Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
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Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
En quittant la synagogue de Capharnaüm, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon
était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever.
La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades,
et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais
et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était. (Mc 1, 29-34)
Jésus soulage la souffrance spirituelle comme la souffrance physique, cela montre que la souffrance de quelque ordre qu’elle soit n’est pas voulue par Dieu, cela montre que la souffrance est toujours un mal. Cela montre que toute une théologie de la souffrance qui veut nous expliquer que Dieu non seulement permet la souffrance mais nous frappe par elle afin de nous purifier n’est pas une théologie authentiquement chrétienne.
Ce n’est pas Dieu qui veut que nous souffrions, Dieu n’est pas sadique, jamais il n’a voulu que nous souffrions.
Les évangiles, comme d’ailleurs la référence en la matière dans l’AT, je veux parler du livre de JOB, ne donnent pas d'explication au problème de la souffrance ; si nous en attendions une, nous serons déçus ; mais il nous indique le chemin : ne pas retenir nos cris, mais garder confiance et tenir fort la main de Dieu : puisqu'Il est avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Comme dit Claudel, « Jésus n'est pas venu expliquer la souffrance mais l'habiter par sa présence ».
La souffrance est un mystère et il est vain d’en chercher une explication théologique : nous commettrions les mêmes erreurs que les « amis » de Job qui au lieu de compatir avec lui et de le soulager autant que faire se peut, lui proposaient toute sorte d’explications et lui assénaient des sermons insipides et qui le laissaient totalement dans sa détresse.
Réflexe qui est donc ancien et qu’on continue à voir, en partant de la « sagesse » la plus populaire (Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? Il ne l’a pas volé, etc…) jusqu’à la pseudo-théologie chrétienne la plus savante et la plus alambiquée.
Tout cela n’est que perte de temps et alibis pour ne pas proclamer le vrai évangile et ainsi ne pas contribuer à la construction du Royaume.
Texte de l'Association Pierre Valdès. Rédacteur principal: Eric.
était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever.
La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades,
et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais
et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était. (Mc 1, 29-34)
Jésus soulage la souffrance spirituelle comme la souffrance physique, cela montre que la souffrance de quelque ordre qu’elle soit n’est pas voulue par Dieu, cela montre que la souffrance est toujours un mal. Cela montre que toute une théologie de la souffrance qui veut nous expliquer que Dieu non seulement permet la souffrance mais nous frappe par elle afin de nous purifier n’est pas une théologie authentiquement chrétienne.
Ce n’est pas Dieu qui veut que nous souffrions, Dieu n’est pas sadique, jamais il n’a voulu que nous souffrions.
Les évangiles, comme d’ailleurs la référence en la matière dans l’AT, je veux parler du livre de JOB, ne donnent pas d'explication au problème de la souffrance ; si nous en attendions une, nous serons déçus ; mais il nous indique le chemin : ne pas retenir nos cris, mais garder confiance et tenir fort la main de Dieu : puisqu'Il est avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Comme dit Claudel, « Jésus n'est pas venu expliquer la souffrance mais l'habiter par sa présence ».
La souffrance est un mystère et il est vain d’en chercher une explication théologique : nous commettrions les mêmes erreurs que les « amis » de Job qui au lieu de compatir avec lui et de le soulager autant que faire se peut, lui proposaient toute sorte d’explications et lui assénaient des sermons insipides et qui le laissaient totalement dans sa détresse.
Réflexe qui est donc ancien et qu’on continue à voir, en partant de la « sagesse » la plus populaire (Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? Il ne l’a pas volé, etc…) jusqu’à la pseudo-théologie chrétienne la plus savante et la plus alambiquée.
Tout cela n’est que perte de temps et alibis pour ne pas proclamer le vrai évangile et ainsi ne pas contribuer à la construction du Royaume.
Texte de l'Association Pierre Valdès. Rédacteur principal: Eric.

