MARTHE ET MARIE

Quitter Nicée et revenir à Nazareth

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Quitter Nicée et revenir à Nazareth

Message par mandonnaud le Mar 6 Juil 2010 - 14:26


Cher amis de Légaut et cher André Costabel,

Dans votre article "Quitter Nicée et revenir à Nazareth" ci-dessous, vous vous appuyez sur des faits historiques de l'époque du concile de Nicée, et complémentaires pour les politiques de l'Empire, pour rejeter les dogmes du concile de Nicée.
Mais le travail des évêques du Concile de Nicée était bien au-delà de ces considérations et visait l'importance de la personne de Jésus vis à vis de la présence de Dieu en lui.

Vous profitez de votre article pour saper "le corps du Christ".
Mais quand on aime et étudie et vit de l'évangile, du vécu de Jésus historique, on se nourrit aussi des réflexions de Nicée pour asseoir la prière, l'un enrichit l'autre. Le travail de la foi s'aide de l'évangile, des conciles, mais aussi des connaissances scientifiques, pour épanouir l'amour de Dieu en sa vraie grandeur. Le corps du Christ est présent en tout homme, et c'est le blesser que de lui demander de choisir entre les deux : évangile ou credo.

Comme, aussi, le corps du Christ en l'homme grandit et se perfectionne quand aussi se vit plus de justice sociale et d'amour des pauvres.

Et le corps du Christ est même présent dans la recherche d'athées exigeants et authentiques en qui monte, dans le silence et la solitude, une présence qu'ils reçoivent comme un absolu d'amour et de présence qui les dépasse.

Dénigrer Nicée ne fait pas grandir en connaissance de Jésus, ni en meilleur amour des hommes. Le vrai travail de la foi ne dénigre rien, mais, par la prière et le vécu de l'évangile, ouvre l'esprit et l'amour à la dimension de la charité du Christ, en hauteur,profondeur, largeur et longueur.

amitiés,
Paul Mandonnaud de Limoges

QUITTER NICEE ET REVENIR À NAZARETH - André Costabel - andre.costabel@wanadoo.fr


Les religions chrétiennes sont frappées d’un doute sur leur avenir dans l’évolution du Monde. C’est pourquoi surgit cette question. Est-il opportun de penser qu’un retour aux sources soit de nature à effacer ce doute ? Une étude d'Etienne Vérougstrate, il y a une trentaine d’années, traitait de l’évolution du Christianisme au cours des trois premiers siècles. Elle montrait de façon claire comment, au concile de Nicée, l’aboutissement avait été de faire du fils de Dieu, Le Dieu, le fils de la Trinité divine.

Tout était parti du Nazaréen avec son message qui bousculait sur bien des points les lois du Judaïsme. Comme le décrit J M Muller dans son livre Désarmer les Dieux, Jésus a concrétisé les prophéties d’Isaïe et de Michée qui, en contradiction avec la majorité du Premier Testament, prévoyaient le temps de la fraternité universelle, un temps désiré par Dieu où le fer des épées servirait uniquement à cultiver la terre.

Au jardin des oliviers, le symbole de cette concrétisation est le désarmement de Pierre par Jésus.


Pour soulager et éteindre les souffrances de l’humanité, il fallait proscrire le désir de vengeance, le dogme du mal rendu contre le mal. C’est ainsi que le bassin méditerranéen fut secoué par un vaste mouvement issu de l’enseignement évangélique, rassemblant tous ceux qui souffraient de la brutalité de l’Empire Romain. L’attitude des Martyrs symbolise cette adhésion massive.


Mais Rome veillait à conserver l’unité de l’Empire. Les chrétiens, de leur côté, se dispersèrent dans des discussions de plus en plus violentes pour définir qui était Jésus. Constantin, devenu Empereur, soucieux d’assurer la pérennité de Rome, annexa le Christianisme et, pour être sûr de l’unité politique, légiféra à travers différents conciles dont Nicée sur les fondements de la religion instrument du pouvoir. Ses successeurs, Théodose en particulier, allèrent encore plus loin en utilisant la répression de l’Etat pour obtenir l’adhésion des peuples aux conceptions de la religion émises par les conciles.

Les dogmes ont été proclamés ainsi que l’obligation absolue d’y adhérer sous peine de sanctions. Le magnifique élan des premiers siècles vers le règne de l’amour du prochain fut rompu au profit de structures organisées en vue d’assurer la possession d’une vérité indiscutable. Mais cette dernière est de plus en plus en porte-à-faux par rapport aux connaissances acquises et le mal continue à secouer le Monde.


Revenir à Nazareth, c’est faire retour vers le Christ authentique, celui de l’histoire. Il ne s’agit pas de tout retenir de la période de Jésus au contexte totalement différent du nôtre, où régnait l’illusion que l’homme était le centre d’intérêt du Monde et le centre d’intérêt de Dieu. Il s’agit simplement de redonner la place essentielle aux valeurs qui étaient la base de l’enseignement de Jésus, l’amour, le refus de toute justification de la violence, l’effort permanent vers la perfection. C’était de ces valeurs qu’était née l’espérance d’un monde meilleur qui avait enflammé l’enthousiasme des premiers chrétiens.
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