MARTHE ET MARIE

MYSTIQUES HANDICAPES

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MYSTIQUES HANDICAPES

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 18:26


Elle se nourrit seulement de l’Eucharistie pendant plus de 13 ans

BIENHEUREUSE ALEXANDRINA MARIA DA COSTA

PORTUGAL (1904-1955)
ALEXANDRINA fut paralysée à l’âge de 21 ans à la suite d’un accident dramatique. Elle ne se laissa pas abattre par la tristesse et la solitude, mais elle pensa :

«Jésus, tu es prisonnier dans le tabernacle comme moi dans mon lit, comme cela nous nous tiendrons compagnie»

En plus des souffrances physiques dues à la paralysie, s’ajoutèrent les souffrances mystiques : pendant quatre ans, tous les vendredis elle vécut les douleurs de la Passion du Christ et ensuite pendant treize ans, jusqu’à sa mort, elle se nourrit seulement de l’Eucharistie. Sa vie était devenue une prière constante pour la conversion des pécheurs.

ALEXANDRINA MARIA naquit à Balasar le 30 mars 1904. À quatorze ans pour échapper et sauver sa pureté menacée par trois hommes, elle n’hésita pas à se jeter par la fenêtre. Les conséquences furent terribles, car après quelques années elle fut atteinte par une paralysie progressive qui l’amena à la mort après trente ans. Elle ne se désespéra pas et décida de se confier à Jésus avec ces mots :

«Comme Tu es prisonnier dans le tabernacle moi je le suis, par ta volonté, dans mon lit. Ainsi nous nous tiendrons compagnie.»

Ensuite elle commença à vivre des expériences mystiques toujours plus intenses. Du vendredi 3 octobre 1938 au 24 mars 1942 pendant bien 182 fois elle vécut tous les vendredis des souffrances de la Passion du Christ. De 1942 jusqu’à sa mort, ALEXANDRINA se nourrit uniquement de l’Eucharistie. Pendant une hospitalisation à la Foce del Douro à Oporto qui dura 40 jours et 40 nuits elle fut examinée dans son jeûne absolu et son anurie (absence d’urine) par plusieurs médecins. Après dix longues années de paralysie qu’elle avait offerte pour la réparation eucharistique et pour la conversion des pécheurs, Jésus lui apparut le 30 juillet 1935 en lui disant :

«Je t’ai mise au monde pour te faire vivre seulement de Moi et pour témoigner au monde la valeur de l’Eucharistie. La chaîne la plus forte qui lie les âmes à Satan est la chair, l’impureté. Jamais on ne vit autant de vices, autant de méchancetés, autant de crimes qu’aujourd’hui. Jamais on ne commit autant de péchés. L’Eucharistie, mon Corps et mon Sang ! L’Eucharistie : voilà le Salut du monde».

Marie aussi lui apparut le 2 septembre 1949 avec un chapelet dans la main lui disant :

«Le monde agonise et meurt dans le péché. Je veux des prières, je veux des pénitences. Avec ma couronne protège tous ceux que tu aimes et le monde entier.»

Le 13 octobre 1955, anniversaire de la dernière apparition de la Sainte Vierge à Fatima, on l’entendit dire :

«Je suis heureuse parce que je vais au Ciel.»

À 19h30 le même jour elle expira.


La mystique portugaise ALEXANDRINA MARIA DA COSTA, une laïque habitant le village de Balazar, est morte le 13 octobre 1955 en réputation de sainteté. La réalité de son inédie est établie. Inlassable apôtre du Coeur Immaculé de Marie et du message de Fatima, - Je dois préciser que j'ai eu, grâce à l'obligeance des membres de la Postulation, accès à la totalité du dossier.

Appelée à participer à la Passion du Christ, elle est une des plus remarquables mystiques de notre siècle. Elle aussi s'arrêta soudain de s'alimenter, pour correspondre à ce qu'elle interprétait comme la volonté de Dieu ; elle aussi fut clouée au lit, dès l'âge de quinze ans, par une paralysie consécutive à un traumatisme vertébral. Le 27 mars 1942 - il y avait plus de vingt ans qu'elle était grabataire, se nourrissant néanmoins de façon normale, fût-ce frugalement -, elle se sentit appelée intérieurement à ne plus manger ni boire :

«Tu ne t'alimenteras plus sur cette terre. Ta nourriture sera ma chair ; ton sang sera mon Sang divin. Ta vie sera ma vie : tu la reçois de moi quand j'unis ton coeur à mon Coeur. Je ne veux pas que tu aies à prendre de remèdes, sinon ceux auxquels on ne peut attribuer de valeur alimentaire» 1.

Les tentatives qu'elle fit pour se sustenter (elle n'était pas femme à prendre pour argent comptant ses motions intérieures, et son directeur spirituel voulut les éprouver) se soldèrent par de pénibles vomissements. A partir de ce jour, elle ne fut plus capable d'ingurgiter que l'hostie consacrée : cette inédie dura jusqu'à sa mort, soit treize ans et sept mois. A la demande de l'archevêque de Braga, ALEXANDRINA fut soumise à un contrôle médical qui se déroula du 10 juin au 20 juillet 1942 à l'hôpital de la Foce, à Douro. Rien ne lui fut épargné : isolement absolu dans une chambre blindée, surveillance de tout instant, visites réduites au maximum, et toujours en présence de témoins. Mais au bout de quarante jours, la conclusion du corps médical était d'une éblouissante clarté :

«Nous attestons (...) qu'elle a séjourné du 10 juin au 20 juillet de cette année à l'hôpital pour les Enfants Paralysés à Douro, sous la direction du Dr. Gomez de Araujo, surveillée nuit et jour par des personnes compétentes qui se sont efforcées d'établir la vérité ; il a été avéré que durant tout son séjour à l'hôpital, l'abstention de nourriture, tant liquide que solide a été absolue ; que le poids d'ALEXANDRINA n'a subi aucune modification, non plus que la respiration, la pression artérielle, le pouls, la circulation sanguine ; que ses facultés mentales

se sont révélées constamment normales et en éveil, et qu'elle n'a cessé de faire preuve d'une lucidité évidente. Durant ces quarante jours, il n'y a eu en outre aucune excrétion intestinale non plus qu'aucune fonction urinaire (...) Des faits nous laissent perplexes, à cause de leur importance fondamentale d'ordre biologique (comme la durée de l'abstinence de liquide et l'anurie), et nous attendons une explication qui nous apporterait la lumière nécessaire (...)

Les résultats de l'analyse de sang effectuée trois semaines après la date de son entrée à l'hôpital sont joints à cette attestation. On constate ainsi que, en référence à l'abstinence de tout aliment solide et liquide, la science ne peut expliquer naturellement les conclusions de cet examen. De même, la survie de la malade malgré l'inédie absolue durant les quarante jours de son internement ne peut être expliquée, si l'on se réfère aux connaissances actuelles en matière de physiologie et de biochimie.

On doit ajouter à cela que, durant ce temps, la malade a répondu chaque jour à de nombreux interrogatoires et a été soumise à de multiples conversations, en quoi elle a fait preuve des meilleures

dispositions et d'une parfaite lucidité d'esprit. En ce qui concerne les phénomènes observés le vendredi, vers 15 heures environ (il s'agit de participations extatiques à la Passion du Christ, n.d.a.), nous pensons qu'ils relèvent de l'étude de la mystique, laquelle doit se prononcer à ce sujet» 2.

Tout le reste de sa vie - plus de treize années - se déroula dans cet état extraordinaire d'inédie absolue, attestée par les nombreux médecins qui eurent l'occasion de l'approcher et de la contrôler. En 1954, un an avant sa mort, ALEXANDRINA fut encore examinée par le professeur Ruy Joao Marques, qui déclara :

«Cette inédie absolue qui dure si longtemps - quelque quatorze années - n'est pas compatible avec la survie, et encore moins avec la conservation d'une température et de fonctions respiratoires normales, avec le maintien d'une tension artérielle et d'un pouls réguliers, etc. Même les fonctions intellectuelles auraient dû normalement se dégrader rapidement, mais c'est exactement le contraire qui se produisit : sa vivacité intellectuelle était très nette, ses pulsions affectives demeuraient normales, ses facultés et ses sens se présentaient dans leur parfaite intégrité. Aussi s'agit-il là d'un cas extraordinaire, qui ne peut d'aucune manière être expliqué par des causes purement naturelles, ni en l'état actuel des connaissances scientifiques» 3.