ericz- Invité
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Merci, Éric, pour ta méditation.
Je voudrais ajouter quelque chose. Tu dis "Dieu n'est pas sadique". je suis bien d'accord ! Mais je pense à une chose qu'avait dite Jean-Christophe Parisot, pas sur le forum d'Amiens, ça doit être dans une cassette audio (que j'ai achetée à l'OCH, Office Chrétien des Handicapés) d'une conférence qu'il a faite sur la souffrance.
Pour dire que Dieu n'aime pas la souffrance, il disait : "Dieu n'est pas maso". Je trouve que c'est plus profond que de dire que Dieu n'est pas sadique, car dire que "Dieu n'est pas maso" nous montre que Dieu est de notre côté, il est proche de nous, il est avec nous, il souffre avec nous, il lutte avec nous contre la souffrance.
Je voudrais ajouter quelque chose. Tu dis "Dieu n'est pas sadique". je suis bien d'accord ! Mais je pense à une chose qu'avait dite Jean-Christophe Parisot, pas sur le forum d'Amiens, ça doit être dans une cassette audio (que j'ai achetée à l'OCH, Office Chrétien des Handicapés) d'une conférence qu'il a faite sur la souffrance.
Pour dire que Dieu n'aime pas la souffrance, il disait : "Dieu n'est pas maso". Je trouve que c'est plus profond que de dire que Dieu n'est pas sadique, car dire que "Dieu n'est pas maso" nous montre que Dieu est de notre côté, il est proche de nous, il est avec nous, il souffre avec nous, il lutte avec nous contre la souffrance.
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
La souffrance, Dieu, l'a rendue naturelle :
'Tu enfeneteras dans la douleur', c'est-à-dire la souffrance de la chair, donnant une nouvelle chair au monde !
Les petits qui 'font leurs dents', souffrent ! Et cela est de la bonne souffrance !
'Tu enfeneteras dans la douleur', c'est-à-dire la souffrance de la chair, donnant une nouvelle chair au monde !
Les petits qui 'font leurs dents', souffrent ! Et cela est de la bonne souffrance !
doris- Membre actif

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Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
C'est vrai et c'est profond, Dom, la remarque que faisait Jean-Christophe et que tu rappelles avec pertinence.
Disons pour compléter un peu: "Dieu n'est pas sadique vis-à-vis de sa création et n'est pas masochiste par rapport aux images de Lui qu'il a créé en nous. Il est si proche de nous qu'il partage notre souffrance quand nous souffrons. D'ailleurs son Fils Jésus a choisi d'aller librement jusqu'au sommet de la souffrance, pour partager avec amour tout de notre condition humaine, excepté le péché"
PS: peux-tu corriger ma faute d'accord sur "assénaient" et non "asséner".
Elle me fait grincer les dents à chaque fois que je la relis, que cela doit être pour la lettrée que tu es!
Disons pour compléter un peu: "Dieu n'est pas sadique vis-à-vis de sa création et n'est pas masochiste par rapport aux images de Lui qu'il a créé en nous. Il est si proche de nous qu'il partage notre souffrance quand nous souffrons. D'ailleurs son Fils Jésus a choisi d'aller librement jusqu'au sommet de la souffrance, pour partager avec amour tout de notre condition humaine, excepté le péché"
PS: peux-tu corriger ma faute d'accord sur "assénaient" et non "asséner".
Elle me fait grincer les dents à chaque fois que je la relis, que cela doit être pour la lettrée que tu es!

