MARTHE ET MARIE

SAINT BENOIT LABRE

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SAINT BENOIT LABRE

Message par Joss le Dim 22 Mar 2009 - 11:00

SAINT BENOIT LABRE LE VAGABOND DE DIEU 1748 /1783 - FETE LE 16 AVRIL- Saint patron des célibataires, des mendiants, des pèlerins, des itinérants


Gisant de Benoit Labre à Amettes (62)

BENOÎT, UN EXCLU. Il voulait être moine. Il n'a jamais été accepté à cause de sa santé et de sa psychologie. Il a découvert peu à peu que son cloître était la route.

BENOÎT ET LES PHILOSOPHES DE SON TEMPS. Benoît ne les a pas lus. Il n'a rien écrit sinon les deux lettres à ses parents. Il a prié intensément, extraordinairement. Cela était sa Sagesse.

BENOÎT N'A RIEN ORGANISÉ. Il a eu cependant après sa mort un grand rayonnement dans le monde des chrétiens sociaux et démocrates du début du XXème siècle.

BENOÎT A PARCOURU L'EUROPE. Long parcours pacifique de 30,000 km environ, toujours à pieds ! Spirituellement, ne pouvait-on pas le considérer comme un Père fondateur de l'Europe ?



CLIQUER ICI POUR ECOUTER LE DOCUMENT AUDIO RACONTANT SA VIE


Fils d'un cultivateur de l'Artois, aîné de quinze enfants, Benoît a, apparemment, échoué dans tout ce qu'il a ardemment désiré; et il a gardé la paix du coeur.

Les portes se fermant devant lui les unes après les autres, il ne désespère pas. Il se remet en route, couchant dans les fossés, vivant de ce qu'on lui donne, continuant de chercher d'autres chemins pour aller vers son But.
Soumis à tous, à ses parents d'abord, puis, dans son appel intérieur, à ceux qui ont la charge des monastères auxquels il va frapper, à ses confesseurs, aux évènements, à la volonté de Dieu qui sans relâche le " dé-route", il continue de marcher humblement, silencieusement.
Sans apparence, sans " rien pour attirer les regards", il traverse l'Europe avec sa besace et avec son Crucifix au cou, parcourant 30.000 kilomètres en passant de monastère en monastère puis de sanctuaire en sanctuaire, jusqu' à ce qu'il s'établisse à Rome, d'où il fera des trajets fréquents au sanctuaire de Lorette, avant de mourir dans un dénuement total.
Ainsi, saint Benoît Labre, on plein " siècle des Lumières " pauvre et détaché de tout et d'abord de lui-même, considéré comme un pèlerin, ou comme un mendiant parmi d'autres, pouilleux, sale et couvert de vermine, est acclamé comme un saint lorsqu'il meurt à Rome, à 35 ans

Extrait de St-Benoit Labre, un pas après l'autre,

de Marie-Elisabeth BABEAU aux éditions du Livre Ouvert.

Benoît Labre (Amettes, Pas-de-Calais, 1748 - Rome 1783)



Le vagabond de Dieu

Pauvre, vêtu de haillons, malpropre et errant a travers l'Europe, tel apparaît le pèlerin mendiant.

Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes dans le diocèse de Boulogne-sur-Mer le 25 mai 1748. Il était l'aîné de quinze enfants. Ses parents vivaient de l'exploitation d'une petite terre et d'une boutique de mercerie. Il fut confié pour son éducation à des oncles ecclésiastiques qui lui apprirent l'abnégation. Très jeune il songea à la Trappe, mais ses parents s'y opposèrent. À dix-huit ans, il entra à la chartreuse de Val-Sainte-Aldegonde, où on ne le garda pas. Il marcha des kilomètres pour atteindre la grande Trappe on ne le reçut pas. Il réussit cependant à faire un essai de six semaines à la chartreuse de Neuville, ce fut un échec. Il fut chassé aussi de l'abbaye cistercienne de Sept-Fons. Il partit alors pour Rome.

H traversa Paray-le-Monial, où, recru de fatigue, il passa vingt jours à l'hôpital. En arrivant à Tarare, il fut pris pour un espion lyonnais et chassé par les capucins. Puis il arriva à Lorette et y resta huit jours. A Assise, il s'enrôla parmi les cordeliers. Enfin le 3 décembre 1770, il entrait dans Rome et demanda asile à l'hôpital Saint-Louis. Il visita les basiliques et suivit les offices de la semaine sainte.

Il était vêtu de haillons, portait un scapulaire de novice et un sac qui contenait toutes ses richesses, à savoir l'imitation de Jésus-Christ, un Évangile et le bréviaire qu'il récitait chaque jour.

