MARTHE ET MARIE

PRIMAUTE DE SAINT PIERRE

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PRIMAUTE DE SAINT PIERRE

Message par Clément le Dim 4 Déc 2011 - 22:23

I. La promesse du primat (Matthieu 16:16 ; Luc 22, 32)

A. Le texte fondamental.

« Etant venu dans la région de Césarée de Philippe, Jésus interrogea ses disciples disant : “Que disent les hommes qu’est le Fils de l’homme?” Ils dirent : “Les uns disent que c’est Jean le Baptiste ; d’autres, Elie, d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes.” Il leur dit : “Mais vous, qui dites-vous que je suis ?” Répondant, Simon-Pierre dit : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. ” Répondant, Jésus lui dit : “Tu es bienheureux, Simon Barionas [fils de Jonas], car ce n’est ni la chair et du sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre, sera délié dans les cieux”. » (Mt 16, 13-19, trad. Lagrange).

B. Authenticité et historicité du passage.

Les versets 18 et 19, présents dans tous les manuscrits et toutes les versions anciennes, sont cités depuis la plus haute antiquité chrétienne (Ev. aux Héb., 100 ; Odes de Salomon, Pasteur d’Hermas, S. Justin, 150 ; S. Irénée, 180 ; Tertullien, 200 ; Origène, 230). Le caractère profondément sémitique du passage (bienheureux, Barionas, Père qui est dans les cieux, la chair et le sang, lier et délier, portes de l’enfer, royaume des cieux) enlève toute probabilité à la thèse d’une interpolation par l’Eglise romaine au 2e siècle.
La critique rationnelle (rationalisme, fondé sur le préjugé pseudo-philosophique du refus a priori du surnaturel) montre que les évangiles sont des témoignages historiques dignes de foi (manuscrits intégraux du NT à 300 ans des évènements, plus anciens fragments à 30 ans [Homère : 1800 ; Virgile : 800], variantes : 150 mots, de loin meilleur que tous textes profanes de l’Antiquité, cf. Apol., 3).

La documentation montre que l’Eglise primitive n’était en aucune manière un milieu anarchique de groupuscules charismatiques s’alimentant de mythes selon l’inspiration individuelle, mais une communauté hiérarchiquement structurée pour conserver et transmettre, sans innovation, sous la garantie d’apôtres et d’autres témoins, les paroles et faits de Jésus (discours doctrinal certes, mais surtout narratif, traditionnel, de témoins authentifiés par Jésus).
Du fait de l’historicité générale des évangiles, la reconnaissance de l’authenticité littéraire (interpolation par une main ultérieure : Harnack) entraine celle de l’historicité de ce qui est présenté comme fait historique (idéalisation : paroles pas prononcées par Jésus, mais expriment idée de l’Eglise primitive : Loisy, Bultmann).


C. La primauté de Pierre dans l’ensemble du NT.

En faisant abstraction des trois textes majeurs (Mt 16, 16 ; Lc 22, 32 ; Jn 21, 15), l’examen du l’ensemble du NT montre qu’il est historiquement certain que Pierre possédait une primauté venant de Jésus lui-même, et fournit des indices en faveur d’une primauté de juridiction (d’honneur : doyen ; de direction : président d’assemblée).

1. Jésus met Pierre en avant par rapport aux autres.

a) Il impose à Simon fils de Jonas, et à lui seul, un nom nouveau (Mc 3, 16 ; Lc 6, 14 ; Jn 1, 42 : כפא, kepha [Πετρος, Petrus], qui qualifie la personne en référence à la solidité du roc [cf. Lc 6, 48]), inusité en araméen comme surnom et quasiment inconnu en grec et latin de l’époque : surnom que Jésus annonce (Jn 1, 42), donne (Mc 3, 16) et explique.

b) Il agit de telle sorte que Pierre soit reconnu comme spécialement choisi : il est nommé en premier dans « les trois » (résurrection de la fille de Jaïre, transfiguration, Gethsémani) ; Jésus fait publiquement sein ce qui est à Pierre (barque, Lc 5, 3 ; maison, Mt 8, 14 ; tribut, Mt 17, 24) ; il s’occupe spécialement de Pierre (marche sur les eaux, corrections, reproche à Gethsémani, seule annonce explicite du martyr) ; il accepte que Pierre interroge et réponde au nom de tous.

2. Les autres reconnaissent (au moins après la résurrection) sa primauté.

a) Les listes des apôtres le nomment toujours en premier (et Judas toujours en dernier) : alors qu’ils avaient autrefois rivalisé, cette priorité fixe est l’indice d’un état institutionnel accepté.

b) Ils désignent le collège en référence à lui (Pierre et les Onze, Pierre et les apôtres, cf. « le Grand-prêtre est ses adhérents », Ac 5, 17).

c) Rôle de témoin spécial dans la résurrection (entré le 1er au tombeau ; « il est apparu à Simon », Lc 24, 34).