ericz- Invité
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
J'ai corrigé la faute, mais tu pourrais les corriger toi-même si tu t'inscrivais. Quelle drôle d'idée de rester "invité" !
Doris, la souffrance de l'accouchement n'est pas présentée par la Bible comme naturelle, mais comme la conséquence du péché originel. Ce n'est pas Dieu qui l'a voulu, le péché originel !
Doris, la souffrance de l'accouchement n'est pas présentée par la Bible comme naturelle, mais comme la conséquence du péché originel. Ce n'est pas Dieu qui l'a voulu, le péché originel !
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Fée Violine a écrit:J'ai corrigé la faute, mais tu pourrais les corriger toi-même si tu t'inscrivais. Quelle drôle d'idée de rester "invité" !
Doris, la souffrance de l'accouchement n'est pas présentée par la Bible comme naturelle, mais comme la conséquence du péché originel. Ce n'est pas Dieu qui l'a voulu, le péché originel !
C'est ton avis, cher Fée ! Le mien est autre !
doris- Membre actif

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Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Ce n'est pas mon avis, c'est la Bible qui le dit ! Dieu n'a pas créé Eve avec des accouchements douloureux, c'est une conséquence du péché originel.
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Cette méditation est très intéressante, mais je ne suis pas d'accord avec certains éléments de son contenu. Vous dénoncez une théologie de la souffrance ; pourtant une telle spiritualité fait partie de l'enseignement de l'Église. Je pense par exemple à la lettre apostolique Salvifici doloris de Jean-Paul II.
La souffrance en elle-même reste quelque chose d'intolérable et d'insensé. Mais nous pouvons lui donner un sens chrétien. Ainsi, ce qui est un héritage du péché originel devient une façon d'être semblable à Jésus crucifié.
Nombreux sont les saints qui ont vécu la souffrance comme une façon d'être unis au Christ et comme une expiation. Je pense par exemple aux bienheureux François et Jacinthe Marto, qui, à l'invitation de la Sainte Vierge, s'imposaient de dures mortifications. Il y a aussi, par exemple, le cas de la vénérable Chiara Badano, qui, alors qu'elle était atteinte par un terrible cancer, avait refusé la morphine, considérant qu'elle n'avait plus que sa douleur à offrir à Jésus.
Les exemples de ce type sont nombreux. Le christianisme n'est pas venu faire disparaître la souffrance physique ou morale, mais il nous présente l'image d'un Dieu qui a accepte d'être piétiné et anéanti. C'est cela qui fait sa grandeur. Sans cela, la douleur n'a pas de sens et demeure incompréhensible. N'est-ce pas Sartre, un philosophe incroyant, qui disait qu'il est absurde que l'homme naisse, qu'il souffre, et qu'il meure ? Pour le chrétien, tout cela fait partie du plan de Dieu, même s'il nous semble souvent obscur.
Bien entendu, cela ne nous dispense pas du devoir de chercher à apaiser et soulager la souffrance de notre prochain, comme nous y invite l'Église. Mais dire que la douleur n'a pas de sens et n'est que négative, ce n'est pas conforme à la doctrine catholique. Le Cardinal Ratzinger lui-même dit dans Le Sel de la terre, que notre époque a perdu le sens positif de la souffrance. Peut-être devrions-nous essayer de le retrouver.
La souffrance en elle-même reste quelque chose d'intolérable et d'insensé. Mais nous pouvons lui donner un sens chrétien. Ainsi, ce qui est un héritage du péché originel devient une façon d'être semblable à Jésus crucifié.
Nombreux sont les saints qui ont vécu la souffrance comme une façon d'être unis au Christ et comme une expiation. Je pense par exemple aux bienheureux François et Jacinthe Marto, qui, à l'invitation de la Sainte Vierge, s'imposaient de dures mortifications. Il y a aussi, par exemple, le cas de la vénérable Chiara Badano, qui, alors qu'elle était atteinte par un terrible cancer, avait refusé la morphine, considérant qu'elle n'avait plus que sa douleur à offrir à Jésus.
Les exemples de ce type sont nombreux. Le christianisme n'est pas venu faire disparaître la souffrance physique ou morale, mais il nous présente l'image d'un Dieu qui a accepte d'être piétiné et anéanti. C'est cela qui fait sa grandeur. Sans cela, la douleur n'a pas de sens et demeure incompréhensible. N'est-ce pas Sartre, un philosophe incroyant, qui disait qu'il est absurde que l'homme naisse, qu'il souffre, et qu'il meure ? Pour le chrétien, tout cela fait partie du plan de Dieu, même s'il nous semble souvent obscur.
Bien entendu, cela ne nous dispense pas du devoir de chercher à apaiser et soulager la souffrance de notre prochain, comme nous y invite l'Église. Mais dire que la douleur n'a pas de sens et n'est que négative, ce n'est pas conforme à la doctrine catholique. Le Cardinal Ratzinger lui-même dit dans Le Sel de la terre, que notre époque a perdu le sens positif de la souffrance. Peut-être devrions-nous essayer de le retrouver.

