MARTHE ET MARIE

SUPPRIMER LE VATICAN ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

SUPPRIMER LE VATICAN ?

Message par Joss le Lun 25 Fév 2013 - 12:38

«UN SYSTÈME CORROMPU ET OPAQUE AU CŒUR DE L'ÉGLISE »

23 FEVRIER 2013 LEJDD.FR

FREDERIC LENOIR, philosophe et historien des religions (EHESS), auteur de nombreux bests-sellers, dont La Guérison du monde, estime que "Benoît XVI n'avait plus la force face à ces scandales".

Que pensez-vous des révélations concernant  l'existence d'un lobby gay au sein du Vatican?

Il est de notoriété publique qu'il y a un certain nombre de prélats homosexuels au Vatican, certains ayant des contacts avec des laïcs ou des prostitués homosexuels. C'est également vrai que le pape a nommé, suite à l'affaire du "Vatileaks", trois cardinaux pour faire une enquête approfondie sur ce qu'il se passe à la curie romaine. Le 17 décembre, il lui a été remis un rapport de 600 pages qui a été sans doute été un élément important dans sa décision de démission. Reste à savoir si ce rapport montre qu'un certain nombre de prélats homosexuels, comme l'écrit, la presse italienne, ont été soumis à un chantage, si des laïcs ont des "preuves", peut-être des films ou des photographies pas très "catholiques". Si l'information était vraie, il pourrait s'agir de prélats qui maintiendraient un système de corruption au sein même du Vatican, système de corruption qui a été révélé par l'affaire du "Vatileaks", face à un chantage lié à leurs pratiques sexuelles. Car rappelons que l'Église condamne toute relation sexuelle en dehors du mariage, impose la chasteté aux évêques, et condamne fermement l'homosexualité. On est devant une contradiction flagrante qui frappe au cœur même du Vatican.

Cette contradiction peut-elle nuire à l'image de l'Église auprès des croyants ?

Une partie des fidèles sont choqués et s'éloignent de l'institution parce qu'ils perdent confiance ; d'autres sont dans le déni et mettent tout cela sur le dos de mensonges des médias. Une troisième partie des fidèles tolère le fait qu'il y ait des failles humaines chez les hommes d'Église. Cela ne les détourne pas de leur attachement à l'Église, même s'ils réprouvent ces pratiques et en souffrent.

Des observateurs qualifient ces révélations de fantasmes…


Les affaires révélées ces dernières années, en matière de corruption, de liens avec la mafia et de scandales concernant la pédophilie, ne sont pas des fantasmes. La déliquescence au sein de la curie romaine est indéniable. L'affaire du "Vatileaks" a révélé les rivalités profondes entre les prélats qui veulent maintenir une opacité et ceux qui veulent une transparence. Ces derniers sont liés à l'ex-majordome du pape Paolo Gabriele, un homme très pieux, qui a sans doute agi par amour de l'Église et qui vient d'être gracié par le pape. Benoît XVI était au courant de bien des dérives, mais n'agissait pas. La démission de Benoît XVI est pour moi le signe qu'il n'avait plus la force de faire face à ces querelles intestines, à ces scandales à répétition.

«Plus les prélats sont liés au pouvoir, plus ils sont soumis à de fortes tentations»

Est-ce la fin du culte du silence, propre au Vatican ?

On a longtemps sacralisé l'institution, quitte à étouffer les scandales, à sacrifier les gens, les enfants même, avec les affaires de pédophilie. C'est un tournant historique de l'Église, on assiste à une désacralisation de l'institution : des laïcs pieux et certains prélats sont maintenant prêts à dénoncer publiquement les dérives de l'institution ou de certains hauts responsables du Vatican parce qu'elles sont en contradiction flagrante avec les principes évangéliques.

