MARTHE ET MARIE

INHUMATION : Enterrement ou crémation ?

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INHUMATION : Enterrement ou crémation ?

Message par LE RÉFORMATEUR le Mar 8 Sep 2009 - 20:33

Enterrement ou crémation ?


l - PRATIQUE EN FRANCE

2 - POSITION DE L'EGLISE CATHOLIQUE

Origine
Recrudescence de la crémation
Refus constant de la crémation par l'Eglise
CONCLUSION




(seul le Saint-Père est infaillible lorsqu'il parle "ex cathedra" de la foi et des moeurs. Le texte qui suit n'engage donc que la responsabilité de son auteur... et Serviam encourage vivement le lecteur à réfléchir personnellement sur la question.... )
Note de Serviam : Les canons cités dans cet article sont ceux du Code de droit canon de 1917... Or la législation de l'Eglise a changé dans ce domaine. Voici le canon 1176 § 3 : "L'Eglise recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d'ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n'interdit pas l'incinération, à moins que celle-ci n'ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne".
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La mort est la conséquence du péché originel: "Tu es poussière et reviendras en poussière". Mais, Jésus Christ par sa Passion et sa Résurrection nous a apporté la résurrection de nos corps créés à l'image de Dieu. C'est la raison pour laquelle l'Église n'a jamais cessé de proscrire I 'incinération, la jugeant antichrétienne. Dans le nouveau Code de droit canon, Rome, cédant aux pressions organisées, l'autorise.
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l - PRATIQUE EN FRANCE
De plus en plus se répand en France l'usage de faire incinérer les morts. Les statistiques annuelles de la crémation démontrent que la progression prévue est bel et bien en train de passer au stade des réalités. En 1993, l'augmentation des crémations est passée à plus de 6.000 opérations supplémentaires. Paradoxalement, on assiste ces dernières années à un tassement des implantations nouvelles de crématoriums: la cause résulte certainement de la réforme récente quant au statut du crématorium. Il est probable cependant que nous atteindrons le cap des 20 % de crémation dès les premières années du XXIe siècle. Les seules variables qui pourraient modifier cette évolution sont les facteurs technologiques et économiques. Sur le plan technologique, il se pourrait qu'au XXle siècle le rayon laser intervienne comme moyen de combustion: on réduirait à moins de vingt minutes la durée totale de l'opération. Les statistiques de destination des cendres font apparaître aujourd'hui au niveau national plus de remise de cendres aux familles (64 %), plus de dispersions-immersions et moins de mises au columbarium (7 %) ou de sépultures cinéraires (2 %).

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2 - POSITION DE L'EGLISE CATHOLIQUE
Pour comprendre quelle peut être l'attitude actuelle de l'Eglise Catholique par rapport à l'incinération, il faut en connaître l'évolution.
Le catéchisme nous enseigne, parmi les oeuvres de miséricorde temporelle, l'ensevelissement des morts. C'est en effet un devoir:

- de veiller les morts, et ne pas les laisser à la morgue ou à l'hôpital,
- de pourvoir à leur sépulture chrétienne,
- de prévoir la cérémonie, et le lieu au cimetière,
- de bannir la crémation.
La crémation est le procédé de destruction des cadavres par la chaleur. l e corps. dans un cercueil spécial en bois léger est placé dans un four crématoire à plus de 1000 CC pendant une heure. Ce procédé date du siècle dernier. Autrefois, comme en Inde, la crémation se faisait sur un bûcher.

