MARTHE ET MARIE

Les saints dominicains

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Vitus; Adrien

Message par Fée Violine le Mer 21 Déc 2011 - 19:00

20 décembre Vitus de Lituanie (1190 Cracovie - 1269), dominicain à Cracovie, premier évêque de Lituanie.

21 décembre Adrien de Dalmatie, 13ème siècle, dominicain, et ses 27 compagnons.
Ils évangélisaient avec zèle la Dalmatie quand les musulmans firent irruption et les firent tous périr par le supplice du pal
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Génoise,Enrique,Manuel,Eliseo,Enrique,Miguel,Eleuterio,JoséM

Message par Fée Violine le Ven 23 Déc 2011 - 13:01

23 décembre Bse Génoise de Sienne, née à Sienne, + 1292, veuve, tertiaire dominicaine.
Son père était génois, d’où son nom. Elle devint fervente disciple de la Bse Nera Tolomei (voir 25 décembre). Pendant sa vie elle eut le don d’extase et de prophétie, et fit après sa mort de nombreux miracles.

23 décembre Bx Enrique Cañal Gómez, Manuel Gutiérrez Ceballos, Eliseo Miguel Largo, Enrique Izquierdo Palacios, Miguel Rodríguez González, Eleuterio Marne Mansilla, José María García Tabar, Bernardino Irurzun Otermín et Pedro Luis Luis, martyrs.
Le soir du 22 décembre 1936, ils furent arrêtés, emmenés à la tchéca Neila de Santander, d’où la même nuit on les emmena dans la baie, on leur attacha les bras et on les jeta à la mer avec un poids. Ils furent béatifiés en 2007.

Enrique, né à Corias-Cangas de Narcea (Asturies) 20 mars 1869 ; il alla à l’école apostolique du couvent dominicain de son village, fit profession le 30 septembre 1885 et continua ses études de philosophie; en 1889 il alla faire ses études à Las Caldas de Besaya, et y fut ordonné prêtre en 1891 par le Serviteur de Dieu José Cueto, OP (voir 17 août). 1896-1909 chapelain des moniales dominicaines de Santillana del Mar, en 1905 il revint à Las Caldas, où il fut directeur de l’école apostolique et sous-prieur, faisant fonction de prieur en 1906; dans l’opinion de tous ceux qui le fréquentèrent, c’était un vrai saint; en 1909 on l’envoya au collège de Ségovie et il fut aussi chapelain des moniales dominicaines, professeur et président de la communauté, depuis octobre 1910. En 1911 on l’envoya à Saint-Paul de Valladolid, où il eut les charges de sous-prieur et maître des frères coopérateurs, ainsi que de confesseur ordinaire des dominicaines du couvent de Porta Caeli ; les souffrances ne lui manquèrent pas dans l’exercice de cette dernière mission, mais à la fin il put prouver son innocence. 1915-1928 au couvent de l’Olivier à Madrid, où il réalisa un travail extraordinaire ; puis à Las Caldas, comme directeur de l’école apostolique et maître des frères coopérateurs il fut le grand modèle pour tous et en tout.
Lorsque la persécution commença, il dirigeait les exercices spirituels de la communauté. Il fut arrêté avec ses frères religieux le soir du 22 décembre 1936, et avec eux il passa quelques heures à la tchéca Neila de Santander, se montrant le protecteur des plus jeunes.

Manuel, né à Torrelavega (Santander) le 4 février 1876 ; très vite orphelin de père, il vécut avec sa mère à Riocorvo et Las Caldas; accueilli par les frères de cette localité comme domestique, il découvrit sa vocation religieuse; il étudia à l’école apostolique, puis noviciat et profession à Padrón (La Coruña) le 10 septembre 1892; là et au couvent de Corias, il étudia la philosophie; à Salamanque il étudia la théologie et fut ordonné prêtre le 25 février 1899. À partir de 1900 il fut missionnaire dans divers villages d’Espagne; il passa au Pérou avec le désir d’intégrer les missions amazoniennes, mais avant la fin de ses prédications on le remit dans la ville de Lima; après 4 ans au Pérou (1913-1917) il revint à Las Caldas; en 1923 assigné au couvent de l’Olivier à Madrid; en 1924 supérieur de la maison de Pampelune, année où il reçut le titre de prédicateur général ; en 1926 au couvent d’Atocha, Madrid ; l’année suivante on le chargea de la chaire d’éloquence sacrée à Salamanque; en 1932 il fut incorporé au couvent de Valladolid et l’année suivante à celui de Saint-Paul de Palencia; en mars 1936 il fut assigné à Las Caldas. Grand prédicateur, enthousiaste et convaincant; il avait l’habitude de se confesser avant de monter en chaire.

Eliseo, né à Pajares de la Lampreana (Zamora) 28 août 1889; il étudia à l’école apostolique de Las Caldas et à Corias; il fit profession le 8 août 1908, étudia la philosophie à Corias et la théologie à Salamanque, où il termina ses études en 1917; il enseigna aux collèges de Vergara (Guipúzcoa), La Felguera (Asturies) et à Las Caldas. Religieux observant, très mortifié et spirituel. À Salamanque il accompagnait les jeudis le Serviteur de Dieu P. Arintero à la visite de couvents de moniales.
Son cadavre fut rejeté par les vagues sur la jetée de Somo le 25 janvier 1937.

Enrique, né à Oviedo (Asturies) le 17 février 1890; il entra au séminaire diocésain, puis entra dans l’Ordre; il fit son noviciat, puis sa profession le 9 septembre 1906 à Padrón (La Coruña); il étudia la philosophie à Corias, et à partir de 1910 la théologie à Salamanque; prêtre le 28 mars 1914; il enseigna dans les écoles apostoliques de Corias, Navelgas, toutes deux en Asturies, et Las Caldas, où il fut supérieur et directeur; exemplaire toujours et en tout.

Miguel, né à Piñera de Abajo (Asturies) le 10 juin 1892; il commença le latin avec son curé, et entra à 12 ans au collège de religieux oblats d’Urnieta (Guipúzcoa) mais peu après il passa à l’école apostolique de Corias. Il fit profession le 4 octobre 1909, étudia la philosophie et en 1913 commença la théologie à Salamanque; prêtre en juillet 1916. Il passa un an à Las Caldas puis fut professeur de l’école apostolique de Corias ; en 1922, de nouveau à Las Caldas; 1926-1928 au collège de Vergara et au collège de Ciaño-Santa Ana (Langreo, Asturies); en 1930-1931 à Navelgas et finalement à Las Caldas. Religieux magnifique, aimé et admiré par tous ceux qui le connurent.

Eleuterio, né à Gusendos de los Oteros (León) le 17 février 1909. À partir de 14 ans il se consacra aux travaux des champs; en 1931, à l’occasion de missions prêchées par les rédemptoristes dans son village, il se sentit appelé à la vie religieuse et commença son noviciat comme frère coopérateur au couvent Saint-Étienne de Salamanque. Il fit profession le 28 mars 1933 et on l’envoya à Las Caldas. Toute sa vie fut exemplaire, il avait une grande dévotion pour la Vierge Marie, il était estimé de tous comme un excellent frère, pieux, respectueux, travailleur; il s’occupait de la cuisine.
Son cadavre fut rejeté par la mer sur la plage de Somo, la nuit du 5-6 janvier 1937; depuis 1962 ses restes reposent dans le sanctuaire Notre-Dame de Las Caldas de Besaya.

José Maria, né à Lumbier (Navarre) le 10 décembre 1918; orphelin de père à 2 ans, sa mère part travailler à San Sebastián; en 1925 elle met son fils dans une maison de bienfaisance à Vergara, tenue par les Filles de la Charité; il reçut une excellente formation religieuse et étudia d’abord à l’école primaire de la maison, puis aux écoles publiques de la ville, et finalement au collège des dominicains. Extrêmement pieux, il entra au séminaire de Saturrarán (Guipúzcoa) mais ne put continuer à cause de difficultés dans ses études; revenu à Vergara et en contact avec les dominicains, il décida de demander à entrer dans l’Ordre comme frère coopérateur; il fit le noviciat à Salamanque et sa profession le 16 janvier 1936; en mai on l’envoya à Las Caldas. Dans sa condition de portier, il eut à ouvrir souvent les portes du couvent aux persécuteurs qui arrivaient pour piller. Il les ouvrit pour la dernière fois aux miliciens qui prirent les frères pour les emmener à la tchéca Neila de Santander.

Bernardino, né à Eguiarreta (Navarre) le 17 mai 1903; il entra comme frère coopérateur au couvent de Corias, y commença son noviciat puis passa à Salamanque, où il fit profession le 17 juillet 1931; en 1933 il fut envoyé à Las Caldas. Religieux exemplaire, il se distinguait par sa vertu, bonté et obéissance, très humble et affectueux, ayant une grande dévotion au Saint Sacrement, devant qui il passait tout son temps libre; il travaillait au jardin avec intérêt et perfection.

Pedro, né le 11 septembre 1915 à Monsagro (Salamanque); orphelin de mère à 3 ans, élevé par sa grand-mère paternelle; très incliné à la religion depuis l’enfance. En 1928 il entra à l’école apostolique de Las Caldas puis en 1931 à celle de Corias, mais survint une maladie qui l’obligea à revenir au village. Durant un an il aida son père berger ; en gardant les bêtes, l’été 1932, il s’approchait du sanctuaire Notre-Dame de la Roche de France, proche de son village; jour après jour il parlait avec les frères et il décida de demander à entrer comme frère coopérateur. Au couvent de Salamanque il fit profession le 9 décembre 1934. Bon religieux, très mortifié, il servit à la roberie. En janvier 1935 on l’envoya à Las Caldas où il continua sa vie exemplaire, affable, joyeux, estimé et aimé de tous.
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Brocard, Nera, Pagano, Jean, Bonaventure, Christina

Message par Fée Violine le Mar 27 Déc 2011 - 8:24

24 décembre Brocard de Strasbourg, 13ème siècle.
Il fit ses études théologiques à Paris où il rencontra le Bx Réginald d’Orléans. Il avait tant de vertu et de sagesse que dès sa profession il fut envoyé (peut-être par st Dominique) prêcher en Terre Sainte, en compagnie de Jacques Xaron, qui est vénéré comme saint à Candie, et d’Étienne de Lusignan, parent des rois de Chypre. En Terre sainte, il fonda des couvents à Bethléem, Damas, Nazareth et douze autres endroits, constituant ainsi la Province de Terre Sainte. Plein de mérites, il s'endormit dans le Seigneur à l’âge de 90 ans.

*25 décembre Bse Nera Tolomei de Sienne, + 1287.
On peut l’appeler la soeur de ste Catherine, un siècle avant. Nerea ou Nera appartenait à une famille importante de Sienne. Son frère st Bernard fonda l’Ordre du Mont des Oliviers. Ses parents voulaient la marier. Comme elle refusait (elle avait fait vœu de virginité), sa mère l’enferma dans une chambre au pain et à l’eau. Une fois où ses parents vinrent la voir, elle était en extase et parlant avec Jésus, son front était illuminé d’une grande lumière. Et désormais ils la laissèrent libre de se faire tertiaire dominicaine. Elle se mit sous la direction du bx Ambroise de Sienne, qui la conduisit à la sainteté. Elle fit des miracles pendant sa vie et après sa mort. Son image est exposée à la vénération publique dans l’église St Dominique de Sienne. On la représente conversant avec son ange gardien qui venait la réconforter dans sa prison.

*26 décembre Bx Pagano de Lecco, + 1274 en Lombardie.
Il reçut l'habit dominicain des mains de saint Dominique lui-même à Padoue en 1220. Pendant les 54 ans qu’il passa dans l’Ordre, il montra une ferveur admirable dans l’oraison, dans l’étude et dans l’observance de la règle. Il fut professeur de théologie pendant 40 ans, et prieur de différents couvents. Quatre ans après la mort de st Pierre de Vérone en 1256, il le remplaça dans la fonction d’inquisiteur et partagea la même mort : poignardé par des hérétiques tandis qu’il priait (ou tué par les parents d'un hérétique qu'il conduisait en prison). Il mourut en disant : « Pardonnez-leur, Seigneur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Pendant une semaine avant qu’il soit enterré, du sang coula de ses blessures en exhalant une suave odeur. Les nombreux miracles dus à son intercession lui ont valu les honneurs de la vénération publique. Ses reliques sont à la chapelle de l’évêché de Côme.

*27 décembre 1259, décès à Valenciennes de Jean Stirlia.
De famille noble, il avait un corps faible et une âme généreuse. Homme de méditation, prédicateur remarquable, religieux plein de douceur et d’amabilité.

27 décembre Bx Bonaventure Tolomei, né à Sienne, + 1348.
Il fut un enfant et un adolescent plein de sainteté, puis passa 4 ans dans l’impureté et le sacrilège, après quoi il se convertit, entra chez les dominicains et fit pénitence toute sa vie (disciplines, cilices etc.). Il alla à pied et sans provisions aux principaux sanctuaires d’Italie, Espagne, Égypte et Palestine. Partout il prêchait avec beaucoup de fruits. Revenu à Sienne, il soigna les pestiférés, attrapa la maladie et mourut à genoux, les yeux et les mains levés vers le ciel en rendant grâce à Dieu. On l’enterra, et peu après on enterra près de lui un autre religieux qui ressuscita au contact du corps du saint.

27 décembre Christina Ebner, 26 mars 1277 à Nuremberg, † 27 décembre 1356 à Engelthal près de Nuremberg.
De famille noble, à 12 ans elle entre au monastère des dominicaines d’Engelthal (depuis sa septième année c’était son projet). Après son année de noviciat, elle fut frappée d’une mystérieuse maladie, dont jusqu’à ses 33 ans elle eut des rechutes, mais qui ne l’incita pas à relâcher ses pénitences ni à négliger les devoirs de sa charge de supérieure. À 33 ans elle commença à avoir de fréquentes visions du Seigneur, dont les paroles lui donnaient lumière et conseil pour se diriger. Elle était incomprise de tous sauf de son confesseur, Konrad von Füssen OP, sur l’ordre de qui, à l’Avent 1317, elle commença à tenir un journal chronologique de ses expériences spirituelles. Après une introduction où elle revoit d’une manière simple et naturelle toute l’histoire de sa vie jusqu’en 1317, ce touchant morceau de littérature mystique a été mené jusqu’en 1353. Elle parle d’elle à la troisième personne (« der Mensch »). La plus grande partie de ce journal a été écrite de sa main, sauf quand elle a dicté en cas de maladie. Il est conservé dans une version complète du 15ème siècle, dans un manuscrit à Nuremberg.
Christina joua un rôle important par ses prières dans l’apaisement des émeutes de Nuremberg en 1348; lors du tremblement de terre de la même année, de la Peste Noire, des processions de Flagellants de 1349, et de la longue querelle entre Louis de Bavière et le Saint Siège. Elle nous parle aussi de l’absence de directeur depuis le départ de Konrad à Fribourg (1324-1351), quand Henri de Nördlingen vint la voir (fin 1351 il séjourna trois semaines près d’elle) et lui donna des avis qui lui suffirent pour le reste de sa vie.
En 1345 elle devint prieure, appréciée comme conseillère par beaucoup de personnes importantes et hautement honorée au loin. Le traité Surchargée de grâce (Von der Genaden überlast) publié en 1871 sous son nom n’est probablement pas d’elle. Ce livre décrit la vie mystique des moniales d’Engelthal ; c’est une source pleine de valeur pour l’histoire de la mystique médiévale. Sur ses visions et révélations il y a des notes d’elle et de son confesseur Konrad von Füssen pour les années 1317-24 et 1344-52. Lors d’un séjour à Nuremberg, vers 1350, l’empereur Charles IV lui rendit visite et lui demanda sa bénédiction.
Elle mourut en réputation de sainteté.
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Benoîte, Isora, Carme, Paul

