MARTHE ET MARIE

Les gamins sur les places

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Les gamins sur les places

Message par etienne lorant le Ven 9 Déc 2011 - 8:57

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 16-19)
Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres : 'Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.' Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : 'C'est un possédé' ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.' Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait. »


En Palestine, du temps de Jésus - et encore aujourd'hui, dans certaines régions du monde, il est de coutume que les hommes dansent aux mariages et les femmes pleurent aux funérailles (c'est même une sorte d'institution: on dit que l'on "convoque les pleureuses)... Eh bien, dans ce passage, Jésus traite de gamins ses interlocuteurs, parce qu'ils ne reconnaissent ni le temps de la noce ni celui du deuil.

En effet, Jean le Baptiste a prêché parmi eux un baptême de repentir et de conversion, et pour ne pas l'écouter, ils l'ont déclaré possédé du démon !... Ce qui est bien un indice d'inintelligence et de mauvaise foi, car, enfin, Jean le Baptiste, avant de parler, a vécu dans le désert, légèrement vêtu, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage - et il a donc pratiqué de manière visible, en témoignage, une grande pénitence ! Ensuite, Jésus apparaît, il guérit les malades, change de l'eau en vin, transforme les sorties en mer en pêche miraculeuse, mais parce qu'il se rend chez tous et ne privilégie pas l'élite des juifs, ceux-ci le traitent de glouton et d'ivrogne. Mais dans l'un et l'autre cas, ils se sont inventés de fausses raisons pour ne pas reconnaître qu'il se passait quelque chose - et surtout: pour ne pas reconnaître Jésus.

Dans son homélie, le prêtre a d'abord rappelé combien nous sommes prompts à jauger nos proches à partir de leurs défauts et non de leurs qualités. "Nous classifions beaucoup !", a-t-il dit en souriant. Mais ce peut être très grave de classer les personnes qui nous entourent dans des catégories qui nous conviennent : car le Seigneur vient aussi nous déranger dans nos habitudes faciles ! Saurons-nous le reconnaître dans notre prochain ?

Ensuite, en évoquant de nouveau la Palestine du temps du Messie, il a reconnu dans les danses de fête les "Noces de l'Agneau" et dans les chants de deuil, l'évocation par Jésus de son rejet et de sa mort sur la Croix. Dans mon coin, au fond de la chapelle, je me suis fait cette réflexion que, hélas, dans combien de cas, si j'avais été plus attentif, j'aurais pu anticiper tel ou tel événement et que certains incidents, en apparence d'importance mineure, sont en réalité révélateurs de choses à changer. Mais quel que soit mon manque de lucidité et d'humilité, je crois que le Seigneur me guidera, aux jours de deuil comme aux jours de réjouissance. Il me suffit de reconnaître mon indigence pour que, déjà, le Seigneur se penche sur mon sort d'exilé des Cieux. Béni soit-Il !

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Jacques Brel, qui fut d'origine chrétienne, a écrit cette chanson qui évoque étrangement le texte de ce jour :


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