3. Pierre exerce sa primauté après la résurrection. Succession de Judas, Pentecôte (1er discours et 1ère loi d’incorporation), Temple (1er miracle et discours, répond pour les autres), 1ères visites apostoliques (Samarie, églises non fondées par lui), 1er envoyé aux païens, 1ère définition de la vérité (Concile de Jérusalem).

D. Examen direct du texte.

Le « silence » des autres synoptiques. Mc et Lc, qui rapportent la scène de Césarée, n’ont pas la promesse du primat. Ce serait un anachronisme de dire que sa mention était indispensable : elle était un fait appartenant à la structure de l’Eglise, attesté par des miracles et reconnu par tous (le primat de Pierre a été reconnu même chez les Orientaux jusqu’au XIIe siècle). Lc dépend de Mc, l’évangéliste de Pierre, qui fait taire par humilité ce qui peut le grandir (Eusèbe de Césarée) et qui, écrivant pour les romains (et après l’évasion de la prison d’Agrippa en 43), évite de parler de « clés du Royaume » et de pouvoir de délier (Mt écrit avant les persécutions).

En outre Luc a ailleurs (dernière Cène) un passage exactement parallèle à Mt :

Matthieu 16,18
Danger: Les portes de l’Enfer combattront l’Eglise
Remède: Moi je te dis que tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise
Effet: Portes de l’Enfer ne prévalent pas

Luc 22,32
Danger: Satan a demandé de vous passer au crible
Remède: Moi j’ai prié pour toi pour que ta foi ne défaille pas et toi, à ton tour, confirme tes frères
Effet: Foi de Pierre maintenue, frères confirmés

2. Le changement de nom.

Si le (sur)nom nouveau s’est universellement répandu (« Simon » est presqu’oublié), à la différence par ex. de « Fils du tonnerre » (Jacques et Jean), c’est que, pour l’Eglise primitive, il avait une extrême importance par sa signification, considérée comme une partie de la tradition apostolique. Kephas (transcription grecque du mot araméen kepha, avec term. masc.) avait une signification évidente pour les chrétiens d’origine juive, Petros (trad. en grec de Kepha : πετρα, le rocher, avec term. masc.) prévaut pour les autres. Le fait qu’un nom propre soit, non transposé (comme Jésus, Marie, qui ont une signification en hébreu mais non en grec) mais traduit, est une exception qui réclame une justification : l’importance accordée par l’Eglise primitive à sa signification.
(Source)]Modération]
II. Nature de ce primat

A. L’insigne prérogative promise.

Elle répond à la foi de Pierre (louée comme insigne), est racine d’indéfectibilité ; ses effets atteignent les cieux : elle est solennisée par un changement de nom, correspondant à l’injonction (récompense de la foi) de devenir Père du peuple de Dieu (avant la Loi : Abram→Abraham ; sous la Loi : Jacob→Israël ; sous la grâce : Simon→Kephas) : sur l’Eglise de celui que le Père a révélé comme Messie, aussi universelle que l’Eglise de Dieu (Qahal Yahweh).

B. La triple métaphore.

1. Le roc. Pierre est pour l’Eglise ce que les fondations sont pour une maison, principe de stabilité et d’unité (cf. Mt 7, 24-27), or dans une société humaine, c’est l’autorité suprême qui est principe efficient d’unité affermie et stable. L’AT annonce le Messie comme pierre fondamentale et angulaire (Ps 118, Is 28, Dn 2) et Jésus s’est appliqué cette image prophétique (Mt 21, 42) : il donne à Simon le nom qui signifie qu’il est participant de cette charge suprême du Messie.

2. Les clefs. Ce symbole indique indubitablement, dans l’ancien Orient (clefs des cieux pour les dieux) et dans la Bible, non une simple fonction de portier, mais la pleine autorité. « Un enfant nous est né, un fils nous est donné. L’insigne du pouvoir est placé sur son épaule » (Is 9, 5). « Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David ; et s’il ouvre, nul ne fermera ; et s’il ferme, nul n’ouvrira » (Is 22, 21-22). L’Apocalypse applique cette prédiction à Jésus : « Voici ce que dit le saint, le véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne ferme, qui ferme et personne n’ouvre » (Ap 3, 7). Le Christ reçoit tout le pouvoir du royaume de David (Lc 1, 32) et le promet à Pierre. (« Le maître garde son pouvoir souverain, mais il en délègue l’exercice à un majordome. […] Jésus est le fondement, et Pierre est le fondement ; Jésus a les clefs de David, et Pierre a les clés : l’autorité de pierre est donc celle de Jésus. Les mesures qu’il prendra sur la terre comme fidèle majordome seront ratifiées dans le ciel, c’est-à-dire par Dieu », Lagrange).

