MARTHE ET MARIE

Le doute de Jean

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Le doute de Jean

Message par etienne lorant le Mer 14 Déc 2011 - 9:12

Evangile : Le Sauveur qui doit venir (Lc 7, 18b-23)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Élève la voix, messager de la Bonne Nouvelle ! Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance. Alléluia. (Is 40, 9-10)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Jean Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
À ce moment-là, Jésus guérit beaucoup de malades, d'infirmes et de possédés, et il rendit la vue à beaucoup d'aveugles.
Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! (Cy Aelf, Paris)



Évidemment, tous et toutes tomberont un jour où l'autre dans cette obscurité où Jean se retrouve. Spirituelle, mais aussi physique, puisqu'il me semble que lors de l'envoi à Jésus de deux de ses disciples, le baptiste était pas déjà dans son cachot et même: ne vivait-il pas déjà un début d'agonie ?

Ce doute vient d'une 'visualisation' toujours trop humaine de qui est le Seigneur. Jean avait bien prophétisé la venue du Messie - mais aussi de manière apocalyptique ! Je me souviens de ce passage, qui a trait, non à la première mais à la seconde venue du Christ:
"Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres :tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l'eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu ; il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »

Jean a donc annoncé - sous l'action de l'Esprit Saint, les deux "temps" de Jésus. Mais s'en rendait-il bien compte ?

Or, il apprend que jésus, plutôt que de renverser l'ordre établi, de chasser les romains et d'être pour Israël comme un nouveau roi David (mais en plus grand encore, immortel et invincible)... se mêle sans complexe à la foule des petits, des pécheurs, des publicains. Il ne s'est pas même fait reconnaître comme chef par le Sanhédrin !
La question posée est donc judicieuse: "Faut-il en attendre un autre ?" Mais non, puisque Celui qui viendra avec grande puissance et gloire sur les nuées du ciel est le même qui, pour cette heure, commence par guérir les malades, chasser les démons et annoncer la bonne nouvelle aux pauvres (*). Ces miracles, ces guérisons, cette bonne nouvelle, Jean n'ignore pas qu'elles font également partie de la prophétie sur la venue du Messie. Isaïe en dit assez long à ce sujet !

Lorsqu'il nous arrive de douter (et cela nous arrive à tous), il faut avoir l'humilité de reconnaître que nous ne saurions deviner tout, ni exiger de Dieu qu'Il nous explique ce qu'Il accomplit. Quelle est l'heure que nous vivons, chacun individuellement dans le dessein universel de Dieu ? Je ne saurais pas le dire pour moi-même. Certes, il y a beaucoup de bouleversements dans le monde en ce moment, mais ce n'est pas le "krach" de 1929; ce n'est pas non plus le temps des grandes guerres, européennes et mondiales (depuis 1803/1815 à 1940/1945). Par contre, c'est encore le temps où j'ai eu cette grâce merveilleuse que la foi m'atteigne et me mette à l’œuvre moi aussi.

(*) J'ai gardé pour la fin ce mot des "pauvres" à qui la bonne nouvelle est annoncée. Il s'agit bien des "pauvres pour l'esprit". De tous ceux et toutes celles qui ont l'humilité de se reconnaître pécheurs et mortels, qui ont compris la précarité de l'existence humaine et combien est importante l'action de l'Esprit dans leur vie. C'est bien comme pauvre que je souhaite me présenter devant la crèche cette année. Il m'est impossible de prévoir comment les choses vont se passer pour moi jusqu'à ce que j'atteigne - ou pas, l'âge de la retraite. Tant de choses peuvent se produire en dix ans. Et je sais bien que j'ai moins de force qu'autrefois... je vis chaque jour à la fois et je m'abandonne à la volonté de Dieu.
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Re: Le doute de Jean

Message par roselys le Jeu 19 Avr 2012 - 10:24

Eh oui : le doute de Jean nous atteint tous un jour. Car il m'arrive, à moi aussi, d'espérer un Messie qui change du tout au tout, qui bouleverse l'ordre établi, qui abolie toute souffrance, toute misère...

