MARTHE ET MARIE

Questions aux femmes du forum

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Questions aux femmes du forum

Message par Souricet le Mer 20 Juin 2007 - 12:21

Mesdames, Mesdemoiselles,

Que pensez-vous des hommes de votre époque et de leur place dans la société ?
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Joss le Mer 20 Juin 2007 - 13:27

Souricette a écrit:Mesdames, Mesdemoiselles,

Que pensez-vous des hommes de votre époque et de leur place dans la société ?

Les malheureux sont complètement "paumés", ils ne trouvent pas leur place. On disait autrefois "l'homme propose, la femme dispose".

Le jeu millénaire de séduction où l'homme devait dépenser des trèsors d'imagination pour gagner ses conquêtes, faire sa cour est mal jugé.

L'homme d'aujourd'hui s'est laissé persuader qu'il devait s'épiler, utiliser des produits de beauté et attendre, sous peine d'être jugé "macho" que les filles lui sautent dessus ou les appellent d'un claquement de doigt.

Le résultat est assez triste. On s'en rend compte au nombre de célibataires réduits à trouver l'âme soeur comme une boite de conserve dans un supermarché, dans les « Speed dating » et au nombre de divorces.

Au fond, l'homme qui s'est laisser transformer en "poupée barbie" par amour pour sa femme et par la culpabilité issue des mouvements féministes des années 60, n'a plus de saveur et lasse rapidement sa compagne qui le jette assez rapidement prétextant qu'il ne fait pas assez d'efforts.

Je penseque l'aumentation de la population homosexuelle est une malheureuse conséquence de ce déséquilibre.
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Fée Violine le Mer 20 Juin 2007 - 15:07

je ne pense pas qu'ils soient tous comme ça. Et même, je n'en connais pas qui ressemblent à ce portrait ! Il est vrai que je ne connais pas grand chose.
J'essaie vainement d'imaginer mon mari en poupée Barbie !!!!!!
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Lagaillette le Mer 20 Juin 2007 - 21:40

Dominique a écrit:je ne pense pas qu'ils soient tous comme ça. Et même, je n'en connais pas qui ressemblent à ce portrait ! Il est vrai que je ne connais pas grand chose.
J'essaie vainement d'imaginer mon mari en poupée Barbie !!!!!!

C'est vrai qu'elle ne nous flatte pas, Joss.

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Message par Arcanes le Mer 20 Juin 2007 - 21:42

:gnark: Et qu'avez vous à répondre pour votre défense ?
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Joss le Jeu 21 Juin 2007 - 7:24

Lagaillette a écrit:
Dominique a écrit:je ne pense pas qu'ils soient tous comme ça. Et même, je n'en connais pas qui ressemblent à ce portrait ! Il est vrai que je ne connais pas grand chose.
J'essaie vainement d'imaginer mon mari en poupée Barbie !!!!!!

C'est vrai qu'elle ne nous flatte pas, Joss.

Cher LAGAILLETTE et chère DOMINQUE, cela ne concerne pas ceux de votre génération (pas étonnant que vous ne vous y reconnaissiez pas) mais bien les 20/25 ans malheureusement
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Arcanes le Jeu 21 Juin 2007 - 11:03

Ce n'est pas spécifique à l'homme d'être peaumé dans cette société. Homme ou femme sont tous concernés.

A toutes les époques, furent des hommes à déployer des trésors d'imagination pour faire la cour à leurs dames, pendant que d'autres ne le faisaient pas.


Tu sais Jo, à l'époque du roi soleil c'était aussi cela.
L'homme d'aujourd'hui s'est laissé persuader qu'il devait s'épiler, utiliser des produits de beauté et attendre, sous peine d'être jugé "macho" que les filles lui sautent dessus ou les appellent d'un claquement de doigt.

:gnark: Pour l'épilation je pense pas. Mais pour le maquillage ils ont rien à envier.

Disons qu'aujourd'hui les femmes sont moins discrètes....


Il faut quand même pas oublier, que les générations des 20/25 ans ont un héritage lourd de conséquence. Je pense à ce qu'on leur a légué comme par exemple le sida, le chomage. Ce sont les 20/25 ans qui doivent supporter les divorces de leurs parents et pas le contraire.


Pour répondre à la question de Souricette, je pense que les hommes d'aujourd'hui et d'hier sont les memes, sauf que les circonstances sont différentes.