3. « Lier et délier ». (cf. Mt 18, 18) L’usage rabbinique désignait par ces mots l’office des jurisconsultes qui déclarait quelque chose défendu ou permis selon la Loi et les traditions. Mais l’usage rabbinique n’épuise pas le sens : il s’agit de tout, et la ratification est divine. (« Il faut […] prendre ces deux mots dans un sens large qui comprend toutes les applications convenables au pouvoir du majordome. Il donne les solutions spéculatives, il déclare innocent ou coupable, il punit et il fait grâce […] Ce n’est pas restreindre l’autorité de Pierre que d’en voir le principe dans le Magistère de la foi ; il est d’abord le scribe initié au règne des cieux [Mt 13, 52] et en même temps l’οικοδεσποτης auquel ce dernier était comparé, chargé de conduire ceux de la maison au but marqué par la foi : autorité doctrinale et juridiction », Lagrange).

C. La collation du primat.

« Lorsqu’ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : “Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci?” Il lui dit : “Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime”. Il lui dit : “Pais mes agneaux”. Il lui dit une seconde fois : “Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? ” Pierre lui répondit : “Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime”. Il lui dit : “Sois le pasteur de mes brebis”. Il lui dit une troisième fois : “ Simon, fils de Jean, m’aimes-tu?" Pierre fut contristé de ce que Jésus avait dit pour la troisième fois, m’aimes-tu ? Et il lui dit : “Seigneur, tu connais tout, tu sais que je t’aime”. Jésus lui dit : “Pais mes brebis”. » (Jn 21, 15-17, trad. Lagrange ; les deux mots φιλειν et αγαπαν sont utilisés comme synonymes, selon un procédé littéraire fréquent chez saint Jean pour éviter la monotonie).
En retour de l’affirmation solennelle de l’attachement à Pierre (réparation du triple reniement), Jésus confie à Pierre tout le troupeau (αρνια, προβατα), avec tous les pouvoirs du pasteur (βοσκειν, ποιμαινειν) : enseigner (Jn 10, 3 et 16, 26 : les brebis écoutent sa voix), gouverner (Jn 10, 4 et 27 : il les conduit et les défend), sanctifier (Jn 10, 9 et 28 : il donne sa vie pour elle). De même que Jésus est le Rocher et affirme que Pierre participe à cette prérogative, de même il est le Pasteur et il donne à Pierre de participer à cette prérogative.
(Source) ]Modération]
III. La perpétuité du primat

A. Perpétuité de l’Eglise.

L’Eglise (au sens précis où elle a été fondée sur la croix et promulguée à la Pentecôte) doit durer jusqu’à la fin du monde, car elle est la dernière économie religieuse depuis le Christ jusqu’au dernier jugement. « L’âge du Père » est antérieur à l’Eglise (état adamique avant la chute), puis viennent trois « régimes divins de l’Eglise » (Journet). « L’âge du Fils » attendu (loi « de nature » et loi mosaïque) ; présent temporellement (de l’Incarnation à l’Ascension) ; l’âge de l’Esprit Saint (de la Pentecôte à la Parousie). Cela ressort :

1. de l’explication que Jésus donne de la parabole de l’ivraie (« Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume ; l’ivraie, ce sont les sujets du Mauvais ; l’ennemi qui la sème, c’est le Diable ; la moisson, c’est la fin du monde* ; et les moissonneurs, ce sont les anges. De même donc qu’on enlève l’ivraie et qu’on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde : le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d'iniquité, et les jetteront dans la fournaise ardente: là seront les pleurs et les grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. » [Mt 13, 36-43].

*Il s’agit bien du Jugement dernier décrit en Mt 25, 31-46) ;

2. de l’assistance divine efficace promise comme continuelle et perpétuelle (« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. […] Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » [Mt 28, 18-20] ; cf. discours après la Cène, notamment : « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit toujours avec vous » [Jn 14, 16]).

3. du fait que les ennemis ne l’emporteront pas contre elle (« Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » [Mt 16, 18]).

B. Perpétuité de la hiérarchie.

Elle découle du fait que la charge hiérarchique instituée par le Christ (cf. Apol., 9, III) étant une tâche à accomplir en vue du salut, est par nature perpétuelle, et que le mode hiérarchique de cette charge est lui-même voulu par Dieu (cf. Ac 10, 40 et 20, 28 ; 2 Co 5, 20 ; 1 Tm 4, 14 ; 2 Tm 1, 6 ; Ti 1, 7).

C. Perpétuité du primat. Cela découle :

1. de sa nature : car il est le fondement visible de l’Eglise (Mt 16, 18), l’édifice ne peut perdurer sans que perdure son fondement, donc la perpétuité de l’Eglise implique celle du primat.

2. de son universalité : car le Christ (Jn 21, 15-17) a confié à Pierre tout son troupeau (dans l’espace et dans le temps), donc le primat doit durer tant qu’il existe une portion du troupeau à paître.

3. de sa finalité : qui est analogiquement celle de toute autorité suprême, à savoir réaliser et conserver l’unité dans la poursuite du bien commun. Or cette unité perdurera jusqu’à la fin a) en vertu de la prière efficace du Christ (« J’ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur. […] Père saint, garde-les dans ton nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. […] Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. [Jn 10, 16 ; 17, 11, 20-21]) ; b) parce que sans elle l’Eglise serait détruite
(« Tout royaume divisé contre lui-même court à la ruine ; et nulle ville, nulle maison, divisée contre elle-même, ne saurait se maintenir. » [Mt 12, 25]).

