MARTHE ET MARIE

«Heureux les affamés et assoiffés de justice, car ils seron

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«Heureux les affamés et assoiffés de justice, car ils seron

Message par Joss le Jeu 5 Mai 2011 - 15:52

QUATRIÈME BÉATITUDE


«Heureux les affamés et assoiffés de justice, car ils seront rassasiés» MATTHIEU 5,6


L'âme qui a trouvé la vraie consolation sur le sommet que constitue la troisième Béatitude voit DIEU de toutes parts : elle porte en elle, au plus intime de son être, ce trésor ineffable, et elle le retrouve en toutes choses, et toutes ces choses se revêtent pour elle de la divine beauté de DIEU.


CHERCHER JÉSUS
LIRE LE CANTIQUE DES CANTIQUES 5.

Mais la lumière engendre l'amour, et l'amour avive le désir.

Le désir est un aiguillon

qui éperonne, cravache, lance à l'action, au travail, au sacrifice, et l'âme s'y adonne avec le doux entrain et l'ardeur véhémente de quiconque aime profondément. Touchée de cette grâce, l'âme sort d'elle-même et s'élance de par le monde, comme l'épouse du CANTIQUES DES CANTIQUES, son prototype et son modèle, demandant partout si par hasard on aurait vu son Bien-Aimé.
.
Ce Bien-Aimé, elle le cherche de tous côtés, bien qu'elle l'ait déjà trouvé, car son ardeur à le posséder ne connaît aucune limite : plus on possède JÉSUS, plus on le veut . Celui qui se délecte à cette divine nourriture sent croître sa faim, et celui qui boit de ce vin généreux sent croître sa soif. Quand l'âme séjournait loin de Dieu, quand ses yeux n'étaient pas ouverts à la Beauté Infinie, et qu'elle n'avait pas encore vibré au contact divin, elle gisait immobilisée dans la triste léthargie de quiconque n'aime pas. Mais ses yeux ont vu son Bien-Aimé sur la montagne de la lumière, son coeur a tressailli d'amour, et maintenant, comme le cerf blessé, elle cherche sans repos, celui qui apaisera le désir fébrile qui anime.

Où coulent-elles les eau fraîches et limpides qui guérissent les blessures de l'amour ? Oh ! Si seulement il était possible de s'unir à Lui en un embrassement sans fin ! Dans l'audace de son désir, l'âme s'exclame comme l'ardente Sulamite :

«Qu'il me baise des baisers de sa bouche» CANTIQUE DES CANTIQUES I, I LIRE MÉDITATION DU CANTIQUE DES CANTIQUES I



AIMER A SOUFFRIR

Mais cette possession ne doit s'acquérir qu'au prix du sang et d'un travail sans relâche. Or le travail et la souffrance sont pour l'amour le seul réconfort rafraîchissant en attendant l'instant du bonheur complet. Maintenant commence pour l'âme la période d'un labeur incessant. Quatorze années de rudes tâches lui paraissent, comme elles parurent à JACOB, un prix insignifiant à payer pour le bonheur désiré. A ce stade de vie spirituelle, l'âme s'adonne avec une prodigieuse exubérance à des oeuvres saintes, comme surgissent dans la terre réchauffée du printemps les bougeons de tous les germes qui dormaient sous les neiges hivernales.


L'ÉPOUX ET L'ÉPOUSE

L'âme est affamée et assoiffée de «justice» . Cette «faim» et cette «soif» expriment bien la véhémence de son désir. Quant à la «justice» , c'est l'ensemble des oeuvres de salut, la quantité de besognes difficiles que l'âme joyeuse et courageuse entreprend comme apaisement aux désirs brûlants de son amour.

Telle est la scène merveilleuse décrit dans le CANTIQUE DES CANTIQUES où l'Epoux a passé la main par un interstice de la porte CANTIQUE DES CANTIQUES 5, 4. pour toucher l'épouse, et où le coeur de l'épouse a tressailli d'amour.

«Je me suis levée, dit-elle, pour ouvrir à mon Bien-Aimé , et de mes mains a dégoutté la myrrhe, de mes doigts, la myrrhe vierge» . CANTIQUE DES CANTIQUES 5, 5.