Je rencontre plein de jeunes hyper bien avec des valeurs morales, et plein de "vieux" hyper con qui finissent leurs vies assis sur leurs canapés devant leur litron de rouge. Mais evidemment y a tout plein de "vieux" dynamiques et qui courrent au téléthon. :gnark:
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Souricet le Jeu 21 Juin 2007 - 11:51

Je pense tout de même à une chose qui selon moi est assez liée à notre époque : les femmes s'autorisent de moins en moins à être vulnérables, et surtout à montrer leur vulnérabilité (alors que l'homme a fait des progrès dans ce domaine). Et je pense que ça influe sur l'attitude des hommes.
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Cécile le Ven 22 Juin 2007 - 15:31

Les hommes sont plus libres aujourd'hui de montrer leur sensibilité, sans passer pour des nouilles.
Ceux que je connais le mieux, mes fils bien sûr, ne s'épilent pas, mais je crois qu'ils n'hésitent pas à se pommader le museau si nécessaire.
Ils ont conscience d'être responsables de la vie de leur famille, même si leurs femmes travaillent. En fait, je les trouve plutôt pas mal ! Mais ils ont dépassé l'âge dont parle Joss...
Joss vit en région parisienne, et il y a une différence avec la "France profonde" ! Ici, je n'ai pas remarqué que les jeunes gens soient aussi sophistiqués.
Je crois qu'il y a toujours eu des beaux garçons, très soignés,(un certain aspect négligé demande beaucoup de soins!) avec un look super romantique. Et quelques quinquagénaires n'hésitent pas à faire de même, mais eux, sont ridicules, à mon goût en tous cas.
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Souricet le Ven 22 Juin 2007 - 19:27

De toute façon, les questions d'épilation, de cheveux longs ou courts, de mode masculine, etc. c'est une question d'époque et de société. Les Ecossais des Highlands trouvaient ridicules les Anglais qui portaient des pantalons moulants, alors que eux portaient des kilts (avec rien dessous !). Ils s'estimaient libres de leurs mouvements.

Quant aux cheveux, à certaines époques c'était viril de les avoir longs, et maintenant c'est viril de se faire raser à la tondeuse avec pas un cheveu qui dépasse.

Je trouve que depuis le milieu du XIXe siècle, la mode masculine est affreuse de conformisme et de monotonie. Au moins, il y a encore 50 ans, les messieurs portaient des chapeaux et des gants et se découvraient pour saluer les dames. :wench: C'était charmant. :oops: Il n'y a même plus ça...

De nos jours, la mode masculine ne va pas aux hommes, ça ne les met pas en valeur, c'est mal coupé, bref, j'aime pas du tout. Et quand ils se mettent en costume, dans un mariage par exemple, ou au boulot, il y a du gris partout ! Une armée de croque-morts. Brrrr.... Il n'y a que la cravate et les chaussettes qui sortent un peu de l'ordinaire, mais quand je dis que ça sort de l'ordinaire, ça veut dire qu'on voir un canard dépressif sur fond noir, avec la légende "I'm happy"...

C'est pas que je regrette les froufrous de Louis XIV ou les moule-b... de Napoléon, mais bon... :gnark:
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Message par Cécile le Ven 22 Juin 2007 - 20:15

Je n'ai pas remarqué les chaussettes de Damien ! Zut alors !

C'est vrai que dans les cérémonies, les mecs ont l'air un peu...

En Italie, il y a encore des hommes galants...J'adore...d'autant plus que c'est totalement gratuit. C'est pour eux habituel d'être poli avec les femmes, même quand elles ont l'âge d'être leur mère (et plus!)

Ta remarque, Souricette, sur les chaussettes, m'amuse... car c'est un (petit) cadeau que je fais facilement à mes fils, ou à mon gendre : des chaussettes un peu marrantes !!!:tiphat:
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Souricet le Ven 22 Juin 2007 - 20:18

Cécile a écrit:
En Italie, il y a encore des hommes galants...J'adore...d'autant plus que c'est totalement gratuit. C'est pour eux habituel d'être poli avec les femmes, même quand elles ont l'âge d'être leur mère (et plus!)