Cf. Léon XIII, Satis cognitum (« Cette autorité faisant partie de la constitution et de l’organisation de l’Eglise comme son élément principal, puisqu’elle est le principe de l’unité, le fondement de la sécurité et de la durée perpétuelle, il s’ensuit qu’elle ne pouvait en aucune façon disparaitre avec le bienheureux Pierre, mais qu’elle devait nécessairement passer à ses successeurs ») ; et Pastor æternus de Vatican I (« Si donc quelqu'un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle, ou que le pontife romain n’est pas successeur de saint Pierre en cette primauté : qu’il soit anathème. », DS 3058).

En guise de conclusion

« Le cercle parfait de l’Eglise universelle a besoin d’un centre unique non pas pour être parfait, mais pour être. L’Eglise terrestre, appelée à embrasser la multitude des nations, devait, pour rester une société réelle, opposer à toutes les divisions nationales un pouvoir universel déterminé ; l’Eglise terrestre, qui devait entrer dans le courant de l’histoire et subir, dans ses circonstances et ses rapports extérieurs, des changements et des variations incessantes, avait besoin, pour sauvegarder son identité, d’un pouvoir essentiellement conservateur et cependant actif, inaltérable au fond et souple dans les formes ; enfin l’Eglise terrestre, destinée à s’affirmer contre toutes les puissances du mal au milieu d’une humanité infirme, devait être munie d’un point d’appui absolument ferme et irréfragable, plus fort que les portes de l’enfer.
Or, nous savons, d’un côté, que le Christ a prévu cette nécessité de la monarchie ecclésiastique en conférant à un seul le pouvoir suprême et indivisible de son Eglise ; et nous voyons, de l’autre côté, que, de tous les pouvoirs ecclésiastiques du monde chrétien, il n’y en a qu’un seul et unique qui maintienne perpétuellement et invariablement son caractère central et universel et qui, en même temps, par une tradition ancienne et générale, soit spécialement rattaché à celui à qui le Christ a dit : “Tu est Pierre, et sur cette pierre j’édifierai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle”. La parole du Christ ne pouvait rester sans effet dans l’histoire chrétienne ; et le principal phénomène de cette histoire devrait avoir une cause suffisante dans la parole de Dieu. Qu’on nous trouve donc, pour la parole du Christ à Pierre, un effet correspondant autre que la chaire de Pierre, et qu’on découvre, pour cette chaire, une cause suffisante autre que la promesse faite à Pierre ». Vladimir Soloviev, La Russie et l’Eglise universelle (soulignements de Journet, Théologie de l’Eglise, p. 149)

Théologie fiction

« Mais à peine avaient-ils reposé les brancards que l’esprit de vie revint dans les morts [le Pape Pierre II et le Starets Jean, qui ont té tués par le Mage de l’Antéchrist]. […] Le starets Jean, quand il eut recouvré la vie, dit : “Voyez-vous, mes petits enfants, nous ne nous étions pas séparés. Voici donc ce que j’ai à vous dire maintenant : l’heure est venue d’exaucer la dernière prière du Christ, qui a demandé que ses disciples fussent un comme Il est un avec la Père. Pour cette unité du Christ, mes petits enfants, révérons notre frères bien-aimé Pierre. Qu’il paisse dorénavant les brebis du Christ. Allons, mon frère !” Et il embrassa Pierre.
Alors le professeur Pauli [représentant les protestants qui ont refusé l’Antéchrist] s’approcha : “Tu es Petrus”, déclara-t-il au pape. “Jetz ist es ja gründlich erwiesen und ausser Jedem Zweilfel gestezt [Désormais c’est solidement prouvé et sans l’ombre d’un doute]”. Et il lui serra vigoureusement la main, tandis qu’il tendait la main gauche au starets Jean avec ses mots : “So also, Väterchen, Nun sind wir ja Eins in Christo [Ainsi donc, petit père, nous voici un en Christ]”. Ainsi fut réalisée l’unité des Eglises, par une nuit sombre, dans un lieu solitaire et élevé. » Vladimir Soloviev, Court récit sur l’Antéchrist,Ad Solem, p.185-186.

Annexe : La convenance d’un primat

« 2. Mais il est évident, aussi, que malgré la division des hommes en multiples diocèses et en multiples cités il n'y a qu'une Église, comme il n'y a qu'un peuple chrétien. De même donc que le peuple particulier d'une église requiert un évêque qui soit la tête de tout le peuple, de même le peuple chrétien tout entier requiert qu'il n'y ait qu'un seul chef pour toute l'Église.
3. L'unité de l'Église exige d'autre part que tous les fidèles soient unanimes dans la foi. Or il arrive qu'en matière de foi des questions soient débattues. La diversité des avis diviserait l'Église, si la décision d'un seul ne la maintenait dans l'unité.
La sauvegarde de l'unité de l'Église exige donc qu'il y en ait un seul à présider l'Église tout entière. Or il est évident que le Christ, dans les besoins essentiels, n'a pas laissé à l'abandon cette Église qu'il a aimée et pour laquelle il a répandu son sang, alors que le Seigneur dit à propos de la Synagogue : Que pouvais-je faire de plus à ma vigne que je n'aie fait ? Il est donc impossible de douter que le Christ n'ait voulu pour toute l'Église un chef unique.