Message par Fée Violine le Jeu 29 Déc 2011 - 22:01

28 décembre Vble Benoîte Rencurel, née le 29 septembre 1647 à Saint-Étienne-du-Laus, Hautes-Alpes, + le 28 décembre 1718, id., laïque dominicaine.
De famille modeste, cette bergère illettrée est une grande figure spirituelle du Dauphiné et de la Provence. « Elle a peut-être été un des ressorts les plus cachés et les plus puissants du siècle de Louis XIV »(Jean Guitton).
Elle vit son expérience spirituelle et sa mission dans un milieu marqué par les guerres de religion, conflits qui divisent l’Église et le royaume de France. Elle se situe dans la mouvance dominicaine, puis à la fin de sa vie, elle entre dans le Tiers Ordre de Saint-François de Paule.
Benoîte perd son père Guillaume à l’âge de 7 ans. Sa mère Catherine Matheron, destituée de tous ses biens, se retrouve dans une grande pauvreté avec ses trois filles en bas âge : Madeleine, Benoîte et Marie. Au cœur de cette misère se manifestent déjà la vie théologale de l’enfant et les germes de sa sainteté : Dieu et sa mère nous assisteront, ne cesse de répéter la petite fille à sa mère accablée par la mort de son époux.
À 12 ans, elle garde les troupeaux. En méditant son chapelet au milieu de la nature, et en passant déjà de longues heures de prière nocturne, elle devient rapidement une authentique contemplative, capable de donner toute sa nourriture, une semaine sur deux, aux enfants de sa patronne, Mme Astier, et de calmer, la semaine suivante, les violentes colères de son patron, M. Roland. La qualité et la profondeur de sa foi, sa totale confiance en Dieu, son courage et ses autres vertus attirent l’attention de son entourage.
En mai 1664, alors qu’elle garde ses bêtes au Vallon des Fours, elle voit une belle dame qui donne la main à un petit enfant d’une beauté singulière.
Commence alors une première période d’éducation et de purification qui dure quatre mois. Le 29 août de la même année, au terme d’une procession paroissiale sur les lieux de l’apparition, la dame révèle son nom : « Je suis Dame Marie, la Mère de mon Très Cher Fils. Vous ne me verrez plus de quelque temps. »
Après un mois d’attente, Benoîte est conduite au hameau du Laus par sa protectrice qui lui donne rendez-vous dans une petite chapelle d’où s’exhalent de bonnes odeurs. C’est là que la Mère de Dieu révèle son projet : « J’ai destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs … beaucoup de pécheurs et pécheresses y viendront se convertir. » Pour cela, il faudra bâtir une église et une maison pour les prêtres. Durant l’automne et l’hiver elle prépare la bergère à sa mission d’accueil et d’intercession continuelle pour les pécheurs. Benoîte découvre auprès de la Mère de Dieu la miséricorde divine, elle acquiert un amour nouveau pour les pécheurs qui grandira jusqu’à sa mort.
Dès la Saint Joseph et l’Annonciation (19 et 25 mars 1665) arrivent les premiers pèlerins : 130 000 en 18 mois. D’innombrables conversions, de nombreuses guérisons et des confessions d’une rare qualité sont attestées. Le vicaire général, venu d’Embrun pour une première enquête canonique, est témoin à son tour d’une guérison miraculeuse. « Le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là », ne cesse-t-il de répéter. Il autorise la construction de l’église et nomme un directeur du pèlerinage. C’est probablement à ce moment-là, en 1666, que Benoîte se consacre à Dieu en entrant dans le Tiers Ordre de saint Dominique. On l’appellera désormais la sœur Benoîte. Le pèlerinage s’organise et se développe. La construction de l’église s’achève en 1669. Benoîte, attirée par une odeur suave au pied de la croix dite d’Avançon, a cinq fois la vision de Jésus crucifié. Elle souffre tous les vendredis les douleurs de la passion.
Elle est interrogée par l’administrateur apostolique à Embrun en 1670, puis au Laus en 1671 par le nouvel archevêque, qui avoue que de sa vie il n’avait vu pareilles vertus. Le pèlerinage prend alors un essor considérable avec les prêtres Peythieu et Hermitte qui sont arrivés au Laus en mai 1669.
En 1684, Benoîte, qui va avoir 40 ans, est en pleine possession de ses moyens. Elle exerce son charisme avec vigueur et assurance, priant une partie de la nuit et se consacrant aux pèlerins durant la journée pour les conduire à la conversion au moyen de la confession de leurs péchés. Elle met en œuvre avec beaucoup de sagesse et de perspicacité le don qu’elle a reçu de lire dans les consciences. Son ministère est reconnu par les prêtres. Le Laus devient une mission perpétuelle. Au même moment, notre bergère, qui commence à perdre ses appuis humains avec la mort de Peythieu son confesseur, va subir de terribles attaques des forces du mal qui se ligueront jusqu’à sa mort pour chercher à l’anéantir.
En 1712, les pères missionnaires de Notre-Dame de la Sainte-Garde, qui arrivent de Carpentras, assurent la relève et le renouveau du pèlerinage.
Benoîte s’éteint dans la joie en 1718, faisant jaillir en ce lieu un fleuve de paix.
Le sanctuaire est dirigé par les Oblats de Marie Immaculée 1819-1842, par les prêtres du diocèse de Gap 1842-1933, par les Chanoines Réguliers de l’Immaculée Conception 1933-1948, puis les missionnaires diocésains reviennent. Aujourd’hui, la grâce du Laus continue à se manifester auprès des pèlerins, son rayonnement est international. Dans le cœur du sanctuaire, le tombeau de Benoîte n’a cessé d’être vénéré par les pèlerins, signe permanent de sa présence et de sa fécondité spirituelle. Le procès de béatification de la bergère, commencé en 1864, stoppé en 1913, repris en 1981, est désormais en bonne voie d’aboutissement.

28 décembre Servante de Dieu Isora María del Tránsito Ocampo Dávila (Leonor de Sainte-Marie), née 15 août 1841 à Campo de Cosme, La Rioja (Argentine), + 28 décembre 1900 à Córdoba.
Isora naît dans une vallée des montagnes Famatina, à une époque de guerres civiles, dans une famille noble. Fille de don Amaranto Ocampo et doña Francisca Solana Dávila, elle a 5 frères et soeurs. Dès l’enfance elle manifesta piété, esprit de pauvreté et de charité, cherchant à plaire en tout à Dieu et à la Vierge. "Elle était d’un naturel très silencieux, inclinée à la solitude et au silence... Dès l’âge de 4 ans, elle comprenait les choses non comme un enfant mais comme une adulte" (Autobiographie). Depuis toute petite, elle avait une grande dévotion pour saint Dominique et sainte Catherine de Sienne. À 8 ans elle perd sa mère et demande à la Vierge d’être sa mère. De 18 à 26 ans, elle vit à San Juan avec son père, sa sœur mariée et d’autres personnes de la famille. Elle désire entrer au monastère de Córdoba, mais elle a des difficultés. Elle découvre peu à peu la vocation que Dieu lui réserve. À 26 ans, elle entre au monastère, le 3 juillet 1868 elle prend l’habit, elle fait sa profession solennelle l’année suivante. Au monastère elle se donne totalement à Dieu et passa les plus hauts sommets de l’union avec Lui, comme le révèle son autobiographie.
Elle pratiqua les vertus les plus recommandées par Jésus: la douceur et l’humilité, ce qui faisait qu’elle recevait tous les événements de la vie avec paix et sérénité, jour après jour, durant les 32 années de vie religieuse, jusqu’à sa mort au monastère de Córdoba.
contemplation de l’Eucharistie, amour de la Vierge. Sa spiritualité fut vigoureuse. L’idéal auquel aspirait Leonor était l’Amour, la rencontre définitive avec Dieu, qu’elle vécut dès sa vie terrestre. Il n’est pas étonnant que son message ait traversé les générations et que sa réputation de sainteté ait amené à faire de sérieux efforts pour commencer le procès de béatification de la première moniale contemplative d’Argentine. Dans ce but, Frère Pablo Santiago Zambruno a soutenu en 2001 une thèse : Sœur Leonor de Santa María Ocampo, OP (1841-1900) et son message spirituel.
nihil obstat 3 novembre 2001; décret de validité de l’enquête diocésaine 23 novembre 2004 catalinadesiena-2002.es.tripod.com Sierva de Dios Leonor de Santa María Ocampo

28 décembre Servante de Dieu Carme (Maria Lourdes) Sala i Bigas, née le 29 octobre 1920 à Tona, Osona, +28 décembre 1952 à Vic, Osona, moniale dominicaine.
Née dans une famille nombreuse et humble, Carme entre le 14 avril 1941 au monastère dominicain Santa Clara de Vic, sous le nom de Maria Lourdes. Travailleuse et joyeuse, elle reste souvent en silence, méditant spécialement sur le mystère de la Sainte Trinité. Elle tomba malade et passa le reste de sa vie malade, sans que les médecins puissent trouver ce qu’elle avait. Ils en vinrent à l’accuser de faire exprès de ne pas manger: en fait elle avait un cancer de l’estomac. Elle en mourut, en réputation de sainteté.
nihil obstat 5 décembre 1987.

*29 décembre Paul de Sainte-Marie, +1597, frère convers dominicain à Séville.
Sa tendre dévotion ravissait les frères. À cause de sa santé fragile on voulut le congédier, mais grâce à l’intervention de son ange gardien on le garda et il fit profession. Ses austérités étaient excessives. Dieu lui avait donné le don des miracles et le don de guérison. Son ange gardien prenait sa forme et allait délivrer ceux qui invoquaient son nom et qui étaient en danger. Quand il était portier, il distribuait le pain aux pauvres et les corbeilles jamais ne se vidaient.
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Louis

Message par Fée Violine le Sam 31 Déc 2011 - 11:31

31 décembre Vénérable Louis de Grenade (Luis de Sarria), Grenade (ou Lugo en Galice) 1504, + Lisbonne 31 décembre 1588.
Son père (boulanger) meurt peu après sa naissance, sa mère (lavandière) doit vivre de mendicité. Cette expérience précoce de la pauvreté, de l'humilité et de l'abandon marque durablement le caractère de Luis : toute sa vie, il accorde une grande attention aux pauvres, et montre une dévotion toute particulière à l'égard de Jésus enfant. On raconte que le comte de Mendoza le prit sous sa protection après l'avoir entendu prêcher à ses camarades de jeu le sermon qu'il venait d'entendre à l'église, et Luis devient page du fils du comte. Il grandit dans la fabuleuse Alhambra de Grenade, où vivaient les Mendoza, et étudie les lettres. À dix-neuf ans, il est admis au couvent dominicain de Santa Cruz la Real, à Grenade. Il prononce ses vœux en 1525, sous le nom de frère Luis de Grenade ; il se fait très vite remarquer par ses talents de prédicateur, et reçoit une formation théologique poussée : après ses études à Grenade, il est envoyé en 1529 au couvent de San Gregorio, à Valladolid. Il y fait la connaissance du frère Melchor Cano (grand inquisiteur), avec qui il aura plus tard maille à partir, mais également de l'archevêque Carranza, qui fut l'un des premiers à mettre en œuvre la Contre-Réforme en Espagne. C’est de lui qu’il prit des idées érasmiennes. Il souhaite (sans succès) partir comme missionnaire en Amérique. Au milieu de la trentaine il est envoyé au couvent d’Escalaceli à Cordoue ; de cette époque date sa profonde amitié avec st Jean d’Avila. C’est là qu’il écrit son best-seller Livre de la prière et de la méditation, terminé à Évora (où il s’installe début 1551) et paru en 1554 : début de ses problèmes avec l’inquisition, car il parlait de la vocation universelle à la sainteté, prétendait enseigner au peuple en castillan, et promettait un chemin de perfection commun et général à tous les états de vie, sans les trois voeux : idées clairement érasmiennes => mis à l’index en 1559. Le Guide des pécheurs fut aussi mis à l’index. Pourtant ces deux œuvres sont révisées et approuvées par le concile de Trente et le pape Pie IV, peut-être sur les instances de st Charles Borromée.
Il est invité au Portugal, en tant que le meilleur auteur de traités de rhétorique du siècle et un des meilleurs orateurs religieux, pour défendre l’implantation de la compagnie de Jésus.
Il prêcha avec beaucoup de fruits à Valladolid, Evora, Lisbonne. Ce fut un orateur éblouissant et recherché, ainsi qu’un écrivain mystique d’une grande sensibilité et de grande notoriété, grand admirateur et défenseur de Jean d’Avila, autre grand mystique.
Au Portugal il fut prieur de plusieurs couvents dominicains, Provincial, et directeur spirituel et confesseur du roi Jean III, de son épouse la reine Catherine, ainsi que de l’infant, le cardinal et futur roi Dom Henrique.
Il voulut toujours rester un simple religieux et refusa l’évêché de Viseu, le titre de Primat du Portugal et la chaire universitaire qui lui étaient proposés. Alléguant son grand âge, il refusa également la pourpre cardinalice que lui offrait le pape Sixte V, préférant à tout cela le service de Dieu et du prochain, soit en chaire, soit au confessionnal, ou encore dans les fondations de monastères et de maisons de charité, où son zèle trouvait matière pour la louange et la gloire de Dieu. Il refusa d’être évêque de Braga, où il fit nommer son ami Barthélemy des Martyrs. Il était alors confesseur de la reine, qui l’avait admis dans son conseil et l’obligea à résider à Lisbonne.
Puis vinrent les souffrances : il devint aveugle ; il fut trompé par une de ses filles spirituelles, une moniale qui prétendait bénéficier de visions célestes et de stigmates, ce qui le rendit un peu ridicule vis-à-vis de l’autorité ecclésiastique.
Il meurt en odeur de sainteté à 83 ans, dont 47 ans passés au Portugal. Lors de son enterrement, ses confrères ont dû défendre âprement son cercueil, car la foule se pressait autour pour prélever des reliques, si grande était la renommée de sainteté dont il bénéficiait déjà.
Il a écrit beaucoup de livres, en castillan et en portugais : Guide des pécheurs (1556), Mémorial de la vie chrétienne, Traité de l’oraison et de la méditation (1554), Conversion des Indiens, Rhétorique ecclésiastique, etc., Vie de Dom Barthélemy des Martyrs, Introduction au Symbole de la foi (1583) ; celui-ci, très documenté, est une encyclopédie de la religion catholique, à la lumière du mysticisme espagnol. Louis utilisa toujours une prose exemplaire par sa netteté et sa clarté, devenant de ce fait l’un des auteurs les plus prisés de son temps, très apprécié de Charles Borromée, Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, François de Sales, Bérulle, JJ Ollier. Grégoire XIII a dit qu’il avait fait plus de bien en écrivant ces livres que s’il avait rendu la vie aux morts et la vue aux aveugles. Cependant il eut quelques problèmes avec l’Inquisition, qui l’obligea à modifier le Livre de l’oraison, ce qui l’obligea à s’exiler au Portugal mais n’empêcha pas le livre d’avoir un succès éclatant. Il s’agissait là d’un manuel de spiritualité qui cherchait à divulguer et à appliquer les thèses thomistes et qui est écrit dans un langage pittoresque et créatif, capable de convenir à tout lecteur. Il y cite les plus grands écrivains chrétiens ses devanciers (saint Thomas d’Aquin, saint Bernard, saint Bonaventure, Tauler, Savonarole…).
« Je ne suis ni castillan ni portugais, je suis moine de saint Dominique ».
Béatification en cours.

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Serafino, Tomáš, Stefania

Message par Fée Violine le Lun 2 Jan 2012 - 21:16

1er janvier Serafino Capponi della Porretta, Bagni della Porretta 1536 - Bologne 1614, théologien, grand par la sainteté et la doctrine.
Il porta ce parfum de pureté qui semble être une spécialité des vrais fils de saint Dominique. De famille riche et vertueuse, il reçut une éducation chrétienne. Il prit l’habit à 15 ans au couvent de Bologne avec une grande joie, et commença une intense vie d’étude, de prière et de pénitence qui donna beaucoup de fruits aux âmes. Comme enseignant, on le compara à st Thomas d’Aquin, comme prédicateur il avait la parole éloquente et persuasive, comme auteur il fut fécond. Tous ces dons n’altéraient pas son humilité profonde. Alors qu’il était déjà lecteur et prédicateur confirmé, un jour qu’il avait un peu élevé la voix dans une discussion théologique le prieur lui ordonna de manger par terre au milieu du réfectoire : il se soumit avec une touchante humilité. Vieux, fatigué, malade et couvert d’ulcères, il ne voulut pas quitter les vêtements de laine, et tout absorbé en Dieu il n’attendait que le Ciel, continuant à dicter ses savants et pieux commentaires du Psautier. Dans ses derniers moments, cette âme candide se frappait la poitrine comme un grand pécheur, expirant dans un élan d’ardeur céleste. Dieu l’honora de nombreux miracles.

1er janvier Serviteur de Dieu Tomáš Týn, Brno (Tchécoslovaquie) 3 mai 1950 – Neckargemund (Allemagne) 1er janvier 1990.
Il fut élevé dans la foi catholique, malgré l’hostilité du régime communiste alors au pouvoir. Captivé par l’idéal de st Dominique de se consacrer à Dieu dans la prière, l’étude et la contemplation, la prédication de la vérité, il prit l’habit dominicain à Warburg, en Westphalie, le 28 septembre 1969. Après le noviciat il suivit les cours de philosophie et théologie. Il obtint sa licence de théologie à Bologne, son doctorat à l’Angelicum à Rome, et le 29 juin 1975, il fut ordonné prêtre par Paul VI. Ce jour-là, le P. Tomáš offrit sa vie à Dieu pour la liberté de l’Église tchécoslovaque persécutée. Rentré à Bologne, il se consacre avec soin à l’enseignement de la théologie morale au Studium dominicain. Un vrai intellectuel et enseignant, et surtout un grand amoureux de Jésus Christ, un apôtre passionné de la vérité, un prêtre qui déploya une ample œuvre d’apostolat, d’instruction et de direction spirituelle. Pénétré à fond du mystère de la Vérité de Dieu, il l’aime comme l’unique bien et la distribue à pleines mains avec douceur, plein de fruits innombrables.
Fin 1989, Dieu accepta son offrande : frappé d’un mal subit et inexorable, il mourut près de ses parents, après avoir vu, de son lit de douleur, l’écroulement des dictatures d’Europe de l’Est.