Elle ouvre, mais, ô Dieu, le Bien-Aimé a disparu ! Elle le cherche et ne le trouve point, elle l'appelle et Il ne répond point. Elle sort en quête de celui qu'elle aime, et elle parcourt la ville au prix de mille fatigues. Les gardes qui font la ronde la blessent, et ceux qui gardent les remparts la dépouillent de son manteau. Cependant, sans se préoccuper de rien, elle s'adresse ainsi aux filles de Jérusalem :

«Je vous en conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon Bien-Aimé, que lui déclarerez-vous ? Que je suis malade d'amour» CANTIQUE DES CANTIQUES 5, 8.

C'est finalement dans le jardin de la contemplation qu'elle trouvera son Bien-Aimé, dans le jardin embaumé où l'Epoux descend cueillir des lis.


PRÉPARATIFS A L'UNION

Cependant, l'heure de la douce entrevue n'a pas encore sonné : l'âme aimante doit continuer de parcourir le long et difficile chemin de la vie. Ceux qui désirent, dit SAINT GREGOIRE, prendre la citadelle de la contemplation, doivent d'abord combattre en rase campagne.

Ou plutôt, le «jardin»[/size] où s'opère l'union entre Dieu et l'âme est le fond même de l'âme. Pour que le Bien-Aimé y descende, il faut le silence inviolé de la campagne, et aussi que les fruits mûrs y répandent leur arôme, et que les champs de lis l'y attirent par leur blancheur immaculée.

Une vie d'efforts prépare ce lieu de l'amour par ]la pratique des vertus et la divine floraison des Dons . Oeuvre de culture intensive, oeuvre de «justice» que l'âme entreprend sous l'influence de son ardent désir.


LE SOUCIS DES AUTRES

Quoique cette vie d'intense labeur contribue à la perfection du chrétien lui-même, dit SAINT THOMAS In III Sent. Dist. 35, qu. I, a. 3., elle vise principalement à procurer le bien d'autrui, et c'est pourquoi le travail spirituel propre à cette Béatitude s'appelle «justice». Au cours de ses étapes antérieures, l'âme a travaillé à son propre bien ; mais dans celle-ci, l'âme s'oublie elle-même pour penser aux autres . Et travaillant pour eux, elle obtient pour elle-même une plus grande perfection comme récompense de sa générosité. IBID.



LA MESURE D'AIMER, C'EST D'AIMER SANS MESURE

Lorsque l'Evangile parle des «affamés et assoiffés de justice» MATTHIEU 5, 6, il fait comprendre l'ardeur de l'âme à poursuivre cette oeuvre en affirmant qu'elle en a «faim» et «soif». Un désir sans importance reste dans la tranquillité et la modération, mais dans une nécessité pressante, un désir véhément n'admet aucune limite aux efforts ni aux fatigues . C'est avec une avidité passionnée qu'on s'élance à sa poursuite.

Ainsi en est-il de l'âme aiguillonnée par l'amour, car sa mesure est de n'en observer aucune. Elle cherche la «justice» avec une folle ardeur, sans compter sur ses forces, car elle compte sur ses forces, car elle compte sur celles de Dieu. Rien ne l'arrête, sentant au plus au plus profond d'elle-même qu'elle peut tout en Celui qui la fortifie.


JUSTICE ET DONS

La source de ce courage étonnant est le Don de force , il a atteint dans l'âme son plein développement.

La simple vertu de «justice» s'épanouit en une atmosphère de paix et de tranquillité, et sa règle de conduite lui vient d la raison puisque son processus est humain. Mais le Don tient son énergie du divin et il cherche la «justice» à la manière de Dieu. Sa nature est celle du feu produit par le Saint-Esprit. Sous l'empire des vertus, l'âme calcule ses entremises à la mesure de ses pauvres ressources ; sous l'influence des Dons, elle possède une vigueur divine. Alors l'horizon de ses désirs s'étend et elle se lance à l'action avec une indicible ardeur, poussée par l'amour et sa faim et soif de «justice».