7. On dira peut-être que ce chef unique et cet unique pasteur, c'est le Christ, unique époux de l'unique Église ; mais cette réponse est insuffisante. Il est évident en effet que tous les sacrements de l'Église, c'est le Christ qui les accomplit : c'est lui qui baptise, c'est lui qui remet les péchés, c'est lui le véritable prêtre qui s'est offert sur l'autel de la croix et dont le pouvoir donne à son propre corps d'être consacré chaque jour sur nos autels. Pourtant, parce qu'il ne devait pas être corporellement présent à tous ses fidèles, le Christ s'est choisi des ministres qui auraient pour charge de distribuer aux fidèles ces sacrements dont on vient de parler. Pour la même raison : le retrait de son Église de sa présence visible, il fallait qu'il confiât à quelqu'un le soin de gouverner à sa place l'Église universelle. Voilà pourquoi, avant son Ascension, il dit à Pierre : Pais mes brebis; et avant sa passion : Quand tu seras converti, affermis tes frères. Et c'est à lui seul qu'il fit cette promesse : je te donnerai les clefs du royaume des cieux, lui signifiant qu'il aurait à transmettre à d'autres ce pouvoir des clefs, pour la sauvegarde de l'unité de l'Église.

8. On ne peut affirmer en effet que cette dignité, donnée qu'elle fût à Pierre, n'a pas été transmise à d'autres. Le Christ a institué son Église de telle manière qu'elle durât jusqu'à la fin des temps, suivant cette parole d'Isaïe : Il siégera sur le trône de David et sur son royaume, pour l'établir et l'affermir dans le droit et dans la justice, dès maintenant et à toujours. Ceux qu'il constituait alors comme ses ministres devaient évidemment transmettre leurs pouvoirs à leurs successeurs, pour le bien de l'Église, jusqu'à la fin des temps. C'est ce qui ressort spécialement de cette affirmation du Seigneur, rapportée en saint Matthieu : Voici, je suis avec vous jusqu'à la consommation des temps. Ainsi est condamnée la prétentieuse erreur de ceux qui cherchent par tous les moyens à se soustraire à l'obéissance et à la soumission à l'égard de Pierre, ne reconnaissant pas le Pontife romain, son successeur, comme le pasteur de l'Église universelle. » (Saint Thomas d’Aquin, SCG, IV, 76).
[url=Les versets 18 et 19, présents dans tous les manuscrits et toutes les versions anciennes, sont cités depuis la plus haute antiquité chrétienne (Ev. aux Héb., 100 ; Odes de Salomon, Pasteur d’Hermas, S. Justin, 150 ; S. Irénée, 180 ; Tertullien, 200 ; Origène, 230). Le caractère profondément sémitique du passage (bienheureux, Barionas, Père qui est dans les cieux, la chair et le sang, lier et délier, portes de l’enfer, royaume des cieux) enlève toute probabilité à la thèse d’une interpolation par l’Eglise romaine au 2e siècle. La critique rationnelle]

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Re: PRIMAUTE DE SAINT PIERRE

Message par Marc le Dim 4 Déc 2011 - 23:03

Très bon article. Merci.

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Re: PRIMAUTE DE SAINT PIERRE

Message par Clément le Dim 4 Déc 2011 - 23:31

A votre service.

Fraternellement, Clément.
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«ÉGLISE ET PAPAUTÉ» EXTRAITS YVES MARIE-JOSEPH CONGAR théolo

Message par Joss le Ven 6 Avr 2012 - 16:25

«ÉGLISE ET PAPAUTÉ» EXTRAITS YVES MARIE-JOSEPH CONGAR théologien
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«ÉGLISE ET PAPAUTÉ» EXTRAITS

Que LE PAPE soit évêque de Rome, c’est à coup sûr son premier titre. C’est celui que reconnaissent les orthodoxes. Ils ajoutent qu’à ce titre là, il est le premier des évêques. La position catholique implique davantage. Le successeur de PIERRE est plus qu’un simple évêque, serait-il le premier, primus inter pares. Les prérogatives reconnues au pape par le CONCILE DE VATICAN I – juridiction suprême sur toute l’Église, infaillibilité de certains actes de son magistère se situent toujours dans le cadre du titre du «successeur de PIERRE», mais en dépassent la qualité de premier des évêques. LE PAPE est membre du collège des évêques, mais il est caput ; PIERRE était l’un des Douze, mais il a reçu, parmi les Douze, une qualification singulière.

Ce fait a été justifié, en particulier par INNOCENT III, par la constance avec laquelle le CHRIST a donné d’abord à PIERRE, pris seul, ce qu’il a donné ensuite à tous les Douze, PIERRE compris .

