MARTHE ET MARIE

AN 355 DOCUMENT SUR LE BAPTEME ET L'EUCHARISTIE

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AN 355 DOCUMENT SUR LE BAPTEME ET L'EUCHARISTIE

Message par Joss le Dim 21 Aoû 2011 - 11:45

ISRAEL

La découverte d’un document datant de 335 après J.C. confirme l’ancienneté du lien arménien avec Jérusalem



Bien que le lien arménien avec Jérusalem ait commencé quelques deux siècles avant l’avènement du christianisme, aux temps où les armées victorieuses du roi Tigrane II arrivaient sur ces terres, étendant un empire qui comprenait la plus grande partie du monde connu d’alors, la documentation de cette période est rare et fragmentaire.

Les armées avaient laissé derrière elles des colonies d’Arméniens dont le nombre s’était accru au cours des années, mais dont peu de traces ont survécu qu’elles auraient dû garder, s’il en existe encore.

Une telle exception est la lettre d’un évêque byzantin, découverte récemment par un chercheur arménien de premier ordre, le professeur Abraham Terian.

La lettre était écrite en Grec, mais c’est sa traduction en arménien qui a subsisté, en faisant l’une des découvertes les plus importantes jamais faites concernant la Jérusalem arménienne.

D’après Terian, il s’agit du “ texte complet le plus ancien concernant le Nouveau Testament.“

Terian, personnalité louée au plan international, un “kaghakatzsi“ (natif de la Vielle Ville de Jérusalem), date le document de l’an 335 après J.C., un peu plus de 30 ans après que l’Arménie soit devenue la première nation de l’histoire à adopter le christianisme comme religion d’état.

La lettre a été écrite de la main de Macarius, évêque de Jérusalem, qui avait été missionné par l’empereur Constantin pour surveiller la construction de l’Eglise du Saint Sépulcre. Et c’est une réponse aux demandes de l’Eglise Arménienne naissante à propos du baptême et de l’Eucharistie.

Terian a travaillé pendant plusieurs années, étudiant et conduisant des recherches sur la lettre, et de ces travaux a résulté le livre “Macarius de Jérusalem, Lettre aux Arméniens, 335 après J.C.“ (2008, 184p. publié conjointement par Vladimir’s Seminary Press et St Nersess Armenian Seminary, à New York).

Dans cet ouvrage, Terian va au-delà de l’attribution de la paternité et de la date de ce premier long document, qui porte sur l’histoire arménienne, et non pas seulement sur l’histoire de l’Eglise arménienne.

Le livre a été accueilli avec enthousiasme par l’université, ayant acquis une place très en vue dans l’histoire du développement liturgique qui a pris naissance à Jérusalem.

“Il s’agit du texte complet le plus ancien concernant le Nouveau Testament, le plus ancien témoignage de la liturgie du Baptême et l’Eucharistie (les deux Sacrements essentiels de l’Eglise) dont l’auteur, la date et le lieu à la fois de l’expéditeur et du destinataire sont connus“, dit Terian.

L’importance de la lettre est attestée par le fait que le texte arménien a été traduit en latin et en anglais au 19ème siècle, mais à partir d’un texte défectueux, ce qui avait résulté suivant les cas en erreur de date ou d’attribution du document.

“L’élégante étude“ de la lettre dont Terian est l’auteur est mise en valeur par un commentaire paragraphe par paragraphe, et contribue à situer l’église arménienne “dans ses toutes premières relations avec Jérusalem, ’la Grande Eglise’ et les traditions religieuses qui ont eu cette influence dominante sur le développement de l’Arménie,“ selon la remarque d’un lecteur spécialiste.

(Avant l’invention de l’alphabet arménien en 406 après J.C, la totalité de la littérature arménienne était en grec ou en syriaque)

La traduction arménienne est dans la tradition classique. Terian inclut la totalité du texte à côté d’une traduction en anglais.

Macarius, qui s’identifie lui-même deux fois dans le document est au courant, dans les détails, des qualités de l’Eglise arménienne en formation et les évoque dans ces termes : “bien sûr, par vous-mêmes, vous avez manifesté un tel désir pour les satisfactions spirituelles, pour les très gratifiants trésors divins et spirituels, ayant adressé une lettre depuis ces terres lointaines, depuis vos régions de l’est de la sainte ville de Jérusalem.“

La lettre révèle des aspects fascinants des pratiques et des rituels des églises de l’Est à cette époque.

Apparemment ces églises n’avaient aucun fonts baptismaux, mais donnaient le baptême dans toute réserve d’eau utilisable, ce qui semble avoir étonné Macarius.

Une autre pratique qui étonne l’évêque est que les prêtres ne semblaient pas avoir suffisamment d’huile du Chrême, dont sont généralement oints les organes des sens de l’enfant.

Macarius ne mâche pas ses mots pour censurer les pêcheurs, ceux dont les positions sont opposées, ou ceux assoiffés de gloire, citant un évêque inconnu appelé Torg pour son “insolence“ et pour s’être conféré à lui-même “l’honneur du titre archépiscopal qu’il n’est pas digne de recevoir“.

Il ne tolérerait aucun raccourci et prononce un anathème contre ceux qui ont l’esprit de contradiction.


La lettre ne donne pas seulement un aperçu de la nature de la Chrétienté Arménienne pré-Nicéenne, mais atteste tout autant de l’ancienneté de la présence arménienne à Jérusalem.

“Son intention était d’aligner les pratiques du rite du baptême et de l’Eucharistie sur celles pratiquées en d’autres lieux,“ note un autre lecteur spécialiste.

La lettre a survécu en arménien seulement dans deux collections documentaires, l’une compilée au début du septième siècle puis réorganisée en 1298 ; et une autre au huitième siècle remise dans la forme au onzième lorsque semble-t-il, elle a subi quelques changements, allant d’abréviations à des modifications mais pas au détriment de la structure d’ensemble du document, ajoute le spécialiste.

Pour son rôle de promotion de la littérature arménienne des débuts, Terian a été honoré par sa patrie par son élection à l’Académie Nationale des Sciences de la République d’Arménie. Cette distinction vient à la suite de la reconnaissance internationale d’il y a cinq ans, alors qu’il devenait le premier récipiendaire du prix de Fulbright Distinguished Chair in the Humanities de la Fullbright Foundation, du Council for International Exchange of Scholars (CIES, Conseil pour l’Echange International de Chercheurs) du Département d’Etat des USA, et de l’US-Israël Educational Foundation (US-EF, la Fondation USA-Israël pour l’Education).

Par Arthur Hagopian

Traduction Gilbert Béguian


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