E Rejeté mais canonisé

Incroyablement pouilleux, il ne demandait rien, n'acceptait qu'un minimum de nourriture, distribuait ce qu'il avait en trop et dormait où il pouvait. À Ban, passant devant une prison et entendant les plaintes des captifs, il s'arrêta et chanta les litanies de la Vierge. Les passants donnèrent leur obole, il recueillit le tout et le transmit aux prisonniers. Il parcourut

ainsi l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la France, l'Espagne. A Moulins on le soupçonna d'un vol et l'accès à l'église lui fut interdit. En Gascogne, il porta secours à un blessé, fut accusé d'en être l'agresseur et mis en prison. À Aix-en-Provence il vécut dans une caverne couverte de ronces.

Il finit par s'installer dans les ruines du Colisée, à Rome, en souvenir des chrétiens qui y furent martyrisés. Il ne rougissait pas d'être le plus malpropre parmi les mendiants et d'être dévoré par la vermine. Il fut pris d'un malaise alors qu'il était en prière à Notre-Dame-des-Monts.

Il se traîna dans la rue. Le boucher Zaccarelli, le reconnaissant, l'emmena dans sa maison, il y mourut peu de temps après. Ses obsèques furent triomphales. Il fut canonisé en 1881.



PAROLE DE SAINT BENOIT LABRE


À l'exception de deux lettres adressées à ses parents, nous avons très peu de paroles attribuées à Benoît Labre.

Son propos le plus célèbre est sa réponse à la question : «Comment devons-nous aimer Dieu ?»


«Pour aimer Dieu, il faut trois coeurs en un seul. Le premier doit être de FEU envers Dieu et nous faire penser continuellement à lui, agir constamment pour lui. Le deuxième doit être de CHAIR envers le prochain et nous porter à l'aider dans ses besoins spirituels par l'instruction, le conseil, l'exemple et la prière. Il doit surtout s'attendrir pour les pécheurs. Le troisième doit être de BRONZE pour soi-même et résister sans relâche à un amour égoïste de soi.»

"Quand il s'agit de charité envers le prochain, il faut tout sacrifier


Dernière édition par Joss le Dim 22 Mar 2009 - 12:55, édité 3 fois
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Re: SAINT BENOIT LABRE

Message par Joss le Dim 22 Mar 2009 - 11:12

DEUX LETTRES DE SAINT BENOIT LABRE A SES PARENTS



Mon très cher père et ma très chère mère,

Je vous apprends que les chartreux ne m'ont pas jugé propre pour leur état; j'en suis sorti le second jour d'octobre. Je regarde cela comme un ordre de la Providence qui m'appelle à un état plus parfait. Ils m'ont dit que c'était la main de Dieu qui me retirait de chez eux.

Je m'achemine vers la Trappe, ce lieu que je désire tant et depuis si longtemps.

Je vous demande pardon de toutes les désobéissances et de toutes les peines que je vous ai causées. Je vous prie l'un et l'autre de me donner votre bénédiction, afin que le Seigneur m'accompagne. Je prierai le bon Dieu pour vous tous les jours de ma vie. Surtout ne soyez pas inquiets à mon égard. Quand j'aurais voulu rester dans ce couvent, on ne m'y aurait pas reçu ; c'est pourquoi je me réjouis beaucoup de ce que le Tout-Puissant me conduit.

Ayez soin de l'instruction de mes frères et sœurs, et surtout de mon filleul.

Maintenant la grâce de Dieu, je ne vous coûterai plus jamais rien et ne vous ferai plus aucune peine. Je me recommande à vos prières. Je me porte bien et je n'ai pas donné d'argent au domestique. Je ne suis sorti qu'après avoir fréquenté les sacrements. Servons toujours le bon Dieu et il ne nous abandonnera pas.

Ayez soin de votre salut. Lisez et pratiquez ce qu'enseigne le Père l'Aveugle; c'est un livre qui enseigne le chemin du ciel et, sans faire ce qu'il dit, il n'y a pas de salut à espérer. Méditez les peines effroyables de l'enfer, que l'on y endure une éternité tout entière pour un seul péché mortel qu'on commet si aisément. Efforcez-vous d'être du petit nombre des élus.

Je vous remercie de toutes les bontés que vous avez eues pour moi et des services que vous m'avez rendus. Le bon Dieu vous en récompensera.

Procurez à mes frères et sœurs la même éducation que vous m'avez donnés; c'est le moyen de les rendre heureux dans le ciel: sans instruction on ne peut se sauver. Je vous assure que vous êtes déchargés de moi. Je vous ai beaucoup coûté; mais soyez assurés que moyennant la grâce de Dieu, je profiterai de tout ce que vous avez fait pour moi. Ne vous affligez point de ce que je suis sorti de chez les chartreux; il ne vous est pas permis de résister à la volonté de Dieu qui en a ainsi disposé pour mon plus grand bien et pour mon salut.

