MARTHE ET MARIE

Homélie sur l'évangile du 3 août (la cananéenne)

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Homélie sur l'évangile du 3 août (la cananéenne)

Message par Belen le Mer 3 Aoû 2011 - 19:07

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus est confronté à une cananéenne, autrement dit à une païenne, Canaan représentant la tentation de se détourner du seul vrai Dieu.
A l’occasion de cette rencontre, il va rayonner tout l’éclat de sa judéité. Car, en exauçant cette païenne, cette étrangère, cette non-juive, Jésus va conduire le judaïsme jusqu’au bout.

Le vrai juif sait, en effet, que le pain qu’il détient est pour tous. Mais pour le toucher, il faut avoir la foi. C’est dans cette perspective qu’il nous faut interpréter le silence de Jésus comme première réponse à la demande de la femme. Son silence n’est pas une absence d’écoute. Il manifeste bien au contraire une attention aimante, exigeante certes, mais qui veut que la grâce demandée puisse déployer tous ses fruits. Il est une invitation pour cette femme à passer d’une demande païenne, cherchant uniquement une guérison, à une prière de foi qui accueille la guérison comme une surabondance de la bonté du Seigneur, comme une œuvre de salut au cœur même de la contingence de son histoire.
La réaction des disciples fait ici ressortir avec encore plus d’éclat cette intention de Jésus. Ne voulant pas être dérangés, ils lui suggèrent une guérison expéditive qui les libérerait des cris de cette femme. Mais, répondre ainsi à sa détresse ce serait l’enfermer dans sa condition païenne et l’empêcher d’accéder à la foi et par elle au salut qui vient d’Israël. Répondre ainsi à cette femme ce serait l’enfermer dans un particularisme et, par voie de conséquence, se condamner à rester replié dans sa propre particularité. En conduisant cette cananéenne jusqu’à confesser sa foi, nous voyons que Jésus vient révéler à ses disciples le véritable sens de leur judéité, de leur élection qui a vocation universelle.

C’est donc en tant que juif que Jésus ouvre à l’universel. Et ici, cela est d’autant plus manifeste qu’il ne renie pas la particularité d’Israël pour exaucer cette femme. Bien contraire, il la met en avant : « il n’est pas bon de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens ». Par ces paroles, Jésus ne rabroue en rien cette femme. Si nous en doutions, l’épithète « petit », utilisé par Matthieu pour atténuer le terme de « chien » utilisé par les juifs pour désigner les païens nous convaincra de l’inverse. Par ces mots, Jésus invite cette cananéenne à reconnaître la particularité d’Israël en tant que peuple élu et à reconnaître que c’est parce qu’Israël est Israël qu’elle peut, elle, avoir accès au salut. Rappelons-nous ces paroles mêmes de Jésus dans l’évangile de saint Jean : « le salut vient des juifs » (Jn 4, 22).
Et c’est bien ce qu’elle reconnaît par ces paroles : « C’est vrai Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Elle qui se sait païenne, confesse que les seules miettes tombées de la table des merveilles de Dieu pour son peuple suffiront à la rassasier et à répondre à sa demande pour sa fille. Une telle profession de foi ne peut qu’appeler la guérison et le salut : « ‘ Femme ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! ’ Et, à l’heure même, sa fille fut guérie ».
Frère Elie
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