MARTHE ET MARIE

L'affaire de la pièce d'or enfouie

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L'affaire de la pièce d'or enfouie

Message par etienne lorant le Mer 17 Nov 2010 - 16:26

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,11-28.
Comme on écoutait Jésus, il ajouta une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem et que ses auditeurs pensaient voir le royaume de Dieu se manifester à l'instant même.
Voici donc ce qu'il dit : « Un homme de la grande noblesse partit dans un pays lointain pour se faire nommer roi et rentrer ensuite chez lui.
Il appela dix de ses serviteurs, leur distribua dix pièces d'or et leur dit : 'Faites-les fructifier pendant mon voyage. '
Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : 'Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous. '
Mais quand il revint après avoir été nommé roi, il convoqua les serviteurs auxquels il avait distribué l'argent, afin de savoir comment chacun l'avait fait fructifier.
Le premier se présenta et dit : 'Seigneur, ta pièce d'or en a rapporté dix. '
Le roi lui dit : 'Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l'autorité sur dix villes. '
Le second vint dire : 'Ta pièce d'or, Seigneur, en a rapporté cinq. '
A celui-là, le roi dit encore : 'Toi, tu seras gouverneur de cinq villes. '
Un autre encore vint dire : 'Seigneur, voici ta pièce d'or, je l'avais mise de côté dans un linge.
En effet, j'avais peur de toi : tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n'as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n'as pas semé. '
Le roi lui dit : 'Je vais te juger d'après tes propres paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n'ai pas déposé, que je moissonne ce que je n'ai pas semé ;
alors pourquoi n'as-tu pas mis mon argent à la banque ? A mon arrivée, je l'aurais repris avec les intérêts. '
Et le roi dit à ceux qui étaient là : 'Retirez-lui la pièce d'or et donnez-la à celui qui en a dix. '
On lui dit : 'Seigneur, il en a déjà dix ! -
Je vous le déclare : celui qui a recevra encore ; celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.
Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et mettez-les à mort devant moi. ' »
Après avoir dit ces paroles, Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem.

Un jour, c'est le sermon - improvisé et raté - d'un tout jeune curé, qui m'a aidé à mieux comprendre cette parabole. Je suis à peu près sûr qu'il ne l'avait pas préparé (car c'était une 'messe de jeunes' avec tout ce que cela comporte... d'effets sonores pour essayer de retenir l'attention...). Bref, le pauvre commence par dire qu'il n'aime pas beaucoup ce texte-là, que le 'gars' qui n'a reçu qu'une pièce d'or, çà n'est pas très juste... et naturellement, après avoir dit çà, il n'est plus arrivé à suivre aucune logique ! Or, moi, à ce moment-là, pour qui ce texte n'était pas facile non plus, j'ai compris tout d'un coup et je me suis retourné sur mon voisin pour le prendre à témoin : "Mais qu'est-ce qu'il raconte ? C'est de travail qu'il s'agit, bien sûr ! Dix pièces d'or, beaucoup de boulot ! Une pièce d'or, facile ! Et celui qui n'a reçu qu'une pièce, le maître le connaissait tel il est, peu vaillant, et il a voulu lui donner un travail moins lourd que celui des autres, c'est tout simple !

Car en fait, si l'on considère les choses sous cet angle, le reste suit naturellement: l'homme à la pièce unique, non seulement n'était pas très chaud d'aller travailler, mais la suite montre qu'il a carrément plongé dans la fainéantise! Il était tiède au point de ne pas prendre le risque de placer sa pièce à la banque... où elle aurait rapporté ce que rapporte une pièce - ou de la confier à un plus vaillant, mais il s'est empressé de l'enterrer dans un vulgaire mouchoir. Outre cela, il calomnie son maître en faisant répandre le bruit que celui-ci n''est qu'un homme méchant et cruel, capable d'infliger à ses serviteurs toutes sortes de sévices injustes... Quand on y pense : n'est-ce pas le langage de tous les "planqués" ? Dans toutes les armées, il existe des caporaux et des sergents qui sont des terreurs pour leurs subordonnés, mais aussi des hommes que l'on manipule à volonté, car ils sont veules.

Lorsque ce maître, devenu roi, exige qu'on lui retire sa pièce et qu'on la remette à celui qui en possède déjà dix, tous s'étonnent ! Et pourtant, telle est la vraie justice: celui qui aime le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, sera comblé au-delà même de ses espérances les plus fortes.

L'évangile de ce jour n'est donc pas pour causer de la crainte mais susciter de l'ardeur. "Celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a", voilà un mot dont ne voudraient certes pas les politiciens de notre époque !. (Churchill, cependant, a pu se permettre de dire "Je ne vous promets que de la sueur, du sang et des larmes" - et il m'arrive parfois de songer que ce n'est pas "hors sujet"... )
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