Il y a aussi de gros machos. Les Italiens d'ici entreraient plutôt dans cette dernière catégorie...
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Joss le Sam 23 Juin 2007 - 7:07

SATURNALES a précisément parlé de tout ça hier dans une soirée entre célibataires se 25 ans. Il ne manquera pas de vous en faire un petit résumé...
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Fée Violine le Sam 23 Juin 2007 - 10:39

moi ça m'est égal comme les hommes s'habillent, pourvu qu'ils soient beaux, intelligents, gentils et courageux !
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Cécile le Sam 23 Juin 2007 - 11:04

Pour moi, l'essentiel est qu'ils aient de l'humour !
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Fée Violine le Sam 23 Juin 2007 - 11:08

oui bien sûr ! je ne l'ai pas dit expressément, car ça fait partie à la fois de l'intelligence et de la gentillesse.
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Joss le Lun 25 Juin 2007 - 7:49

Joss a écrit:
Souricette a écrit:Mesdames, Mesdemoiselles,

Que pensez-vous des hommes de votre époque et de leur place dans la société ?

Les malheureux sont complètement "paumés", ils ne trouvent pas leur place. On disait autrefois "l'homme propose, la femme dispose".

Le jeu millénaire de séduction où l'homme devait dépenser des trèsors d'imagination pour gagner ses conquêtes, faire sa cour est mal jugé.

L'homme d'aujourd'hui s'est laissé persuader qu'il devait s'épiler, utiliser des produits de beauté et attendre, sous peine d'être jugé "macho" que les filles lui sautent dessus ou les appellent d'un claquement de doigt.

Le résultat est assez triste. On s'en rend compte au nombre de célibataires réduits à trouver l'âme soeur comme une boite de conserve dans un supermarché, dans les « Speed dating » et au nombre de divorces.

Au fond, l'homme qui s'est laisser transformer en "poupée barbie" par amour pour sa femme et par la culpabilité issue des mouvements féministes des années 60, n'a plus de saveur et lasse rapidement sa compagne qui le jette assez rapidement prétextant qu'il ne fait pas assez d'efforts.

Je penseque l'aumentation de la population homosexuelle est une malheureuse conséquence de ce déséquilibre.

Lire à ce propos :



Big Mother de Michel Schneider, Editions Odile Jacob, 2002, 256 pages

Analyse d'Agnès Fontana, Génération République:

L’auteur, après une formation de psychiatre et une première partie de carrière dans cette profession, est passé par l’ENA qui lui a donné accès à des postes de direction dans l’administration. Ce parcours lui fournit les éléments d’une psychanalyse des structures et de l’exercice du pouvoir dans la France d’aujourd’hui.

Il s’agit de toute évidence d’un libéral qui cite abondamment Benjamin Constant (“que le pouvoir se borne à être juste, nous nous chargeons de notre bonheur”) et Alexis de Tocquev D’après Michel Schneider, ille, notamment les passages de La Démocratie en Amérique où ce dernier redoute l’avènement d’une nouvelle forme de pouvoir totalitaire, s’imposant non par la force mais par la persuasion, imprégnant sous l’apparence de la douceur tous les domaines de la vie publique et privée, et recueillant l’adhésion sans résistance des citoyens en leur épargnant “le trouble de penser et la peine de vivre”.on n’en serait pas si loin...

Le plan est librement reconstitué, les expressions en italique sont de l’auteur.

1. Une évolution sociale...(une société sans pères ni repères)

L’évolution générale des mentalités et des pratiques sociales actuelle tend à “ringardiser” tout ce qu’incarne traditionnellement le père : l’autorité, la distance, la rationalité, plus généralement “l’ordre symbolique” défini comme ce que l’on ne peut pas modifier : le langage, les liens de parenté, le nom, la loi.... L’effacement progressif des pères et de leurs missions traditionnelles dans les familles reflète le recul de ces valeurs dans la société.

2. ... qui se traduit également dans les modalités d’exercice du pouvoir : l’émergence d’un pouvoir maternant (la douceur du pouvoir, le gouvernement par l’amour)


Le pouvoir n’échappe pas à cette tendance. L’autorité se fait de plus en plus maternante, de plus en plus affective, douce, mais du coup, comme une mère possessive, désireuse de maintenir ses sujets dans la dépendance. C’est dans cette optique que l’on peut analyser la valorisation de l’ “urgence” et de la “proximité”, notions que l’auteur identifie comme maternelles, alors que le pouvoir devrait justement être le dépositaire du temps long (intérêts des générations futures) et prendre de la distance par rapport aux revendications des groupes sociaux (en étant le porte-parole de l’intérêt général, ce qui devrait le conduire à dire “non” quand les revendications de certains groupes, déjà très protégés voire privilégiés, mais bien organisés, menacent la situation d’autres populations, plus silencieuses (chômeurs, contribuables, salariés précaires)). L’auteur écrit : “Consolider sans fin les droits acquis des uns, c’est refuser aux autres tout droit”. Or, précisément, le pouvoir ne sait plus dire “non” ; tel la mère qui dit “nous verrons plus tard”, il temporise (crée une commission).