Comme pour THÉRÈSE NEUMANN nous possédons sur ce cas les garanties irréfutables d'une inédie mise en évidence pendant une durée d'au moins quarante jours. Il faut souligner que, dans l'un et l'autre cas, les patientes n'absorbèrent aucun aliment solide, mais non plus aucun liquide, fût-ce une gorgée d'eau (on pesait l'eau nécessaire à leur toilette, et jusqu'à celle qu'elles utilisaient pour se laver les dents !).

Si l'on replace ce phénomène dans son contexte mystique, on constate qu'il intervient une semaine avant l'entrée de l'extatique dans une phase qu'elle nomme mort mystique : un état de profonde souffrance spirituelle et physique qui débute le 4 avril 1942 et qui débouche deux ans plus tard sur la communion à la Passion intime de Jésus, bien plus âpre et douloureuse que la participation aux souffrances physiques du Sauveur. En cela, l'inédie d'ALEXANDRINA n'est pas comparable à celle de THÉRÈSE NEUMANN : l'extatique portugaise, si elle ne ressent aucunement la faim, est en proie à une soif ardente continuelle que rien ne peut étancher, et à de terribles nausées. A quoi correspond cette phénoménologie douloureuse ? Le Christ le lui explique, un an jour pour jour avant sa mort :

«Je t'ai ôté l'alimentation. Je t'ai fait vivre de moi seul, et je continue de le faire, pour démontrer clairement aux hommes ma puissance, mon existence» (13 octobre 1954).

Les faits ayant été exposés, illustrés par ces cas tout à la fois très semblables et portant néanmoins chacun un cachet d'originalité qui lui est propre, il est intéressant d'approfondir la réflexion pour tenter - dans la mesure du possible - de mettre en lumière les causes et les mécanismes qui régissent l'inédie mystique.

1 - Umberto M. PASQUALE, Sotto il cielo di Balazar - Profilo biografico della Serva di Dio ALEXANDRINA MARIA DA COSTA, Roma, PostulazioneGenerale Salesiana, 1979, p. 68.
2 - Extrait du procès-verbal rédigé le 26 juillet 1945 et signé par les docteurs Carlos Alberto de Lima et Manuel Augusto Dias de Azevedo, intitulé : «Un cas exceptionnel d'inédie et d'anurie mis en évidence par le Pr. Enrique Gomes de Araujo, de l'Académie Royale de Médecine de Madrid, directeur de l'hôpital pour la paralysie infantile, spécialiste des maladies nerveuses et articulaires», cité in Umberto M. PASQUALE, op. cit., p. 74-75.
3 - Attestation du docteur Ruy Joao Marques, professeur à la facultédes sciences médicales et doyen de l'Université de Recife, spécialiste des questions nutritionnelles, cité par Mariano PINHO, s.j. dans ALEXANDRINA MARIA DA COSTA, ein Sühnopfer der Eucharistie, Stein a. Rhein, Christianaverlag, 2˚ éd., 1977, p. 94-95.

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SOEUR AMBROGINA DI SAN CARLO (FILOMENA D'URSO) (1909-1954)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 18:38


SOEUR AMBROGINA DI SAN CARLO

(FILOMENA D'URSO)

(1909-1954)
AMBROGINA D'URSO (1909-1954), religieuse italienne, avait subi à la suite d'une chute accidentelle de multiples fractures. Elle avait été opérée, puis plâtrée des épaules à la taille, l'appareil immobilisant également son bras gauche, si bien qu'il fallait plusieurs personnes pour la soulever et la sortir de son lit afin de l'amener à la chapelle, comme elle en exprimait parfois le désir.

Un jour - c'était au printemps 1948 -, elle demanda à son infirmière de bien vouloir la porter au choeur. La jeune fille, ANNA SPOCATTI se récusa, car elle se trouvait alors toute seule au chevet de l'infirme résolut à la contenter, lui recommandant de se tenir fermement à son cou avec le bras resté valide. A peine l'eut-elle soulevée qu'elle s'affola, à cause du poids : jamais elle n'y parviendrait ! Mais soeur AMBROGINA la regarda en souriant, et au même moment eut lieu le prodige. Son corps devint instantanément léger comme s'il eût été une plume. Incrédule et impressionnée, ANNA la porta jusque dans le choeur où elle la laissa, pour retourner dans la chambre et faire le lit.

Non seulement le corps de la religieuse, mais aussi l'appareillage de plâtre - qui représentait une surcharge pondérale non négligeable, avaient acquis une inexplicable légèreté.

On rencontre une démarche d'inédie chez soeur AMBROGINA D'URSO.

Inspirée en octobre 1949 d'entreprendre un jeûne absolu, elle n'absorbe durant quarante jours qu'un peu d'eau, une bouteille d'un litre lui suffisant pour une semaine, ainsi que l'atteste soeur BIAGINA, chargée de l'assister. Le prodige ayant été rigoureusement contrôlé, la supérieure écrit le 20 novembre 1949 à la Mère Générale de l'institut :

«Les conditions de santé de notre soeur AMBROGINA vont empirant de jour en jour. Il y a plus de vingt jours qu'elle ne prend aucune nourriture, seulement quelques gorgées d'eau la nuit ou le jour. Elle se lève ou se tient assise dans son lit, comme à l'accoutumée, toujours souriante et tranquille, et résignée à la volonté de Dieu» 1.

Ce jeûne quasi total de quarante jours n'a aucune incidence sur l'état de santé de la religieuse, atteinte pourtant de tuberculose osseuse, affection douloureuse et gravement invalidante.

1. - Fernando SPARAGNA, Une vita per l'Eucaristia : Suor AMBROGINA DI S. CARLO, Postulazione, Pontone-Cassino, 1989, p. 135-136.


Dernière édition par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 18:46, édité 1 fois

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ANA DE JÉSUS MARIA JOSÉ MAGALHAËS «La Sainte d'Arrifana» (1

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 18:46


ANA DE JÉSUS MARIA JOSÉ MAGALHAËS «La Sainte d'Arrifana»

(1812-1875)
Une autre forme du phénomène se présente en la personne de la Servante de Dieu ANA DE JÉSUS MAGALHËS, une pauvre bergère du village d 'Arrifana, au Portugal. Un accident la rendit grabataire à l'âge de seize ans, en 1828. On la savait fervente et résignée à son mal incurable, on découvrit fortuitement qu'elle lévitait. Dérobée aux regards par les courtines de son lit, elle passait une partie de la nuit à prier, méditant surtout la Passion de Jésus. Un soir de 1846-47, ses deux soeurs éberluées s'aperçurent qu'elle était en extase, et élevée en l'air. Bien décidées à ne pas s'en laisser conter, les pieuses filles alertèrent le curé : après tout, c'était de son ressort, que cela vînt de Dieu ou du diable ! Fort incrédule, le prêtre voulut toutefois se rendre compte par lui-même de la réalité du prodige allégué. Ayant entendu l'infirme en confession - sans doute pour savoir si elle-même avait quelque connaissance du phénomène -, il la communia et à constata à son tour que ce n'étaient pas là imaginations de bonnes femmes :

«Après la très sainte communion, elle s'éleva, restant suspendue au- dessus du lit à une hauteur de trois palmes environ, durant l'espace de trois heures».

Cela se produisit dès lors :

«presque quotidiennement, aux heures qu'elle consacrait à l'oraison mentale. Je sais, sans aucun doute, qu'elle a coutume de prier ainsi chaque nuit, aux heures les plus profondes».

On contrôla la réalité de la lévitation :

«Après avoir reçu la sainte communion, elle tombait en extase et s'élevait au-dessus du lit, de sorte qu'on pouvait passer les mains entre la couverture et son corps, de la tête jusqu'aux pieds» .

Le curé se montra l'homme de la situation. Il n'eut de cesse de multiplier épreuves et contre-épreuves, si bien que même entouré d'une grande discrétion, le phénomène eut des dizaines de témoins, surtout des prêtres et des médecins, dont les observations et les dépositions sont d'un intérêt capital :

«Les fois où je célébrai la messe pour elle et lui donnai la communion, je pus observer qu'après avoir reçu le Seigneur, elle s'absorbait dans la contemplation [...] Je voyais alors la Santinha en extase, sans aucun mouvement, les yeux grand ouverts et levés vers le ciel, fixant un point éloigné. Son corps était suspendu en l'air et immobile, dans la position horizontale, pendant un temps conséquent».

Tous les témoignages sont parfaitement convergents. Ils soulignent la parfaite immobilité du corps suspendu en position horizontale, la pâleur du visage, l'impassibilité des traits et la totale insensibilité aux stimuli extérieurs : piqûres, brûlures, bruit. Les faits, quotidiens, durèrent vingt-neuf années, au fil desquelles on put mettre en évidence quatre types d'extases accompagnées de lévitations :

Les extases d'oraison :

se produisant chaque nuit, elles eurent très peu de témoins. C'est le seul cas où le visage de l'extatique exprimait tantôt la joie, tantôt la tristesse, suivant l'objet de sa contemplation.