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Origine
Dans l'Antiquité, c'était une pratique courante chez les païens, notamment chez les Grecs et les Romains; en Perse et en Egypte, l'enterrement était préféré; chez les Juifs, depuis Abraham, l'enterrement était toujours pratiqué, les Hébreux ensevelissant même les morts de leurs ennemis après une bataille (cf. Ex. 39. 1 1-15)
L'Eglise ne cessa de proscrire l'incinération des corps; ainsi cette décision du Saint-Office, du 19 mai 1886 : "... non, il n'est pas licite de s'affilier aux sociétés qui se proposent de promouvoir l'usage de la crémation: et s'il s'agit de sociétés filiales de la franc-maçonnerie, on encourt les mêmes peines portées contre elle "...
Le pape Léon Xlll, approuvant ce décret, ordonna qu'il soit communiqué aux évêques afin qu'ils fassent "donner aux fidèles les enseignements opportuns touchant le détestable abus de la crémation".
Le Code de Droit Canon (cf. can. 1203 § I & 2; 1240, ~ I n.5~) maintient cette condamnation et stipule qu"il n'est pas permis d'exécuter la volonté de quiconque a ordonné d'incinérer son corps"; et refuse la sépulture ecclésiastique au cadavre des fidèles qui, par leur propre volonté, auraient fait choix de la crémation (cf. can. 2339).
Seules des circonstances extraordinaires (guerre, épidémie. catastrophe, etc.) peuvent justifier exceptionnellement l'incinération.
Une question se pose: pourquoi cette attitude de l'Eglise ?
* Parce que la mort pour le chrétien est conséquence du péché. Mais si nous sommes venus de la poussière et retournons par la mort à la poussière, IL N'Y A JAMAIS DANS LA MORT L'IDEE D'ANEANTlSSEMENT QU'EXPRIME L'INCINERATION.
La mort est comme un dortoir où le fidèle sommeille dans l'attente de la bienheureuse résurrection. Souvenons-nous de la beauté de notre Credo: "Je crois en la résurrection de la chair", de notre antique et vénérable liturgie romaine: "que leur soit accordé le lieu du repos, de la fraîcheur spirituelle après les lourds travaux de cette terre, et de la Paix".
Un jour. ces corps reposant dans nos cimetières, ressusciteront: ils furent conçus corruptibles, ils ressusciteront incorruptibles (I Cor. 15, 42). Mais cette résurrection aura lieu ! Car déjà nous en avons reçu le germe par notre baptême nous communiquant la vie éternelle.
*Parce que cette coutume a un caractère foncièrement antireligieux
Au symbolisme spiritualiste que l'Eglise enseigne, celui de la vie de l'âme et du corps temple du Saint Esprit, appelé à revivre, on veut substituer l'idée du néant: tout n'est que matière, celle-ci détruite, il ne reste rien de l'homme et l'on mettra sur les tombes une colonne tronquée. Hélas ! Rome a cédé aux pressions: le nouveau code autorise désormais, sans les approuver, les nouvelles funérailles par crémation, à condition que le défunt les ait désirées sans esprit sectaire et de sa propre initiative. Mais c'est contraire à la pratique constante de l'Eglise. Le 19 septembre 1989, la Congrégation romaine du Culte divin et des Sacrements a précisé: "les points fondamentaux dont il faut tenir compte :

- Il est dû aux cendres, le même respect que celui réservé au corps du défunt et à ses restes;
- Aussi les cendres doivent être dûment et correctement placées dans un compartiment du cimetière ou un lieu adéquat, en tenant compte des lois civiles en la matière (elles ne doivent donc pas être dispersées ou non conservées);
- Les cendres, une fois placées ne doivent pas changer de place ou être enlevées, mais doivent conserver la même stabilité que toute autre dépouille.

De source religieuse non officielle, il est ajouté: "que ce soit l'inhumation sous la forme habituelle ou l'incinération, l'Eglise demande que les restes du défunt soient déposés dans un cimetière chrétien béni selon les rites. Si cela ne peut être obtenu, chaque tombe sera chaque fois bénie selon les rites".
Les chrétiens ensevelissaient pieusement leurs morts, spécialement les martyrs, d'abord dans des propriétés privées ( ex nécropole des saintes Priscille et Domitille) puis, au llle siècle, sur la Voie Appia, dans le premier "cimetière" propriété de l'Eglise de Rome.
Cymiterium signifie dortoir: dans le repos de la mort. les chrétiens attendent le réveil éternel.
Ainsi, depuis la fondation de l'Eglise et jusqu'au lendemain du concile Vatican II, l'inhumation a été le mode exclusif de sépulture des catholiques.
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Recrudescence de la crémation
Les communistes en URSS n'ont pu instaurer la pratique de la crémation faute de pouvoir installer sur tout le territoire les équipements nécessaires. En France, pendant la Révolution, on pratiquait l'inhumation; sous la llle République, la F.M., "religion laïque", voulut instaurer et généraliser la crémation. Quelques dates: - 1874-1876: un concours fut organisé par le préfet de la Seine pour rechercher les meilleurs moyens d'incinération; - 1880: fondation de la "Société pour la propagation de la crémation" - 1887: loi sur la liberté des funérailles (votée par 361 voix dont 268 F.M ). Le Docteur F. Blatin, bien connu pour ses idées farouchement antireligieuses, fera adopter un amendement à la loi sur la liberté des funérailles: "Tout citoyen. majeur ou mineur émancipé peut adopter l'inhumation ou l'incinération pour son mode de sépulture".
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Refus constant de la crémation par l'Eglise
La réponse de l'Eglise ne tarde pas. Loin de favoriser cette campagne en faveur de la crémation, l'Eglise va s'y opposer fermement dès 1886 (décret du Saint-Office du 19 mai 1886):