L'Église a toujours été confrontée à des scandales…


Les dérives de pouvoir et financières, comme les scandales sexuels, ont émaillé son histoire. Durant le Haut Moyen Âge, prêtres et évêques se sont enrichis en vendant des sacrements. La simonie a été condamnée par la suite, durant la réforme grégorienne. Le pape Grégoire VII, au XIe siècle, a joué un rôle considérable pour réformer l'Église, qui faisait face à une double crise : d'une part, morale, avec la vente des reliques, des sacrements, et les mœurs dissolues du clergé; d'autre part, politique, avec sa dépendance étroite du pouvoir impérial. La réforme grégorienne, qui a duré plus de deux siècles, a remis de l'ordre dans tout cela : la fameuse querelle des investitures (nomination des évêques et des pères abbés) a finalement été gagnée par le pape contre l'empereur et elle a été accompagnée d'un fort sursaut spirituel, avec la réforme cistercienne, notamment. À partir du XIIIe siècle, s'est à nouveau ouvert une ère de décadence. L'Église s'est enrichie, des monastères sont devenus des lieux de corruption. Cela a débouché sur la réforme des ordres mendiants pour rappeler la nécessité de la pauvreté, jusqu'à la grande crise de la Renaissance, avec notamment la vente des indulgences par des prêtres (réductions de peines du purgatoire), la dissolution des mœurs du clergé, les papes corrompus qui nommaient leurs enfants cardinaux, etc. Cette décadence a débouché sur le schisme avec les protestants. Il s'en est suivi le mouvement de la Contre-Réforme, qui a renforcé la discipline ecclésiale et la spiritualité catholique. Tous les deux ou trois siècles, l'Église a ainsi connu de grandes crises qui ont débouché chaque fois sur un nouveau souffle.

Quelle est la dernière grande réforme ?

Le concile Vatican II (1962-1965), qui n'est pas la conséquence d'une crise des mœurs, car l'Église des XIXe et XXe siècles était plus morale que par le passé. Le problème de l'Église tenait à son intransigeance par rapport à la modernité, son refus de la liberté de conscience, son opposition à l'évolution de la société. Le concile Vatican II a eu pour visée de réconcilier l'Église avec le monde moderne, à accepter la liberté de religion, d'expression, à alléger la liturgie pour la rendre plus proche des laïcs… On aurait pu penser qu'après Vatican II, elle avait fait le ménage. Mais il restait un système corrompu et opaque au cœur même de l'institution. Reste une grande interrogation concernant la mort de Jean-Paul Ier, ce pape réformateur, qui a annoncé vouloir s'attaquer au scandale de la Banque du Vatican et qui est décédé quelques jours après, de manière énigmatique. La Curie a refusé que son corps soit autopsié et qu'une enquête soit ouverte.

Sexe, pouvoir et argent semblent donc régir la curie romaine ?

Une partie de la curie. Mais ce sont là les trois grandes tentations humaines. Et les hommes d'Église cèdent parfois aussi, comme les autres hommes, à ces trois tentations!

Malgré l'Esprit saint…

La théologie chrétienne nous dit que l'esprit saint ne peut pas faire grand-chose pour un homme qui est avide de pouvoir, d'argent, de luxure. Il ne peut entraver le libre arbitre. Cette corruption choque certains fidèles qui idéalisent la curie romaine. Ils imaginent que les hommes du Vatican sont les plus sains de tous. Je pense que c'est exactement l'inverse. Plus les prélats sont liés au pouvoir, plus ils sont soumis à de fortes tentations.

Assainir la curie romaine, cela sera la première mission du prochain pape ?

J'en suis convaincu. Le prochain pape devra faire une grande réforme de la curie. Cela pourrait aller jusqu'à remettre en cause l'État du Vatican, qui est un résidu des anciens États pontificaux. Il pourrait y avoir une décision historique de supprimer le Vatican comme État temporel et que le pape soit simplement un représentant spirituel. Ce serait une décision prophétique pour revenir à l'idéal du message évangélique. Mais je n'y crois pas trop. Un autre souci pour l'Église, c'est qu'aujourd'hui il n'y a plus de grandes figures de sainteté qui puissent polariser l'attention des fidèles vers des modèles positifs, comme l'abbé Pierre, mère Teresa, sœur Emmanuelle ou Dom Helder Camara… C'est comme s'il était beaucoup plus dur aujourd'hui de vivre de manière héroïque l'Evangile.

Adeline Fleury - Le Journal du Dimanche


Dernière édition par Joss le Mar 3 Déc 2013 - 20:14, édité 4 fois
avatar
Joss
Administrateur
Administrateur

Féminin Nombre de messages : 10500
Age : 67
Localisation : region parisienne
Date d'inscription : 26/05/2007

http://marthetmarie.lifediscussion.net

Revenir en haut Aller en bas

LE PAPE FRANÇOIS APPELLE À RÉDUIRE LE POUVOIR DU VATICAN

Message par Joss le Mar 3 Déc 2013 - 20:07

LE PAPE FRANÇOIS APPELLE À RÉDUIRE LE POUVOIR DU VATICAN


26 NOVEMBRE 2013 FRENCH.RUVR.RU

Pape Francis a appelé à une diminution du pouvoir du Vatican dans son premier sermon écrit depuis l'élection en tant que pontife.