Les extases eucharistiques :

après avoir reçu la communion, Ana était soulevée au-dessus de son lit, restant ainsi immobile durant un temps conséquent.

Les extases du Vendredi Saint :

elles se renouvelaient chaque année de midi à quinze heures précises, moment où ANA ramenait contre son corps ses bras jusque-là étendus en croix, puis inclinait la tête sur la poitrine avant de redescendre doucement sur son lit pour reprendre conscience.

Atteinte d'hémiplégie six ans avant sa mort en 1875, ANA MAGALHËS n'en restait pas moins capable, lors des extases du Vendredi Saint, de mouvoir avec aisance son bras paralysé pour adopter l'attitude du crucifiement. Perplexes, les médecins n'ont pu que constater la réalité de ce phénomène inexplicable du point de vue naturel.

Les extases des «sorties du Seigneur» :


ce sont les plus étonnantes. Comme la stigmatisée ANNE-CATHERINE EMMERICK, l'extatique d'Arrifana avait le don de percevoir à distance la présence sacramentelle du Seigneur. Chaque fois que l'on portait l'eucharistie en viatique à un malade ou un mourant de la localité, Ana entrait en extase, s'élevait au-dessus de son lit et suivait d'un mouvement de la tête, parfois du corps entier, le parcours de la procession à travers les rues du village.

L'insertion du prodige dans le rythme de la vie spirituelle de la Servante de Dieu, et les formes spécifiques qu'il revêt en fonction de chaque mode de prière personnelle ou liturgique, lui confèrent une valeur de signe singulièrement éloquente.

Elle vécut une inédie presque totale durant trente ans - elle buvait parfois un peu d'eau, avalait ça et là dans la semaine une bouchée de pain -, ne dormait guère :

Une de ses soeurs, ignorant que l'abstinence de sommeil fût le privilège de rares mystiques, apporte pour l'histoire le témoignage qu'ANA ne dormait pas, ou peu, quand elle dit à un prêtre qui souhaitait voir celle-ci en extase :

«Elle a en effet des extases chaque jour, aux heures qu'elle consacre à l'oraison mentale. Je sais, sans aucun doute, qu'elle a coutume de faire l'oraison chaque nuit, aux heures les plus profondes de la nuit» 1.

1 - Porfírio G. MOREIRA, ANA DE JÉSUS MARIA JOSÉ MAGALHËS, «Santinha de Arrifana», Ediçπo de Paróquia de Arrifana, 1975, p. 287

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ANNA HENLE (1871-1950)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 19:02



ANNA HENLE (1871-1950)
La stigmatisée allemande ANNA HENLE (1871-1950) vécut grabataire durant près de soixante-cinq ans, à la suite d'une mystérieuse paralysie qui la frappa le jour de sa première communion. Durant ces années, elle bénéficia, comme tous les malades à l'époque, de la communion à domicile, que les prêtres venaient apporter trop rarement à son gré. Depuis qu'elle avait reçu l'eucharistie pour la première fois, elle était littéralement consumée par le désir de communier. Ce désir était encore attisé par son ange gardien, qui, en de grandioses scénographies, lui montrait en vision le déroulement de la liturgie céleste et la joie parfaite des élus rassasiés par le Pain de vie.

Ces visions se terminaient invariablement, depuis 1894, par un phénomène des plus remarquables : le lit de la stigmatisée, ainsi que le crucifix et la statue de la Vierge placés sur sa table de chevet, se couvraient d'une rosée argentée qui, aux jours de solennité, exhalait un parfum suave :

«Après l'extase, je vois jaillir une source, en l'honneur de la fête du jour. Elle se déverse dans un bassin circulaire, de la taille d'une grande table, qui se remplit d'une eau transparente. Puis mon ange gardien s'approche, tenant une palme qu'il plonge dans l'eau et dont il m'asperge copieusement le front et les mains. Le reste tombe sur le lit et sur les images pieuses. Réveillée par cette rosée, je reviens à la vie normale parmi les hommes». (1)

Cette mystérieuse paraliturgie était étroitement liée à la célébration eucharistique, à laquelle ANNA assistait en extase, et autour de laquelle s'ordonnait la fête du jour. Dans la nuit de Noël, son ange la transportait - en esprit, ou en bilocation ? - dans l'église de la Nativité à Bethléem, où elle prenait part au sacrifice eucharistique : l'ange la communiait, et les rares personnes qui étaient alors à son chevet pouvaient voir l'hostie se matérialiser sur sa langue. Quand un prêtre était présent, l'hostie apparaissait suspendue en l'air et entourée de lumière en avant des lèvres de la stigmatisée, et c'est à lui qu'il revenait de communier celle-ci. Le père JOSEPH BUSERT en fit l'expérience durant la nuit de Noël 1896 :

«Tandis qu'ANNA soupirait, le visage tout enflammé, une hostie

immaculée apparut soudain dans sa chambre, tenue par une main invisible, et s'approcha lentement, comme en planant dans l'air, de la bouche de l'extatique. Dix-sept personnes, parmi lesquelles - fait remarquable - étaient deux prêtres (l'autorité ecclésiastique leur avait accordé la permission à cette occasion de rendre visite à ANNA HENLE, mais non de célébrer la messe chez elle), furent témoins de ce fait prodigieux et virent l'hostie sainte.

Le jeune abbé BUSERT s'approcha alors du lit et demanda à la stigmatisée :

«ANNA, le Seigneur permet-il que je vous communie moi-même ?»

Sans sortir d'extase, ANNA fit un signe de la tête et manifesta l'acquiescement du Seigneur. Et, tout ému, le jeune vicaire prit la sainte hostie. Comme il allait la poser sur la langue d'ANNA, une vague de doute le submergea : et si cela était un leurre, une illusion ? Alors, entre ses doigts qui tremblaient, l'hostie se mit à saigner. Le sang, en lourdes gouttes, ruissela sur les doigts et sur l'étole du prêtre. D'une voix plaintive, sur le point de défaillir, la stigmatisée s'écria :

«Mon père, donnez-moi mon Sauveur, il saigne !»

Alors, devant les témoins bouleversés, le père BUSERT communia ANNA HENLE qui retomba très doucement sur son lit, le visage radieux». (2)

L'ange communiait rarement ANNA HENLE, respectueux du ministère du prêtre et des lois de l'Église alors en vigueur relativement à la communion des malades. En revanche, il lui présentait de l'eau qu'il avait puisée avec un vase d'argent dans le bassin mystique, et il lui en faisait boire afin qu'elle fût associée aux mérites du saint dont on célébrait la fête. La stigmatisée en retirait réconfort et joie. Elle bénéficia de cette faveur jusqu'à la fin de sa longue vie offerte pour l'unité de l'Église et la conversion des pécheurs. La rosée du Ciel, comme elle l'appelait, pouvait être recueillie sur des tampons d'ouate :de consistance huileuse, elle séchait instantanément, quitte à redevenir liquide, parfois même lumineuse, et se manifestait dans les lieux où ANNA était emmenée en bilocation par son ange gardien : plusieurs prêtres en virent le corporal couvert pendant qu'ils célébraient la messe, à laquelle assistait invisiblement la stigmatisée souabe. Cette rosée du Ciel apparut pour la dernière fois sur le lit d'ANNA à l'instant où celle-ci rendait le dernier soupir, le mercredi des Cendres 21 février 1950.

1 - Franz Tengg, AANNA HENLE, Der Leidensengel von Aichstetten imAllgaü, Wien, Kreuzverlag, 1972, p. 26-27.
2 - Christian Rouvières, Une stigmatisée contemporaine, ANNA HENLE (1871-1950) – Vie, prophéties, Namur, Centre Bethania, s.d. [1977], p. 39.

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BIENHEUREUSE ANNA KATHARINA EMMERICK (1774-1824)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 19:13


BIENHEUREUSE ANNA KATHARINA EMMERICK (1774-1824)
ANNA KATHARINA EMMERICK fut contrainte de quitter le monastère dans lequel elle vivait, car celui-ci avait été réquisitionné par le gouvernement. À cette époque son état de santé s’aggrava et ses expériences mystiques augmentèrent : elle reçut les stigmates et elle eut de nombreuses visions. L’une d’elle lui permit de repérer la maison de la Sainte Vierge à Éphèse. Selon d’antiques traditions il semble que Marie se soit établie dans cette ville avec l’Apôtre JEAN. L’aspect miraculeux de la vie d’ANNA KATHARINA fut que pendant des années elle se nourrit seulement de l’Eucharistie.