Tous les Apôtres sont fondement :

20. «édifiés que vous êtes sur le fondement des apôtres et des prophètes, dont JÉSUS-CHRIST lui-même est la pierre angulaire». ÉPHÉSIENS 2,20

.
14. «La muraille de la ville a douze pierres fondamentales sur lesquelles sont douze noms, ceux des douze apôtres de l'Agneau». APOCALPSE 21,14

.

PIERRE est Roc premier :

18. «Et moi, je te dis que tu es PIERRE, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle». MATTHIEU 16,18

.

Tous les Apôtres sont pasteurs :

«28. Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel l'ESPRIT-SAINT vous a établis évêques, pour paître l'Église de DIEU, qu'il s'est acquise par son propre sang».ACTES 20,28

.
«2. paissez le troupeau de DIEU qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré ; non dans un intérêt sordide, mais par dévouement» 1 PIERRE 5,2

.

PIERRE est Pasteur Universel :

«15. Lorsqu'ils eurent mangé, JÉSUS dit à SIMON-PIERRE : «SIMON, fils de JEAN, m'aimes-tu plus que ceux-ci ?» Il lui répondit : «Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime». JÉSUS lui dit : «Pais mes agneaux».
16. Il lui dit une seconde fois :
«SIMON, fils de JEAN, m'aimes-tu ?» PIERRE lui répondit : «Oui, Seigneur, vous savez bien que je vous aime». JÉSUS lui dit : «Pais mes agneaux».
17. Il lui dit pour la troisième fois :
«M'aimes-tu ?» et il lui répondit : «Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez bien que je vous aime». JÉSUS lui dit : «Pais mes brebis». JEAN 21,15-17

.

Tous les Apôtres ont les clés, le pouvoir de lier et délier :

18. «En vérité, je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel». MATTHIEU 18,18

.
«23. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus». JEAN 20,23

.

PIERRE a reçu singulièrement :

19. «Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux». MATTHIEU 16,19

.

Tous les Apôtres sont témoins du CHRIST ressuscité :

«8. Mais, lorsque le SAINT-ESPRIT descendra sur vous, vous recevrez de la force, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'à l'extrémité de la terre»ACTES 1,8

.

En premier lieu PIERRE :

«5. et qu'il est apparu à CÉPHAS, puis aux Douze». 1 CORINTHIENS 15,5

.
«34. qui disaient : «Réellement le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à SIMON» LUC 24,34

.

JÉSUS a prié pour tous :

«9. C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m'avez donnés ; parce qu'ils sont à vous [...]

20. Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, par leur prédication, croiront en moi» JEAN 17,9 et 20

.

Il a prié pour PIERRE en vue d’une action au bénéfice des autres :

«32. Mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frère» LUC 22,32

.

PIERREnous apparaît ainsi comme incarnant deux valeurs . Il est l’un des Douze avec les autres, il est et il a ce que sont et ont les autres.
Mais il reçoit personnellement ces dons d’une façon qui le distingue ou le singularise : il sera roc, pas seulement fondement, il aura une charge pastorale universelle, il confirmera la foi, et ne sera pas seulement croyant et témoin. Les ÉVANGILES et les ACTES nous le montrent de plus prenant la parole pour tous, répondant pour tous, et également prenant des initiatives qui engagent l’Église. Ces deux aspects, valeurs ou dimension se retrouveront chez « le successeur de PIERRE». C’est une certaine structure de l’Apostolicité de l’Église. Elle s’est dégagée et précisée non seulement dans l’histoire, mais par l’histoire. (…)


PIERRE est nommé 114 fois dans les ÉVANGILES et 57 fois dans les ACTES ; SAINT JEAN, qui est le plus cité après lui, l’est 38 fois et 6 fois.

Souvent, PIERRE y est pris pour tous les Apôtres et pour toute l’Église . Voir par exemple :

24. «Lorsqu'ils furent arrivés à Capharnaüm, ceux qui recueillaient les didrachmes s'approchèrent de PIERRE et dirent : «Votre Maître ne paie-t-il pas les didrachmes ?»
25. Il dit : «Si». Et quand il entra dans la maison, JÉSUS le prévint disant : «Que t'en semble, SIMON ? De qui les rois de la terre perçoivent-ils taxes ou impôt ? De leurs fils ou des étrangers ?»
26. Comme il disait : «Des étrangers», JÉSUS lui dit : «Les fils en sont donc exempts.
27. Mais pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, tire le premier poisson qui montera ; puis, lui ouvrant la bouche, tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur pour moi et pour toi». MATTHIEU 17,24-27


.
«26. Après le chant de l'hymne, ils s'en allèrent au mont des Oliviers.
27. Et JÉSUS leur dit : «Je vous serai à tous une occasion de chute, parce qu'il est écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis seront dispersées.
28. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée».
29. PIERRE lui dit : «Quand même vous seriez pour tous une occasion de chute, vous ne le serez jamais pour moi».
30. JÉSUS lui dit : «Je te le dis, en vérité, toi aujourd'hui, cette
nuit-ci, avant que le coq ait chanté deux fois, trois fois tu me
renieras».
31. Mais lui n'en disait que plus : «Quand il me faudrait
mourir avec vous, je ne vous renierai pas». Et tous aussi en disaient autant
[...]


