens auraient plus que volontiers chassé sa famille honnie mais craignaient les représailles.

Il se trouve que les trois oncles de Popiel, frères de son défunt père, étaient des hommes sages et droits. Ils avaient à maintes reprises demandé à Popiel de changer de comportement. Excédé par ces requêtes, le couple avait banni ces parents de la forteresse, leur interdisant tout retour. Un jour, la femme du tyran commit un forfait plus sombre que les autres. Popiel, qui lui était docile, envoya un message aux oncles, leur annonçant qu'il regrettait sa conduite et qu'il souhaitait une réconciliation familiale. Crédules et de bonne foi, les oncles se rendirent à Kruszwica. Popiel organisa un festin au cours duquel il demanda perfidement le pardon de ses fautes et promit de devenir meilleur. Les oncles étaient ravis de cette transformation. La Princesse leur offrit un excellent nectar vieilli... Seuls elle et son mari savaient qu'il contenait un poison violent ! Les oncles levèrent leur coupe à la réconciliation et burent à la santé de leurs hôtes. Le venin agit alors presque instantanément et les oncles périrent dans d'atroces souffrances, sous les regards narquois et cyniques des meurtriers. Le cruel despote fit jeter les corps dans les roseaux bordant le lac afin de les dissimuler.

Fait surprenant, des corps empoisonnés jaillirent bientôt des souris. Leur nombre crût à une vitesse prodigieuse. Telle une rivière grise se déversant des cadavres, elles pénétrèrent par le grand portail dans l'enceinte fortifiée pour s'attaquer avec acharnement, à coups de morsures, aux deux tyrans et à leurs fils. La famille tenta vainement de s'enfuir, mais les souris pullulaient en chaque lieu. Elle se réfugia dans la plus haute pièce de la tour, mais en vain, car les rongeurs continuaient leur traque. C'est de leur vie que les cruels despotes payèrent leurs iniquités et infamies, dévorés par les souris justicières.
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Message par Souricet le Jeu 14 Juin 2007 - 13:17

HISTOIRE DE PIAST KOLODZIEJ


C'est également dans les environs de Kruszwica que vivait un charron du nom de Piast. Il habitait avec sa femme dans une modeste chaumière et passait ses journées à construire des charrettes. Il possédait, dans la région, une réputation d'excellent artisan doublée de celle d'homme honnête, intelligent et avisé. De nombreuses personnes le consultaient pour quémander un conseil ou de l'aide dans des situations diverses. Les gens qui faisaient appel à lui ne se trouvaient jamais déçus.

A la naissance de leur fils, Piast et sa femme Rzepicha n'étaient plus très jeunes. Ils le prénommèrent Siemowit. Ils étaient heureux de la venue de leur enfant et cependant soucieux car celui-ci était destiné à une dure vie... d'aveugle. Siemowit fut élevé au foyer par sa maman et il manifestait d'étonnantes qualités intellectuelles et morales. Il était de coutume à cette époque qu'un enfant atteignant l'âge de sept ans passe de la responsabilité éducative maternelle à celle du père. L'usage voulait aussi que ses cheveux soient alors coupés pour la première fois et cet événement fournissait l'occasion d'une fête, celle de la première coupe.



La cité fortifiée de Biskupin (environ 550 ans avant J-C) se trouvait sur un île, actuellement presqu'île. Un seul accès y menait : une passerelle de bois sur pilotis plantés au fond du lac. La place-forte était entourée de murs en bois formés de pieux. Elle était protégée des tempêtes car construite en surélévation, sur un soubassement de bois et d'argile.


Lorsque le temps fut arrivé, Piast lança des invitations. Les invités furent étonnamment nombreux. La maman avait du souci car elle redoutait de ne pas avoir assez de nourriture et de boisson pour tous. Piast était sur le point de couper les cheveux de l'enfant lorsque parurent deux personnages inconnus venus de loin, spécialement pour la fête. Le chef de famille les invita à sa table pendant que son épouse allait au garde-manger pour prendre les mets. Quelle ne fut pas la stupéfaction de cette dernière, lorsqu'elle constata que sa réserve était à nouveau abondamment fournie et qui plus est, d'aliments divers.