Cette floraison magnifique du Don de force a été admirablement préparée dans les étapes antérieures, où la lumière lui a ouvert le chemin. Pour nous appuyer sur Dieu avec la confiance audacieuse que ce Don produit dans les âmes, il faut nous connaître profondément et connaître Dieu de la même manière. Le Don de science nous a révélé notre propre néant d'une façon si claire que nous ne l'oublierons jamais et nous a aussi fait voir Dieu au fond de nous-mêmes. Nous ne sommes rien ; Dieu est tout. Il y a en nous un abîme de misère mais il y a aussi quelque chose de divin. Désillusionnés quant à notre petitesse, nous nous appuyons sur cette force infinie qui s'offre à nous.

A la confiance dans le pouvoir divin que produit en notre âme le Don de force , il faut ajouter la suave onction du [Don de piété qui nous fait trouver en Dieu un Père, dans le prochain un frère, et en nous le saint feu de la charité qui allume nos désirs et accroît notre courage. Il en résulte dans l'âme cette faim et soif de la justice qui est évoquée dans la Béatitude.


FLEURS ET FRUITS CÉLESTES
LIRE CANTIQUE DES CANTIQUES 6.




Comment serait-il possible que Dieu laissât sans récompense un labeur si ardu ?

Tirons un exemple de la végétation des pays tropicaux où les champs se recouvrent en peu de temps d'une opulente végétation. Tiges et branches surgissent de toutes parts, croissent et s'entrelacent, tandis que l'air s'embaume d'un parfum vivifiant. Les fleurs éphémères laissent tomber un à un tous leurs pétales pour que les fruits apparaissent et se développent.

Ainsi en est-il du jardin secret de l'âme où se répand la vie. Les oeuvres saintes s'y multiplient rapidement et les arômes de toutes les vertus s'y mêlent, tandis que brille, comme en un parterre de lis, la blancheur sans mélange de la pureté. Et, dans le silence de la vie, les fruits du Saint-Esprit poussent sous les fleurs fugaces des saintes consolations. Alors l'âme, rassasiée de «justice» peut s'écrier :

«Que le Bien-Aimé descende en son jardin !»

Les pétales des fleurs sont tombées, les fruits pendent déjà aux branches surchargées, et tous les parfums dispensés par la brise invitent aux douces intimités de l'amour.

L'âme est comblée, car tout en elle est harmonie et paix . Peu à peu, le bruit de ses luttes et de ses efforts s'éteint et un silence céleste, annonciateur d'une vie meilleure, l'envahit tout entière, car l'heure de la contemplation approche. La vie active a préparé la contemplation.


UN CANTIQUE NOUVEAU

Certes, un bonheur si total n'est pas de ce monde, La «justice» en toute plénitude ne peut être le partage que du ciel, car ce n'est que dans le sein du Dieu d'amour que l'âme se sent en paix avec Lui, avec le prochain et avec elle-même. Tout dans cet au-delà, sera harmonie, car tout y sera ordre, amour et vérité. Et cette harmonie substantielle, si l'on peut dire, sera le «cantique nouveau» qu'entonneront les justes dans les siècles éternels APOCALYPSE 5, 9

Mais les saints commencent à chanter le cantique éternel dès cette vie, en dépit des dissonances qui y abondent. Au coeur des justes chante comme un thème divin, qui s'ébauche timidement pendant l'exil de cette terre pour s'amplifier ensuite en un développement triomphal dans l'immensité des cieux. Au coeur des justes chante une harmonie vivante qui glorifie Dieu dans la loi et la louange, comme l'a fait la VIERGE MARIE dans le «MAGNIFICAT» : elle y a révélé au monde, en un élan d'une incomparable ampleur, les affections profondes de son coeur :

«...Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur» LUC 1, 46-47

Oui, c'est elle, l'incomparable MARIE, qui est le prototype de l'âme rassasiée de «justice», reflétant en elle la Justice éternelle, qui est la satiété parfaite et l'harmonie consommée.

MARIE chante en des accents inspirés, le Tout-Puissant et Son saint Nom, Lui qui abaisse les superbes et exalte les humbles, et qui nourrit les enfants de ses divins aliments.

Et cette Reine est suivie de toutes les âmes généreuses qui, au prix de durs labeurs et d'éprouvantes aspirations, obtiennent la plénitude de la «justice» à l'intérieur de leur âme, où règnent aussi la sérénité et l'harmonie.
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