- Interdiction de donner son nom aux sociétés qui ont pour but de promouvoir l'usage d'incinérer les cadavres humains. Si ces sociétés sont affiliées à la secte maçonnique, on encourt les peines portées contre elle.
- Il n'est pas licite d'ordonner la crémation de son cadavre ou du cadavre d'autrui.
Deuxième décret le 15 décembre 1886: le cadavre des fidèles qui par leur propre volonté auraient fait choix de la crémation, et, de notoriété certaine, auraient persévéré jusqu'à leur mort dans cette résolution sera privé de la sépulture ecclésiastique selon les règles du Rituel romain relatives aux pêcheurs publics.
Un troisième décret en date du 27 juillet 1892 interdira la célébration publique de la messe pour le repos de leur âme (mais on pourra toujours la célébrer en forme privée). "à moins que la bonne foi ne les ait excusés". Certes, le rite de l'inhumation n'est pas imposé par un commandement de Dieu. Il rentre dans le cadre du droit ecclésiastique et dépend donc du Pape et du Concile général, mais il s'inscrit comme normal dans la vie du chrétien comme expression de sa foi en la résurrection de la chair. L'histoire de l'Eglise le prouve: dès les origines, l'inhumation s'implante partout: on enterre les martyrs, on vénère leurs tombes qui deviennent des lieux de pèlerinage.
En Orient comme en Occident, la coutume est respectée comme une règle donnée par les apôtres et la coutume s'est maintenue... jusqu'au XIXe siècle. Certes. cet usage n'est pas dicté par la Révélation même, mais comme une sainte pratique bénie par l'Eglise qui peut en cas de nécessité la modifier.

Ainsi, dans toute la chrétienté, on trouve la pratique constante de l'enterrement ''pour honorer les morts" et pour honorer la parole de Dieu " tu es poussière et tu redeviendras poussière".
La crémation fut d'abord condamnée par le concile de Paderborn (785) - "Quiconque fait brûler un corps suivant la coutume païenne sera puni de mort".

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CONCLUSION
Sous de faux prétextes, on voudrait escamoter la mort.

- On a commencé par rejeter les cimetières à la périphérie des agglomérations (1803 et 1843).
- On a enlevé aux églises le service extérieur des pompes funèbres, au profit des communes (1904).
- Peu à peu on a éliminé le port du deuil public (après 1945)
- On en arrive de nos jours à des funérailles sinistres, entre la morgue et la fourgonnette des croque morts, pour lesquels le clergé ne se dérange même plus...

Catholiques, soyons avertis et décidés:

- Ne nous laissons pas berner par les clichés modernes et athés sur l'incinération.
- Notre corps a été et demeure toujours le temple de la Sainte Trinité. Dieu nous a crées corps et âme. Le corps rejoindra cette âme ou pour une résurrection de joie ou pour une résurrection de damnation. Mais dans cette attente, nous nous devons de respecter ce sommeil chargé d'espérance et d'y mettre tout le respect voulu:
- visiter régulièrement les cimetières qui sont des lieux saints,
- fleurir nos tombes,
- prier pour nos morts afin qu'ils soient délivrés, par le Précieux Sang du Christ, de leurs péchés,
- empêcher nos maires et nos ministres de ravager ces lieux saints pour en faire des parking ou des jeux de boules...
Chrétiens, soyons fiers de notre foi. A travers tous ces rites, combien respectables, elle s'exprime.
Défendons-les.
"L'Eglise qui, comme Mère, a porté sacramentellement en son sein le chrétien durant son pèlerinage terrestre, l'accompagne au terme de son cheminement pour le remettre entre les mains du Père. Elle offre au Père, dans le Christ, l'enfant de sa grâce et elle dépose en terre, dans l'espérance, le germe du corps qui ressuscitera dans la gloire." (n° 1683, Catéchisme de l'Eglise Catholique).

Source: www.regard.eu.org/Edification/.../EOUCREMATION.html

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