Le pouvoir se pose en psychothérapeute (“il faut écouter les souffrances des gens”), sans pour autant se livrer au travail du véritable psychiatre, qui est de répondre aux questions que le patient ne pose pas, parce qu’elles sont enfouies. Le pouvoir se limite aux demandes formulées, qui (comme en psychanalyse) ne traduisant pas le vrai problème. Il y répond par ce substitut d’amour que sont les crédits et subventions, sans véritablement s’attaquer au malaise réel ; d’où la résurgence périodique des revendications et l’insatisfaction permanente. Or l’Etat est fait pour être obéi, non pour être aimé.

Le pouvoir se pose en agent du “Bien”, la politique prenant le masque de la morale ; alors qu’il s’agit de deux domaines bien différents. Si la politique sans morale n’est que pur cynisme, la politique ne s’identifie pas à la morale, sinon à devenir paralysante, infantilisante et au fond hypocrite (exemple choisi par l’auteur: ce qui est malsain, ce n’est pas de faire la guerre pour le pétrole, qui est après tout une ressource stratégique vitale ; c’est de dire qu’on fait la guerre pour la liberté alors qu’on la fait pour le pétrole). La politique dissimule sa véritable nature, qui est de faire vivre ensemble les citoyens, en gérant au mieux les conflits d’intérêts ; du coup, les oppositions, voire la haine, qui sous-tendent nécessairement les rapports sociaux et l’exercice du pouvoir, sont niées (par exemple, négation de la profonde haine que les indépendantistes corses vouent à la République Française, pendant le processus de Matignon). Or la psychanalyse nous apprend que ce sont les sentiments refoulés qui sont les plus dangereux.

L’auteur ne peut s’empêcher de faire un lien entre cette maternisation du pouvoir et la présence des femmes, non pas réellement dans les sphères du pouvoir, mais dans les instances où l’humain et sa conscience se forment : santé, enseignement, justice... Il dénonce l’appel aux valeurs “féminines” (générosité, sensibilité, douceur...) pour rénover la politique et s’inscrit farouchement contre la parité.

3 Des citoyens infantilisés


Du gouvernement des hommes, on passe ainsi à l’éducation des enfants, voire au soin des malades.

Les mesures gouvernementales récentes touchent au registre de la bienveillance et de la protection : 35 heures, couverture maladie universelle, PACS... ont comme point commun le souci d’éviter aux “chers petits”, tout souci, toute peine, toute fatigue, et au fond tout travail.

L’Etat entretient l’illusion dangereuse de sa toute-puissance et de sa bienveillance, qui garantit la dépendance infinie où les citoyens se trouvent vis-à-vis de lui. Perdant de son influence dans les sphères traditionnelles (politique internationale, économie, emploi), l’Etat investit de nouveaux domaines touchant à la vie privée (santé, famille...). Outre que cette extension est dangereuse pour les libertés, elle place l’Etat illusoirement omniprésent et omniscient dans la situation (néfaste) de la mère de famille débordée qui, voulant tout faire, ne peut en réalité rien faire. L’auteur parle d’un Etat “plus tutélaire que correcteur”.

En même temps, les schémas et les expressions de la vie privée s’étendent à la vie publique, menaçant ainsi son autonomie et ses spécificités (permanence, rationalité - la politique comme l’art du durable-) qui constituaient un progrès (H.Arendt).

Avec cet Etat maternant (Big Mother), les “citoyens” développent une complexe relation de dépendance haineuse, comparable à celle entretenue par les jeunes (spécialement les adolescents) avec leur mère à un certain stade de leur développement ; relation faite de demandes perpétuelles de reconnaissance, d’amour, de protection, de réparation...(Etre par la haine).