Son œuvre Métaphysique de la substance. Participation et analogie de l’étant a été publiée en 1991 à Bologne. À une époque qui trouve superflue la philosophie de l’être, c’est-à-dire l’unique philosophie vraie, capable de donner accès à la vérité et pas seulement à des opinions, le P. Tomáš, après avoir suivi, dans la première partie, le triste chemin de la pensée humaine jusqu’à la dissolution de la raison, présente, dans la seconde, une vigoureuse synthèse de la métaphysique, de la philosophie de l’être, puis le rôle fondamental de l’analogie et du concept de participation: vraiment la splendeur de la Vérité. Dans la première partie, les pages les plus impressionnantes sont celles sur la phénoménologie, représentée par Husserl, qui a donné à beaucoup l’illusion qu’elle constitue une redécouverte de la philosophie de l’être et de l’analogie.
Le P. Tomáš, avec lucidité et assurance, démontre que dans la phénoménologie – qui a gagné beaucoup de gens par son ambiguïté - "les choses auxquelles on voulait redevenir fidèle en opposition aux arbitres de la dialectique idéaliste sont bien autre chose que des réalités objectives, le cercle magique du subjectivisme n’y a pas été brisé et l’être, mis toujours à part, n’étant pas fait objet de la pensée, ne permet pas même le retour à la participation et à l’analogie".
Notre auteur l’explique clairement:
"La volonté de revenir aux choses fondant une science rigoureuse du réel pourrait faire penser qu’un tel réel soit quelque chose d’objectivement existant. Rien de plus faux. Husserl se met résolument sur la position de Descartes, affirmant que l’unique certitude absolue est celle du "je pense". Le cercle se ferme sans exception dans le circuit du je, de "mon" expérience qui seule est certaine, à la différence des expériences extérieures qui n’ont aucune garantie de vérité".
Ainsi le P. Tomáš dévoile l’issue athée de la phénoménologie, et sans illusion il note :
"Pour la phénoménologie, le je est l’être absolu, tout autre pensable extérieur au je est un être contingent. L’anthropocentrisme et l’immanentisme subjectif ne pourraient trouver une expression plus prégnante et plus significative".
La conclusion est claire :
"Mise entre parenthèses la réalité de l’étant, on ne s’étonne pas de voir finir dans la même parenthèse, avec la même désinvolture, aussi l’Étant suprême, à savoir Dieu".
Nominalisme subjectiviste et athéisme sont le résultat de la phénoménologie qui assurément n’aide pas les hommes à chercher et encore moins à trouver la Vérité, mais les égare dans des perspectives inconsistantes et trompeuses. À cette pensée contemporaine faite de mots vides et de suprême confusion, le P. Tomáš répond par la Vérité de l’être - de l’homme, de Dieu, de Jésus Christ -, la métaphysique de la substance précisément, qui, encore aujourd’hui, étant la philosophie pérenne, est l’unique réponse à la recherche de la Vérité qui agite aussi l’homme contemporain. À la fin de son œuvre, il écrit :
"L’oubli de la métaphysique coïncide avec celui de l’analogie et est un oubli dans lequel une profonde nuit est descendue sur l’homme, qui créé comme il est, et imaginé par son Créateur, ne trouve de lumière que dans l’intelligence du Vrai suprême. Une humanité qui se complaît perversement de son esprit antimétaphysique est une humanité qui, même si elle s’estime vigoureuse et joyeuse, en fait est restée tragiquement mutilée dans son être humain même (...). C’est une belle chose de connaître les étants dans leur particularité, mais il est infiniment plus beau encore de méditer l’être même qui seul nous ouvre l’unique route qui reste à l’humanité, celle qui conduit en haut, parce qu’elle rapproche la terre au Ciel, l’homme de Dieu".
Immanentisme, subjectivisme, relativisme, nominalisme, ces gravissimes erreurs, conduites aux extrêmes conséquences aussi de la phénoménologie, le P. Tomáš les a vues envahir, comme un poison, moulte réflexion théologique contemporaine, portant à la négation de la Vérité, en particulier quant à la Sainte Eucharistie, Présence réelle et Sacrifice du Christ, notre plus sublime trésor.
À l’école de son confrère st Thomas d’Aquin, suprême théologien et chantre de l’Eucharistie, le P. Tomáš a vu que cette pensée subjectiviste, "phénoménologique", relativiste et négatrice de la substance, a aussi "désubstantialisé" l’Eucharistie, réduisant le dogme de la transsubstantiation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ, en transsignification et transfinalisation ; de réalité vraie et substantielle du Christ présent et immolé, en pur symbole. Ce qui vide le sacerdoce catholique lui-même (un prêtre sans l’Eucharistie est chômeur et en faillite) et démolit complètement la doctrine et la réalité de notre foi.
Contre cette négation, le P. Tomáš Týn est soulevé avec la lumière et la force de la vérité et de sa vie sacerdotale exemplaire, offrant, l’été 1989, sa vie aussi pour la défense de l’Eucharistie contre toute profanation et sacrilège qui pourrait frapper la Présence adorable du Seigneur. Maître de métaphysique - la "métaphysique de la substance" - le P. Tomáš a répondu à l’erreur et au sacrilège par l’affirmation de l’Eucharistie comme Jésus l’a voulue et établie à la fin de sa première annonce à Capharnaüm (Jn 6, 22-58); défenseur et apôtre de l’Eucharistie, selon le constant et immuable Magistère du Christ et de l’Église (cf. encyclique de JP II Ecclesia de Eucharistia).
Nihil obstat 2005.

3 janvier Bse Stefania Quinzani, Orzinuovi (Brescia) 5 février 1457- Soncino (Cremona) 2 janvier 1530.
Vers 1463, ses parents, paysans, allèrent avec leurs trois filles s´établir à Soncino, où Lorenzo Quinzani, tertiaire dominicain, se mit sous la direction du Bx Matteo Carreri (voir 5 octobre). Celui-ci avait remarqué la petite Stéphanie et lui prédit qu´elle serait son héritière. L´enfant ne comprit rien à ces paroles, mais, quelques années plus tard, quand le Bx Matteo mourut, elle se sentit frappée au cœur d´une blessure douloureuse, et comprit que c’était l´héritage qu´il lui avait promis. Elle en parla en 1504 à son confesseur.
A 7 ans, elle fit vœu de pauvreté, de virginité et d´obéissance. Notre-Seigneur lui apparut accompagné de Sa Mère et de plusieurs autres saints, lui donna le titre d´épouse et lui remit un anneau. Elle aimait beaucoup prier devant le Saint Sacrement. Vers l´âge de 10-11 ans, elle sentit un vif attrait pour la souffrance. Elle comprit qu´elle devait suivre le Christ, son Époux, sur le chemin du Calvaire. Aussi se mit-elle à pratiquer une rigoureuse mortification. Elle mangeait très peu, mais continuait le travail des champs. Elle se coupa les cheveux pour éviter les demandes en mariage. Pour triompher d’une tentation, elle eut recours à un remède énergique: elle se précipita dans un amas d´épines et s´y roula.
Selon son désir et la promesse qu´elle avait faite dans son enfance, à l’âge de 15 ans elle revêtit l´habit du Tiers-Ordre de st Dominique. Peu après, un Vendredi Saint, alors qu´elle méditait avec larmes sur les souffrances de son Sauveur, elle reçut de Jésus-Christ les stigmates et Il lui déclara que désormais elle aurait part à toutes Ses douleurs. À partir de ce moment, chaque vendredi elle revivait la passion. A ces souffrances corporelles venaient s´ajouter d´indicibles angoisses morales. Elle traversa une nuit de l’esprit qui dura 40 ans, avec des doutes et des tentations qu’elle supporta avec force, et la sensation de privation de l’amour divin ; mais des faveurs extraordinaires venaient la soutenir. La vie spirituelle de la Bse Stefania, dominée par la contemplation de la passion du Christ, entre en plein dans la tradition dominicaine d’origine, qui indique, comme chemin pour réaliser la conformation spirituelle au Christ crucifié, cette ardente contemplation de ses douleurs.
Après avoir vécu quelques années à Crema, elle s’établit à Soncino où elle fonda en 1485 et dirigea un florissant monastère de religieuses dominicaines dédiées à l’éducation des jeunes filles. Elle travailla beaucoup au service des pauvres et de la paix. Des âmes saintes amies (notamment ste Angèle Merici, le Bx Matteo Carreri et la Bse Hosanna de Mantoue) accoururent à son conseil, attirées par le même amour du Christ crucifié. Elle mourut à l´âge de 73 ans en disant : "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains." Culte confirmé en 1740.



Dernière édition par Fée Violine le Dim 8 Jan 2012 - 9:56, édité 1 fois
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Zdislava,Maria,Hyacinthe,Alberto,Raymond,Mateo,Ermelinda,Jul

Message par Fée Violine le Dim 8 Jan 2012 - 9:44

4 janvier Ste Zdislava Berka de Lemberk, née v1215/1220 à Křižanov, Ždár nad Sázavou, Vysočina kraj (Moravie), morte 1er janvier 1252 dans les bras de son mari, à Deutsch-Gabel (aujourd’hui Jablonné, Česká Lípa, Liberecký kraj), mère de 4 enfants, tertiaire dominicaine bohême, mystique.
Fille de Přibyslav de Křižanov et de Sibylle, à 15 ou 17 ans elle se marie avec le seigneur Havel (Gallus) de Lemberk (en Bohême du nord), de la famille des Markvartic, fondateur de la ville de Deutsch-Gabel, chevalier qui s’était illustré sur le champ de bataille. Mais Havel n'était pas seulement un vaillant guerrier, il avait l'esprit des croisés. Il apporta son soutien aux frères dominicains et contribua aussi à la construction de l'hôpital pragois Na Frantisku, bâti à l'initiative d'Agnès de Bohême, une autre sainte tchèque (les deux saintes se connaissaient probablement). Havel et Zdislava firent construire à Jablonné v Podjestedi, non loin du château de Lemberk, l'église Saint-Laurent et un couvent pour les dominicains. Elle entra dans l'Ordre comme collaboratrice laïque et pratiqua la spiritualité dominicaine avec ardeur. Menant une vie modeste, elle distribuait l'argent partout où on en avait besoin. Elle fut un modèle de charité tant dans sa famille qu'envers les pauvres et spécialement au chevet des malades, si bien qu'on l'appelle « la guérisseuse » et «la mère des pauvres ». Les pauvres, les pèlerins, les malades, rencontraient toujours un accueil chaleureux chez elle. Elle était aimée de tout le monde. Les légendes parlent de guérisons et de résurrections.
Sa figure est restée très populaire en Bohême où beaucoup de filles et même de garçons portent son nom. "Son exemple apparaît éminemment actuel surtout par rapport à la valeur de la famille qui, comme elle nous l'enseigne, doit être ouverte à Dieu, au don de la vie et aux besoins des pauvres" (Jean-Paul II). En 1989, par son intercession, un docteur fut miraculeusement guéri d’un coma prolongé. Béatifiée en 1907, canonisée en 1995. Patronne de la Bohême. Attributs : corbeille de pain, croix avec des roses.

4 janvier Maria Carafa, Naples 1468-1552.
Elle était la sœur du pape Paul IV. À 22 ans, méprisant l’aisance et les splendeurs de sa noble famille et surmontant avec une volonté de fer l’opposition des siens, elle entra chez les dominicaines au monastère Saint-Sébastien de Naples. À cette époque, dans la plupart des monastères de l’Ordre, l’esprit religieux était très affaibli, bien que dans les diverses Provinces se répandît le mouvement de réforme initié par le Bx Raymond de Capoue. Sœur Maria pourtant vécut dans la ferveur de vie et l’austérité de pénitence, ce qui lui procura d’atroces calomnies de la part de ceux qui voyaient en elle un tacite reproche à leur propre laisser-aller. Elle s’affinait ainsi dans l’épreuve et se préparait sans le savoir à sa mission. La Providence elle-même lui ouvrit la route et l’obligea à sortir de l’ombre où pendant des années elle avait voulu rester. Autorisée par le pape Clément VII, en 1530 elle fonda le célèbre monastère de la Sagesse, y établissant les premières constitutions de l’Ordre, avec la clôture stricte, établissant des normes qui furent ensuite adoptées par les autres monastères de Naples, y compris ceux des autres Ordres. La Mère Carafa avait le don de haute oraison et fut favorisée de grâces insignes. Après sa mort, Dieu attesta de sa sainteté par des signes et des grâces.

5 janvier Hyacinthe de la Haye, +1671, religieux au couvent de Nantes, célèbre par ses austérités et son dévouement aux malades et aux prisonniers.
Il mourut paisiblement au couvent de Morlaix, âgé de 68 ans. Le peuple le vénéra comme un saint et obtint des grâces par son intercession, c’est pourquoi les religieux de Morlaix décidèrent d’entreprendre sa cause de béatification mais il n’y a pas eu de suite.

5 janvier Maria Alberto Radente, Naples 1817-1885.
Cette belle figure de dominicain est restée dans l’ombre, mais son action, spécialement en une période si douloureuse pour l’Église et pour l’Ordre, fut profonde et durable. Il entra dans l’Ordre à 15 ans au couvent Saint-Pierre-Martyr à Naples. À une sainte vie, il joignit de grandes aptitudes pour l’étude. Il se distingua par une profonde connaissance des doctrines mystiques qui fit de lui un directeur d’âmes et un conseiller très recherché. Dans les cas difficiles et délicats, prélats et éminents religieux recouraient à lui. Il guida vers la sainteté des âmes élues proposées aux honneurs des autels. Il fut d’abord professeur à Saint-Dominique-Majeur à Naples, puis passa à l’Université de Bologne où il devint régent des études avec le grade de Maître en théologie. Élu prieur de Saint-Dominique-Majeur, il revint à Naples, pour accomplir jusqu’à sa mort un immense apostolat. La tempête révolutionnaire le chassa de son couvent, ainsi que ses frères, en 1865. L’épreuve ne l’abattit pas, mais avec une ardeur renouvelée il se consacra à la propagation du Tiers-Ordre et du rosaire, étant réduit à vivre avec quelques frères dans une petite maison privée. L’humilité héroïque, la bonté débordante lui méritèrent le doux nom de “Padre benigno”. C’est à ses pieds que le Bx Bartolo Longo (voir 6 octobre), l’illustre fondateur de Pompéi, retrouva la foi lumineuse misérablement perdue qui fit de lui un saint et un apôtre. La gloire du P. Radente est justement d’avoir été l’inspirateur des grandes Œuvres pompéiennes.

6 janvier St Raymond de Peñafort, v1175 Villafranca de Penades (près de Barcelone)-6 janvier 1275 à Barcelone.
La jeunesse
Raymond de Peñafort, apparenté aux comtes de Barcelone et aux rois d'Aragon, étudia à Barcelone où, à peine âgé de 20 ans, il enseigna la rhétorique et la logique. En 1210, il partit à Bologne, la plus grande Université de Droit de son temps. Il fit la route à pied, par Arles, Briançon et Turin. Après avoir été reçu docteur (1216), il resta à Bologne où, pendant trois ans, il enseigna le droit canonique avec succès ; après avoir donné le dixième de son salaire au clergé de sa paroisse, il distribuait le reste aux pauvres, ne gardant pour lui que le strict nécessaire. L'évêque de Barcelone, Berenguer de Palou, qui passait par Bologne au retour d’un pèlerinage à Rome, entendit si fort chanter les louanges de Raymond qu'il le recruta pour le séminaire qu'il voulait fonder dans son diocèse, et l'emmena avec lui (1219). A Viterbe où résidait le pape Honorius III, ils rencontrèrent saint Dominique qui leur donna quelques frères. Raymond fut nommé chanoine de la cathédrale de Barcelone, puis prévôt du chapitre, archidiacre, grand vicaire et official (1220) ; outre qu'il fit donner une grande solennité à l'Ascension, il travailla fort au soin des pauvres qu'il nommait ses créanciers.

Raymond dominicain
En 1222, à 47 ans, il quittait le clergé séculier pour les Dominicains, sans perdre pour autant son influence sur l'évêque et le diocèse de Barcelone. Voyant que ses supérieurs ne le traitaient pas comme les autres novices, Raymond demanda qu’on lui imposât une pénitence particulière pour les fautes commises pendant sa vie séculière ; c’est pour répondre à sa demande que le provincial lui ordonna d’écrire la Summa de pænitentia, premier ouvrage du genre, qui rassemble les cas de conscience à l'usage des confesseurs.
Préoccupé par l'islam, il encourage saint Thomas d'Aquin à écrire la Somme contre les Gentils ; et simultanément, lorsque st Pierre Nolasque, ancien marchand, fonda l'Ordre de la Merci pour le rachat des chrétiens captifs des Sarrasins (1223), c'est Raymond qui donna l'habit et le scapulaire aux premiers mercédaires ; il rédigea aussi la règle de ce nouvel Ordre pour laquelle il obtiendra l'approbation du pape Grégoire IX (1235).
En 1229, le cardinal de Sainte-Sabine, Jean d'Abbeville, fut envoyé comme légat en Espagne pour prêcher la croisade contre les Maures, et mettre en application les décrets du quatrième concile du Latran ; il devait aussi déclarer nul le mariage de Jacques 1er d’Aragon avec Éléonore de Castille. Le légat s'adjoignit Raymond, et en rendant compte de sa mission au Pape, il mit en avant la coopération efficace de Raymond, qui fut chargé par Grégoire IX de prêcher dans les provinces d'Arles et de Narbonne la croisade dirigée par Jacques 1er pour chasser les Maures de Majorque.
L'année suivante, Grégoire IX l'appela à la cour pontificale et en fit son confesseur, puis son chapelain. Raymond refusa un évêché (1234), exténué il quitta Rome (1236) et rentra en Espagne. Lorsqu’il débarqua au port catalan de Tossa, on le conduisit près d’un mourant qui était dans le coma et dont les parents se désolaient qu’il ne pût se confesser. Raymond pria longtemps, puis lui demanda s’il voulait se confesser, mais pas de réponse. Il fit alors mettre en prière tous ceux qui se trouvaient là, puis reposa la question ; cette fois, le malade parut sortir d’un profond sommeil et dit que oui. Raymond fit sortir les assistants, entendit le malade qui, l’absolution dite, rendit paisiblement l’âme.
Il participa aux Cortès où Jacques 1er prépara l’expédition contre le royaume maure de Valence. En 1237, Grégoire IX le chargea d’absoudre Jacques 1er de son excommunication. Cette année-là, Raymond dut quitter un moment Barcelone puisqu’on le voit exercer les fonctions de pénitencier.
Après la mort en mer du Bx Jourdain de Saxe (12 février 1237), le chapitre général de l’Ordre, qui se réunit à Bologne en 1238, élut Raymond de Peñafort comme maître général (le 3ème) bien qu’il fût resté à Barcelone. Après avoir hésité, il finit par accepter son élection. Soucieux de conserver la régulière observance, dès le chapitre général de Paris (1239), il fit établir de nouvelles constitutions qui restèrent en usage jusqu'en 1924.