Lorsque Piast se mit à couper les longs cheveux de Siemowit, les deux étrangers se rapprochèrent et bénirent l'enfant et toute sa famille. Ils prédirent qu'un grand avenir attendait toute la descendance des Piast. A ce moment même, Siemowit recouvrit la vue. Le bonheur et la joie remplirent les parents et toute l'assistance. Se précipitant pour remercier les inconnus, les parents ne purent que constater leur disparition. Il ne resta de ces derniers que le souvenir d'une grande splendeur et bonté. Cette anecdote se déroula peu avant la disparition de l'infâme Popiel et de sa famille. Les anciens se réunirent pour réfléchir au choix d'un nouveau dirigeant. Ils tombèrent unanimement d'accord sur le fils de l'humble charron Piast. C'est ainsi que ce dernier devint Prince. Il devait fonder la dynastie des Piast qui regroupa les tribus polonaises et qui régna pendant cinq siècles.

C'est sur leur terre que fut fondée Gniezno, première capitale polonaise. Ce rôle fut joué plus tard par Poznan, ville de plus grande importance.

Le premier souverain polonais connu fut donc Siemowit, auquel succédèrent Lesiek et Siemoinysl.

Parallèlement à cette évolution, les Germains, pressés par les Francs, conquéraient la Lusace, entre l'Elbe et l'Oder. Ils érigèrent de puissantes places-fortes et s'y fixèrent. Des luttes acharnées qui durèrent des siècles les opposèrent aux Wieleci (Wieletes) et aux Obodrzyce (Obotrites), au Sud du Danemark actuel avant que ces derniers ne se voient finalement contraints à la domination germanique. C'est dans ce contexte qu'arriva au pouvoir Mieszko 1er, fils de Siemomysi.



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Message par Souricet le Jeu 30 Aoû 2007 - 6:50

LE DRAGON DE CRACOVIE (KRAKOW)

C'était à l'époque où Krak régnait au Sud de la Pologne, dans une région splendide, le long d'un fleuve fabuleux, la Vistule, sur une hauteur rocheuse connue sous le nom de Wawel ; il y avait érigé une fortification. Cette dernière était encore modeste et la bourgade environnante pauvre. Personne ne soupçonnait alors qu'un jour se dresserait sur cette hauteur un château magnifique, abritant une puissante lignée royale et qu'une ville belle et florissante se développerait, offrant à la Pologne une capitale. Krak était considéré comme sage, il veillait à gouverner avec justice et possédait le souci du bien-être de ses sujets qui l'appréciaient.

Un beau jour, aux abords de son domaine apparut un énorme et terrifiant dragon qui, depuis une grotte, sortait pour dévorer bétail, moutons, et parfois êtres humains. Une expédition de guerriers investit le repaire afin d'éliminer le monstre, mais en pure perte ; personne ne revint de cette mission. Krak devint très soucieux en constatant son impuissance à aider son peuple. Alors se présenta devant lui un humble cordonnier du nom de Skuba, qui, après s'être incliné devant son maître, déclara qu'il était capable de venir à bout de l'horrible créature et de délivrer le peuple de ce fléau. Krak incrédule essaya de le dissuader de sa folle entreprise. L'artisan fit preuve d'opiniâtreté et demanda pour sa mission, en guise d'arme, un mouton. Cette demande fut finalement exaucée. De retour chez lui, le cordonnier tua le mouton et en récupéra la peau. Il remplit celle-ci de goudron, de soufre et de charbon incandescent avant de la recoudre, procurant ainsi à l'animal un aspect vivant. Il le déposa aux abords du repaire de la bête et se dissimula derrière un arbre. Au bout d'un certain temps, le dragon sortant de sa tanière n'eut aucune difficulté à saisir et à dévorer cette proie facile. Très rapidement son estomac fut embrasé par les charbons ardents et le soufre brûlant mêlés au goudron. Les cris de douleur lancés par la bête furent audibles dans toute la contrée. Le dragon se précipita dans la Vistule afin d'éteindre le feu intérieur qui le consumait, le faisant se tordre de douleur. Il but avec une telle avidité qu'il finit par gonfler puis éclater avec un bruit Si fort que les hauteurs du Wawel en frémirent. C'est ainsi que Cracovie fut délivrée du dragon.



Statue du dragon de Cracovie
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Re: LA POLOGNE DE 960 à 1947

Message par Souricet le Ven 31 Aoû 2007 - 7:36

WANDA, FILLE DE KRAK

Un de ses descendants Krak, déjà âgé, se demanda avec angoisse qui lui succèderait pour assurer la stabilité et la défense du pays. Il n'avait transmis la vie qu'à Wanda, sa fille unique, à la bonté et à la beauté exceptionnelles. Il fit donc part au peuple de sa volonté de la voir régner à sa suite sur Cracovie. Lorsqu'il rendit son dernier souffle, ses sujets lui dressèrent un imposant et haut monticule funéraire afin de perpétuer longtemps le souvenir de sa bonté et la reconnaissance de ses sujets.