34. Et il leur dit : «Mon âme est triste jusqu'à la mort ; restez ici et veillez[...]


37. Et il vient et il les trouve endormis, et il dit à PIERRE : «Simon, tu dors ! Tu n'as pas eu la force de veiller une heure !» MARC 14,26-31.34.37

.
«5. SIMON répondit : «Maître, toute la nuit nous avons peiné sans rien prendre ; mais, sur votre parole, je jetterai les filets».
6. Et l'ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons ; et leurs filets se rompaient.
7. Et ils firent signe aux compagnons, qui étaient dans l'autre barque, de venir à leur aide. Ils vinrent, et on remplit les deux barques, au point qu'elles enfonçaient.
8. Ce que voyant, SIMON PIERRE tomba aux genoux de JÉSUS en disant :
«Eloignez-vous de moi, parce que je suis un pécheur, Seigneur !»
9. Car la stupeur l'avait envahi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche des poissons qu'ils avaient faite ;
10. et de même JACQUES et JEAN, fils de ZÉBÉDÉE, qui étaient associés à SIMON. Et JÉSUS dit à SIMON :
«Ne crains point ; désormais ce sont des hommes que tu prendras».
11. Ils ramenèrent les barques à terre et, laissant tout, ils le suivirent
» LUC 5,4-11.

.

PIERRE exprime souvent les questions que posent les disciples :

21. «Alors PIERRE s'approchant lui dit : «Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu'à sept fois ?» MATTHIEU 18,21

.
«41. PIERRE (lui) dit : «Seigneur, est-ce pour nous que vous dites cette parabole, ou aussi pour tous ?» LUC 12,41

.
«28. PIERRE se prit à lui dire : «Voici que nous avons tout quitté pour vous suivre» MARC 10,28

.

ou bien un évangéliste met à son compte la question posée par eux :

«17. Lorsqu'il fut entré dans une maison, loin de la foule, ses disciples l'interrogèrent sur la parabole» MARC 7,17

.

et :

15. «PIERRE, prenant la parole, lui dit : «Expliquez-nous [cette] parabole». MATTHIEU 15,15

.
20. «A cette vue, les disciples furent étonnés et dirent : «Comment le figuier s'est-il desséché sur le champ ?» MATTHIEU 21,20

.

et

«21. Et PIERRE, se ressouvenant, lui dit : «Rabbi, vois ! Le figuier que vous avez maudit est desséché» MARC 11,21

.

Les gens du dehors prennent PIERRE comme représentant du groupe :

24. «Lorsqu'ils furent arrivés à Capharnaüm, ceux qui recueillaient les didrachmes s'approchèrent de PIERRE et dirent : «Votre Maître ne paie-t-il pas les didrachmes ?» : MATTHIEU 17,24

.

les autres ne sont-ils pas appelés parfois «ceux qui avec PIERRE» :

«36. SIMON et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche» MARC 1,36

.
«45. Et JÉSUS dit : «Qui m'a touché ?» Tous s'en défendant, PIERRE dit : «Maître, la foule vous entoure et vous presse !» LUC 8,45

.
«32. PIERRE et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, s'étant réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui» 9,32

.
«14. Or PIERRE, se présentant avec les Onze, éleva la voix et leur déclara : «Juifs, et (vous) tous qui séjournez à Jérusalem, sachez bien ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles». comp. ACTES 2,14

.
«21. Ce qu'ayant entendu, ils entrèrent de grand matin dans le temple, et ils (y) enseignaient». 5,21

.

et finale courte de MARC ?

.

D’autre part, bien que compris dans le groupe des Douze, PIERRE est souvent nommé à part :

«7. Mais allez dire à ses disciples et à PIERRE qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit» MARC 16,7