Jean était le plus grand des prophètes. Sa mission était sans précédent. Mais même cela, et je vais même alors aller plus loin, il n'a pas été épargné par les ténèbres. Et même plus, c'est à CAUSE du Royaume qui il est là, dans ce cachot...on se demande à quoi cela sert d'être au service d'un Roi qui ne manifeste pas Sa Puissance, mais bien plus encore, à cause de lui, nous sommes éprouvés. Cela m'est arrivé très récemment, où j'ai dû subir des choses difficiles à cause de la mission que le Christ m'a assignée.
Comme Jean, j'ai vraiment douté. Ne me serai-je pas trompée de route ? N'ai-je pas rêvé cette mission ? N'étais-je pas dans l'illusion ? Oh bien sûr, c'est facile de dire" tu es bénie parce que tu souffre à cause du Christ !". Non, justement. Même nous savons que nous avons forcément maille à partie contre les Forces des Ténèbres à cause du Royaume de Dieu, quand nous sommes dans ce terrible doute, ce terrible " ne suis-je pas orgueilleuse de croire que ma mission, c'était cela ? ", il est instinctif de tout remettre en cause. " Il y a des limites !", alors on se dit. C'est alors que je comprends ce que que vous dites dans le post par l'annonce des deux temps de la Venue du Messie . Oui, il y a ce que l'on voit, ce que l'on entend avec nos sens, ce que la réel physique et matériel nous renvoit. Et puis la réalité invisible, qui elle, est aussi présente que le réel visible. Mais cette invisibilité-là, nous n'en percevons que des bribes nébuleuses. Ce que j'ai compris alors, c'est que, toute à ma mission pour le Royaume de Dieu, je n'ai pas tous les attributs de Dieu, et que mes limites humaines sont bel et bien là. Loin d'être un obstacle dans ma mission, mes limites me renvoient forcémement à ma pauvreté, et m'obligent alors à considérer le fait que je ne suis qu'un serviteur "inutile", c'est-à dire sans aucun pouvoir particulier. Je suis comme les autres. Pas mieux, pas pire. Je suis humaine. C'est tout. Alors, j'ai réalisé que, pour bien vivre ma mission, il me fallait constamment être petite aux yeux de Dieu. et considérer le fait que moi aussi, j'ai besoin de Son Réconfort, de Sa Force. Pour continuer. Pour avancer. Et c'est alors que j'ai saisi ce que le mot "bénediction" signifiait.

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Re: Le doute de Jean

Message par etienne lorant le Jeu 1 Sep 2016 - 7:58

La foi, plus grande que toute sagesse

Le jeudi de la 22e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,18-23.
Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage.
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.
Il est écrit encore : Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur ! Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,1-11.
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.



Cy Aelf, Paris

La sagesse, toute brillante et désirable qu'elle puisse apparaître aux yeux des hommes, demeure une invention humaine, une sorte de "capacité supérieure" qu'ils désirent acquérir - mais dans quel but ?

Est-ce pour la partager avec les autres hommes ou bien parvenir à les dominer ? Pour bien profiter de l'existence en limitant ses ambitions, en éludant - ou en édulcorant - les questions de sens plus difficiles, celles qui ne cessent pourtant d'assaillir et d'interroger les consciences ?

Notre prêtre nous a rapporté l'histoire de cet homme sage qui écrivit un jour à ses enfants : "J'ai 70 ans, j'ai bien travaillé, j'ai acquis une belle fortune que je vais vous partager, je suis globalement satisfait, mais j'ai demander le suicide assisté car j'ai horreur de la vieillesse et de la décrépitude : je veux partir en laissant l'image d'un homme qui a bien retenu et appliqué les leçons de l'existence". L'euthanasie n'est pas réservée qu'aux vieillards isolés et malades ou aux désespérés ! Et cet homme très sage eut recours au suicide assisté, dans une clinique spécialisée... Voici donc qui correspond à l'encouragement de saint Paul à renoncer aux raisonnements des sages "qui n'ont aucune valeur"

Mais en lieu et place de la prétendue sagesse, c'est la pleine et entière confiance en l'amour de Dieu.

C'est ainsi que, lorsque Jésus dit à Pierre de jeter les filets de nouveau, il obéit en rejetant de son esprit les leçons de son expérience professionnelle, sa connaissance des heures les plus propices à ce travail - c'est-à-dire: sa "logique raisonnable". Et le miracle se produit.

Et Jésus de conclure : "Désormais, ce sont des hommes que tu prendras !" Tous abandonnent leurs barques et leurs filets : se fier au Seigneur en tout temps, voici la sagesse, l'habileté, avec la joie qu plus intime du cœur.


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