Un prince germain, ayant eu vent de la beauté de la Princesse régnant sur la terre cracovienne, caressa l'idée de la prendre pour épouse. Il envoya donc des messagers chargés en son nom de lui demander sa main. Wanda, qui n'acceptait pas l'idée de voir un prince germain gouverner son peuple, signifia son refus. Ce fut la force que Rytgier, éconduit, décida d'employer pour parvenir à ses fins. Il leva une armée afin d'investir Cracovie. Wanda l'apprit très vite et eut conscience que, de son fait, son pays se trouvait voué à un grand malheur. De désespoir, elle se précipita d'un rocher dans la Vistule. Son prétendant apprenant cette nouvelle tragique, rebroussa chemin avec ses forces. Le corps de Wanda fut retiré du fleuve et enterré sous un tertre funéraire comme cela avait été le cas pour son père. Les deux monticules se dressent encore de nos jours à Cracovie.


Remarque: Les légendes de Lech, Tchech et Rus, de même que celle de la Princesse Wanda, du roi Krak et celle de Piast furent écrites aux XIIe et XIIIe siècles et remontent à une époque bien antérieure à la conversion au christianisme. Piast peut être considéré comme contemporain des fils de Charlemagne.

(A suivre...)
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Message par Souricet le Ven 7 Sep 2007 - 20:36

DYNASTIE DES PIAST

LES PIAST JUSQU'À 1138


Mieszko 1er (960-992)
Boleslas 1er le Vaillant (992-1025) Couronné
Mieszko II (1025-1034) Couronné
Casirnir le Rénovateur (1038-1058)
Ladislas le Hardi (1058-1079) Couronné
Ladislas Herman (1079-1102)
Boleslas Bouche Torse (1102-1138)
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Re: LA POLOGNE DE 960 à 1947

Message par Souricet le Ven 7 Sep 2007 - 20:39

MIESZKO 1er (960-992)



Il fut un des fondateurs essentiels de la nation. Il continua l’œuvre d'unification de ses prédécesseurs et renforça la puissance du pays. Sous son règne, la menace germanique pesait lourdement. Wichmann envahit la Pologne et remporta une victoire au cours de laquelle périt le frère de Mieszko. Quelques années plus tard, à l'occasion d'une nouvelle incursion, le chef germain fut lui-même tué au cours de la bataille qu'il perdit.


Otton Ier, à la tête du Saint Empire Romain Germanique, se considérait comme chef spirituel des peuples voisins paganisés. Son aspiration le poussait à soumettre les pays slaves en les forçant à se convertir. Ainsi légitimait-il ses incursions et attaques en terres slaves, poussé également par les évêques catholiques et les princes allemands.

Mieszko parvint cependant à déjouer ces desseins. Il évita les guerres religieuses en se convertissant en 966. Il opéra dans ce but un mariage de raison d'État avec Dobrawa, princesse catholique, fille de Boleslas Ier, régnant sur le pays voisin tchèque. Cela lui permit de sceller, par la même occasion, des liens d'alliance en cas d'attaque. Cette conversion favorisa un rapprochement avec les pays européens occidentaux en matière de culture et de diplomatie. Les margraves saxons perdirent leur prétexte d'invasion. Mieszko fit massivement baptiser ses sujets, détruisit les symboles des dieux païens et les lieux de culte. Le premier épiscopat et la première cathédrale virent le jour à Poznan.

Le pays tira un profit substantiel de sa conversion. L'appui de l'église catholique permit un développement de l'instruction, grâce à la construction d'écoles tenues par le clergé.
Malgré sa christianisation, la Pologne subit une nouvelle attaque de la part du margrave Hodo. Les Polonais le vainquirent à Cedyn.

Mieszko fortifia la Pologne de façon durable. Nous savons de nos jours, qu'il possédait une armée puissante pour l'époque. Il ne put néanmoins empêcher la perte, à l'Est, des territoires frontaliers nommés Grody Czerwienskie, conquis par le voisin russe Wlodzimierz de Kiev.

N.B.
Grody Czerwienskie : places fortifiées comprises entre le San et le Bug (entre Przemysl et Chelm)
Przemysl (au sud-est de Rzeszow)
Chelm (à l'Est de Lublin)
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