MARTHE ET MARIE

Le souci d'argent

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Le souci d'argent

Message par etienne lorant le Lun 17 Oct 2011 - 8:12

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21.
Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte. ' Puis il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. ' Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? '
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


La vie d'un homme ne dépend pas de ses richesses. S'il ne me fallait retenir qu'une seule phrase, je choisirais celle-ci, car elle peut être reliée à tant d'autres dans les Évangiles !

Je les cite comme elles me viennent : "Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît"; "Ne vous faîtes pas tant de soucis... A chaque jour suffit sa peine". "Bienheureux les pauvres pour l'esprit" et surtout, la demande du notre Père : "Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour". Outre les paroles, j'ai réalisé que Jésus n'admirait pas le temple ni ses richesses d'architecture, ni les trésors qu'il contenait, mais son regard se posait avec ravissement sur les lys des champs et sur les petits moineaux. Lorsqu'on lui a réclamé les deux drachmes de l'impôt, il s'est adressé à Pierre pour régler cette affaire sans grand effort ni scandale: "Va à la mer, jette l’hameçon, et tire le premier poisson qui viendra, ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi" - car Dieu pourvoit à tout pour peu qu'on lui accorde sa confiance.

L'histoire de l'homme qui est riche au point de ne plus savoir que faire de ses récoltes, elle est tellement d'actualité ! Et l'on peut dire, je pense, qu'elle l'a été de tout temps ! Je l'ai vécue à ma façon à diverses périodes de ma vie, et encore récemment: lorsque j'ai appris qu'il n'y aurait pas pour moi de revenu garanti de pension avant l'âge de soixante-cinq ans. Pour ne pas étaler ici mon étonnement, je reprends à mon compte la fable du savetier et du financier - que je laisse en post-scriptum : son auteur dit tout très bien !)

Le prêtre nous a dit que, du temps de Jésus, il était assez courant de faire appel à un rabbin pour régler les questions d'héritage: de la part de cet homme dans la foule, la question n'était donc pas du tout vulgaire; au contraire, elle témoignait de sa confiance en l'autorité de Jésus, mais celui-ci ne veut pas de ce rôle.

Et voici la délicieuse fable:

Un Savetier chantait du matin jusqu’au soir ;
C’était merveilles de le voir,
Merveilles de l’ouïr ; il faisait des passages,
Plus content qu’aucun des sept sages.
Son voisin, au contraire, étant tout cousu d’or,
Chantait peu, dormait moins encor ;
C’était un homme de finance.
Si sur le point du jour parfois il sommeillait,
Le Savetier alors en chantant l’éveillait.
Et le Financier se plaignait,
Que les soins de la Providence
N’eussent pas au marché fait vendre le dormir,
Comme le manger et le boire.
En son hôtel il fait venir
Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,
Que gagnez-vous par an ? — Par an ? Ma foi, Monsieur,
Dit avec un ton de rieur,
Le gaillard Savetier, ce n’est point ma manière
De compter de la sorte ; et je n’entasse guère
Un jour sur l’autre : il suffit qu’à la fin
J’attrape le bout de l’année :
Chaque jour amène son pain.
— Eh bien ! que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
— Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
(Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)
Le mal est que dans l’an s’entremêlent des jours
Qu’il faut chômer ; on nous ruine en fêtes.
L’une fait tort à l’autre ; et Monsieur le curé
De quelque nouveau Saint charge toujours son prône.
Le Financier, riant de sa naïveté,
Lui dit : « Je vous veux mettre aujourd’hui sur le trône.
Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
Pour vous en servir au besoin. »
Le Savetier crut voir tout l’argent que la terre
Avait, depuis plus de cent ans,
Produit pour l’usage des gens.
Il retourne chez lui ; dans sa cave il enserre
L’argent et sa joie à la fois.
Plus de chant : il perdit la voix
Du moment qu’il gagna ce qui cause nos peines.
Le sommeil quitta son logis,
Il eut pour hôtes les soucis,
Les soupçons, les alarmes vaines.
Tout le jour il avait l’œil au guet ; et la nuit,
Si quelque chat faisait du bruit,
Le chat prenait l’argent. À la fin le pauvre homme
S’en courut chez celui qu’il ne réveillait plus.

Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
Et reprenez vos cent écus.
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