ANNA KATHARINA EMMERICK naquit en Allemagne le 8 septembre 1774 d’une famille de paysans et commença à travailler très jeune. Plus tard sa vocation religieuse mûrit et elle demanda d’entrer dans plusieurs monastères. Elle fut toujours repoussée, car elle était pauvre et sans dot. Seulement à l’âge de 28 ans elle fut accueillie au couvent d’Agnetenberg, où elle participa avec ferveur à la vie monastique, toujours prête à exécuter les travaux les plus lourds. Une nuit, alors qu’elle priait, Jésus lui apparut, il lui offrit une couronne de roses et une d’épines. Elle choisit celle d’épines que Jésus lui posa sur la tête.

Tout de suite sur son front apparurent les premières stigmates. Après une autre apparition de Jésus comparurent les blessures aux mains, aux pieds et au côté.

En 1811, à cause du mouvement de la sécularisation, le monastère d’Agnetenberg fut fermé. ANNA KATHARINA trouva accueil chez un prêtre comme domestique, mais bien vite elle tomba malade et fut alitée. Le docteur WESENER, un jeune médecin lui rendit visite et fut très impressionné par les stigmates. Pendant les onze années qui suivirent il devint son ami et fidèle assistant, tenant un journal dans lequel il transcrivait les visions d’ANNA KATHARINA.

Mais en attendant, le religieuse ne se nourrissait pratiquement plus. Un peu d’eau et l’Hostie consacrée furent suffisantes pour la garder en vie des années. Très dévote à l’Eucharistie, elle écrivit de nombreuses pages à ce sujet :

«Mon désir de la Très Sainte Eucharistie était si fort et irrésistible que je sortais souvent la nuit de ma cellule pour entrer dans l’église [...] souvent je m’agenouillais et me prosternais vers le Très Saint Sacrement, les bras étendus et quelques fois j’entrais en extase.»

ANNA KATHARINA unit toujours sa souffrance à celle de Jésus et la lui offrit pour la rédemption des hommes. Le plus fameux biographe d’ANNA KATHARINA fut l’écrivain allemand CLEMENS VON BRENTANO qui transcrivit toutes ses visions. Il compila des milliers de pages sur la bienheureuse, dont beaucoup doivent encore être publiées. Dans un de ces passages plus fameux il écrivit :

«ANNA KATHARINA est comme une croix sur un côté de la route pour indiquer la direction aux fidèles. Ce qu’elle dit est court, simple, plein de profondeur, de chaleur, de vie. Je comprenais tout. Elle était toujours heureuse, affectueuse, digne, merveilleuse. Toujours malade, proche de l’agonie, mais en même temps délicate et fraîche, chaste et éprouvée, saine. Être assis à côté d’elle était la plus belle place au monde».

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Bienheureuse ANNA SCHÄFFER (1882-1925)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 19:21


Bienheureuse ANNA SCHÄFFER (1882-1925)

ANNA SCHÄFFER (1882-1925) devient grabataire en 1900, à la suite d'un accident : une de ses compagnes de travail, la bousculant par mégarde, l'a fait tomber dans un baquet de lessive bouillante. Elle en a été retirée affreusement brûlée, et les vingt-cinq années qui lui restent à vivre seront un martyre continuel, rythmé chaque jour par des soins extrêmement douloureux. Elle a dix-huit ans au moment de l'accident, et doit renoncer à ses aspirations à la vie religieuse - elle voulait être missionnaire - pour se retrouver confinée à jamais dans une chambrette de la maison paternelle, à la charge de sa mère, veuve d'un pauvre menuisier bavarois. Pendant plusieurs mois, ballottée d'hôpital en hôpital, elle n'a fait que survivre, grâce à sa robuste constitution : elle subira trente opérations ! Puis, avec une force de caractère peu commune, elle a accepté ses souffrances comme une véritable vocation, et a fait à Dieu le sacrifice de sa vie. Cela ne s'est pas fait sans luttes, sans tentations de découragement, de désespoir. Peu à peu, elle s'est laissée saisir par la grâce divine, emporter vers les sommets de la contemplation.

Depuis 1901, elle voit son ange gardien. C'est la première des nombreuses grâces mystiques qui, après la stigmatisation, en 1910, l'élèveront en 1914 au mariage spirituel avec le Christ, puis l'établiront dans l'union transformante. Elle voit son ange, d'une beauté indescriptible, qui se tient à sa droite, et elle l'appelle «mon plus fidèle ami». Lui confiant tout, elle recourt fréquemment à lui, en particulier les jours où elle doit communier :

«Je veux m'adresser à lui par la prière spécialement au moment de la communion : qu'il veuille bien substituer à mes faiblesses et à ma misère l'ardeur de son adoration !» (1)

Elle aspire de tout son être à recevoir la communion sacramentelle, d'autant plus que son ange gardien stimule sa ferveur eucharistique par des visions où il vient lui-même lui apporter l'hostie, quand il ne l'emmène pas dans tel ou tel sanctuaire pour y adorer le Saint Sacrement ou y participer à de grandioses célébrations liturgiques. Simples visions, ou bilocations ? Sans doute un harmonieux ensemble des unes et des autres :

«Le 31 août 1918, je me trouvai dans une grande église devant le Saint Sacrement exposé, devant lequel brûlaient d'innombrables cierges» (2).

Tout absorbée dans l'adoration, elle ne remarque pas d'emblée les anges qui se tiennent en grand nombre autour de l'autel. Quand, au bout d'une heure, elle voit un fleuve de lumière qui jaillit de l'hostie pour s'écouler dans son âme, la comblant d'une joie indicible, elle constate que cette lumière ruisselle jusqu'à elle à travers les choeurs angéliques, et que deux anges majestueux se tiennent agenouillés de part et d'autre du Saint Sacrement, dans une attitude de profond respect.

Plus d'une fois, son ange gardien l'emmène - en esprit ou en réalité ? - au pied de l'autel dans l'église paroissiale ou dans d'autres sanctuaires, afin qu'elle y passe une heure d'adoration devant le tabernacle. En d'autres circonstances, il la fait prendre part à des messes célébrées au loin, et elle y reçoit l'eucharistie. Constamment à ses côtés, il l'assiste lorsque le curé de la paroisse vient jusqu'à elle pour la communier, et il se produit alors un phénomène étonnant, visible à tous :

«Je me rendis tôt le matin chez ANNA. Je l'aspergeai d'eau bénite ; elle fit le signe de la croix, mais ne dit rien. Vers 6 h 45, le prêtre arriva, avec la sainte eucharistie. Elle était couchée dans son lit, comme un ange. Et lorsque le prêtre eut déposé la parcelle consacrée sur sa langue, il y eut autour de son lit une lumière très belle, indescriptible. Je demandai à sa mère : «Est-ce tous les jours ainsi ?» Sa mère me répondit par l'affîrmative (3)».

ANNA SCHÄFFER est morte en 1925, en grand renom de sainteté. Elle a été béatifiée en 1999.

1 - ANTON MARIA WEIGI, Geschichte einer Liebe, Altötting, Verlag St. Grignionhaus, 1966, p. 71.
2 - Ibid., p. 176.
3 - Ibid., p. 85

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BIENHEUREUSE ÉLISABETH ACHLER (1386-1420)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 19:33


BIENHEUREUSE ÉLISABETH ACHLER (1386-1420)
L'inédie de la tertiaire franciscaine ÉLISABETH ACHLER (1386-1420) de Reute, en Souabe, entrecoupée d'incidents mal interprétés, est presque totale .

Une fois, durant le carême, immobilisée sur sa couche à cause de ses stigmates, elle reçoit de sa prieure l'ordre de manger un peu de bouillie de gruau : elle la rejette au prix de malaises si graves qu'elle est bientôt à toute extrémité.

Affolée, la supérieure affirme qu'elle n'a jamais donné une telle obédience à la sœur, qui de son côté affirme l'avoir vue entrer dans sa cellule avec le bol de bouillie. La communauté tient l'épisode pour une intervention du démon qui aurait pris les traits de la prieure.

Une autre fois, des religieuses affirment avoir vu ÉLISABETH rôder dans la réserve pour y chaparder quelque nourriture : cette fois, le diable aurait revêtu son apparence.

Quelque temps plus tard, on découvre sous la couche de la grabataire des morceaux de pain, du jambon : là encore, le démon est incriminé.

Ces incidents s'expliquent aisément lorsque l'on sait que la communauté est alors très divisée sur le cas de sœur ÉLISABETH, et que plusieurs sœurs lui envient les grâces extraordinaires dont elle semble être favorisée.

