MARTHE ET MARIE

L'attitude scientifique

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L'attitude scientifique

Message par Souricet le Jeu 7 Juin 2007 - 11:04

Qu'est-ce qui fait obstacle à l'attitude scientifique ?

Qu'est ce qui selon vous empêche la science de se développer ?

- les sciences mystiques ?
- les sciences occultes ?
- l' "obscurantisme" ?
- la théologie ?
- le rationalisme de Descartes ?
- l'opinion ?
- la paresse ? ( sapere aude disait Kant : "Osez penser par vous-mêmes.")
- le manque de liberté ? (Sans liberté de recherche la science ne peut s'exprimer.Si sa volonté est entravée elle n'est plus science,elle devient idéologie, comme le disait Alexandre.)

La science peut-elle elle-même se faire obstacle ? (quand elle accepte de servir autre chose que la vérité scientifique)

L'etat doit-il financer la science ou l'orienter ? Quel est le rapport entre l'Etat et la science ? La science doit-elle être utile à l'Etat et à quelles fins ? Quelles limites doit-on instaurer?

Et qu'appelle-t-on science ? Peut-on dire que la science est une démarche qui vise le progrès aussi bien technique qu'au niveau de l'esprit ? Qu'elle aime la vérité pour elle même et non pas pour autre chose ?

Etre scientifique, n'est ce pas vouloir dire la vérité sur le monde? Connaitre est-il savoir?


Je pense que quelles que soient ses croyances ou convictions philosophiques, le scientifique se doit de les mettre de côté dans le cadre strict de sa recherche. Le reste du temps, il fait ce qu'il veut, mais pas dans le cadre de ses travaux.
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Re: L'attitude scientifique

Message par Joss le Jeu 7 Juin 2007 - 12:28

Souricette a écrit:Qu'est-ce qui fait obstacle à l'attitude scientifique ?

Qu'est ce qui selon vous empêche la science de se développer ?

Un bon scientifique ne doit pas être seulement quelqun qui a emmaganisé du savoir, pas seulement une tête bien pleine comme trop d'universitaires, hommes politiques, hauts fonctionnaires, théologiens, etc..... qui entrainent le monde dans le déraisonnable, l'erreur (comme Caude ALLEGRE).....mais une tête bien faite. Nous en venons à définir l'intelligence qu'on doit distinguer du savoir....



Un exemple de tête bien pleine dans une tête bien faite :
Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de physique en 1991(et en plus, je me rappelle de lui en 1991, c'était un très beau garçon ! Rolling Eyes )

Voilà ce qu'en dit LE MONDE du 22.05.07 :

Un homme d'idées et de convictions. Toujours en campagne, jamais au repos. Ne disait-il pas : "Le vrai point d'honneur n'est pas d'être toujours dans le vrai. Il est d'oser, de proposer des idées neuves, et ensuite de les vérifier. Il est aussi bien sûr, ajoutait-il, de savoir reconnaître publiquement ses erreurs (…) L'honneur du scientifique est absolument à l'opposé de l'honneur de Don Diègue. Quand on a commis une erreur, il faut accepter de perdre la face."

S'ouvrir, respirer. Ne pas voir la science "d'en haut" comme une vaste tapisserie mais la voir "d'en bas", au niveau du petit point. T
el était le credo de cet agrégé de physique, docteur ès sciences et spécialiste de la physique des milieux condensés que l'Académie des sciences de Suède, en 1991, n'hésite pas à qualifier d'"Isaac Newton de notre temps" lorsqu'elle lui décerne le prix Nobel de physique.

Des louanges qu'il refuse, estimant, non sans humour, que ces propos ne sont que l'"expression du lyrisme nordique des académiciens suédois". "Newton avait une stature, rappelle-t-il alors. Très au-dessus de celle des chercheurs d'aujourd'hui. A dix-huit ans, il avait inventé le télescope. A vingt ans compris l'optique interférentielle et, quelques années plus tard, la gravitation et le mouvement des planètes."