Théophane- Installé

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Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Fée Violine a écrit:Ce n'est pas mon avis, c'est la Bible qui le dit ! Dieu n'a pas créé Eve avec des accouchements douloureux, c'est une conséquence du péché originel.
Je m'attendais à cette réponse, Fée ! Donc, ce n'est pas nécessaire que je te donne mon avis ?
doris- Membre actif

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Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Ben si, tu peux donner ton avis, si tu donnes des arguments convaincants. Mais la bonne souffrance des accouchements !!! Tu as eu des enfants ?
Théophane : nous avons souvent discuté de cette question ailleurs ! Je ne pense toujours pas que la souffrance ait un sens. Mais à l'occasion de la souffrance, nous pouvons donner un sens à notre vie.
Théophane : nous avons souvent discuté de cette question ailleurs ! Je ne pense toujours pas que la souffrance ait un sens. Mais à l'occasion de la souffrance, nous pouvons donner un sens à notre vie.
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Fée Violine a écrit: Je ne pense toujours pas que la souffrance ait un sens. Mais à l'occasion de la souffrance, nous pouvons donner un sens à notre vie.
Je n'ai pas vraiment dit que la souffrance a un sens qui lui est inhérent. La souffrance est intrinsèquement mauvaise et absurde. Mais un sens peut lui être donné par la suite. Heureusement d'ailleurs, sinon cela devient insupportable. Le sens de la souffrance, c'est peut-être l'espérance d'un bonheur à venir. C'est à peu près ce que dit Benoît XVI dans l'encyclique Spe salvi, lorsqu'il parle d'une espérance tellement grande qu'elle permet d'accepter un présent pénible.

Théophane- Installé

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Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Fée Violine a écrit:Ben si, tu peux donner ton avis, si tu donnes des arguments convaincants. Mais la bonne souffrance des accouchements !!! Tu as eu des enfants ?
Théophane : nous avons souvent discuté de cette question ailleurs ! Je ne pense toujours pas que la souffrance ait un sens. Mais à l'occasion de la souffrance, nous pouvons donner un sens à notre vie.
Non, non ! je ne me fait pas 'cadrer' par 'la bible dit ça' et
'si mes mes arguments sont convaincants' !!!
doris- Membre actif