Parallèlement le narcissisme et l’individualisme replient les individus sur eux-mêmes ; la relation unilatérale avec l’Etat remplace les liens sociaux anciens. Ce narcissisme se double d’une moindre tolérance aux différences, ressenties comme autant d’injustices, que l’Etat doit absolument effacer : le principe de l’égalité des droits cède ainsi la place à la revendication de l’égalité réelle.

Du droit, régulateur de la société, on passe “aux” droits dont chacun réclame sans cesse le respect et la valorisation.

L’auteur dénonce l’installation systématique de chacun dans la posture de la victime, de la plainte (je souffre, donc je suis). Or une victime ne saurait avoir tort : celui qui souffre a raison. Les faits, les accidents, deviennent des drames ; mais parallèlement, le sens de la responsabilité ne cesse de reculer, avec la prise en charge collective des fautes individuelles (surendettement, rave parties...). Toute culpabilité disparaît : apparition d’une délinquance sans aucun sentiment de transgression (et c’est vrai !!!). Le délinquant qui se fait arrêter et juger n’est que “victime” de la police et de justice, ravalées au rang de bandes rivales. Quand aucun coupable ne peut être trouvé, l’Etat endosse ce rôle (encore préfère-t-on une responsabilité globale, générale, à la recherche plus fine et plus gênante des fautes individuelles. Responsabilités de l’Eglise, de Vichy...).Refus de la mort, de la malchance, de l’isolement... qui se résolvent par une prise en charge étatique...

Face à cette population de victimes, ceux qui aspirent à exercer le pouvoir, n’osant plus assumer celui-ci en tant que tel, adoptent l’attitude du rebelle, se valorisant à bon compte comme pourfendeurs d’idéologies qui n’existent plus depuis longtemps (le capitalisme sauvage ; ou la morale sexuelle bourgeoise traditionnelle qui n’a plus cours mais que certains écrivains font mine d’affronter)...

4. Des conséquences dramatiques

Psychiatre, l’auteur explique que l’ordre symbolique (ce à quoi on ne peut pas toucher) est certes une forme de violence mais permet à l’individu de se construire en trouvant sa place et ses limites. Or cet ordre disparaît : complexification et contractualisation des structures familiales (familles recomposées, PACS, et perspective de l’homoparentalité, qui rencontre l’opposition horrifiée de l’auteur...) Mutation des règles de transmission du nom, voire modification du langage avec la féminisation des titres. Observations intéressantes sur des gouvernements qui changent les mots, faute de pouvoir réellement changer les choses.

L’ordre ancien (celui de la présence du père), générait des troubles de l’ordre de la névrose (sentiment de culpabilité). La société contemporaine aura plutôt tendance à susciter des psychoses (perte du sens de la réalité, sentiment d’être victime)

A ne plus accepter d’être dominé par d’autres, qui assument d’être des modèles, l’homme prend le risque de n’être plus dominé que par des pulsions négatives (rage, agression, revendication).


Le terrorisme peut être interprêté comme le paroxysme de l’ensemble de ces dérives psycho-sociales : déclin de la parole comme mode normal de résolution des conflits, valorisation à l’extrême du passage à l’acte violent, négation de l’autre et de sa différence, et de toute culpabilité (Si je détruis tout, c’est que tout méritait d’être détruit, que la société est coupable, que je suis innocent). Bien révélatrice est également la réponse des sociétés attaquées par le terrorisme, réponse caractérisée par le refus de tout jugement moral. En effet, s’il n’est pas juste de dire (et Berlusconi, surtout en ce qu’il est un homme d’Etat, a eu tort de dire) que certaines civilisations sont supérieures à d’autres, le relativisme absolu (tout se vaut) est également très dangereux ; il est légitime de parler de préférabilité d’une civilisation à une autre dans tel domaine, à tel moment. Par exemple, dans le domaine des droits civiques et politiques et des libertés, nos sociétés sont préférables aux sociétés islamistes actuelles. Autre vulnérabilité actuelle de nos sociétés, la peur de la mort et son refus absolu, tandis que cette mort est acceptée voire voulue par ses ennemis. Or Hegel montre que dans la dialectique du maître et de l’esclave, est maître celui qui ne craint pas la mort.


L’auteur appelle à la restauration de l’équilibre, au sein du pouvoir, entre les valeurs paternelles (donner des directions, poser des limites) et maternelles (bienveillance). Dans l’état actuel de la société, cela nécessite un urgent retour du politique, donc de la volonté, pour finalement restaurer une puissance économe et efficace (On sent que l’auteur n’est pas insensible à l’exemple de Tony Blair). (Une autorité ordinaire).