Je vous prie de faire mes compliments à mes frères et sœurs. Accordez-mois vos bénédiction; je ne vous ferai plus aucune peine, Le bon Dieu que j'ai reçu avant de sortir, m'assistera et me conduira dans l'entreprise qu'il m'a inspiré. J'aurai toujours la crainte de Dieu devant les yeux et son amour dans le cœur".

J'espère fort être reçu à la Trappe. En tout cas, on m'assure que l'ordre de Sept=Fons n'est pas si rude et qu'on y reçoit plus jeune; mais je serai reçu à la trappe.

À Montreuil, ce 2 octobre 1769.

Votre humble serviteur,

Benoît-Joseph Labre

(Première lettre de Benoît Labre à ses parents écrite à Montreuil, le 2 octobre 1769)



Mon très cher père, ma très chère mère,

Vous avez appris que je suis sorti de Sept-Fons, et vous êtes sans doute en peine de savoir quelle route j'ai prise depuis, et quel état de vie j'ai envie d'embrasser. C'est pour m'acquitter de mon devoir et vous tirer d'Inquiétude que je vous écris cette présente; je vous dirai donc que je suis sorti de Sept-Fons le 2 de juillet. J'avais encore la fièvre quand je suis parti et elle m'a quitté au quatrième jour de marche; et j'ai pris le chemin de Rome.

Je suis bientôt à présent à moitié du chemin; je n'ai guère avancé de puis que je suis sorti de Sept Fons, parce que pendant le mis d'août il fait de grandes chaleurs dans le Piedmont où je suis; et que j'ai été retenu pendant trois semaines dernièrement dans un hôpital, où j'ai été assez bien, par une petite maladie que j'ai eue. Au reste je me suis bien porté depuis que je suis sorti de Sept-Fons.

Il y a en Italie plusieurs monastères où la vie est fort régulière et fort austère. J'ai dessein d'entrer dans quelqu'un et j'espère que Dieu m'en fera la grâce. J'en sais même un de monastère, de l'ordre de la Trappe, dont l'abbé a écrit à un abbé de France que s'il allait des Français dans son abbaye, qu'il les recevrait parce qu'il lui manquait des sujets. J'ai tiré de bons certificats de Sept-Fons. Je ne manquerai pas de vous envoyer de mes nouvelles; je voudrais bien en avoir des vôtres, et de mes frères et sœurs. Mais cela n'est pas possible à présent, parce que je ne suis pas arrêté dans un lieu fixe.

Je ne manque pas de prier Dieu pour vous tous les jours; je vous demande pardon de toutes les peines que je peux vous avoir causées et vous prie de m'accorder vos bénédictions, afin que Dieu bénisse mes desseins. C'est par l'ordre de sa Providence que j'ai entrepris le voyage que je fais. Ayez soin surtout de votre salut, et de l'éducation de mes frères et sœurs. Veillez sur leur conduite. Pensez aux flammes éternelles de l'enfer et au petit nombre des élus. Je suis bien content d'avoir entrepris le voyage que je fais. Je vous pris de faire mes compliments à ma grand'mère et mon grand'père, à mes tantes, à mon frère Jacques, à mes frères et sœurs, et à mon oncle Chois. Je vais entrer dans un pays où il fait bon pour les voyageurs. IL m'a fallu affranchir la lettre pour sortir des États du Roi de Sardaigne, tant qu'elle fut arrivé en France.

Je finis en vous demandant derechef vos bénédictions, et pardon des chagrins que je vous ai occasionnés.

Fait en la ville de Quiers en Piedmont, ce 31 août 1770.

Votre très affectionné fils,

Benoît-Joseph Labre



(Seconde lettre de Benoît Labre à ses parents, écrite à Chieri, en Piedmont, le 31 août 1770)
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Re: SAINT BENOIT LABRE

Message par Joss le Dim 22 Mar 2009 - 12:54



Paul Verlaine — Amour



JOUR DE LA CANONISATION 1888
de Saint Benoit-Joseph Labre




Comme l’Église est bonne en ce siècle de haine,
D’orgueil et d’avarice et de tous les péchés,
D’exalter aujourd’hui le caché des cachés,
Le doux entre les doux à l’ignorance humaine


Et le mortifié sans pair que la Foi mène,
Saignant de pénitence et blanc d’extase, chez
Les peuples et les saints, qui, tous sens détachés,
Fit de la Pauvreté son épouse et sa reine,


Comme un autre Alexis, comme un autre François,
Et fut le Pauvre affreux, angélique, à la fois
Pratiquant la douceur, l’horreur de l’Évangile !


Et pour ainsi montrer au monde qu’il a tort
Et que les pieds crus d’or et d’argent sont d’argile,
Comme l’Eglise est tendre et que Jésus est fort !
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