.
«14. Or PIERRE, se présentant avec les Onze, éleva la voix et leur déclara : «Juifs, et (vous) tous qui séjournez à Jérusalem, sachez bien ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles.
15. Ces hommes en effet ne sont point ivres, comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du jour.
16. Mais c'est ce qui a été dit par le prophète JOËL :
17. Il arrivera dans les derniers jours, dit DIEU, que je répandrai de mon ESPRIT sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes.
18. Oui, en ces jours-là, je répandrai de mon ESPRIT sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront.
19.Et je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel, et des signes en bas sur la terre : du sang, du feu, de la fumée en éruption ;
20. le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant que vienne le jour du Seigneur, le (jour) grand et éclatant.
21. Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. 22.
Israélites, écoutez ces paroles : JÉSUS de Nazareth, homme que DIEU a accrédité auprès de vous par les miracles, les prodiges et les signes que DIEU a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ;
23. lui, livré selon le dessein arrêté et la prescience de DIEU, que vous avez fait mourir en le crucifiant par la main des impies,
24. DIEU l'a ressuscité, déliant les liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'elle le tînt en son pouvoir.
25. DAVID, en effet, dit à son sujet : Je voyais, continuellement le Seigneur devant moi, parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé.
26. C'est pour cela que mon cœur s'est réjoui, et que ma langue a été dans l'allégresse, et qu'aussi même ma chair reposera dans l'espérance :
27. parce que vous n'abandonnerez pas mon âme dans le séjour des morts, et vous ne permettrez pas que votre Saint voie la décomposition.
28. Vous m'avez fait connaître les chemins de la vie ; vous me remplirez de joie par (la vue de) votre face.
29. Mes frères, il est permis de vous dire avec assurance du patriarche DAVID, qu'il est mort, qu'il a été enterré et que son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous.
30.Comme donc il était prophète et savait que DIEU lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un fils de son sang,
31. voyant d'avance, il a parlé de la résurrection du CHRIST, (disant) et qu'il n'a pas été abandonné dans le séjour des morts, et que sa chair n'a pas vu la décomposition.
32. C'est ce JÉSUS que DIEU a ressuscité : nous en sommes tous témoins.
33. Ayant donc été élevé par la droite de DIEU et ayant reçu du PÈRE l'ESPRIT-SAINT promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez.
34. Car, DAVID n'est pas monté aux cieux, mais il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite,
35. jusqu'à ce que j'aie fait de vos ennemis un escabeau pour vos pieds.
36. Que toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que DIEU l'a fait et Seigneur et CHRIST, ce JÉSUS que vous
avez crucifié». 37. Or, en entendant (cela), ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à PIERRE et aux autres apôtres : «Frères, que ferons-nous ?»ACTES 2,14-37

.
29. «PIERRE et les apôtres répondirent : «Il faut obéir à DIEU plutôt qu'aux hommes». 5,29

.
«5. N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur, comme font les autres Apôtres, et les frères du Seigneur, et CÉPHAS ?» 1 CORINTHIENS 9,5

.

et nous avons vu qu’il reçoit en particulier et dans toute leur ampleur des titres qui seront aussi donnés aux autres.

Tout cela signifie que PIERRE a, dans le collège apostolique, une fonction de représentation et d’initiative.

Il préside, il se lève, il parle :

«15. Mais, quand je commençai à parler, l'ESPRIT-SAINT descendit sur eux, tout comme sur nous au commencement».ACTES 11,15

.
«14. Or PIERRE, se présentant avec les Onze, éleva la voix et leur déclara : «Juifs, et (vous) tous qui séjournez à Jérusalem, sachez bien ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles.


7.A la suite d'une longue discussion, PIERRE se leva et leur dit : «Frères, vous savez que DIEU, il y a longtemps déjà, a fait son choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les Gentils entendissent la parole de l’Évangile et devinssent croyants»2,14/15,7

.

c’est sa parole qui porte le témoignage :

«41. Eux donc, ayant accueilli sa parole, furent baptisés ; et ce jour-là s'adjoignirent environ trois mille personnes».2,41

.

ANANIE et SAPHIRE déposent leur avoir «aux pieds des Apôtres» :

«2. de connivence avec sa femme, et en apporta une partie qu'il déposa aux pieds des apôtres». 5,2

.

mais c’est PIERRE qui les frappe ;

on mentionne les miracles des Apôtres, mais en cela même c’est vers PIERRE qu’on se tourne :

«15. à tel point qu'on apportait les malades dans les rues et qu'on les plaçait sur des lits et des grabats, afin que, lorsque PIERRE passerait, son ombre au moins couvrît quelqu'un d'eux». 5,15.

.

C’est lui que le SAINT ESPRIT pousse à ouvrir, le premier, la porte de l’Église aux païens et, quand la chose est discutée synodalement, après un long débat :

«7. A la suite d'une longue discussion, PIERRE se leva et leur dit : «Frères, vous savez que DIEU, il y a longtemps déjà, a fait son choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les Gentils entendissent la parole de l'Évangile et devinssent croyants».15/7

.

PIERRE parle et «l’assemblée fait silence» :

«12. Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient parmi le peuple par les mains des apôtres. Et ils étaient tous ensemble sous le portique de SALOMON,
13. et aucun des autres n'osait se joindre à eux ; mais le peuple les louait hautement
» V .12.

(…)

Nous avons parlé de «charisme de PIERRE». Il faudrait y joindre celui de PAUL aux origines de l’Église romaine et de sa primauté. Dans ses actes les plus solennels, le pape se réclame de «l’autorité des Apôtres PIERREet PAUL» : ainsi pour la convocation d’un Concile, pour les canonisations, pour une définition dogmatique. PAUL, c’est le soucis de toutes les églises, c’est la Parole, l’enseignement, c’est la poursuite de la communion des Églises de la gentilité avec celle de Jérusalem par le moyen de la collecte. En commentant ce patronage de PAUL à côté de celui de PIERRE, les théologiens ont attribué à PAUL la doctrina, à PIERRE l’autorité de gouvernement. Il faut honorer ce dessein de la Providence qui a voulu ajouter au Roc ce PAUL que le père E.B.ALLO a pu appeler «le premier après l’Unique»
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