Au terme du carême, la sainte religieuse (son culte sera confirmé en 1766) reprend normalement la vie régulière, pour amorcer, l'année suivante, au même temps liturgique, un jeûne total qui durera plusieurs années.

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Bienheureuse MARIA-GIUSEPPINA CATANEA (1894-1948)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 19:46


Bienheureuse MARIA-GIUSEPPINA CATANEA (1894-1948)
«Soeur MARIA-GIUSEPPINA CATANEA, carmélite napolitaine, est dans sa cellule avec une consœur ; et voici que, d'un coup, elle s'agenouille et se met en prière. Toute l'attitude de sa personne en oraison paraît plus recueillie que de coutume, elle a quelque chose de particulier.

Au bout d'un instant, elle se soulève du sol, toujours agenouillée, et sort de la cellule en volant ! Les bras ouverts, le regard levé vers le ciel et le visage radieux, la sœur parcourt avec vélocité les longs couloirs, sans poser les pieds sur le pavement. Le Christ la visite.

Les obstacles n'existent plus pour cette singulière amante du Christ, qui les évite, guidée par une main invisible. Les soeurs, pourtant averties de tels phénomènes, ne peuvent s'habituer à la voir dévaler ainsi le grand escalier, elles craignent qu'elle ne tombe et se fasse mal... mais le vol se poursuit sans incident. La carmélite ne se rend compte de rien.

Une aspirante à la vie religieuse, jeune fille de dix-neuf ans, prétend dans l'ingénuité de son âge, la rejoindre en courant : illusion ! Ses jeunes jambes ne peuvent rivaliser avec une telle vitesse.

Les heures passent, et la marche extatique se poursuit.

Avec une simplicité paradoxale, comme si soeur MARIA-GIUSEPPINA avait besoin de lumière, les religieuses disposent des lampes en hauteur, sur le rebord des fenêtres, pour éclairer le trajet, et elles attendent...

Enfin, le vol se fait moins rapide, la carmélite abaisse les bras et retourne dans sa cellule. Elle voit et entend à présent celles qui se pressent autour d'elle 1. On est tenté de se frotter les yeux !

L'incident eut lieu en 1924, il n'était pas le premier ni ne fut le dernier.

Les vols extatiques débutèrent à l'improviste le 26 juin 1923, accompagnés d'une sorte de souffle, un vent qui semblait envelopper et soulever la religieuse.

Le prodige se répéta des dizaines de fois et eut de multiples témoins, parfois étrangers au monastère, qui alors manquaient de se trouver mal, tant était grand leur saisissement.

Bien que la soeur souffrît à partir de 1942 d'une sclérose en plaque qui l'immobilisait sur un fauteuil roulant, le phénomène n'en fut d'aucune façon entravé, il se fit simplement moins fréquent :

le 28 juillet 1943, soeur MARIA-GIUSEPPINA suit la communauté qui déambule dans le cloître. Un peu courbée à cause de vives douleurs à la colonne vertébrale, elle est soutenue par une autre religieuse.

A la fin, elle bénit avec la statue [de SAINT FRANÇOIS-XAVIER] la remise et le jardin, puis tend l'objet à une soeur ; mais au moment où elle baise la main du saint, le vent la ravit soudain et, alors que peu auparavant elle était incapable de marcher sans appui, la voici qui, les bras ouverts, effleure le sol sans bouger les pieds et, le visage transfiguré, parcourt plusieurs fois en volant les allées du jardin 2.

Ces vols extatiques fréquents se produisaient surtout lors des processions en l'honneur du Saint-Sacrement».

1. et 2. - Una carmelitana scalza, Quello che fà l'amore - Suor MARIA GIUSEPPINA DI GESÚ CROCIFISSO, carmelitana scalza, Roma, Postulazione Generale O .C.D., 1976, pp. 239-240. - Ibid., p. 316. 54

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MARTHE ROBIN (1902-1981)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 19:57


Elle se nourrit seulement de l’Hostie pendant 53 ans

LA SERVANTE DE DIEU MARTHE ROBIN (1902-1981) FRANCE

Le philosophe JEAN GUITTON nous a laissé un témoignage important sur MARTHE ROBIN :

«C'était une paysanne française qui pendant trente ans s'est nourrie seulement d'Eucharistie et tous les vendredis elle revivait les douleurs de la Passion du Christ par les stigmates. Même dans le siècle de la télévision cette femme étrange, déconcertante, extraordinaire resta inconnue du grand public.»

Jésus dit à MARTHE pendant une extase : « Mes prêtres, mes prêtres, donne-moi tout pour eux. Ma mère et moi nous les aimons tant.

Donne-moi toutes tes souffrances, celles de ce moment, celle où mon amour veut se plonger ; donne moi ton isolement et ta solitude ; tout cela et toujours pour mes prêtres. Offre toi au Père avec moi, pour eux ; n’ai pas peur de devoir souffrir trop pour mes prêtres ; ils ont un besoin réel de tout ce que je vais faire en toi à leur avantage… »

MARTHE ROBIN naquit à Châteauneuf-de-Galaure (Drôme) en France d’une famille de paysans et passa toute sa vie dans la maison paternelle où elle mourut le 6 février 1981.

Toute l’existence de MARTHE était centrée sur Jésus Eucharistie qui pour elle fut «Celui qui guérit, console, soutient, bénit, mon Tout».

Déjà depuis 1928, après une grave maladie neurologique elle ne pouvait presque plus faire de mouvements, en particulier celui d’avaler, car les muscles de la déglutition étaient bloqués. En plus elle fut contrainte, à cause d’une maladie aux yeux, à vivre dans une obscurité totale. Ceci est le témoignage de son Père spirituel, Don FINET :

«Quand elle reçut les stigmates au mois d’octobre 1930, MARTHE vivait la Passion déjà depuis 1925 quand elle s’offrit victime d’amour. Jésus lui dit alors de l’avoir choisie elle, après la Vierge, pour vivre plus intensément sa Passion. Personne d’autre ne l’aurait vécu d’une façon aussi totale.

Il ajouta qu’elle aurait souffert toujours plus et qu’elle n’aurait plus dormi. Après les stigmates, MARTHE ne put plus ni boire, ni manger. L’extase durait jusqu’au lundi ou au mardi.»

MARTHE ROBIN offrit toutes ses souffrances par amour de Jésus et des pécheurs qu’elle voulait sauver. Le grand philosophe JEAN GUITTON se souvenant de sa rencontre avec la voyante écrit ceci :

«Je me trouvai dans cette pièce sombre, présenté par le Docteur COUCHOUD, médecin d’ANATOLE FRANCE, disciple d’ALFRED LOISY et directeur d’une collection de livres antichrétiens. Dès ma première visite je compris que MARTHE ROBIN aurait été pour toujours une Soeur dans la Charité comme elle le fut pour des milliers de visiteurs. En plus, outre les phénomènes mystiques extraordinaires, elle réussit à accomplir une oeuvre d’évangélisation malgré son état et grâce à l’aide du Père FINET avec lequel elle fonda 60 foyers de lumière, de charité et d’amour répandus dans le monde entier.»

D'une part, la documentation relative à cette figure spirituelle contemporaine reste, pour la plus large part, confidentielle : discrétion nécessaire au déroulement serein de la procédure ouverte en vue de la béatification de la servante de Dieu. D'autre part, certaines personnes qui s'imaginent avoir une sorte de droit de propriété sur cette stigmatisée et, partant, un droit de regard sur toute publication la concernant, se montrent fort chatouilleuses quand on tente d'étudier la question de façon indépendante, fût-ce dans le cadre ecclésial du procès de béatification. Il est à espérer que l'heureuse conclusion de la cause, introduite le 24 mars 1991, permettra une approche sereine et objective de cette grande mystique encore mal connue, sur laquelle on a écrit tout et n'importe quoi.

L'inédie de MARTHE ROBIN a fait, de son vivant déjà, l'objet d'appréciations diverses : il ne manqua point d'esprits forts pour crier à la supercherie, à la simulation. Fait insolite, il n'y eut pas d'examen rigoureux du phénomène ; force nous est donc de nous fier au témoignage des personnes qui ont vécu auprès d'elle, et au sien propre. La parfaite intégrité morale de MARTHE, la qualité humaine et spirituelle de son entourage immédiat, leur discrétion au sujet d'un prodige qui eût pu aisément devenir sensationnel, sont autant de facteurs de crédibilité : il est certain qu'on ne saurait à la légère nier le sérieux et la force des témoignages relatifs à l'inédie, et il semble bien qu'aucun chercheur de bonne foi n'ait seulement songé à le faire. Il n'en est pas moins vrai qu'on ne saurait passer sous silence certains éléments qui vont à l'encontre du postulat de cette inédie.