La vieillesse
En 1240, prétextant son grand âge (65 ans), il demande à être relevé de la charge de Maître de l'Ordre, ce qui ne l'empêchera pas de mourir centenaire, et il retourna dans son couvent de Barcelone d'où il partit souvent pour de nombreuses prédications et pour conseiller le roi Jacques 1er. Il avait de l’amitié pour ce roi mais il était lucide sur ses faiblesses qu’il n’excusait pas. Vers la fin du règne de Jacques, Raymond l’accompagna dans l'île de Majorque qu’il fallait remettre en ordre. Or Raymond s’aperçut que le roi entretenait des relations coupables avec une dame de la cour et refusait de rompre. Le dominicain résolut donc de retourner à Barcelone, ce que voulut empêcher le roi qui interdit à tout vaisseau de l’embarquer. Aucun marin n’ayant osé désobéir au roi, Raymond dit au frère qui l’accompagnait : « Puisque les hommes n’ont pas de bateau à nous offrir, tu vas voir comment Dieu va nous en fabriquer un » ; il étendit sur l'eau son manteau et en redressa un coin avec son bâton pour en faire une voile ; il monta sur le manteau qui surnagea et s'avança rapide sous les yeux stupéfaits du compagnon qui, demeuré timidement sur le bord, le vit disparaître à l'horizon. Six heures après, Raymond débarqua dans le port de Barcelone, se revêtit de son manteau resté sec, alla au couvent et se jeta aux pieds du prieur pour lui demander sa bénédiction. Ce prodige inouï se répandit bientôt dans toute la ville, car plusieurs personnes avaient été témoins de son débarquement. Ce fut assez pour que le roi cesse ses désordres.
Raymond de Peñafort fit beaucoup l’apostolat auprès des juifs et des musulmans ; il fut aussi un adversaire efficace de l’hérésie en Catalogne et en Espagne, obtenant que Jacques 1er introduisît l’Inquisition en ses États. Pour former les missionnaires, il fonda quelques écoles de langues orientales comme l'école arabe de Tunis (1245) et l'école d'hébreu de Murcie (1266). Il employa les 35 dernières années de sa vie à se préparer plus spécialement à la mort et accueillit avec joie sa dernière maladie. Il mourut entouré des rois d'Aragon et de Castille.

Conclusion
Il brilla non moins par sa vaste science que par ses vertus; il se fit même, dans l'enseignement du droit ecclésiastique, une réputation extraordinaire. Chargé par le pape des plus hautes missions apostoliques et scientifiques, il dépassa partout les espérances qu'on avait conçues de lui. Sa prière était continuelle et presque toujours accompagnée d'abondantes larmes. Notre-Seigneur lui avait donné pour familier un de ses anges qui le réveillait à propos, pour lui permettre de vaquer à l'oraison. Il ne montait jamais à l'autel sans avoir confessé ses plus légères fragilités. Il disait souvent: "Les jours où de graves empêchements m'ont privé de la sainte Messe ont toujours été pour moi des jours de deuil et d'affliction."
Grégoire IX, qui savait détecter les gens intelligents, lui confie la rédaction d'une Somme des cas pénitentiaux, puis celle des Décrétales qui serviront de code de droit canonique à l'Église catholique jusqu'en 1917. Il fit solenniser davantage la fête de l’Annonciation. La plupart de ses ouvrages servirent longtemps de référence chez les Dominicains et à l’Université de Paris. Il s’agit moins de traités théoriques que de réponses pratiques à des questions concrètes ; Raymond de Peñafort, que ses contemporains ont appelé le « Doctor humanus », donne des jugements et des conseils où il se montre plus soucieux du bien des pénitents que du juste équilibre d'un traité de droit canon ; il est toujours nuancé, désireux de sauvegarder la bonne foi des autres, surtout des simples, alors qu'on pourrait les juger proches des courants hétérodoxes. Son mérite principal est de réaliser un ensemble équilibré de divers courants de pensée quant au renouveau de la vie chrétienne de son temps, spécialement à propos de la formation des prêtres en matière de vie morale, de doctrine et de prédication. « Vous n'ignorez pas que les chemins qui conduisent au ciel sont différents selon les vocations...Quand le ciel a montré la voie, il ne faut pas s'en écarter » (Lettre de Raymond à st Pierre Nolasque). Béatifié en 1542, canonisé en 1601. Patron des canonistes.

6 janvier Mateo Ojeda, Burgos 1476 –Lisbonne 6 janvier 1576.
Il prit l’habit dans la Province de Castille puis passa au couvent de Lisbonne en même temps que frère Jeronimo de Pareja, qui s’y rendait pour gouverner la Province de Portugal et la réformer. Mateo fut son compagnon pendant tout le temps qu’il gouverna et sous les quatre Provinciaux suivants, ”chose qui ne serait pas arrivée à d’autres “, dit l’histoire. Il répandit et soutint l’observance avec amabilité et persuasion, et surtout en montrant l’exemple, de sorte qu’il fut le bras droit des supérieurs et l’ami de tous ses frères. Il fut très actif dans le ministère, jusqu’à l’extrême vieillesse, et quand la peste survint, bien que centenaire il se chargea d’assister tous les frères malades. L’épidémie passée, il dit au prieur: “Père, dans ma longue vie j’ai soigneusement évité de faire le moindre tort à mes frères, mais maintenant ma mort est proche, et bien que je ne sois pas malade, vous devrez me rendre le service de la sépulture; je voudrais, Père, que ce jour-là vous fassiez pour les frères un plat supplémentaire. Pour cela, voici une aumône qu’on m’a donnée”. Le prieur promit, et quelques jours après, le saint vieillard fit mettre tous les frères autour de son lit. Au milieu de leurs prières il expira sereinement, la nuit précédant l’Épiphanie, et ses funérailles furent célébrées avec les ornements de fête.

6 janvier Servante de Dieu Ermelinda Rigon, Sr Benedetta du Saint Sacrement, Frinco d’Asti 21 novembre 1889 – Gênes 6 janvier 1973, fondatrice du Cénacle Dominicain.
De famille modeste et digne, après des études de philosophie et de pédagogie elle devient institutrice à Tonco d’Asti, où elle reste deux ans, puis en 1913 à Gênes, où sa famille habitait depuis longtemps. En 1932 elle quitte l’enseignement public. Poussée par le désir d’apostolat, elle entre en 1915 dans l’Action catholique, où elle sera très active. En 1918 elle entre dans le Tiers Ordre dominicain, dans la Fraternité Ste Marie de Castello à Gênes, sous le nom de soeur Maria Benedetta, en l’honneur du pape génois Benoît XV. Fascinée par le charisme de saint Dominique, elle approfondit ses dons de nature et de grâce (“donum verbi”) partout où elle est appelée à porter la Parole de Dieu et la voix de l’Église : école, congrès, réunions, conférences. Elle fait partie de l’Union Ste Catherine de Sienne des Missionnaires de l’École (pas encore devenue congrégation). En 1919 elle adhère à l’Association des Maîtres catholiques, dont elle est élue représentante en 1921. Elle se consacre à cette mission en puisant dans la spiritualité dominicaine une forte passion pour la diffusion de la Vérité.
Le 19 septembre 1921, durant le Congrès Dominicain de Bologne, tandis qu’elle se trouve à Ravenne avec les congressistes dans l’église Saint-Dominique, regardant le grand tableau représentant le saint, “je me sentis, dit-elle, comme détacher l’âme du corps et une attraction extraordinaire qui me donna une grande brûlure intérieure. Saint Dominique voulait m’arracher le coeur”. Peu de temps avant, le 9 juillet, durant une cérémonie où lui fut remis le crucifix, elle a l’inspiration fondamentale de sa vie, comme elle en témoigne elle-même : “…Et à ce moment j’eus comme une inspiration : lancer dans le monde les prédicatrices de saint Dominique, consacrées au Seigneur. Étudier et prêcher la doctrine de Jésus. Se consumer et mourir pour elle”.
En 1923, avec sa collègue Maddalena Piccardo, elle entreprend la construction de la Maison de Gênes Sestri Ponente, où en 1924 commence l’Oeuvre de la Maison des enseignantes et de l’Institut magistral St Thomas d’Aquin, où elle sera pendant des années enseignante et présidente.
“Dans la Maison des enseignantes (pas pour les enseignantes) les collègues doivent tout trouver : ambiance sereine, confort de la cordialité fraternelle, séjour sain et économique, affection dans la solitude de la vieillesse, moyens culturels pour mieux répondre aux exigences de la nouvelle école… Cette Institution est pour vous : les personnes qui l’ont fondée ont disparu, mais l’œuvre restera ”.
Après la fondation de la Maison, les rapports avec l’Union Ste Catherine des Missionnaires de l’École s’atténuèrent peu à peu et disparurent.
En 1927 le P. Ignazio Cane, prieur de Ste-Marie-de-Castello, fut élu Provincial des Dominicains de Ligurie et Piémont. Commence ainsi une période d’intenses rapports spirituels, et aussi d’aide financière lorsque la maison se trouva en graves difficultés économiques (qui finirent par se résoudre à la fin des années 30).
En décembre 1929 les Dominicains s’emploient à étudier la position canonique des tertiaires de la Maison des enseignantes. Cet événement est si décisif pour les choix futurs qu’Ermelinda écrit: “Ma joie est grande… notre famille spirituelle se formera, se concrétisera, s’offrira à Toi, Jésus, finalement!”
En 1932 Maddalena Piccardo quitte la Maison des Enseignantes, ne se sentant pas d’adhérer à la formation de la Famille religieuse. Le 20 septembre 1932 avec la naissance de la Pieuse Association Tertiaires Dominicaines Enseignantes, approuvée par le cardinal-archevêque de Gênes, se réalise l’inspiration de Mme Rigon: “lancer dans le monde les prédicatrices de saint Dominique, consacrées au Seigneur”.
En 1942 l’Association devient le Cénacle Dominicain, par décret du cardinal-archevêque, qui reçoit la profession perpétuelle de 17 soeurs et ratifie tous les actes accomplis par la Pieuse Association jusqu’à ce jour. La nouvelle famille religieuse a une mission spécifique : la diffusion de la vérité dans toutes les formes proposées et approuvées par l’Église, selon les exigences du temps et du lieu, avec une attention particulière à la formation des formateurs.
Âme profondément eucharistique, Ermelinda Rigon veut ses religieuses “adoratrices”. Son mot est : “Vivre en adorant – mourir en adorant”. Le zèle pour la gloire de Dieu et le salut de l’homme est la réalité de sa vie quotidienne jusqu’à la consommation.
En 1943 le Maître Général de l’Ordre, le P. Gillet, affilie le Cénacle Dominicain à l’Ordre. S’accomplit ainsi le désir profond de la fondatrice, pour la réalisation duquel elle avait tant souffert et aimé : voir sa famille religieuse faire partie de l’OP, dont elle avait dit, dans un moment difficile de rapport avec les dominicains : “J’aime l’Ordre quasiment comme j’aime l’Église”.
Le 6 janvier 1973, jour de l’Épiphanie, Ermelinda Rigon est dans la lumière de Dieu pour toujours. Son corps repose dans la chapelle de la Maison Mère. Sa cause de béatification est introduite en 1990. Nihil obstat 1992.
En 1979, le Cénacle Dominicain devient Congrégation de droit pontifical, qui peut réaliser l’aspiration de sa fondatrice : des missions à l’étranger. Les Sœurs du Cénacle Dominicain sont au Guatemala depuis 1986, en Albanie depuis 1996 et au Honduras depuis 2003.

6 janvier Servante de Dieu Julienne du Rosaire (Julienne Dallaire), née le 23 mai 1911 à Québec, +6 janvier 1995.
Dès son jeune âge et au fil des années, le Seigneur la favorise de grâces spéciales qui, à l’âge de 33 ans, l’amènent à fonder la congrégation des Dominicaines Missionnaires Adoratrices. Le 30 avril 1945, dans l'arrondissement de Beauport, au Québec. Tout au long de sa vie, elle ne cesse de communiquer l’amour de Celui à qui elle a consacré sa vie : le Cœur Eucharistique de Jésus, faisant pendant 50 ans le don d’elle-même à ses filles et à toutes les personnes qui la côtoient. Rappelons des paroles qu’elle a prononcées quelques années avant sa mort :
« Ma vie s’achève, mais ce n’est qu’apparent; ma mission va commencer, ma mission de chercher des adorateurs… J’espère répandre le feu de l’Amour eucharistique dans le monde. »
La clôture du procès diocésain pour sa cause de béatification a été célébrée le 10 février 2010 à la cathédrale de Québec, puis les documents ont été envoyés à Rome.
http://op-dma.com/un-message-pour-tous/biographie-de-la-servante-de-dieu/

7 janvier Vble Maria Raggi, Chio 1552 – Rome 1600.
De famille pieuse et noble. Des signes célestes annoncèrent sa naissance, et dès ses premières années elle tourna tout son cœur vers Dieu. Elle aurait voulu se consacrer à Lui, mais elle était destinée à vivre dans le monde. Son père la maria très jeune avec un gentilhomme distingué, dont elle eut 4 enfants : deux moururent très vite, et deux devinrent dominicains. Dans le peu d’années où elle fut mariée, elle connut l’exil, Chio ayant été envahie par les Turcs, et c’est seulement après de nombreuses péripéties qu’ils purent se réfugier à Messine. Mais peu après, son mari fut pris par ces barbares et tué. Voici donc Maria veuve à 18 ans avec deux petits enfants, loin des siens. Dans un élan de foi, elle se tourna vers Dieu, à qui elle voulut se lier pour toujours par le vœu de chasteté. Elle prit l’habit du Tiers Ordre dominicain et mena une vie de pénitence, recevant de Dieu des dons et des grâces merveilleuses. Elle reçut les stigmates et la couronne d’épines, qu’elle porta jusqu’à sa mort. Elle avait demandé cela avec ardeur et Jésus lui avait répondu : “Maria, mon épouse, tu me suivras toujours, avec la croix, jusqu’à la mort“. Elle reçut de la Vierge un anneau mystique en signe de son union et transformation en Dieu. Elle fit beaucoup de miracles dans sa vie et après sa mort, et fut déclarée Vénérable.

8 janvier Servante de Dieu Maria Rosa Giannini, Naples 1670-1741.
Dès le plus jeune âge, elle se sentit attirée par la vie religieuse, et pour se libérer de l’insistance de sa mère qui voulait la marier, elle offrit ses cheveux à la Vierge. Après des années d’épreuves en tout genre, elle prit l’habit du Tiers Ordre dominicain, dont elle vécut profondément l’esprit contemplatif et apostolique. Dieu la conduisit par la voie royale de la Croix. Pendant plus de 40 ans son corps fut consumé par d’étranges maladies incurables, tandis que son esprit était tenaillé par ces amères épreuves qui font mourir dans les saints tout l’humain, pour les disposer à la parfaite union avec Dieu. Âme éminemment contemplative, favorisée de grâces mystiques exceptionnelles, elle n’aspirait qu’au silence et à la retraite, mais Dieu l’avait destinée au salut de beaucoup d’autres et elle, en vraie fille de saint Dominique, sut sacrifier les plus saints et légitimes attraits pour se donner toute au prochain. Elle s’imposa d’accueillir toujours aimablement tous ceux qui s’adressaient à elle, et ils étaient nombreux ! Elle fit un immense bien et opéra des conversions spectaculaires. Elle avait le don des miracles et de lire dans les coeurs. À sa mort, on trouva trois blessures en direction de son coeur, qu’elle avait reçues miraculeusement lors de trois fêtes de la Trinité, comme elle l’avait confessé. Elle mourut en réputation de sainteté. Béatification en cours.

8 janvier Servante de Dieu Teresa Rosa Fernanda de Saldanha Oliveira Sousa, née 4 septembre 1837 à Lisbonne, + 8 janvier 1916 à Lisbonne.
Artiste peintre. Fondatrice des Dominicaines Portugaises de Sainte Catherine de Sienne. nihil obstat 10 septembre 1999, enquête diocésaine 1999-2001, décret de validité de l’enquête diocésaine 31 janvier 2003, soumission de la position à la CCS : 2008. www.teresadesaldanha-irmasdominicanas.pt


Dernière édition par Fée Violine le Jeu 10 Mai 2012 - 12:50, édité 1 fois
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Pauline

Message par Fée Violine le Mar 10 Jan 2012 - 0:43

9 janvier Vble Pauline Jaricot, Lyon 1799 -1866, tertiaire dominicaine.

http://catho62-bruay.cef.fr/rosaire/jaricot/aper%E7ubiogr.htm
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Ana

Message par Fée Violine le Jeu 12 Jan 2012 - 22:11

12 janvier Bse Anne des Anges (Ana Monteagudo de León), née 26 juillet 1602 à Arequipa (Pérou), +10 janvier 1686.
L’éducation d’Ana, fille de bonne famille (du côté paternel, on compte même un saint : Thomas de Villeneuve, +1555), est confiée aux Dominicaines contemplatives. Mais lorsque Ana revient chez elle, on veut la marier malgré son très jeune âge. Elle s’y refuse au grand mécontentement de ses parents, car, encouragée par une vision de sainte Catherine de Sienne, elle veut entrer au monastère des Dominicaines. Finalement elle y réussit, car elle a un frère prêtre qui, généreusement, lui procure la dot que ses parents lui refusaient pour l’empêcher d’entrer. Même au monastère, la supérieure, intimidée par les parents d’Ana, fait pression sur elle pour la faire sortir. Ana tient bon et la supérieure finit par reconnaître sa vocation. En somme, elle passera presque toute sa vie en clôture. Le monastère est un vaste ensemble avec des ruelles et des maisons construites dans la belle pierre blanche du volcan. Dans son enceinte vivent 300 personnes dont 17 religieuses de chœur. Ana fait sa prise d’habit en 1618 et sa profession en 1619. Fervente religieuse, elle est nommée maîtresse des novices puis, en 1645, prieure. Obéissant aux demandes de l’Église, elle entreprend alors la réforme du monastère, qui en avait grand besoin. Certaines sœurs y consentent, d’autres se rebellent, on tente même de l’empoisonner. Sœur Ana est pleine de douceur et de miséricorde, mais quand une chose est nécessaire, elle est inflexible. Elle mène une vie de prière intense, de pénitence et de charité. Ainsi, sans presque jamais sortir de son monastère, elle exerce un apostolat fécond, bien conforme à l’idéal dominicain : « contempler et livrer aux autres le fruit de sa contemplation ». Sa charité s’exerce avec prédilection envers les pauvres. Elle porte une attention particulière aux défunts, aux âmes du Purgatoire qu’elle appelle “ses amies”. Les dix dernières années de sa vie sont marquées par la souffrance, elle devient aveugle. Elle s’unit ainsi davantage à Jésus crucifié.
« Elle savait accueillir tous ceux qui s’adressaient à elle, les guidant sur les voies du pardon et de la vie dans la grâce. Sa présence cachée se fit connaître bien au-delà de l’enceinte de son monastère par sa réputation de sainteté. Elle aida les évêques et les prêtres de ses prières et de ses conseils, de même que les voyageurs et les pèlerins qui venaient à elle », dit Jean-Paul II en la béatifiant en 1985. Il évoque aussi la grande piété mariale de la bienheureuse qui cadre bien avec celle de la blanche cité d’Arequipa, “cette ville créée sous la protection de Notre-Dame le jour de l’Assomption 1540”, située à 2300 m d’altitude au pied du volcan Misti.
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/hagiographie/listes/listeprenom.htm
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Antonio, Giovanni

Message par Fée Violine le Ven 13 Jan 2012 - 15:19

13 janvier Bx Antonio de Sainte-Marie, né à Santa Maria de la Neiva, près de Braga, +Aveiro 1478.
Il fut illustre par de nombreux miracles et dans les anciens martyrologes de l’Ordre il avait le titre de Bienheureux, bien que son culte n’ait jamais été confirmé. Il prit l’habit au couvent d’Aveiro placé depuis peu sous la plus stricte observance. Il fut ainsi éduqué à la plus fervente pratique de l’esprit et des lois de l’Ordre et en peu de temps se vit orné de tant de sainteté, de science, de prudence et de modération, qu’en 1438 le jeune religieux fut institué Vicaire général des couvents du Portugal. Comme supérieur, il captiva les âmes de tous ses sujets, chose pas facile quand on veut réformer, et même d’autres Provinces accouraient des religieux voulant se mettre sous son gouvernement. Il tint le poste 19 ans, après quoi, voulant réunir aux couvents observants celui d’Evora, selon le désir de la majorité des religieux de ce couvent, le diable jaloux et furieux de tant de bien déchaîna une telle tempête que le Bx, par amour de la paix, renonça à la charge et se retira dans sa cellule. Mais ce fut pour peu de temps, car le Maître de l’Ordre l’obligea à reprendre le gouvernement, avec d’amples pouvoirs de réduire à l’observance tous les couvents que dans sa prudence il avait cru bon de réformer. Ce fut lui qui conseilla et soutint la Bse Jeanne de Portugal (voir 12 mai), dans le succès de sa vocation.

13 janvier Serviteur de Dieu Giovanni (Domenico) Galluzzi, né le 15 janvier 1906 à Cattolica, Rimini, + le 13 janvier 1992 à Faenza, Ravenne.
Fils de Domenica Bacchiani et Giuseppe Galluzzi (qui en 1907 abandonne sa famille pour de nombreuses années pour aller en Alaska), dès l’enfance il se consacre à la musique.
1926-28: il fait son service dans la marine à Taranto, dans la musique militaire.
Il entre chez les dominicains en 1928 sous le nom de frère Domenico, à l’école apostolique de Bergame.
En 1936 il est ordonné prêtre et devient sous-maître.
1941-44: il est maître des novices.
1944-45: il tombe gravement malade à cause des fatigues et des stress du temps de guerre.
1946: à Bologne il est confirmé maître des novices.
En 48 il arrive à Faenza.
À partir de 1951-55 il se consacre à la fondation du monastère Ara Crucis qui devient le siège de son service sacerdotal avec charges de confiance dans le diocèse.
1972: il est nommé confesseur ordinaire des novices.
Il meurt pendant que la communauté de l’Ara Crucis célèbre la liturgie des vêpres.
Après sa mort, beaucoup d’initiatives religieuses, mais aussi laïques, ont rappelé le souvenir de sa grande force spirituelle.
Nihil obstat 20 août 2010 ; ouverture enquête diocésaine 30 octobre 2010.
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Giacinto

Message par Fée Violine le Sam 14 Jan 2012 - 16:57

14 janvier Giacinto Buono, Amalfi - Naples 1633.
Il prit l’habit de frère convers dominicain à Naples. La joyeuse ferveur avec laquelle il entreprit le service divin ne diminua jamais, et il rayonnait de tant de sérénité que même les gens du monde en étaient frappés. Tous, y compris le vice-roi et son épouse, l’estimaient et l’admiraient, ce qui n’entama pas son humilité. L’histoire dit qu’ « il révérait chacun et s’abaissait même devant les plus modestes ». Ses pénitences durèrent toute sa vie : ses jeûnes étaient continuels ; comme st Dominique, il n’eut jamais de cellule, passant les nuits à l’église, où il prenait un court repos par terre ou appuyé à une prédelle d’autel. Avec un parfait oubli de soi, il arriva à l’union à Dieu, et l’ardeur de son esprit le soulevait de terre. Mais être absorbé en Dieu ne lui faisait pas négliger ses devoirs, et comme tous les saints il fut très actif. À l’époque où il fut sacristain, il fonda avec les aumônes des fidèles une importante rente pour l’entretien de la chapelle du Saint Sacrement et de Saint Dominique.
À sa mort, il y eut un incroyable concours de peuple. Il fut vénéré comme un saint et beaucoup de grâces furent attribuées à son intercession.
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Francisco

Message par Fée Violine le Dim 15 Jan 2012 - 8:47

15 janvier St Francisco Fernández de Capillas, Baquerin de Campos (Vieille-Castille) 14 août 1607 – Fu’an, province du Fujian 15 janvier 1648, du groupe des 120 martyrs de Chine.
Il entre au couvent dominicain de Valladolid, est ordonné prêtre et exerce ses premières années de ministère en Espagne. Après avoir porté le nom du Christ aux îles Philippines, il part en 1642 pour le sud de la Chine avec le P. Francisco Diaz (qui sera canonisé avec lui). Il s'arrête d'abord à Fogan où il apprend la langue en peu de temps ; il se met ensuite à parcourir les provinces et Dieu bénit ses travaux par de grands succès de conversion. Le mandarin de Fogan s'en émeut et commence à persécuter les chrétiens. L'empereur de Chine envoie un commissaire à Fogan pour entendre les plaintes des païens et la défense des chrétiens. L'affaire tourne en faveur des chrétiens. Fureur des bonzes. Une persécution violente s'ensuit. François de Capillas est arrêté, maintenu longtemps captif, soumis à de cruelles tortures et finalement condamné à mort. Le 15 janvier 1648, pendant qu'il récite avec d'autres les mystères douloureux du Rosaire, il est décapité, devenant le premier martyr de la Chine. Il subit la mort avec un calme, une joie et une fermeté qui étonnèrent les infidèles et encouragèrent les chrétiens à persévérer dans la foi. Béatifié en 1909, canonisé en 2000.
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Dominga, Giovanni Alberto

Message par Fée Violine le Mar 17 Jan 2012 - 12:37

16 janvier Servante de Dieu Dominga Maria Belen Guzmán Florit, née à Río Piedras, Porto Rico, 3 septembre 1897, + à Yauco, Ponce, Porto Rico, 16 janvier 1993, fondatrice des sœurs dominicaines de Fatima.
Elle est l’aînée des 5 enfants du second mariage de son père veuf, qui avait déjà 4 enfants de son premier mariage. C'est une famille très unie. À 8 ans elle perd son père, sa mère à 11 ans. Elle passe 1 an dans un orphelinat à Santurce. Elle obtient une bourse des sœurs dominicaines de la Sainte Croix (Amityville) pour étudier aux USA. Elle entre dans cette congrégation, étudie la pédagogie, revient en 1916 à Porto Rico où elle enseigne dans divers couvents. Elle arrive en 1925 à Yauco, devient responsable de l’internat du collège Saint-Rosaire (1928-1949), étant de plus, les dernières années, supérieure de la communauté. Devant la nécessité matérielle et spirituelle des familles, elle sent le besoin de faire quelque chose. Avec les lumières du Saint Esprit et l’accord de ses supérieurs, elle fonde une congrégation portoricaine au service des familles, sur le thème :"Apporter le Christ à la famille et la famille au Christ" et pour collaborer avec les prêtres dans la pastorale paroissiale. Sa santé fragile ne l’empêcha pas d’être une grande âme missionnaire. Avec une confiance totale en la Providence, elle savait que cette œuvre était de Dieu et qu’il la ferait réussir. Avec une profonde vie de prière, elle avait toujours le rosaire dans les mains et était toujours proche du Saint Sacrement, puisqu’elle pouvait voir le tabernacle depuis sa cellule. Elle devint apôtre de la famille, priant et se sacrifiant pour toutes les intentions qu’on lui confiait. Elle rejoignit son Bien-Aimé après une douloureuse maladie. Parmi ses phrases favorites: "Pour Dieu, toujours le premier et le meilleur" ; "La grâce de Dieu rend possible l’impossible".
Nihil obstat 2001.

17 janvier Giovanni Alberto Tabacco, Venise 1656 -1721.
Fréquentant dans son enfance l’église des Carmes, il admirait leur recueillement et s’efforçait de l’imiter, disant au Seigneur avec une charmante simplicité: “O mon Dieu, si je pouvais avoir une extase moi aussi !“ Tout jeune il demanda l’habit du Carmel mais fut refusé à cause de sa santé, car une fièvre lente le consumait. Il fut alors présenté au saint dominicain Marcantonio Ricci, qui enchanté de ses belles vertus, le serra sur son cœur, et la fièvre disparut. Accepté dans l’Ordre dominicain, il partit faire son noviciat à Conegliano où il se distingua par une grande ferveur qui ne fit que croître avec les années. Assigné à Venise au couvent du Rosaire, de la Congrégation observante du Bx Jacques Salomoni, dont il fut Vicaire général, il commença à briller par la sainteté de sa vie. Le Seigneur parut avoir exaucé l’innocente prière qu’il faisait dans son enfance, et ses extases étaient continuelles; il avait aussi le don de prophétie et des miracles, mais avec tant de simple humilité que tout en lui semblait normal et habituel. Il ne quitta jamais l’enseignement, et encore jeune il devint régent des études. Il avait tant de grâce dans la formation des jeunes, que toute sa vie la fonction de maître des novices lui fut confiée, ainsi que celle de supérieur. Il n’avait pas le don de prêcher, mais au confessionnal il porta le fruit de longues prédications. Sa mort fut belle comme sa lumineuse existence.
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Marguerite, André

Message par Fée Violine le Jeu 19 Jan 2012 - 11:30

18 janvier Ste Marguerite (Margit) de Hongrie, v1242 à Klissza (aujourd’hui Klis près de Split en Croatie), † 18 janvier 1270 à Budapest.
Fille de Béla IV Árpád (1206-1270), roi de Hongrie et de Maria Laskaris (fille de l'empereur de Nicée Théodore Ier Lascaris), nièce de sainte Élisabeth de Hongrie, et petite-nièce de sainte Edwige de Silésie, Marguerite naît tandis que sévit en Europe l'invasion des Tartares (ou Mongols). Béla IV rassemble en hâte ses forces et se porte au-devant d’eux. Le 11 avril 1241, en un lieu appelé Mohi, les Mongols remportent une éclatante victoire sur les Hongrois qui sont presque tous massacrés, Béla IV lui-même fuit en Dalmatie. Ils ravagent les régions du Danube avec un raffinement de cruauté. L'Europe est à leur merci. Pour obtenir la libération de leur pays, ses parents consacrent Marguerite à Dieu dès avant sa naissance par un vœu, et l'envoient, à l'âge de 3 ans ½ , au monastère des Dominicaines de Veszprem près de Budapest. Le roi ayant ensuite en 1252 fondé pour elle un monastère du même ordre dans une île du Danube, l’île aux Lièvres (appelée maintenant île Margit), Marguerite y est transférée; elle y fait profession deux ans après, à l'âge de 12 ans, et refuse énergiquement une demande en mariage du duc Boleslaw le Généreux. Elle mène une vie de moniale très mortifiée et très humble tout en étant favorisée de charismes. La guerre éclatant à la suite d'une dissension dans sa famille au sujet de la succession au trône, elle redouble ses pénitences et n'hésite pas à adresser de vifs reproches aux grands et à son père lui-même qui se met à la persécuter; mais après quatre années de conflit, la paix est conclue dans l'île aux Lièvres. Elle doit encore refuser une demande en mariage, présentée par son père pour des raisons politiques.
Elle aimait l’humilité et la pénitence. Elle couchait sur le plancher de sa chambre et n'avait qu'une pierre pour chevet. Quand elle était malade, elle cachait son état pour n'être pas obligée d'user des adoucissements permis aux malades. Sa douceur était admirable ; et si une sœur paraissait avoir contre elle le moindre sujet de mécontentement, elle allait se jeter à ses pieds pour lui demander pardon. Marguerite eut dès l’enfance une tendre dévotion envers Jésus crucifié. Elle portait continuellement sur elle une petite croix faite du bois de celle du Sauveur, et l'appliquait souvent sur sa bouche, la nuit comme le jour. Elle priait de préférence devant l'autel de la croix. Pendant la messe et à l'approche de la communion, elle pleurait abondamment. La veille du jour où elle devait communier, elle jeûnait au pain et à l’eau, et passait la nuit en prière. Le jour de la communion, elle priait à jeun jusqu'au soir, et ne mangeait que le minimum vital. Elle honorait spécialement la Vierge Marie. Elle vivait le plus pauvrement possible et donnait aux pauvres tout l'argent que lui donnait son frère, le roi Étienne V. Elle cherchait les tâches les plus rudes et les plus humbles, pratiquait de rigoureuses pénitences. En retour, elle fut couronnée de dons mystiques assez étonnants.
Elle ne soupirait qu'après le moment qui la réunirait à son divin époux. Ses désirs furent enfin accomplis ; elle tomba malade et mourut, âgée de 28 ans. Sa tombe devint rapidement un lieu de pèlerinage. Son corps est dans la ville de Presbourg.
Béatifiée en 1278, canonisée en 1934. “Rien entre moi et Dieu” était sa devise.

Enfants de Béla IV et Marie Lascaris:
Ste Kinga (Cunégonde) (1234-1292), épouse en 1239 Boleslas V le Chaste, clarisse
Anne (+1268), duchesse de Mačva, épouse en 1244 Rostislav IV de Kiev
Élisabeth (+1271), épouse Henri XIII de Bavière
Étienne V de Hongrie (1239-1272), sera enterré dans le monastère auprès de Marguerite
Béla (+1269), duc de Slavonie en 1261
Bse Yolande ou Hélène (+1298 ou 1299), épouse Boleslas le Pieux, clarisse


19 janvier Bx Andrea Grego de Peschiera (Peschiera del Garda 1400 – Morbegno, 19 janvier 1485).
Né sur les bords du lac de Garde, près de Vérone, il prit l’habit dominicain au couvent de Brescia et de là il passa au couvent Saint-Marc de Florence où il compléta sa formation en qualité de disciple de st Antonin. Il mena la vie typique des frères prêcheurs, actif en œuvres et en paroles : pendant 45 ans, vivant pauvrement au milieu des pauvres, il parcourut à pied toute la vallée de la Valteline à la frontière italo-suisse. Sa prédication encourageait les populations à la vie spirituelle et son exemple accompagnait ses paroles, d'autant qu'il dormait sur des sarments à même le sol et se nourrissait comme les pauvres, gagnant fraternellement le cœur de tous. Il convertit des milliers de personnes, travailla à extirper l’hérésie des Vaudois. Il installa de nouvelles paroisses, créa des monastères, restaura en 1475 le couvent Saint-Pierre-Martyr de Morbegno. Son culte fut confirmé en 1820.
http://www.bing.com/images/search?q=%22lorenzo+da+ripafratta%22&go=&form=QBIR&qs=n&sk=#focal=5c8e3ac8e3b19b82728a0e189a6eb051&furl=http%3A%2F%2Fwww.istitutoaveta.it%2F73250.JPG
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Laurent

Message par Fée Violine le Ven 20 Jan 2012 - 21:45

20 janvier Laurent Lécuyer, Seraincourt 1833 - Caublevie 1883.
Il reçut l’habit dominicain des mains de Lacordaire, mais sa santé fragile ne pouvant supporter l’austérité de la règle, il entra dans le Tiers Ordre dominicain enseignant, congrégation naissante dont il fut le premier vicaire général. La mort prématurée de Lacordaire laissa l’œuvre à ses débuts difficiles, et le P. Lécuyer fut précisément l’homme suscité par la providence pour recueillir et consolider l’héritage. En 1856 (il avait 23 ans) Laurent Lécuyer fut ordonné prêtre et mis à la tête des religieux, à qui l’évêque avait confié la direction du petit séminaire de Bourges (le clergé local étant très opposé à ce que "son" petit séminaire soit tenu par des religieux, Lacordaire, après en avoir discuté avec le nouvel archevêque qui était son ami, en retira ses religieux en 1860). Ce fut le début de sa belle carrière d’éducateur et de supérieur. Sa mauvaise santé fut le martyre de toute sa vie, mais l’amour de ses élèves lui faisait affronter avec joie tous les sacrifices. Pendant 21 ans il fut à la tête de la congrégation, qu’il consolida parmi de grandes difficultés, et dans une période de persécution religieuse, il fut interprète fidèle du P. Lacordaire.
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Marie-Thérèse, Antonio, Antonin

Message par Fée Violine le Sam 21 Jan 2012 - 20:11

21 janvier Marie-Thérèse Farré (Thérèse-Dominique du Coeur de Marie), née 28 mars 1830 à Lyon, + 21 janvier 1894 à Bourg-en-Bresse.
On connaît bien Mère Teresa de Calcutta, on ne connaît pas Mère Thérèse de Bourg-en-Bresse : elle a pourtant fondé une œuvre qui ressemble par bien des aspects à celle de la célèbre religieuse indienne.
Sous l'impulsion de l’abbé Borge (aumônier à l’Hôtel-Dieu), Marie-Thérèse Farré fait profession en 1856 dans le Tiers-Ordre dominicain et abandonne son métier de couturière pour fonder la congrégation des Dominicaines du Cœur Immaculé de Marie, dont elle sera la supérieure. Le 25 septembre 1860, l’évêque bénit la petite communauté naissante. Depuis, les Soeurs Dominicaines oeuvrent inlassablement, "soignant les corps pour mieux soigner les âmes." Aujourd’hui encore, une petite communauté vit et travaille à Bourg-en-Bresse. Ces sœurs sont parfaitement insérées dans le tissu des services médicaux dont elles partagent les compétences professionnelles et le travail (aides-soignantes ou infirmières). Leur particularité réside dans la gratuité de leur service et aussi, évidemment, dans toute la « philosophie » de l’homme et de la vie qui inspire leur action, dans la foi et la prière qui les animent.
Discrète et marquante à la fois, Mère Thérèse mérite d’être connue. On ne trouve pas ici de merveilleux, mais le miracle de la générosité au cœur du quotidien le plus banal, un monde où fait irruption une puissance d’initiative inspirée par un amour authentiquement évangélique. Sa béatification est envisagée.

22 janvier Bx Antonio della Chiesa, né à San Germano (diocèse de Verceil, Piémont) 1394, + Côme (Lombardie) 22 janvier 1459.
Fils du marquis della Chiesa (famille dont naîtra le pape Benoît XV), il entra à 20 ans dans l’Ordre dominicain malgré l’opposition de sa famille. Il sut allier un grand souci de la vie monastique avec une prédication qui le conduisit sur bien des routes. Il partagea les travaux apostoliques de st Bernardin de Sienne, s’illustra par ses prédications et ses austérités. Au cours d’un voyage Savona-Gênes, il fut capturé par des pirates mais ensuite libéré sans dommages. Il devint en 1422 prieur du couvent de Côme, et rétablit la vie régulière dans les couvents de Savone, Bologne et Florence. Il était très indulgent pour la faiblesse humaine, redonnant à chacun force et courage. Il combattit l'antipape schismatique Félix V. Il lisait dans les consciences et fit des miracles. Son culte fut confirmé en 1819.

22 janvier Antonin Massoulié, Toulouse 28 octobre 1632 - Rome 22 janvier 1706.
Les cloîtres dominicains du XVIIe siècle connurent une floraison de vie mystique : Louis Chardon, Jean-Baptiste Gonet, Antonin Reginald, Antonin Massoulié… Le P. Massoulié fut le vrai frère prêcheur à l’ancienne, plein de science et de sainteté, austère, humble et grand, n’ayant pour but que la gloire de Dieu et le salut des âmes. Il prit l’habit à 14 ans au couvent de Toulouse, le jour de Pâques 1647. Il avait un cœur tendre et affectueux, une intelligence peu commune, une sagesse tranquille et mesurée en tout, auréolée de cette modestie innée qui est toujours signe de vraie grandeur. Devenu un grand théologien thomiste, il écrivit et enseigna toute sa vie : il enseigna la philosophie à Carcassonne, la théologie à Perpignan et Avignon. En 1654 il devient professeur de théologie, prédicateur et maître des novices à Paris. Le Maître de l’Ordre P. Cloche l’appelle à Rome comme assistant en 1687, fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort. Il fut le bras droit des Maîtres généraux, le confident de quatre papes (Innocent XI, Alexandre VIII, Innocent XII et Clément XI), l’homme de Dieu consulté par prélats et cardinaux. Enseignant et prédicateur, il fit un bien immense. Profond connaisseur des doctrines mystiques, il fut un directeur d’âmes idéal. Il savait les conduire par la voie royale du vrai amour de Dieu qui, comme il disait lui-même, est la base de la piété chrétienne. Pour les âmes qui aspiraient à la perfection de cet amour, il composa d’utiles ouvrages ascétiques et mystiques. Par ses écrits et son enseignement il s’opposa avec force aux erreurs pernicieuses du quiétisme. Dans les couvents, comme supérieur, il favorisa la vie régulière, surtout l’esprit d’oraison. Sa dernière maladie trouva son corps exténué, chargé de la chaîne et du cilice, et les élans de ferveur de ses derniers moments furent encore un enseignement.
Œuvres : Méditations de st Thomas sur les trois voies, purgative, illuminative et unitive pour les exercices des dix jours, Toulouse 1678 ; Divus Thomas sui interpres de divina motione et libertate creata, Rome 1692-93; Traité de la véritable oraison, Paris 1699 ; Traité de l'amour de Dieu, Paris 1703. St Thomas interprète de lui-même devint vite le canon d’interprétation d’une tradition d’exégèse thomasienne confirmée, très influente pendant des siècles dans l’Ordre dominicain. Pour cette œuvre il fut censuré par la faculté de théologie de Douai au sujet de sa doctrine de la grâce, et attaqué en tant que spurius Thomista favorisant les doctrines erronées de Quesnel et Jansenius.
http://bib.domuni.eu/IMG/pdf/Doctrine_spirituelle_du_P._Antonin_Massoulie_Meditations_de_S._Thomas.pdf
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Marcolino, Titus

Message par Fée Violine le Mar 24 Jan 2012 - 11:35

24 janvier Bx Marcolino Amanni, de Forlì, né en 1317- + 24 janvier 1397 à Forlì en Émilie (Italie du Nord).
Le 14ème siècle est une période de décadence pour l’Ordre dominicain, ainsi que pour les autres Ordres, à cause de la Peste noire qui fit d’innombrables victimes dans les couvents et monastères, laissant effrayés et découragés les rares survivants, et les incitant à la mollesse et au désordre. Mais il ne manqua pas de religieux saints et fervents pour s’opposer efficacement au relâchement général. Sous le souffle inspirateur de ste Catherine de Sienne, le Bx Raymond de Capoue, à peine élu Maître général (1380), appela à l’union de toutes les âmes de bonne volonté pour faire reverdir l’Ordre planté par saint Dominique. Parmi les nombreux qui répondirent à l’appel, brille par sa charmante humilité le Bx Marcolino. Il entra au couvent dominicain de Forlì à l’âge de 10 ans et vécut sous la règle de l’Ordre pendant 70 ans. Il aida le travail de réforme de Raymond de Capoue, qui le tenait en haute estime, bien que la timidité de Marcolino l’ait empêché de collaborer activement à la réforme. Grand connaisseur des Écritures, remarquable par sa dévotion à la Vierge Marie, sa vie d’oraison et son habileté à conseiller et fortifier la foi de ses frères, de son vivant il avait déjà réputation de saint. On dit qu’il lisait les pensées des pénitents qui se confessaient, ce qui l’aidait beaucoup pour leur donner des conseils. Ses qualités les plus notables étaient l’exacte observance de la Règle, l’amour de la pauvreté et de l’obéissance, mais surtout l’esprit d’humilité, qui le poussait à éviter les occasions de se faire remarquer, trouvant son plus grand plaisir dans la pratique des travaux les plus humbles. Il passa toute sa vie dans le silence et la solitude, dans le service des pauvres et le soin des enfants. Il pratiquait de rigoureuses pénitences corporelles, et le ciel le favorisait de fréquentes extases. Si longues et si constantes étaient ses oraisons qu’à sa mort, on découvrit que ses genoux étaient deux énormes cals. Marcolino, qui avait prédit sa mort, dit-on, mourut à l’âge de 80 ans. À la surprise de ses frères, aux yeux de qui sa sainteté était passée inaperçue, une grande foule assista à ses funérailles, rassemblée, dit la légende, par un ange en forme de bel enfant qui avait annoncé la nouvelle aux environs. Des personnes ont témoigné l’avoir vu converser avec la Vierge Marie. Des miracles sur sa tombe. Son culte fut confirmé en 1750.

24 janvier Vble Titus (Franz) Horten, Elberfeld 9 août 1882 – Oldenburg 25 janvier 1936.
Sa vocation fut le fruit des ardentes prières de sa mère, Sidonie, qui eut la joie de voir deux de ses fils consacrés à Dieu dans l’Ordre dominicain. Elle-même, devenue veuve, entra à la Visitation. Franz était grand, fort et silencieux. Sa jeunesse se passa dans l’étude et la pratique des plus nobles vertus. En 1893, il entre au lycée dominicain de Venlo, et au noviciat en 1909. Il commença la vie religieuse avec ferveur, se montrant pour tous un exemple de rare vertu. Tout en lui était serein, illuminé d’un rayon de tendre bonté toujours prompte à faire plaisir et à rendre service. Envoyé à Rome pour continuer ses études à l’Angelicum, il y reçut aussi le sacerdoce avec une grande joie, puis il retourna dans son pays. Le zèle des âmes le rendit un directeur expert, et il se consacra aussi avec ardeur à la prédication. Il rayonnait la paix et l’amabilité d’un homme qui se savait caché dans la vérité de Dieu. Procureur du couvent de Vechta, il s’occupa de la construction de l’école et de l’internat, ce qui n’était pas facile en période de crise économique. Il fut plusieurs fois prieur, et dirigea avec succès la typographie fondée depuis peu. En tout ce qu’on lui demandait de faire, il voyait la place où Dieu l’avait mis. Bien qu’il soit tourné vers l’intériorité, il entreprenait pour accomplir son devoir extérieur des activités qui ne lui correspondaient pas du tout. Dans toutes ces tâches, le Seigneur l’éprouva avec de nombreuses humiliations et contradictions. La dernière, qui fut la plus grande et la plus douloureuse, fit de lui un martyr. Le pouvoir nazi était contre l’Église catholique et surtout contre les activités missionnaires (les dominicains avaient des missionnaires en Chine). En avril 1935 furent arrêtés le Provincial d’Allemagne et son prédécesseur (qui se suicida en prison). Le Père Titus fut arrêté le 8 mai. Un habitant de Vechta écrivit : „Le Père Titus Horten a été arrêté il y a 4/5 jours, et hier le digne vieillard a été emmené à Oldenburg sous la garde de deux criminels. Pour tous les habitants de Vechta, catholiques, protestants, communistes, le Père Titus est hautement apprécié et connu comme un saint prêtre. Tous ceux qui le connaissent sont indignés, surtout moi, il était mon confesseur depuis 6 ans. Hier matin je suis allé à la gare pour voir encore une fois le cher Père. Il devait traîner sa valise lui-même, avec un Geheimer de chaque côté. Comme Notre Seigneur a dû jadis porter sa croix, de même aujourd’hui ses serviteurs. L’être de Dieu sur la terre va dans les hommes de bien. Rencontrer de telles personnes est une grâce pour l’âme."
La Gestapo aussi "rencontra" le P. Titus, mais chez eux il ne suscita pas la grâce mais la haine.
"C’est la volonté de Dieu que je sois ici ; cette volonté, je dois l’accomplir!"
Il passait son temps à prier et à lire saint Jean de la Croix ; la pensée du Seigneur au Jardin des Oliviers le consolait ; condamné à 2 ans de prison et une grosse amende ; sa santé s’aggrava de jour en jour (troubles cardiaques et respiratoires, confirmés à l’autopsie) ; il passa ses 12 derniers jours à l’hôpital (protestant) de la prison, les infirmières se battaient pour le soigner. L’aumônier lui donna les derniers sacrements. Son adhésion à la volonté divine fut héroïque. Il laisse l’image impressionnante d’un critique du régime et d’un chrétien admirable qui dès sa mort fut vénéré comme saint par le peuple. Des grâces et des miracles furent attribués à son intercession => béatification en cours. Vénérable le 20 décembre 2004. http://www.dominikaner-vechta.de/cms/index.php?option=com_content&view=article&id=96&Itemid=90
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Laurent, Henri, Jean-Baptiste, Jeanne

Message par Fée Violine le Jeu 26 Jan 2012 - 11:54

25 janvier Laurent l’Anglais, 13ème siècle, un des premiers disciples de st Dominique, de qui il reçut l’habit au couvent de Toulouse, juste après la confirmation de l’Ordre.
Laurent fut homme de grande sainteté, très versé dans les sciences sacrées, c’est pourquoi il fut choisi par saint Dominique pour faire partie du petit groupe de frères envoyés à Paris fonder un couvent. Bien que fortifiés par la bénédiction de leur Père, les voyageurs ressentaient tout de même une certaine anxiété devant cette entreprise si supérieure à leurs forces. Mais le Seigneur révéla à Laurent que cette fondation réussirait, qu’on leur offrirait l’église Saint-Jacques, à côté de laquelle se trouverait le couvent sur lequel il verserait les richesses de sa grâce, et dont sortiraient tant d’hommes puissants en œuvres et en paroles pour éclairer l’Ordre et l’Église. Cette promesse réjouit tous les cœurs et ils se mirent à leur difficile mission avec un nouveau courage. Les paroles du Seigneur se réalisèrent entièrement et contre toute attente. On dit que le Bx Laurent fonda aussi l’Ordre en Écosse. Il avait le don des miracles et un grand pouvoir sur les esprits infernaux. Dans son apostolat il fut très fécond, et plein de mérites il s’endormit dans le Seigneur.

25 janvier Bx Henri Suso (Heinrich Seuse), v1295 Constance -† 25 janvier 1366 Ulm, modèle de patience, propagateur de la dévotion au Nom de Jésus, écrivain mystique.
Un père mondain et violent, une mère douce et pieuse d'où lui vient cette nature tendre et aimante que nous trouvons dans ses écrits. Il entre chez les dominicains de Constance à l'âge de 13 ans. Pendant cinq ans il y mène une vie plutôt médiocre et relâchée et, à l'âge de 18 ans, ayant été favorisé d'une vision, il se convertit. À dater de ce jour, plus que jamais il aima la divine Sagesse : « Mon cœur est jeune et ardent, il est porté à l'amour ; il m'est impossible de vivre sans aimer ; les créatures ne sauraient me plaire et ne peuvent me donner la paix ; oui, je veux tenter fortune et gagner les bonnes grâces de cette divine et sainte Amie, dont on raconte des choses si admirables et si sublimes ! »
Après ses premières études théologiques, on l'avait envoyé à Cologne où il connut Maître Eckart vers 1320-1325. Devenu lecteur, il revient à Constance de 1329 à 1336. Il y est lecteur conventuel, puis prieur. Il y écrit, pour la défense d'Eckart, le Livre de la vérité. Cet ouvrage lui vaut de grands ennuis de la part du Chapitre provincial, puis du Chapitre général qui le dépose de sa charge priorale.
Il se livre à de très rudes austérités pour réduire son corps en servitude, si bien qu'à 40 ans il était proche de la mort. Sur un signe de Dieu, il jette dans le Rhin tous ses instruments de pénitence. S'il a mis fin à ses mortifications corporelles, le Seigneur ne lui épargne pas les autres : il devient l'objet de calomnies et de détractions de toutes sortes. De nature extrêmement sensible et aimante, il se voit abandonné par plusieurs de ses amis. Il exerce pourtant un ministère très apprécié auprès de plusieurs couvents de religieuses dominicaines. C'est à l'une d'elles, Elisabeth Stagel, qu'il confie l'histoire de sa vie qu'elle mettra par écrit.
Refusant d'obéir aux ordres schismatiques de Louis de Bavière, les dominicains quittent Constance en 1338 et se réfugient à Diessenhofen.
Sa sagesse, sa compassion et sa capacité d’empathie même envers les incroyants, faisaient de lui un grand directeur d’âmes. Les maladies et calomnies de la pire espèce poursuivaient l’infatigable prédicateur itinérant, jusqu’à ce que, après la mort de Louis de Bavière, il puisse en 1348 s’installer au couvent d’Ulm, où il trouva le repos pour rassembler ses lettres et sermons.
Peu de saints ont eu pour Jésus un amour plus vif et plus tendre. Un jour avec un canif il grava sur sa poitrine IHS, le nom de Jésus. Sa vie entière fut un continuel ravissement, une perpétuelle jubilation d'amour. Après Maître Eckart et Jean Tauler, Henri Suso est représentatif de l'Ecole de spiritualité dominicaine des "mystiques rhénans" du XIVe siècle. Elle garde la vision de l'univers que lui donne saint Thomas, exalte le primat de la contemplation et, pour y arriver, le dépouillement progressif du sensible, la purification de ce qui agite et distrait, le regard sur le Christ, Vérité éternelle. Suso insiste sur l'union au Christ par la contemplation de ses perfections et de ses souffrances. Après lui, l'accent sera mis davantage sur l'affection que sur la connaissance : on cherche ce qui émeut, on s'applique à méditer les plaies du Crucifié, les sept douleurs de la Vierge : c'est l'ère des représentations tragiques de la Passion, des Pietà, des descentes de croix... L'oeuvre de Suso annonce déjà ce tournant à la fin du XIVe et au XVe siècle.
Il nous reste de lui sa Vie (la première autobiographie de langue allemande), le Livre de la Vérité, l'Horloge de la Sagesse, deux collections de lettres et quelques Sermons. Le succès du Livre de la Sagesse éternelle fut énorme : aux XIVe et XVe siècles, ce fut le livre le plus lu en Allemagne. L’idée de fond : qui veut regarder Dieu dans sa divinité incréée, doit le reconnaître et apprendre à l’aimer dans la Passion du Christ. Thomas de Kempen, Jean Gerson et Nicolas de Cues étaient ses lecteurs enthousiastes. Béatifié en1831.

25 janvier Jean-Baptiste Carré, Miribel (Ain) 1593- Paris 1653.
À 19 ans, il entre au couvent de Toulouse, devient maître des novices à Avignon puis à Paris au couvent de l’Annonciation (rue st Honoré) dont il devient ensuite prieur. Il souhaite réformer tous les couvents dominicains de France, pour édifier les peuples et convertir les hérétiques : Urbain VIII et Louis XIII approuvent. Il fonde donc un noviciat général dans le couvent du Faubourg Saint-Germain, il en est le premier supérieur. Sa création réussit à merveille, il envoie des colonies dans les pays infidèles, tandis que la réforme s’établit dans un grand nombre de couvents en France. Voyant son œuvre porter des fruits, le P. Carré se démet de sa charge et finit ses jours comme simple religieux, à Montpellier puis à Paris (St Jacques).

26 janvier Jeanne de la Vierge, Paris 1607- Dinan 1650.
Elle entre à 21 ans, en décembre 1628, au couvent des filles de saint Thomas à Paris, fait ses vœux en février 1630. On remarque dans sa conduite tant de régularité, de vertu et de sagesse que 18 mois après sa profession, elle est choisie pour accompagner Mère Marguerite du Saint-Esprit pour fonder à Dinan le monastère Sainte-Catherine, où elle devient maîtresse des novices puis prieure. Riche en vertus et en bonnes œuvres, elle meurt à 43 ans.

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Bernardo

Message par Fée Violine le Ven 27 Jan 2012 - 18:45

27 janvier Bx Bernardo Scammaca, Catane (Sicile) 1430-1487.
De famille très riche, malgré une éducation chrétienne il connut une jeunesse agitée et se laisse d'abord emporter par la fougue de ses passions de jeunesse, menant joyeuse vie avec des amis libertins. Il se réveilla à la vie spirituelle quand dans un duel contre le fils du vice-roi de Sicile il fut grièvement blessé à la jambe et contraint à l’immobilité : il se mit alors à réfléchir et se convertit. À peine guéri il entra en 1452 dans l’Ordre dominicain, où il vécut une vie de pénitence et de dévotion à la Passion du Christ. Il se distingua spécialement par sa miséricorde envers les pauvres et les malades. Remarquable par ses ascèses mais plus encore par la discrétion avec laquelle il cachait tant de vertu et d’héroïsme. Mais sa lumière irradiait sur les âmes des pécheurs. Il fut prieur à Catane et à Palerme, et vicaire général de Sicile. Plein de zèle et de charité, il s’occupa de la construction d’un hôpital qui existe toujours, et comme supérieur il s’occupa de la restauration de la vie régulière.
On ne sait rien sur sa mort. À la suite de miracles sur sa tombe, on voulut transférer ses restes : un parfum céleste s’exhala et les cloches se mirent à sonner toutes seules. Le corps du Bienheureux fut trouvé intact comme il est encore aujourd’hui, vénéré par le peuple qui recourt à lui avec confiance.
Son culte fut approuvé en 1825.

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Thomas, Vincenzo

Message par Fée Violine le Sam 28 Jan 2012 - 18:47

28 janvier St Thomas d’Aquin, Roccasecca v1225-Fossanova 7 mars 1274.
L’un des plus illustres membres de l’Ordre dominicain. De la famille des comtes d'Aquino (Italie du sud), Thomas fit ses études d'abord à l'abbaye de Monte Cassino où il était oblat (de 5 à 14 ans), puis à Naples (de 14 à 19); après son entrée dans l'Ordre des Prêcheurs en 1244, il compléta ses études principalement sous la direction de saint Albert le Grand à Cologne. Il fit aussi trois séjours à Paris, au couvent Saint-Jacques.
Sa vie d'étudiant puis de professeur fut toute simple, mais son œuvre est impressionnante. On venait alors de redécouvrir la philosophie d'Aristote. Par son rationalisme, par certaines de ses conclusions, elle semblait incompatible non seulement avec la théologie traditionnelle d'inspiration augustinienne, mais encore avec la foi. Thomas sut faire une synthèse équilibrée entre Aristote et Augustin. L'Ordre reconnaît en lui un maître et un modèle pour œuvrer à une meilleure intelligence de la Parole de Dieu.
Le génie n'explique pas à lui seul un tel chef-d'œuvre ; s'il est parvenu à réconcilier la raison et la foi, c'est que Thomas était aussi un saint, un contemplatif. Il est resté toute sa vie rigoureusement fidèle aux Constitutions de l'Ordre ; le service de la Parole dans la pauvreté mendiante prit pour lui la forme d'un labeur théologique incessant, conduit par la recherche contemplative de Dieu et le désir de la partager.
Il mourut alors qu'il se rendait au concile de Lyon. Sa fête est le jour anniversaire de la translation de ses reliques, le 28 janvier 1369, dans l’église des Jacobins de Toulouse. Elles y demeurèrent jusqu'à la Révolution française, et retrouvèrent leur place en 1974 après la restauration de cette église. Canonisé en 1323. Patron de la science catholique, des écoles catholiques, des théologiens, philosophes, étudiants, libraires. Docteur de l’Église.


28 janvier Vincenzo Marchese, Gênes 1808–1891, à ne pas confondre avec son homonyme le P. Domenico Maria Marchese, lui aussi illustre hagiographe de l’Ordre.
Le père de Vincenzo était auteur dramatique. Le jeune homme, d’un naturel doux, tourné vers les belles choses, fit de brillantes études littéraires et se consacra à l’étude du dessin. Tout faisait espérer une belle carrière, mais il aspirait à autre chose : il prit l’habit dominicain en 1826 au couvent de la Minerve à Rome. Il aurait certainement voulu prêcher et enseigner, en bon dominicain, mais sa santé l’en empêcha toujours. Ce fut pour lui un sacrifice, mais il adora sereinement la volonté de Dieu. Ne pouvant parler en chaire, il écrivit pour les frères les trésors de sa pensée et de son cœur. Son œuvre la plus connue est les Mémoires sur les artistes dominicains. Exilé de Toscane pour d’injustes soupçons politiques, il se retira au couvent de Gênes, où il passa 35 ans dans l’étude et la prière. Accablé par les maladies, privé de la vue et de l’ouïe, jamais un nuage n’apparut sur son visage. Pour ce tendre fils de la Vierge, la récitation du rosaire était le plus doux réconfort jusqu’à son dernier soupir.
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Villana, Raffaella

Message par Fée Violine le Dim 29 Jan 2012 - 22:08

29 janvier Bse Villana delle Botti, Florence 1332- 29 janvier 1361, femme du monde, mère de famille, puis tertiaire dominicaine, mystique.
D’une noble famille de riches commerçants, elle était contemporaine de sainte Catherine de Sienne. Depuis sa tendre jeunesse elle se sentait attirée par le cloître, mais son père la maria en 1351 avec Rosso Benintendi (elle avait 19 ans). La timide jeune fille n’osa pas s’opposer à la volonté paternelle et se trouva ainsi entraînée dans le tourbillon frivole des fêtes mondaines qui bien vite la séduisirent, au point qu'elle abandonna sa vie spirituelle et ses devoirs religieux.
Mais Dieu voulait cette âme, et intervint d’une façon insolite. Villana vit un jour le diable dans son miroir, se convertit totalement, et désormais l'amour divin compta seul. Elle reçut l’habit des Sœurs de la Pénitence de saint Dominique (tertiaires dominicaines) et est réputée pour l'austérité de sa vie, sa contemplation du Christ crucifié, sa charité, allant jusqu’à mendier dans les rues pour les pauvres. Elle aima et assista les pauvres comme une mère, tout en ne négligeant pas ses devoirs familiaux, donnant ainsi un bel exemple de mère chrétienne. En plusieurs circonstances, elle eut la grâce d'entretiens célestes. Une vive flamme de charité la consumait. Dieu lui réservait, pour la purifier, des épreuves qu’elle accepta avec une grande humilité, car désormais elle voulait, de tout son cœur, ressembler à Jésus crucifié.
Sur son lit de mort, elle voulut revêtir l’habit blanc des Dominicaines et, pendant qu’on lisait la Passion du Seigneur, elle rendit son âme à Dieu au moment même où le lecteur disait : « Entre tes mains je remets mon esprit ». Son corps repose dans la basilique Sainte Marie la Nouvelle. Dès sa mort, elle fut l'objet d'une grande vénération.
Culte confirmé en 1824.

29 janvier Raffaella de Faenza, + à Prato 1547.
Savonarole prêchant à Prato en 1495 avait suscité chez beaucoup de jeunes cœurs des désirs de vie parfaite. Quelques-unes de ces âmes choisies, persévérant dans un idéal commun, fondèrent en 1503 le monastère Saint-Vincent. Comme fondation de cet édifice spirituel, la Providence avait choisi Mère Raffaella de Faenza. Âme de foi robuste et de ferme vertu, malgré sa jeunesse elle fut appelée à diriger la nouvelle communauté. Elle y apporta tout son généreux élan. Une divine aspiration animait son infatigable labeur : susciter et obtenir de Dieu une grande sainte. Tendre et forte, elle réussit à imprimer à son cher monastère l’esprit de ferveur dont elle était animée. On dit qu’elle portait toujours la discipline à la ceinture pour punir tout manquement. Et la sainte, fruit de ses larmes et de ses nuits passées en ardentes prières, arriva : Raffaella eut la joie de donner l’habit à Catherine de’ Ricci (voir 13 février), la douce sainte de Prato. Quand cette étoile mystique commença à briller, Rafaella chanta heureuse son Nunc dimittis. Elle mourut sereine et bénissante, dans l’humble conscience d’avoir rempli sa mission.
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Pinamonte, Bernat, Pierre, Joséphine

Message par Fée Violine le Jeu 2 Fév 2012 - 22:59

31 janvier Bx Pinamonte de Bergame, +Bergame 1265.
Ce grand serviteur de Dieu eut dès les temps anciens le titre de Bienheureux, à cause de la réputation de sainteté où il était tenu, bien que son culte n’ait jamais été reconnu. De la noble famille Brattanata, il eut le bonheur de recevoir l’habit des mains mêmes de saint Dominique. Il fut le premier prieur du couvent de Bergame, très jaloux de conserver intact dans l’esprit et dans la lettre l’héritage reçu du saint fondateur. Il fut aussi le premier inquisiteur de la ville institué par le pape. Remarquable prêcheur, pendant 46 ans il travailla dans ce saint ministère avec des fruits immenses, ramenant à la vie chrétienne d’innombrables âmes. Son plus beau point commun avec saint Dominique était la compassion envers les pauvres, pour le soulagement desquels il institua la Confrérie de la Miséricorde, qui à Bergame secourut efficacement tant de misères, inaugurant dans l’Ordre cette belle tradition de bienfaisance qui silencieusement donna vie à tant d’œuvres de charité chrétienne. Dieu confirma son fervent apostolat par de nombreux miracles. Il mourut réconforté par tous les sacrements, le visage rayonnant de sainte allégresse.

31 janvier Bx Bernat de Travesseres, né au 13ème au château de Travesseres (près de Lles, basse Cerdagne), + v1260 à Seu d'Urgell (Alt Urgell).
Il entre chez les dominicains de Toulouse, prêche dans le sud de la France à l’époque des Albigeois. Nommé inquisiteur général, il lutta activement contre l’hérésie. Il est mort martyr dans des circonstances peu claires, vraisemblablement poignardé et coupé en morceaux par un groupe d'hérétiques. Enterré à la cathédrale d’Urgel, d’abord à la sacristie puis dans un tombeau somptueux, actuellement disparu. Son sarcophage de bois, peint par le Maître d’Estamariu, est une pièce importante de la peinture gothique de la région, il est conservé au Musée diocésain d’Urgel. Bernard n’a jamais été formellement béatifié mais il est l’objet d’un culte local en Cerdagne (fête le 31 janvier).
http://ca.wikipedia.org/wiki/Bernat_de_Travesseres

2 février Bx Pierre Cambiani de Ruffia, 1320- Suse (Piémont) 2 février 1365, martyr.
Abandonnant les richesses de sa noble famille, il entra de bonne heure dans la vie religieuse, au couvent dominicain de Savigliano. Ses qualités attirèrent l’attention de ses supérieurs, qui l’obligèrent à faire une carrière ecclésiastique. La renommée de saint et de savant prédicateur qu’il acquit rapidement auprès des religieux, arriva jusqu’à Rome, au pape Innocent VI, qui le nomma en 1351 Inquisiteur général pour toute la Haute-Italie. Les albigeois, craignant son zèle, envoyèrent un sicaire le poignarder dans le cloître du couvent franciscain qui l’hébergeait. Culte approuvé en 1856.

2 février Servante de Dieu Joséphine Gand (Mère St Dominique de la Croix), née 16 juillet 1819 au Boulay, Eure, + 2 février 1907 à Étrépagny, Eure.
Fondatrice des Soeurs Dominicaines de Ste Catherine de Sienne en 1854 à Bonney. Cette congrégation, dont la mission est le soin et la garde des malades, a été fondée à Albi par décret du 10 mai 1872. cause introduite le 17 avril 1940.
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Maria Magdalena, Alexandre, Benedikt, Réginald

Message par Fée Violine le Dim 12 Fév 2012 - 0:03

8 février Maria Magdalena Lorger de Hadamar, née à Offheim, près de Limburg (Hesse), 12 septembre 1734, † 8 février 1806.
Elle entre très jeune au monastère des dominicaines de Hadamar. Elle contemple tellement la passion du Christ que chaque vendredi elle ressent ses douleurs, et encore plus le Vendredi saint. Elle reçoit les stigmates. Quand il l’apprend, le prince-électeur archevêque de Trèves, Clemens Wenzeslaus de Saxe, envoie en 1787 une commission d’enquête à Hadamar, mais le rapport de 400 pages disparaît pour longtemps dans un cabinet secret. Puis, un Vendredi saint, deux religieux de Mayence arrivent au monastère pour voir Maria Magdalena. Du sang sort de son crâne, aux endroits de la couronne d’épines, son dos porte les marques de la flagellation, mais le lendemain il n’y a plus trace de blessures. Les deux visiteurs à leur retour informent l’évêque de Mayence.
Comme Hadamar appartient au diocèse de Trèves, l’information est donnée à l’évêque de Trèves ; celui-ci envoie un religieux, un médecin et un secrétaire, qui soumettent la sœur à une cruelle enquête. Le médecin emploie des traitements de cheval et des élixirs, il se met à genoux sur l’alitée intimidée, au point que les Hadamariens se plaignent à un fonctionnaire, qui expulse aussitôt la délégation. Maria Magdalena Lorger meurt à l’âge de 71 ans. Sa tombe, dans la chapelle du monastère, a été redécouverte dans la deuxième moitié du 20ème siècle.

10 février Alexandre Baldrati de Lugo, Lugo (Ravenne) 1595-10 février 1645 à Chios, dominicain, évêque d’Imola.
Il voulut évangéliser les Turcs, et comme tant d'autres chrétiens, principalement orthodoxes, connut le martyre par fidélité au Christ qu'il ne voulut jamais renier.

11 février Benedikt Hronek, né le 12 février 1907 à Kluky, Písek (république tchèque), + 11 février 1945 à Terezín, Litoměřice (id.), prêtre dominicain, martyr.

12 février Bx Réginald d'Orléans, St-Gilles du Gard 1180/1183- Paris 1er février 1220.
À 18 ans il vient à Paris où il fait de brillantes études et enseigne le droit canon de 1206 à 1211, puis il est nommé doyen de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans. Les intérêts considérables du Chapitre de Saint-Aignan réclamaient à cette époque un homme expert dans l’art de la procédure. Réginald fut élu prévôt du Chapitre, mais rêvait de devenir pauvre et libre. En 1216, l’évêque d’Orléans, ayant fait vœu d’aller en pèlerinage aux Lieux Saints, le prend comme compagnon de voyage. À Rome, Réginald rencontra saint Dominique (c’est l’époque où st Dominique est auprès du pape Honorius III pour faire approuver son Ordre), et fut saisi par sa parole. Le plan du pauvre de Dieu, son zèle, son affranchissement vis-à-vis de toutes choses humaines, sa liberté pour l’œuvre de Dieu, son intelligence des besoins du temps et spécialement des milieux qu’avait fréquentés l’ancien professeur, c’était le rêve secret de Réginald réalisé… Du coup, il se met à l’entière disposition de st Dominique. Mais à peine Dominique l’a-t-il conquis, le voilà menacé de le perdre. Réginald tombe gravement malade. Pourtant dans la nuit une douce lueur : la Vierge Marie apparaît. Près d’elle, ste Catherine et ste Cécile. « Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai », dit la Vierge. Réginald s’en remet à son bon plaisir. Alors la Vierge fit des onctions sur ses membres malades, puis, des mains de Catherine prenant le scapulaire, elle dit à Réginald : « Voici l’habit de ton Ordre. » La Vierge disparut, Réginald se trouva guéri. Il fut aussitôt mis par st Dominique à la tête du couvent de Bologne.
A peine arrivé, il prêche et Bologne accourt. Diane d’Andalo, future fondatrice du monastère dominicain Sainte-Agnès de Bologne, est aussi retournée. Elle deviendra sa fille spirituelle et aidera à la mise en place du couvent des frères. En huit jours donc, par sa parole, Réginald a conquis la ville. L’université est entamée. Les maîtres et les étudiants s’empressent autour de sa chaire, plusieurs demandent l’habit de l’Ordre. En 1219, après trois ans en Espagne, st Dominique retrouvait une communauté nombreuse et vivante, là même où quelques frères languissaient auparavant. Il envoie Réginald à Paris à l’automne de cette même année, mais Réginald dut renoncer à toute prédication. Il eut juste le temps de décider Jourdain de Saxe à entrer dans l’Ordre avant de mourir. Jourdain le raconte dans son Libellus :
"Frère Réginald, de sainte mémoire, s'en vint donc à Paris et se mit à prêcher avec une ferveur spirituelle infatigable, par la parole et par l'exemple, le Christ Jésus et Jésus crucifié. Mais le Seigneur l'enleva bientôt de la terre. Parvenu vite à son achèvement, il traversa en peu de temps une longue carrière. Enfin, il tomba bientôt malade et, arrivant aux portes de la mort charnelle, s'endormit dans le Seigneur et s'en alla vers les richesses de gloire de la maison de Dieu, lui qui, durant sa vie, s'était manifesté l'amant résolu de la pauvreté et de l'abaissement. Il fut enseveli dans l'église de Notre-Dame-des-Champs, car les frères n'avaient pas encore de lieu de sépulture.
La nuit même où l'esprit de ce saint homme s'envola vers le Seigneur, j'eus une vision. Je n'étais pas encore un frère selon l'habit, mais j'avais déjà émis ma profession entre ses mains. Je voyais donc les frères portés par un navire à travers les eaux. Puis le navire qui les portait coula ; mais les frères sortirent indemnes des eaux. J'estime que ce navire est frère Réginald lui-même, que les frères de ce temps, vraiment, considéraient comme le nourricier qui les portait.
Un autre eut également une vision avant la mort du frère. C'était une fontaine limpide qui se fermait ; deux autres jaillissaient aussitôt pour la remplacer. Je n'ose décider si cette vision disait vrai, car je suis trop conscient de ma propre stérilité. Mais je sais une chose, c'est qu'à Paris frère Réginald n'a reçu à la profession que deux personnes, dont je fus la première ; la seconde était frère Henri, le futur prieur de Cologne, l'ami le plus cher dans le Christ à mon affection singulière, je le crois, entre tous les mortels, vase d'honneur et de grâce, plus rempli de grâce qu'aucune créature que j'aie souvenir d'avoir aperçue dans la vie d'ici-bas. Puisque, dans sa maturité précoce, il s'est hâté de pénétrer dans le repos du Seigneur, il ne sera pas inutile de rappeler quel homme il fut et de quelles vertus. "

Jourdain se souvient de ces paroles de Réginald qui ont valeur de testament dans l’Ordre :
"Je crois n'avoir aucun mérite à vivre dans cet ordre, répondit-il, car j'y ai toujours trouvé trop de joie."
Il meurt en odeur de sainteté. Son tombeau à Notre-Dame-des-Champs s'illustra de miracles et c'est là que commença son culte, qui fut confirmé en 1875.
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Jourdain, Catherine

Message par Fée Violine le Lun 13 Fév 2012 - 14:40

13 février Bx Jourdain de Saxe, v1190 sur le Borgberg près d’Osnabrück (Basse-Saxe), † 12/13 février 1237 au large de la côte de Syrie.
Il acheva de donner à l'Ordre ses assises institutionnelles et engagea sa première expansion missionnaire.
De la famille des comtes d'Eberstein, dès sa jeunesse et il continua quand il fut étudiant, il avait pris l'habitude de donner chaque jour une aumône au premier pauvre qu'il rencontrerait. Étudiant à Paris, chaque nuit il allait à Notre-Dame pour l'office de matines.
En 1219 il est sous-diacre et bachelier en théologie. Les frères prêcheurs viennent de s'installer rue Saint-Jacques et sont dans un dénuement extrême. Saint Dominique les visite et les réconforte à son retour d'Espagne. Sa parole suscite l'enthousiasme dans le monde universitaire. Emporté par le courant, Jourdain vient l'entendre, se confesse à lui et lui confie son âme. Cependant il n'entre pas tout de suite dans l'Ordre. C'est au Bx Réginald qui, à son tour en 1220, bouleverse l'Université de Paris, que revient la joie de donner l'habit à Jourdain, ainsi qu’à son ami frère Henri de Cologne, et frère Léon, qui entrent avec lui au couvent Saint-Jacques, le mercredi des Cendres (12 février 1220), au moment où les frères chantent “Immutemur habitu...”
Deux mois plus tard, saint Dominique réunit à Bologne le premier Chapitre général de l'Ordre. Jourdain est l'un des quatre frères de Saint-Jacques désigné pour y prendre part. Quand il revint à Paris, ce fut pour enseigner l'Écriture Sainte. En 1221, saint Dominique le nomme premier provincial de Lombardie.
En 1222 ses qualités exceptionnelles le font choisir comme premier successeur de saint Dominique. Il va gouverner l'Ordre seize ans pendant lesquels il attira une multitude de vocations, étudiants et maîtres (plus de 1000, dit-on, notamment Albert le Grand), "séduits" par sa parole. Tel jour, à Saint-Jacques, il donne l'habit à vingt novices. Une autre fois, à Verceil, en quelques jours, il attire “treize clercs renommés et savants” ; c'est là que Maître Walter, régent ès arts, disait à ses collègues et à ses élèves : “Prenez garde d'aller à ses sermons : comme une courtisane il polit ses discours de manière à séduire les hommes !” Mais lui-même s'y rendit et fut pris dans les filets ! Au Chapitre général on reprocha même à Jourdain de Saxe d'aller un peu vite en besogne et de recevoir de trop jeunes frères : “Laissez ces enfants, répondit-il. Vous verrez qu'ils étendront leur action sur des hommes plus instruits”.
Pendant son généralat, quatre nouvelles provinces furent établies, 240 nouveaux couvents de frères ou de sœurs furent créés. On sait la part importante qu'il prit dans la mise au point des Constitutions de l'Ordre ; comment il institua à Bologne le chant du Salve Regina après les Complies, coutume qui se répandit rapidement en Lombardie, puis dans tout l'Ordre ; comment il procéda à la translation du corps de saint Dominique en 1233, puis présida aux fêtes de la canonisation en 1234. C'est alors qu'il rédigea le Libellus, source la plus sûre pour les historiens de notre bienheureux Père. Cet écrit, dit le P. Vicaire, “est la base de l'historiographie dominicaine primitive. Il l'est par sa date : aucune relation écrite de la vie de saint Dominique ne l'a précédé et toutes les autres dérivent de lui. Il l'est par sa valeur : de tous les récits qu'il inspire, il est le plus autorisé. (Jourdain) est maître de sa plume et sait conter avec agrément, brièveté, précision, bonhomie et humour. Des réflexions spirituelles pleines de saveur émaillent sans lourdeur un récit qui marche avec rapidité”.
Dans la lutte entre le sacerdoce et l'empire, Jourdain joua un rôle de premier plan. Pacifique par tempérament, il fut intrépide quand il le fallut, n'hésitant pas à aller au camp de Frédéric II pour lui reprocher sa conduite et l'adjurer de mettre fin au scandale que provoquait son opposition.
Pauvre à l'extrême, il aimait la compagnie des pauvres. Doux pour les frères, compatissant à leurs infirmités, il les aidait de tout son pouvoir. Mais il était ferme aussi, parfois avec humour. Un procureur lui ayant demandé à être relevé de sa charge, il lui répondit : “Mon fils, cette charge a quatre annexes : la négligence, l'impatience, le travail et le mérite ; je vous décharge des deux premières et je vous laisse les deux autres.”
En 1236, il alla en Terre Sainte pour visiter les frères. Au retour, le navire fut englouti par une tempête à proximité des côtes de Syrie. La mer rejeta son corps, qui fut enseveli au couvent de Ptolémaïs. Il n'avait pas 50 ans.
Il a donné à l'Ordre une impulsion décisive. C'est l'un des témoins les plus prestigieux de la ferveur que suscita l'Ordre au XIIIe siècle. Par son livre sur les Origines de l'Ordre des Prêcheurs, il est un témoin privilégié de la vie de saint Dominique et des débuts de l'Ordre.
Béatifié en 1826.

13 février Ste Catherine de’ Ricci, 1522-1590 à Prato en Toscane.
Elle collabora par correspondance avec le pape saint Pie V, avec l'archevêque de Milan, saint Charles Borromée et sainte Marie-Madeleine de Pazzi. Elle soutenait tous leurs efforts en ces temps du grand mouvement réformateur de l'Église, et s’appliqua à honorer sans relâche les mystères de la passion de Jésus-Christ, qu’elle mérita même d’éprouver. Elle garda, dans une vie de haute mystique, un parfait équilibre dans les hautes charges spirituelles et temporelles qu’elle eut à assumer.
Canonisée en 1747.


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Nicolas, Teresa, Maria

Message par Fée Violine le Mer 15 Fév 2012 - 0:05

14 février Bx Nicolas Pullia ou Palea ou Paglia, Giovinazzo (région de Bari) 1197- Pérouse 11 février 1255, napolitain, une des premières conquêtes de st Dominique.
De parents nobles, il fut élevé avec beaucoup de soin. À Bologne où il faisait ses études de droit, il entendit la parole vibrante de saint Dominique qui l’attira et le décida à suivre la vie des frères prêcheurs. À Pérouse en Ombrie, il reçut de saint Dominique l’habit et la mission de prédication, et devient son fidèle compagnon dans ses pérégrinations apostoliques. Son exemple et son talent de prédicateur aidèrent l’Ordre à se développer en Italie. Homme instruit et visionnaire il promeut l'étude de l'Écriture Sainte et la compilation des Concordances bibliques. Son dynamisme lui fit ouvrir une maison à Pérouse en 1233, une à Trani en 1254, d’autres à Brindisi, Orvieto, Naples, peut-être aussi Todi près de Bari. Il fut, par deux fois, provincial de la Province de Rome, qu’il dirigea avec force et douceur. Le pape Grégoire IX le chargea de visiter des monastères et de prêcher la Croisade contre les Sarrasins. Après de longues années de travaux apostoliques, il se retira au couvent de Pérouse. C’est là que lui apparut frère Raone Romano, cher ami de ses plus beaux jours de vie religieuse, qui lui annonça de la part de la Vierge sa mort prochaine, qui fut sainte comme toute sa vie.
Son culte fut confirmé en 1828.

14 février Servante de Dieu Teresa Titos Garzón (Teresa de Jesús), née 4 janvier 1852 à Grenade, + 14 février 1915 à Grenade.
Dès son enfance elle manifesta une profonde inclination spirituelle. En 1871 elle entre au couvent Saint-Dominique, fait profession l’année suivante. À 31 ans elle fut élue supérieure et consacra toute son énergie au renouveau spirituel et matériel du couvent, cherchant toujours plus de perfection. Passionnée de Jésus-Christ, des enfants et des jeunes, spécialement les plus pauvres, elle voulut apporter la lumière de la vérité et de l’amour à tout le monde. Elle élargit les horizons du couvent en ouvrant un collège à Motril. Ainsi se constitua en 1907 la congrégation Saint-Dominique qui a comme apostolat particulier, depuis ses origines, l’éducation chrétienne, spécialement en faveur de l’enfance et de la jeunesse pauvre.
“Notre perfection consiste à faire bien les oeuvres ordinaires. Le Seigneur qui nous donne tout, on ne peut le laisser affamé. La bourse de Dieu est grande et toujours pleine... Personne qui a fait confiance au Seigneur n’a été trompé... Que nous sommes folles de ne pas être saintes! Mettez le temps à profit, mes filles, ne le gaspillez pas.”
“Nous sommes les auxiliaires de Dieu. Travaillez pour étudier, corriger et perfectionner selon les vues de Dieu le cœur et l’intelligence des enfants dont vous avez la charge. Cette oeuvre exige de la part des enseignantes une foi ardente, un grand soin, beaucoup de discernement et de prudence, la science, une constante attention et un recours continuel à Dieu. Formez l’intelligence des enfants au goût du vrai et prévenez-la contre la contagion des erreurs. Veillez aussi à ce que les enfants avancent dans toutes les branches qui composent l’éducation complète d’une jeune fille. Comme la principale mission de la religieuse dominicaine est de former des cœurs pour Dieu, ne laissez pas passer l’occasion de les instruire des maximes de notre sainte religion, surtout de la doctrine chrétienne, présence de Dieu, amour du Saint Sacrement, dévotion à la Sainte Vierge, prière du rosaire, méditation et examen de conscience. Toutes les veilles que les religieuses y mettent seront peu de chose à côté de la haute mission que la femme catholique est appelée à remplir dans la société.”
“Aucun service rendu au prochain ne peut jamais vous dispenser de travailler à votre propre sanctification... Les saints avec toutes leurs vertus acquises dérobaient de longues heures à leurs travaux apostoliques pour vaquer aux choses de Dieu...”

Personne n’a parlé avec elle sans être édifié. Elle était de cœur noble, généreuse pour donner et pardonner, franche, simple, joyeuse, compatissante, sacrifiée, d’humeur égale, humble. Elle eut deux grands amours : Jésus Eucharistie et la Vierge Marie. Dans sa manière d’agir elle ne donna jamais lieu à discussions, agit toujours avec prudence et discrétion, étant pour cela objet d’admiration et d’affection.
Béatification en cours. nihil obstat 20 janvier 1990.

15 février Servante de Dieu Maria de León Delgado (Maria de Jesus), née le 23 mars 1643 à El Sauzal, Tenerife (Espagne), +15 février 1731 à La Laguna (Tenerife).
Le 21 mai 1669 elle fait profession au monastère Sainte-Catherine de Sienne, au centre ville de Sant Cristóbal de la Llacuna, et y mène une vie exemplaire. Sa vie est pleine de miracles et de guérisons. Elle mourut à l’âge de 87 ans. Plusieurs années après sa mort, on découvrit que son corps était incorrompu, c’est pourquoi le monastère se change chaque 15 février en lieu de pèlerinage, environ 45 000 pèlerins accourent chaque année, son corps est exposé dans un sarcophage avec un couvercle de cristal. Cette femme simple, qui a consacré sa vie à Dieu, est l’objet de la vénération générale. Elle est considérée comme la plus grande mystique des Canaries. Le maire d’El Sauzal a déclaré, à l’inauguration du nouveau Musée Sœur María de Jesús, que cette religieuse, appelée la Siervita, à qui on n’attribue pas moins de 1251 miracles, "a été prophète en son pays". Dans la modeste maison où elle est probablement née, son village natal offre la possibilité de voir comment elle vivait. C’est une petite maison traditionnelle restaurée intégralement, avec jardin, patio, cuisine, chambre, salon, la chambre où les femmes se réunissaient pour coudre. L’évêque de Tenerife a déclaré que cette maison-musée reconnaît « la vie exemplaire d’une femme toute donnée à Dieu et aux autres ». Il a rappelé que le processus de béatification a été ouvert en décembre 1992, et il a souhaité qu’un jour on puisse la vénérer comme bienheureuse et plus tard comme sainte.
Nihil obstat 1992.
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