Face à la désagrégation et au délitement du pouvoir politique, l’auteur place son espoir dans d’autres sphères de la société : culture, économie, recherche, société civile.
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par saturnales le Lun 25 Juin 2007 - 19:25

Tres bon bouquin ca.....il m'a retourné le Schneider. Quand au probleme de la virilité aujourd'hui, il faut un peu s'interresser aux divers traveaux récents en psychologie clinique.

principalement a ce que les psychologues cliniciens amerloques appellent les good guys". Les francais ont renommé ca le "syndrome du chic type" Vous trouverez une multitude de livre a ce suget. ( chercher "toxic shame" sur google)

Quelques ( pas tous) reperes historiques qui expliquent le phénomene

- l'augmentation des familles monoparentales
- la tertiarisation
- la disparition du père dans les représentations symboliques ( le bouquin plus haut parle tres bien de cela)
- la libération sexuelle

Il y a tant a dire sur le suget....
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Cécile le Lun 25 Juin 2007 - 20:03

J'ai commandé le livre ce matin. En fait, il y en a 2 portant le même titre et du même auteur, l'un est un guide, et l'autre une analyse du sujet. J'ai donc commandé le second...(3x +cher que le 1er!)

Je ne suis pas si sûre que les hommes soint plus efféminés de nos jours. Les affreux machos sont toujours bien présents.

Certains, ne voulant justement pas être considérés comme tels, en font peut-être un peu trop dans l'autre sens...
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par saturnales le Lun 25 Juin 2007 - 20:41

en fait le livre a lire s'appelle Big Mother, psychopathologie de la vie politique.

par ailleurs, rien n'est veritablement volontaire dans un cas comme dans l'autre, il faut plutot voir ca comme un phénomène. Quand au "macho", il a longtemps été essentiel dans nos sociétés
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Souricet le Mar 26 Juin 2007 - 11:17

saturnales a écrit:la libération sexuelle

Il y a tant a dire sur le sujet....

Et sur ce sujet précisément. Je trouve que les gens n'ont jamais été aussi concés sexuellement qu'à notre époque de prétendue libération sexuelle.
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par saturnales le Mer 11 Juil 2007 - 20:16

cécile, tu as fini de lire Big Mother, psychopathologie de la vie politique ?

Tu en as pensé quoi ?
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Cécile le Jeu 12 Juil 2007 - 4:05

No Je ne l'ai même pas commencé... Il est dans la liste d'attente !
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Re: Questions aux femmes du forum

Message par saint Zibou le Jeu 12 Juil 2007 - 13:54

Souricette a écrit:

Que pensez-vous des hommes de votre époque et de leur place dans la société ?

La femme est toujours le complément de l'homme:son égale dans la différence. La femme a la même capacité logique que l'homme mais appliquée à des dimensions particulières, plus concrètes:la personne humaine(compréhension). Tout cela dû au fait des hormones de la maternité qui orientent ses préférences perceptuelles, tandis que l'homme a une vision plus générale, abstraite, adaptées à son rôle de protecteur et de chassseur(stratégie), rôle provoqué par sa testostérone.

Aussi, la vie sans femme serait affreusement utilitaire et sans homme, horriblement mesquine...

Les deux sont essentiels à l'équilibre du genre humain!

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Re: Questions aux femmes du forum

Message par Ubu le Ven 20 Juil 2007 - 4:55

Excusez-moi, mais il y a encore plein d'hommes qui martyrisent les femmes en général, en les réduisant à un objet de bon temps, à un esclave domestique et à un élément du décor, publicitaire notamment. Sans compter ceux qui martyrisent leur femme en particulier, et aussi leur fille... :angrywom: Heureusement les femmes ont maintenant davantage recours au divorce pour s'extirper d'une situation d'oppression.

Le combat pour la dignité de la femme n'est pas fini, loin de là!!! Comme j'ai dit ailleurs, il y a une tension inhérente à la société occidentale par rapport au rôle de la femme. Une tendance bestiale et une tendance humanisante s'affrontent. Les religions sont globalement dans le bon camp, mais elles contiennent certains éléments nocifs dans leurs traditions.
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Re: Questions aux femmes du forum

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