Pour couper court aux rumeurs qui commencent à se faire jour, Monseigneur PIC, évêque de Valence, invite deux praticiens lyonnais à examiner MARTHE. Les docteurs JEAN DECHAUME, psychiatre des hôpitaux et professeur à la faculté de médecine, et ANDRÉ RICARD, chirurgien des hôpitaux, passent auprès de la stigmatisée la journée du 14 avril 1942.

C'est fort peu, en comparaison de l'examen rigoureux auquel a été soumise THÉRÈSE NEUMANN. Du rapport des médecins, il ressort en ce qui concerne l'inédie, que MARTHE n'aurait plus absorbé aucun aliment solide ni liquide depuis 1932 :

«Depuis 1932, Mademoiselle ROBIN dit ne plus dormir.

Depuis la même époque, dit-elle, elle ne mange plus. Elle éprouvait, quelque temps déjà avant cette époque, de très grosses difficultés à s'alimenter, elle ne pouvait presque plus avaler et vomissait à peu près tout (...) Depuis 1932, plus de sommeil, plus d'alimentation» 1.

Comme elle n'aurait pas mangé davantage jusqu'à sa mort en 1981, son jeûne total se serait prolongé durant près de cinquante années. Mais le père FINET, directeur spirituel de MARTHE ROBIN, faisait remonter l'inédie à une date plus ancienne, ainsi qu'il le précisa dans une conférence donnée à Châteauneuf-de-Gaulaure le 12 février 1961. On célébrait le vingt-cinquième anniversaire de la fondation du Foyer de charité, et le Père déclara :

«Depuis 1928, elle ne mange pas, ne prend aucun liquide, pas même une simple goutte d'eau. L'eût-elle voulu, elle ne le peut pas. Tout mouvement de déglutition lui est impossible. Étant paralysée, aucune simulation n'est concevable, d'autant que sa vie est exposée au regard de toute la communauté» 2.

Le prodige aurait donc duré cinquante-deux ans. Sans doute un écart de quelque deux-trois années n'a t'il guère d'importance sur une période aussi longue, mais on eût apprécié davantage de rigueur. En fait, dès lors que l'on étudie le processus suivant lequel s'établit le plus souvent l'inédie, on peut trouver un début d'explication à cette divergence de données chronologiques. Toujours selon le rapport des médecins, MARTHE aurait connu en 1927

«quelques troubles digestifs», puis en octobre 1927 un

«accident grave, hématémèse et méléna, hématurie. On a parlé d'ulcère gastrique (...) en novembre 1928, nouvel accident du même ordre, mais moins grave» 3.

Comme chez nombre d'autres inédiques, la faculté de ne plus absorber aucun aliment solide ni liquide se serait révélée chez MARTHE ROBIN à la faveur de troubles cliniques constituant une sorte de préparation, de cadre pathologique dans lequel s'insérerait le phénomène :

Le début de l'anorexie totale a été très brutal (1928 pour le Père PEYRET, 1932 pour le rapport médical), mais des troubles de l'alimentation existaient auparavant. Déjà dans son enfance, MARTHE avait peu d'appétit. Au cours de l'épisode léthargique de 1928, il n'est plus question d'avaler aucun aliment, excepté le sacrement de communion qu'on lui apportera toutes les semaines 4.

Il semble avéré que, dès 1928, MARTHE était dans l'incapacité Mécanique de manger et de boire, ayant perdu la possibilité de déglutir.

Diverses hypothèses ont été avancées pour expliquer cette singularité :
La déglutition (...) est un acte réflexe réglé par un centre nerveux situé dans le bulbe rachidien. Chez MARTHE, il peut y avoir paralysie résultant d'une lésion cérébrale ; ce blocage a pu aussi être induit lors de ses crises d'ulcères gastriques de 1926 et maintenu par engramme cérébral. Il peut aussi avoir une cause psychique à connotation religieuse. Le Docteur ASSAILLY, psychiatre très connu (voir vidéo), qui a examiné MARTHE et demeure convaincu de son inédie totale, nous a dit que

«le virus avait sans doute atteint son glossopharyngien et divers circuits, d'où son impossibilité de déglutir, toute cuillerée de liquide ressortant par les narines aussitôt» 5.

Quelle qu'en soit la cause, le fait était là, MARTHE ne pouvait plus rien avaler, suite aux troubles engendrés par l'encéphalite virale dont elle fut atteinte en 1918 : la fameuse grippe espagnole.

Quand elle en prit conscience, elle dut avoir une période de flottement avant de se rendre à l'évidence : la nature a du mal à avaliser ce qui lui est contraire.

Par ailleurs, MARTHE eut certainement l'intuition d'être confrontée à un mystère qui se déroulait non plus seulement dans son âme, mais jusque dans son propre corps et qui, s'il la déroutait, troublait également son entourage familial. Aussi n'est-il pas surprenant qu'elle ait fait des tentatives d'ingestion, ne fût-ce que pour l'amour de ses parents, qu'elle voyait désolés :

MARTHE ne mange plus. Ce qu'elle tente d'avaler, elle le rejette immédiatement. Sa mère lui donne à sucer des fruits et lui humecte les lèvres à sa demande (...) En dehors de l'hostie que l'abbé FAURE lui apporte deux fois par semaine, il lui est impossible d'ingurgiter quoi que ce soit. Même le café à l'odeur délectable, que sa mère lui tend en tremblant d'espoir, ne «passe» pas dans sa gorge 6.

Quelques années plus tard, le Père FINET se heurtera à la même difficulté : Pour tenter de la faire boire, le père FINET humectait sa langue avec un peu de liquide : vin blanc et eau mêlés, café... Le liquide retombait ensuite sur un petit plateau placé sous le menton de MARTHE et finissait dans le lavabo. Ainsi MARTHE ne buvait pas 7. Ces particularités expliquent sans doute que MARTHE ait daté de 1932 le début de son jeûne : sa parfaite droiture lui aura fait considérer comme une période d'incertitude les trois ou quatre années durant lesquelles son entourage s'efforça encore ça et là de lui faire absorber quelques gouttes de liquide, ne fût-ce que pour soulager la soif dévorante qui lui brûlait la gorge et les lèvres. Soif d'autant plus torturante qu'elle y voyait un piège diabolique :

«Le démon m'attaque par la soif», disait-elle en 1930.

En dépit de son inédie, MARTHE n'éprouva jamais la moindre répulsion pour la nourriture, au contraire : à défaut de boire du café, dont elle raffolait jadis, elle prenait plaisir à en respirer l'arôme ; des anecdotes, souvent humoristiques, nous la montrent faisant allusion aux aliments qu'elle appréciait autrefois ; le soin qu'elle prenait à faire garnir de denrées ou de friandises - choisies par elle-même - les paquets destinés aux prisonniers ou aux pauvres, dénote un intérêt certain pour une alimentation appropriée aux besoins de chacun, et donne de précieuses indications sur ses goûts personnels.

A lire les biographies consacrées depuis une vingtaine d'années à MARTHE ROBIN, tout est clair : elle fut une authentique inédique. Pourtant, divers éléments du portrait que l'on trace d'elle doivent être revus dans un sens moins hagiographisant. En premier lieu, il est évident que l'unique examen médical auquel elle fut soumise, reste très en deçà d'un contrôle scientifique rigoureux : se contentant des affirmations de MARTHE, probablement aussi de celles du père FINET, qui la dirigeait, les deux médecins n'ont procédé à aucune vérification objective du jeûne. Par ailleurs, on sait que MARTHE gardait auprès d'elle en permanence et à portée de main une cruche remplie d'eau, qui servait - disait-on - à maintenir une certaine humidité dans l'air de la chambre. On déposait aussi à côté de son lit, à l'occasion, une coupe remplie de fruits de toutes sortes dont elle humait le parfum. Aucun contrôle n'a jamais été effectué sur ces aliments, car on partait du principe totalement faux que MARTHE était immobilisée par la paralysie. Certains faits relatés dans les pièces du procès en vue de la béatification, permettent pour le moins de se poser des questions : la cruche d'eau renversée sur le lit, la découverte par ses proches de petits excréments dans sa chambre - incidents attribués un peu vite au démon -, amènent à envisager la possibilité d'une alimentation par à- coups, en quantités très minimes, suffisantes pour survivre. Il n'y aurait rien de choquant à ce que MARTHE ROBIN se fût nourrie quelque peu, dans un légitime instinct de conservation et sans en avoir peut- être pleinement conscience. Cela n'ôterait rien à sa sainteté, d'autant plus que nul, depuis la visite médicale de 1942, ne l'a jamais entendue affirmer qu'elle ne mangeait pas. Il n'est pas impossible non plus que le père FINET, dans son souci de «faire coller» MARTHE à l'icône idéalisée de la mystique grabataire inédique - dont le modèle était ANNE-CATHERINE EMMERICK -, ait quelque peu enjolivé la réalité : il était un merveilleux et enthousiaste conteur. Assurément, ce que j'avance là pourra surprendre, voire scandaliser, certains lecteurs.

A tort, car la sainteté ne repose pas sur les manifestations extraordinaires, mais sur la pratique solide et fidèle des vertus.

A sa mort, MARTHE ROBIN était «une pauvre vieille» (c'est son expression) très amaigrie, décharnée et édentée. Il est évident que si elle s'est nourrie -les pièces du procès ordinaire en vue de la béatification l'indiquent-, ce fut de façon extrêmement parcimonieuse. Mais cela suffit à infirmer la thèse selon laquelle elle aurait été à strictement parler une inédique.

1 - Rapport médical, cité par GOZAGUE MOTTET, entre autres, dans MARTHE ROBIN, la stigmatisée de la Drôme - Étude d'une mystique du XXe siècle, Toulouse, Éditions Erès, 1989, pp. 170 et 172.
2 - Jean GUITTON et Jean-Jacques ANTIER,op.cit., p. 80.
3 - GONZAGUE MOTTET,op.cit., p. 171. L'hématémèse est un vomissement de sang, méléna et hématurie sont des évacuations de sang par voie anale et urinaire.
4 -Ibid., p. 46.
5 - Jean GUITTON et JEAN-JACQUES ANTIER,op.cit., p. 80.
6 - MONIQUE DE HUERTAS : «MARTHE ROBIN, la stigmatisée», Paris, Editions du Centurion, 1990, p. 53.
7 - GONZAGUE MOTTET, op. cit., p. 46. 8 - Je dois préciser que j'ai eu, grâce à l'obligeance des membres de la Postulation, accès à la totalité du dossier.

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VERONICA BARONE (1856-1878)

Message par Joss le Jeu 19 Avr 2012 - 20:12


VERONICA BARONE (1856-1878)
Au XIXe siècle, l'histoire de VERONICA BARONE (1856-1878), dont la brève existence se déroule tout entière à Vizzini (Sicile), illustre de façon originale la dimension liturgique du jeûne mystique.

Baptisée sous le nom de FEBRONIA, elle est l'aînée des cinq enfants du pelletier Francesco et de son épouse Vincenza, réputés pour leur piété sans ostentation, leur affabilité et leur charité - aussi discrète que généreuse - à l'égard des pauvres. La famille habite une agréable maison au centre de la cité, où la fillette connaît une enfance protégée, d'autant plus heureuse que son caractère facile, sa vivacité naturelle et sa précoce beauté la font choyer par son entourage. Pourtant, quelque chose déroute les parents : FEBRONIA a en horreur tout ce qui la met en valeur, et ce très tôt ; dès l'âge de quatre ans, elle dénoue les tresses que vient de lui faire sa mère ; elle ôte de ses robes rubans et colifichets, se sépare sans regret des petits bijoux que lui offrent sa marraine, ses tantes :

«Ce ne sont pas là des choses pour moi, le Seigneur ne veut pas que je porte de semblables vanités !».

On se demande d'où lui viennent de telles inspirations, tout comme l'extraordinaire ferveur qui la pousse à se retirer dans un réduit où elle a dressé un petit autel orné d'images de saints : durant des heures, elle prie et converse avec ses amis du ciel. Fantaisies d'enfant ?

Un jour, elle se blesse incidemment avec une alêne oubliée sur un fauteuil ; elle serre les dents - l'aiguille a touché le fémur - et supporte pendant trois jours la douleur, sans rien dire ; il faut qu'elle soit au bord de l'évanouissement pour que sa mère découvre l'énorme abcès qui s'est formé à partir de la plaie. On fait venir le médecin, et tout rentre dans l'ordre. Mais on se pose des questions sur cette fillette singulière.

A l'âge de cinq ans, FEBRONIA tombe malade ; épuisée par une fièvre infectieuse, le corps couvert de plaies purulentes, la voici bientôt à toute extrémité. Soins et médications se sont révélés vains et, en désespoir de cause, les parents implorent SAINT FRANÇOIS D'ASSISE.

Le 3 octobre 1862, vigile de la fête du saint, la guérison se produit : instantanée, complète et définitive, elle est tenue par tous - médecins compris - pour miraculeuse. L'enfant affirme avoir vu une belle dame qui lui a dit s'appeler VÉRONIQUE GIULIANI et venir de la part de Dieu pour lui redonner la santé. La perplexité de son entourage est grande. Puis la vie reprend son cours, sereine : quelques mois d'école - juste pour apprendre à lire, le reste étant jugé superflu sinon dangereux -, et les travaux domestiques, le catéchisme avec une pieuse cousine, les cérémonies religieuses.

FEBRONIA montre une ferveur et une maturité spirituelle si remarquables qu'elle est autorisée à communier dès l'âge de sept ans, fait exceptionnel à l'époque (il a fallu une dispense de l'autorité ecclésiastique). Bientôt surviennent extases, visions, don de double vue, annonce d'événements à venir. La famille est désemparée en face de ces étrangetés, lorsqu'elle les entrevoit : en effet, la fillette veille jalousement à garder son secret. Seul son confesseur reçoit la confidence de longs et fréquents colloques avec le Christ, la Vierge, SAINT FRANÇOIS D'ASSISE, et surtout les saintes CLAIRE et VÉRONIQUE GIULIANI, que l'enfant nomme affectueusement ses grandes soeurs ; le prêtre est d'abord déconcerté, mais après tout, pourquoi pas ? Dieu est libre de ses dons, et cette fillette est si différente des autres.

Un jour de l'été 1869, l'adolescente - elle va sur ses treize ans - entend une voix sortir du crucifix devant lequel elle prie :

«Prépare-toi à la guerre !».

Elle ne comprend pas. Le 13 septembre, vigile de l'Exaltation de la Croix, le même crucifix s'anime, le Christ lui montre son coeur étincelant de lumière et lui présente une croix. Bientôt après, elle s'alite, frappée d'un mal inexplicable : comme DOMENICA LAZZERI ou JULIANA ENGELBRECHT, elle est dévorée par une fièvre brûlante accompagnée de crampes et de convulsions qui écartèlent littéralement son corps.

Devenue grabataire
, elle met à profit cette maladie pour s'absorber dans la contemplation de la Passion du Christ, offrant l'épreuve à Dieu pour la conversion des pécheurs, «à commencer par la mienne», dit- elle.

Neuvaines de jeûne mystique

Le 18 mai 1871,après plus de deux années de souffrances continuelles que rien n'a pu soulager, FEBRONIA annonce soudain avec calme :

«Je vais mourir !».

Ses proches, déjà affligés par ses infirmités, sont vivement commotionnés.

De fait, quelques minutes plus tard, elle est en proie à des spasmes d'une telle violence que tout le monde autour d'elle prend peur. On envoie quérir des médecins - les docteurs INGUANTI et GALANTE - et le confesseur. L'adolescente est étirée sur son lit, les bras en croix, les mains serrées, les pieds l'un sur l'autre, la tête inclinée. A peine l'effleure-t-on, que le corps entier est agité de secousses comme si un courant électrique le traversait. Ayant épuisé la panoplie des médications en usage à l'époque, les docteurs finissent par préconiser des doses massives de sulfate, que la malade rejette aussitôt au prix de souffrances accrues. Un bain glacé finit par avoir raison des convulsions, mais le coeur s'arrête. FEBRONIA est bien morte, les médecins ne peuvent que dresser constat du décès, le prêtre s'efforce de consoler les parents désespérés. Le cadavre est exposé durant cinq jours, glacé, immobile.

Par centaines, les habitants de la localité et des environs viennent se recueillir devant leur petite sainte.

Au soir du cinquième jour, alors que les obsèques sont envisagées pour le lendemain, de pieuses femmes croient déceler quelques signes de vie dans le corps inerte. Ce n'est pas une illusion, bientôt FEBRONIA ouvre les yeux, joint les mains, les tend en avant ; ses lèvres bougent parfois, comme si elle parlait à quelqu'un ; mais elle est totalement insensible à ce qui l'entoure. Appelé à la hâte, le confesseur parvient en vertu de l'obéissance à se faire expliquer par l'adolescente qu'elle est en colloque avec la Vierge Marie. Cet état extatique se prolonge quatre jours entiers sans interruption.

Au matin de la Pentecôte, le 27 mai 1871, FEBRONIA est libérée en un instant de tous ses maux ; elle se lève et se rend à l'église paroissiale pour y entendre la messe en action de grâce. Elle est aussi fraîche et vaillante que si elle n'avait jamais été malade, et elle n'a absorbé strictement aucune nourriture durant neuf jours entiers ! Tout le monde crie au miracle, on le comprend, puis la vie reprend son cours habituel.

Pas pour longtemps. Le 30 mai, neuf jours avant la Fête-Dieu, FEBRONIA retombe dans l'état de prostration qu'elle a déjà connu. Le troisième jour, son corps secoué de convulsions s'étire comme s'il était crucifié, et elle endure pendant soixante heures des souffrances si atroces que l'entourage n'en peut supporter le spectacle. Seul le confesseur, qui entrevoit la signification de ces phénomènes, est en mesure d'encourager sa fille spirituelle.

A la Fête-Dieu, FEBRONIA - qui une fois de plus n'a rien mangé ni bu pendant neuf jours - ne recouvre pas la santé : elle sera guérie le 9 juillet, en la fête de SAINTE VÉRONIQUE GIULIANI, et revêtira avec joie la bure des tertiaires capucines séculières, prenant le nom de VÉRONICA, en hommage à sa céleste protectrice. Elle n'a que quatorze ans et demi.

Pendant une année environ, VÉRONICA mène une existence presque normale, consacrée à la retraite silencieuse, à la prière, aux travaux domestiques. Sa mère et ses cousines notent simplement qu'elle mange très peu - cinq grains de raisin par ci, trois cerises par là (en l'honneur des cinq plaies du Christ ou de la Trinité) -, et que parfois surviennent des neuvaines de jeûne absolu, en préparation aux grandes fêtes liturgiques. Le 26 octobre 1872, Monseigneur MORANA, évêque de Caltagirone, vient à Vizzini pour rencontrer cette diocésaine dont il se dit tant de choses étonnantes ; il en profite pour lui administrer privément le sacrement de confirmation. C'est comme s'il ne manquait plus que cette démarche pour que VÉRONICA fût libre de répondre sans réserve à sa vocation.

A partir de cette date, elle participe chaque semaine - du jeudi midi au vendredi soir - à la Passion du Christ, qu'elle contemple en des visions d'un vérisme terrifiant et dont elle explore progressivement les profondeurs : douleurs physiques du Sauveur, au fil des stations du chemin de croix, mais aussi son agonie à Gethsémani, ses souffrances spirituelles et morales jusqu'à l'ultime déréliction du Calvaire. Parfois les stigmates apparaissent sur son corps. Ensuite, jusqu'au dimanche matin, elle partage les douleurs de la Vierge Marie. Le reste de la semaine, elle se livre à des austérités inouies : elle dort à même le sol, se flagelle au sang, porte cilice.

Elle a reçu mission de se faire médiatrice de pardon pour les pécheurs, dans la droite ligne du charisme de SAINTE VÉRONIQUE GIULIANI. Sa prière est continue, universelle, embrassant des intentions d'une rare originalité pour l'époque : l'oecuménisme, la sanctification du Peuple de Dieu, et surtout des prêtres, par la voie de l'enfance spirituelle, le salut des Juifs et des musulmans.

Elle n'en connaît pas moins la déréliction, les tentations contre la foi, la calomnie, et jusqu'aux sévices diaboliques comparables à ceux que subirent le saint CURÉ D’ARS ou YVONNE-AIMÉE DE MALESTROIT.

Sa doctrine, très novatrice, est fondée sur l'acceptation de la «suave douleur du pur pâtir d'amour».

Inédie totale.

VÉRONICA cesse de s'alimenter. Désormais, l'Eucharistie quotidienne sera sa seule nourriture. Pendant quelques mois, elle grappille encore ça et là quelque baie dont elle suce la pulpe, puis n'absorbe plus rien.

Elle n'éprouve aucune aversion pour la nourriture, elle n'a plus faim, ne peut plus rien ingurgiter sans le rendre aussi- tôt, au prix de vives souffrances. En revanche, elle attend chaque matin avec impatience l'Eucharistie, qui lui redonne visiblement forces et éclat ; s'il arrive qu'un jour elle ne puisse communier, elle est à toute extrémité, près de mourir. L'inédie de VÉRONICA durera au moins trois années. Le professeur ZAPPALA, venu en décembre 1877 étudier le cas - contre lequel il est très prévenu - doit s'incliner devant la réalité des faits. Elle lui confie qu'elle n'a aucune excrétion depuis des années :

«Si je ne mange ni ne bois, pourquoi serais-je Soumise à ces nécessités ?»

Comme il lui fait remarquer qu'elle absorbe chaque jour l'hostie, elle réplique en souriant :

«Eh, docteur, tu veux m'abuser ? Tu sais bien qu'il n'est rien, dans le sacrement de l'Eucharistie, qui soit rejeté par le corps : le Seigneur ne s'incorpore-t-il pas totalement à notre âme ?»

Le médecin ne se contente pas des affirmations de la malade - depuis deux années elle est atteinte de tuberculose pulmonaire et souffre d'un cancer de l'oreille gauche interne qui lui cause des douleurs si atroces qu'elle serre les dents pour ne pas crier -; il interroge ses proches, la soumet à un contrôle sévère, s'entoure d'une équipe de confrères qui multiplient les investigations et renforcent la stricte surveillance dont la stigmatisée fait l'objet : la réalité de l'inédie est mise en évidence.

De plus, comme signe qu'elle ne ment pas, VÉRONICA annonce qu'elle sera guérie instantanément le 8 décembre, solennité de l'Immaculée Conception.

Le professeur et les collègues qui l'accompagnent ne peuvent retenir un sourire sceptique. Or, au matin du jour dit, toute trace de phtisie et de cancer a disparu : à la place de l'odeur nauséabonde diffusée par la purulence de l'oreille, une exquise fragrance de lis remplit la chambre de la malade, qui a retrouvé en une nuit la fraîcheur de son teint et son embonpoint.

VÉRONICA BARONE meurt le 5 janvier 1878, à l'âge de vingt et un ans.

Son extraordinaire réputation de sainteté - sa prière et ses pénitences, le don de conseil dont elle faisait preuve envers les nombreuses personnes qui venaient la visiter, son humilité et son souci de la sanctification du clergé, qui l'entoura toujours d'une particulière vénération - a incité l'Ordinaire de Caltagirone à entreprendre en 1919 la procédure en vue de sa béatification.

Comme ELISABETH ACHLER jadis, VÉRONICA BARONE a été amenée à l'inédie totale à la faveur de rythmes liturgiques qui constituaient une préparation et qui donnaient au phénomène une signification, une lisibilité spirituelles.

Là encore, les entours prodigieux du jeûne extraordinaire (notamment la guérison miraculeuse de maux incurables) ne permettent pas de réduire celui-ci à la simple anorexie mentale, non plus que le dynamisme apostolique dont fait preuve la jeune mystique.

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Re: MYSTIQUES HANDICAPES

Message par roselys le Mer 9 Mai 2012 - 18:41

Personnellement, je croyais qu'il n'y avait que des religieuses qui aient connu les stigmates et autres phéomènes extatiques, mise à part Marthe Robin. Mais je constate qu 'il y a eu des laïques. Que des femmes, cependant...Curieux, non ? PENSIF


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Re: MYSTIQUES HANDICAPES

Message par Joss le Mer 9 Mai 2012 - 19:30

Il y a eu aussi des hommes :
http://prophetesetmystiques.blogspot.fr/2010/12/stigmatises-et-stigmates.html

mais c'est vrai moins.....L'homme : soldat du Christ ; la femme : au pied de la Croix (des vocations différentes)

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Re: MYSTIQUES HANDICAPES

Message par Fée Violine le Jeu 10 Mai 2012 - 12:40

roselys a écrit:Personnellement, je croyais qu'il n'y avait que des religieuses qui aient connu les stigmates et autres phéomènes extatiques, mise à part Marthe Robin. Mais je constate qu 'il y a eu des laïques. Que des femmes, cependant...Curieux, non ? PENSIF
Si elles sont laïques, c'est parfois parce que leur santé les a empêchées d'entrer (ou de rester) au couvent.

Sur un fil voisin, "Les saints dominicains", j'ai recensé un certain nombre de mystiques plus ou moins handicapées (aveugles, stigmatisées, inédiques etc.), par exemple ici:
http://marthetmarie.lifediscussion.net/t3068p120-les-saints-dominicains

(Maria Magdalena Lorger, Rosina Ferro, Anna Moes, Columba Schonath, Luisa Piccarreta)

Et aussi: Christine de Stommeln (6 novembre), Colomba Scaglione (21 août), Kolumba Weigl (31 août), Marguerite de Métola (13 avril), etc...
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