Dans une exhortation apostolique publiée par le Vatican et qui s’appelle en latin Evangelii Gaudium (Joie de l'Evangile), il précise également qu’il préfère que cette église soit « blessée et couverte de boue, et qu’elle ait mal de la présence dans les rues ». Selon le pape François, c’est mieux qu’une église malade, enfermée et qui s’inquiète de sa sécurité ».

Le document laisse l’impression que l'Eglise catholique se trouve au bord des grands changements.
avatar
Joss
Administrateur
Administrateur

Féminin Nombre de messages : 10500
Age : 67
Localisation : region parisienne
Date d'inscription : 26/05/2007

http://marthetmarie.lifediscussion.net

Revenir en haut Aller en bas

LE PAPE FRANÇOIS VEUT UNE RÉFORME GLOBALE DE L’ÉGLISE

Message par Joss le Mar 3 Déc 2013 - 20:22

VATICAN : LE PAPE FRANÇOIS VEUT UNE RÉFORME GLOBALE DE L’ÉGLISE

26 NOVEMBRE 2013 ATLANTICO.FR

Le souverain pontife souhaite dans un texte de 160 pages, "EVANGELII GAUDIUM", entre autres que l'Eglise soit collégiale et défende les pauvres.


Un vent de modernité souffle sur l'Eglise. Depuis l'arrivée du pape François, de nombreux changements sont perceptibles. Par exemple, début octobre, avec huit cardinaux, le souverain pontife a réfléchi à une possible réforme de la Curie (à savoir le gouvernement de l'Eglise, ndlr). Plus récemment encore, dans un entretien accordé au quotidien La Repubblica, il a affirmé que l'Eglise catholique devait s'ouvrir et renforcer son dialogue avec les non-croyants, estimant qu'elle était trop "vaticano-centrique". Et ce mardi, le pape François va encore loin. Il a en effet, dans un texte de 160 pages, titré Evangelii Gaudium ("La joie de l'Evangile"), appelé à une réforme globale de l'Eglise. Dans ce document reviennent à de nombreuses reprises les mots clés suivants : "sortir de soi", "miséricorde", "mission", "tendresse".

Concrètement, François souhaite des changements dans l'organisation de l'Eglise. Il en tire la conclusion suivante : "je dois penser à une conversion de la papauté. Il me revient de rester ouvert aux suggestions orientées vers un exercice de mon ministère". "Ce que je veux exprimer ici a une signification programmatique et des conséquences importantes. J'espère que toutes les communautés feront en sorte de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d'une conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont", écrit encore le souverain pontife.

Reprenant une idée du Concile Vatican II (1962-65), le pape plaide pour plus de collégialité, en donnant plus d'autorité aux conférences des évêques, "y compris doctrinale". "Je ne crois pas qu'on doive attendre du magistère papal une parole définitive ou complète sur toutes les questions", note-t-il, assurant à plusieurs reprises qu'il préfère le risque d'une "Eglise accidentée" à une Eglise "enfermée". De plus le
pape François s'expriment plusieurs fois sur l'obligation des fidèles et des prêtres d'aller vers les pauvres. "Tant que ne s'éliminent pas l'exclusion sociale et la disparité sociale, dans la société et entre les divers peuples, il sera impossible d'éradiquer la violence. On accuse les pauvres (...) de la violence, mais, sans égalité de chances, les différentes formes d'agression et de guerre trouveront un terrain fertile qui tôt ou tard provoquera l'explosion", prévient-il.

Il dénonce la traite des êtres humains -prostitution, travail des enfants, réseaux d'immigration clandestine- et leurs complices: "beaucoup ont les mains qui ruissellent de sang à cause d'une complicité confortable et muette". En revanche, pas d'ouverture sur l'ordination des femmes -"le sacerdoce réservé aux hommes est une question qui ne se discute pas", tranche-t-il- même s'il veut confier des responsabilités aux femmes. Enfin, François n'évoque pas non plus les thèmes de la sexualité, de la pédophilie, de la contraception et de l'homosexualité. Comme quoi tout moderne qu'il est, il y a encore quelques sujets inabordables.
avatar
Joss
Administrateur
Administrateur

Féminin Nombre de messages : 10500
Age : 67
Localisation : region parisienne
Date d'inscription : 26/05/2007

http://marthetmarie.lifediscussion.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: SUPPRIMER LE VATICAN ?

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum