MARTHE ET MARIE

PAUVRES D'ESPRIT - MAINS VIDES

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PAUVRES D'ESPRIT - MAINS VIDES

Message par Joss le Sam 16 Juin 2007 - 17:53

En recherchant des vidéos sur les enfants esclaves, les enfants soldats et les enfants victimes de la misère qui souffrent et meurent silencieusement, sans réconfort, sans reconnaissance, sans palmes du mérite, je me rappelle de nouveau ce songe mystérieux rapporté à sainte Thérèse de l'Enfant Jésus par
soeur Marie de la Trinité à qui elle avait souvent parlé du symbole des mains vides :


Je venais de mourir, et tout à coup, je me trouve avec d'autre personnes, devant une grande porte par où chacun devait passer pour se rendre soit au ciel, au purgatoire, aux limbes ou en enfer. A l'entrée de cette porte, il y avait des casiers différents où chaque particulier devait prendre son lot de bonnes et mauvaises actions pour le faire réviser par les gardiens de la porte et, d'après l'examen, ils leur indiquaient la voie qu'ils devaient prendre pour se rendre soit au ciel, en purgatoire ou en enfer.

Toute tremblante, j'ouvris mon casier et je restai un moment surprise de le retrouver vide. Soudain, je me rappelle le désir que j'avais eu sur la terre de me présenter devant le bon Dieu les mains vides pour éviter tout jugement et avoir place au ciel parmi les saints Innocents qui reçoivent tout gratuitement de l'Amour Miséricordieux.

Pleine d'assurance en voyant là le gage de ma prière exaucée, je me présente à cette porte qui me faisait l'effet d'une douane. Les gardiens me regardent étonnés et, prévenant leurs interrogations, je leur dis "Voulez-vous m'indiquer la voie des petits ? - Par ici" me dit l'un d'eux en m'indiquant une très belle allée. Après avoir marché quelques temps, je me trouvai en face de jardins splendides : c'était le Ciel ! Parmi les nombreux élus, j'apperçus un groupe de vierges qui s'entretenaient ensemble en se promenant ;elles étaient resplendissantes de beauté et jouissaient d'un bonheur incomparable. L'une d'elle m'ayant vue, accourut vers moi et m'embrassa en me souhaitant la bienvenue. Aussitôt, je la reconnus, c'était une sainte religieuse que j'avais connue dans le monde "Ah, lui dis-je, cela ne m'étonne pas de vous voir ici, vous étiez si bonne sur la terre !" - "Oh ! Quelle joie de vous revoir, me dit-elle, nous vivrons heureuses ensemble, toujours !" - "Oui, répliquai-je, je reviendrai vous voir souvent mais je ne reste pas avec vous, je ne suis pas pour la même demeure, vous le voyez, j'ai les mains vides et c'est la voie des petits que je cherche" - "La voie des petits, reprit-elle avec admiration en m'indiquant le chemin, oh ! C'est bien plus haut !..." Je la quittai et poursuivis ma route en montant toujours, et voilà qu'au détour d'une colline, j'apertçus une grande clarté et quelqun dit : "Ici, c'est la voie des petits" Immédiatement, hélas, je m'éveillai ![/i]

Il y a très longtemps, j'ai entendu le récit d'un européen qui débarquait pour la première fois en Indes, à Calcuta (je crois qu'il s'agissait de dominique Lapierre).

Dans le caniveau, il voit un tas de chiffon. Il regarde et croit voir les chiffons bouger. Il s'approche et vois un fourmillement de vers. Sous les chiffons : un homme en train d'agoniser au milieu des passants rongé par les vers

Une vie inutile, piétinée, sacrifiée comme celes de tous ces enfants dont je parlais qui rejoindront la cohorte des tout petits.



Dernière édition par Joss le Mer 27 Avr 2011 - 11:35, édité 1 fois
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Re: PAUVRES D'ESPRIT - MAINS VIDES

Message par Joss le Mar 12 Avr 2011 - 16:38

PREMIÈRE BÉATITUDE


«Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des Cieux est à eux ! MATTHIEU 5,3


ANALYSE SPECTRALE DU CHRISTIANISME

Il y a huit Béatitudes mais elles convergent toutes vers une seule perfection et n'offrent qu'une seule félicité. Dans un rayon de lumière blanche se fondent les sept couleurs du prisme et, pourtant, chacune conserve sa teinte et ses propriétés ; ainsi en est-il de la perfection chrétienne où se fondent, pour ainsi dire, les couleurs de toutes les vertus et les teintes de tous les Dons du Saint-Esprit pour former cette lumière céleste qui reflète quelque chose de la lumière éternelle.

Chacune des Béatitudes nous parle de perfection dans le domaine qui lui est propre, mais, réunies, elles forment une suite merveilleuse de degrés pour monter à Dieu, dont le premier est de
se détacher entièrement des choses de la terre


. La source en est la «crainte de Dieu» et le prix du royaume des Cieux, c'est-à-dire la possession des biens célestes.


«SI TU VEUX ÊTRE PARFAIT...»


«Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor aux Cieux ; puis viens, suis-moi»MATTHIEU
19, 21


«Pareillement donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous les biens ne peut être mon disciple»LUC 14, 33

«Pareillement donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous les biens ne peut être mon disciple»LUC 14, 33

Et pour appuyer davantage sur ce dépouillement, le Maître ne dédaigne pas de recourir à des exemples cueillis dans la vie de tous les jours. Il dit :


«Qui de vous, en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? De peur que, s'il pose les fondations et se trouve ensuite incapable d'achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui en disant :

"Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il a été incapable d'achever!"

Ou encore quel est le roi qui partant en guerre contre un autre roi, ne commencera par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes d'aller à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille ? Sinon, alors que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. Pareillement donc quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple»LUC 14, 28-33


TOUT QUITTER POUR JÉSUS

La plupart des gens, comme le jeune homme de l'Évangile MATTHIEU 19,2attristés par cet enseignement de JÉSUS, lui tournent le dos. C'est qu'au pauvre coeur humain, les choses de la terre adhèrent bien fortement. C'est que, dans l'âme, se trouve bien profondément enracinée la trompeuse conviction que les biens éphémères de ce monde apportent le bonheur. L'on oublie que s'éloigner de JÉSUS, c'est s'éloigner du bonheur, et que fermer son entendement aux paroles de vie, c'est fermer son âme à la félicité qu'elle convoite.

TRAVERSER LES ÊTRES CRÉÉS

Le détachement est déjà en soi la cause d'une grande joie, celle d'être libre, pur, capable de s'élever vers Dieu, et par le moyen même des créatures. A SAINT FRANÇOIS D'ASSISE, qui contemplait la création à travers le prisme magique de son ardent amour, tout servait de motif nouveau pour monter à Dieu : le parfum des fleurs, le chant des oiseaux, le murmure mystérieux de l'eau qui coule et qu'il appelait «sasoeur»



L'aigle D'AQUIN a fait de la science humaine son point de départ pour s'envoler vers la science céleste. Et plusieurs saints rois ne furent-ils pas conduits au royaume éternel par le gouvernement de leur royaume temporel ?

Mais pour qu'elles nous favorisent dans notre ascension vers le ciel, les choses de la terre ne doivent pas nous retenir. Circulons parmi elles, que nos pieds s'y posent, mais n'y attachons pas notre coeur. L'Église demande à Dieu dans l'oraison du troisième dimanche après la pentecôte que, sous sa direction et sa conduite



«nous passions à travers les biens du temps de manière à ne pas perdre ceux de l'éternité»

Nous devons donc suivre la volonté divine et nous contenter de traverser les créatures. Si nous nous y arrêtons, elles se convertissent en obstacle à notre salut et ne nous servent plus d'échelons vers le ciel ; si notre coeur séjourne en elles, elles se changent en attaches et en chaînes pour nous asservir. Elles nous enlèvent la liberté des «Fils de Dieu» ROMAINS 8, 19 et elles-mêmes y perdent la leur, car devenues vie, détournée de leur destin elles gémissent et soupirent, selon l'expression de SAINT PAUL, après cette liberté perdue ROMAINS 8, 21-22


LES PAUVRES SONT LIBRES ET PURS


Pour être heureux, il faut être libre. Le saint détachement est le premier cri de liberté des âmes :

«Heureux les pauvres en esprit»MATTHIEU 5, 3

La pauvreté en esprit nous initie aussi à la joie d'être purs

, non seulement par la vertu spéciale de pureté, qui est de si haute valeur qu'elle mérite ce nom par excellence, mais d'une pureté plus générale, celle qui éloigne du mal et qui rapproche de Dieu, notre Bien suprême.

Le symbole de la pureté est la lumière, car nous la voyons si claire qu'elle peut toucher à tout, même à la fange, sans jamais s'y souiller. L'apôtre SAINT JEAN appelle Dieu
«la Lumière» JEAN 1, 4 , et pour expliquer le mystère de la christianisation aux fidèles d'Éphèse, SAINT PAUL leur dit :

«Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur» ÉPHESIENS 5, 8.

Devenir nous-mêmes lumière, progresser de clarté en clarté jusqu'à notre transformation en images de Dieu, voilà tout le secret de la perfection. Mais que de purifications à subir avant d'en arriver à cette radieuse transformation ! Il faut d'abord chasser de l'âme les ténèbres du péché, ensuite les opacités humaine ; puis, même à celui qui est purifié, il faut encore que le Maître lave les pieds. Si nous semblons sans tâche aux yeux des hommes, le regard de Dieu découvre encore, dans les plus intimes replis de notre être, d'incroyables pans de ténèbres, que sa main miséricordieuse vient chasser pour nous rendre dignes du ciel. Il faut que le coeur s'élève au-dessus des choses de la terre s'il ne veut pas s'y contaminer.

Le détachement n'achève pas l'oeuvre merveilleuse de notre purification, car ce n'est qu'au sommet de la sixième Béatitude que l'âme baigne dans la plénitude de la lumière ; mais déjà sur la montagne de la pauvreté, l'âme commence à se découvrir limpide par contraste avec, au loin, les tristes vallées des choses terrestres couvertes d'ombres. Quelle félicité d'être lumière ! C'est s'approcher de Dieu.



«PLUS PRÈS DE TOI, MON DIEU»

Et s'approcher de Dieu est précisément la récompense que promet la première Béatitude aux «pauvres en esprit». Le royaume des cieux est la possession de Dieu, qui sera totale et sans fin après la mort, mais qui commence dès ce monde, telle une magnifique aurore du jour éternel. La porte de ce royaume de bonheur est le renoncement. A peine les créatures ont-elles quitté notre coeur que Dieu le remplit en y venant habiter Lui-même. A l'instar des eaux de l'océan qui remplissent les moindres trous des rochers qui y baignent, l'océan de la charité de Dieu qui nous environne l'âme en tous ses recoins et profondeurs après que le vide y a été fait.


«OU AS-TU TROUVÉ DIEU ?»

Ernest HELLO répète le mot frappant d'un mendiant qui se tenait à la porte d'une église au temps du célèbre mystique JEAN TAULER . Celui-ci lui demanda :

«Où as-tu trouvé Dieu» ?

Et le mendiant de répondre :

«Là où j'ai abandonné les créatures»

Ces brèves paroles ne sont-elles pas un sublime commentaire de celles du Christ :



«Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux»[MATTHIEU 5, 3



PAUVRETÉ, CRAINTE, ESPÉRANCE

Mais il est évident que, pour atteindre cette divine récompense, le renoncement, fruit des vertus, ne suffit pas ; il nous faut aussi le saint dépouillement, fruit des Dons du Saint Esprit. Les vertus nous enseignent à faire bon usage des créatures ; les Dons déracinent de notre coeur les richesses et les honneurs de manière si parfaite et définitive que nous n'en sommes pas plus chagrinés ni contrariés que si nous étions morts

SAINT THOMAS nous dit que
la première Béatitude correspond au Don de «crainte de Dieu» et à la vertu d'Espérance

. Cette vertu en nous faisant voir les biens éternels, nous soustrait aux biens temporels, tandis que ce Don en nous assujettissant parfaitement à Dieu, nous éloigne de tout ce qui serait une entrave à cette soumission.

Pourtant ne croyons pas que, pour être à base de
«crainte», la Béatitude de la pauvreté est incompatible avec l'amour. La «crainte» qui est Don du Saint Esprit n'est pas la crainte servile qui fuit la douleur, mais la crainte filiale que la pensée de s'éloigner de Dieu épouvante. Comme tous les Dons, celui de la «crainte» provient de la charité et c'est de lui que l'Écriture dit qu'il est le commencement de la sagesse, de cette crainte du Seigneur qui est«gloire, fierté, gaieté et couronne d'allégresse» .SIRACIDE 1, 2.


TOUT ET RIEN, RIEN ET TOUT

La pauvreté en esprit est l'amour qui commence son oeuvre de dépouillement et initie à la douleur, car l'amour, fort comme la mort, brise les liens, arrache, détruit, tout pour tout transformer en lui. L'amour est ainsi, pauvre et très riche, opulent en sa merveilleuse pauvreté ; il se défait de tout, car il donne tout. L'amour, c'est JÉSUS crucifié, prodige de renoncement et abîme de richesses. Il faut nous dépouiller de tout pour trouver l'amour, le trésor sans fin du divin dépouillement de JÉSUS.

«Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des Cieux est à eux ! MATTHIEU 5,3
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