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Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
ericz a écrit:
La souffrance est un mystère et il est vain d’en chercher une explication théologique : nous commettrions les mêmes erreurs que les « amis » de Job qui au lieu de compatir avec lui et de le soulager autant que faire se peut, lui proposaient toute sorte d’explications et lui assénaient des sermons insipides et qui le laissaient totalement dans sa détresse.
Réflexe qui est donc ancien et qu’on continue à voir, en partant de la « sagesse » la plus populaire (Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? Il ne l’a pas volé, etc…) jusqu’à la pseudo-théologie chrétienne la plus savante et la plus alambiquée.
Tout cela n’est que perte de temps et alibis pour ne pas proclamer le vrai évangile et ainsi ne pas contribuer à la construction du Royaume.
Texte de l'Association Pierre Valdès. Rédacteur principal: Eric.
Je suis bien d'accord !
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Je dors, mais mon cœur veille. Cant, 5, 2
http://prophetesetmystiques.blogspot.com/
http://jeveuxvoirdieu.blogspot.com/
http://imageschretiennes.blogspot.com/
http://le-raton-laveur.blogspirit.com/
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Théophane a écrit:Fée Violine a écrit: Je ne pense toujours pas que la souffrance ait un sens. Mais à l'occasion de la souffrance, nous pouvons donner un sens à notre vie.
Je n'ai pas vraiment dit que la souffrance a un sens qui lui est inhérent. La souffrance est intrinsèquement mauvaise et absurde. Mais un sens peut lui être donné par la suite. Heureusement d'ailleurs, sinon cela devient insupportable. Le sens de la souffrance, c'est peut-être l'espérance d'un bonheur à venir. C'est à peu près ce que dit Benoît XVI dans l'encyclique Spe salvi, lorsqu'il parle d'une espérance tellement grande qu'elle permet d'accepter un présent pénible.
Accepter un présent pénible, ce n'est pas forcément lui trouver du sens !
Mais je n'ai pas grand chose à dire sur la souffrance...
Doris : en principe, sur un forum, on discute en donnant des arguments, tout de même !
Re: Méditation 220: Le mystère de la souffrance.
Cette méditation est très intéressante, mais je ne suis pas d'accord avec certains éléments de son contenu. Vous dénoncez une théologie de la souffrance ; pourtant une telle spiritualité fait partie de l'enseignement de l'Église. Je pense par exemple à la lettre apostolique Salvifici doloris de Jean-Paul II.
Je ne dénonce qu’une certaine théologie de la souffrance, celle qui affirme par exemple que la Shoah a été voulue par Dieu, pour « purifier » le peuple anciennement élu. C’est une horreur d’affirmer cela, et certain (s) théologien(s) qui se dise(nt) pourtant très catholique(s), l’affirme(nt) sans broncher.
La souffrance en elle-même reste quelque chose d'intolérable et d'insensé. Mais nous pouvons lui donner un sens chrétien. Ainsi, ce qui est un héritage du péché originel devient une façon d'être semblable à Jésus crucifié.
C’est bien ce sur quoi mon texte aboutit : Jésus n’est pas venu expliquer notre souffrance, mais l’habiter par sa présence en notre coeur. Et donc lui donner un sens "après coup".
Nombreux sont les saints qui ont vécu la souffrance comme une façon d'être unis au Christ et comme une expiation. Je pense par exemple aux bienheureux François et Jacinthe Marto, qui, à l'invitation de la Sainte Vierge, s'imposaient de dures mortifications. Il y a aussi, par exemple, le cas de la vénérable Chiara Badano, qui, alors qu'elle était atteinte par un terrible cancer, avait refusé la morphine, considérant qu'elle n'avait plus que sa douleur à offrir à Jésus.
Le médecin qui soignait la jeune Chiara n’aurait pas dû répondre à sa demande de ne pas être soulagée par la morphine. Eviter la souffrance, quand cela est possible et ne change rien au pronostic de vie, est un devoir à accomplir vis-à-vis de son prochain et vis-à-vis de soi-même. Je respecte cette volonté qu’elle a eue, mais à mon avis cette volonté de rester dans la souffrance alors qu’elle aurait pu très bien en être soulagée, est le fruit d’une mauvaise compréhension de la théologie chrétienne de la souffrance. Il suffit pourtant de regarder Jésus : Lui-même a assumé les souffrances de la Croix jusqu’à leur paroxysme, mais ce n’est pas lui qui s’est par exemple auto-flagellé ou auto-crucifié. Il n’a pas refusé l’éponge trempée de vinaigre qu’on lui présentait pour étancher sa terrible soif. L’homme qu’il était n’a pas souhaité ces terribles souffrances qu’il a dû ensuite endurer par amour pour ses frères: « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi. » .

ericz- Invité
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