Certes. Mais, qu'il l'ait voulu ou non, Pierre-Gilles de Gennes était bien de cette eau-là. "C'est un physicien qui sait autre chose, disait de lui Pierre Papon, qui enseigna à l'Ecole de physique et chimie industrielles de la Ville de Paris, dont Pierre-Gilles de Gennes était devenu le directeur en 1976. Il sait la chimie. Il sait de la biologie et je connais peu de scientifiques qui aient une culture aussi large qui ne soit pas un vernis."
.........
De fait, l'homme ne joue pas les mandarins. Il sait parfaitement, disent ses collaborateurs, capter l'attention de son public, averti ou non, avec des phrases simples, des phénomènes triviaux – la flaque d'eau qui se divise en plusieurs îlots sur une feuille de plastique, la fabrication de l'encre de Chine, les bottes de caoutchouc des Indiens d'Amazonie – qui tous sont le fruit de la physique la plus complexe.

"L'ANTITHÈSE DU PÉDANT"

Nous étions ignorants et Pierre-Gilles de Gennes fait de nous des physiciens, des chimistes, et, pourrait-on presque croire, des théoriciens.
Il vous prend à témoin, vous fait membre de son équipe. Yeux bleus, pétillants, tout prêts à rire, la mèche romantique rythmant ses allers et venues de grand étudiant dans une veste un peu vague, un foulard autour du cou, il trace trois gribouillis au tableau, son éternel cigarillo au bec. Le charme agit et on se transcende. Du moins le pense-t-on.

"Ce qu'il y a de formidable avec lui, disait sa femme qui, au début des années 1990, tenait, à deux pas de la faculté d'Orsay, Le Boudin sauvage, un restaurant rendez-vous des gastronomes et des chercheurs, c'est que lorsqu'il vous explique quelque chose, même dans un domaine auquel vous n'entendez rien, vous finissez par vous sentir intelligent." "J'ai connu pas mal de Prix Nobel, renchérit Etienne Guyon, qui fut son premier élève. C'était l'un des tout grands, doué du talent de tout rendre simple. L'antithèse du pédant." Par une sorte d'"effet de Gennes", il fascine et séduit. Jusqu'au chroniqueur du Monde, Pierre Georges, qui lui aussi succombe et écrit : "Cet homme (…) n'est pas que savoir hors du commun. Il est scientifique de charme, espèce rare qui ne tient ni de Nimbus, ni de l'étudiant attardé. Il est un homme dont immédiatement on souhaiterait être l'ami ou le disciple pour simplement avoir ce privilège rare de devenir un instant intelligent."

De ce charme-là, il a su user pour réunir autour de lui de brillants collaborateurs et les emmener sur des chemins de traverse où ils furent moins "des prophètes" que des "explorateurs souvent hésitants et fatigués". De fait, le chemin de Pierre-Gilles de Gennes fut assez sinueux. Et, le plus souvent, hors des sentiers battus.
............
Passionnant et passionné, curieux de tout, jamais repu, Pierre-Gilles de Gennes croquait la vie à belles dents. Sportif, il aimait grimper dans les Alpes ou descendre les rivières en kayak, avant que sa santé ne le conduise vers des activités plus paisibles, randonnée et planche à voile. Epris depuis toujours de peinture et de dessin, il partageait son temps, ces derniers mois, entre articles scientifiques et carnets de croquis, ses derniers grands plaisirs.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-913194,0.html?xtor=RSS-3208


Sa foi......Il en parle brièvement dans ce court extrait VDEO
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Re: L'attitude scientifique

Message par saturnales le Jeu 7 Juin 2007 - 19:15

On ne peut pas vraiment dire que l'obscurantisme ( theologie, opinion, occultisme, ...) est le plus grand ennemi des sciences....C'est l'Histoire qui, de toutes facons, aura le fin mot de l'histoire huhuhu , les doctrine et les superstitions passent, elles sont vachement dépendantes de facteurs culturels et bien heureusement les civilisations sont nombreuses, opposées, et finissent toujours par s'effondrer. Les sciences et techniques , elles ont toujours su passer a travers les mailles du filet depuis le neolithique.

Et puis d'ailleurs l'obscurantisme est un formidable moteur pour l'imagination, on sait bien que la science a besoin parfois de motivants ( avant la structure, il y a le désir)


En revenche, il est vrai que la philosophie continentale ( le fondationallisme de descartes en premier) à grandement ralentie le processus de création scientifique en europe. ( contrairement a l'obscurantisme, le rationalisme est assez résistant aux fluctuations culturelles)


Quand au manque de liberté je ne sais pas, ce n'est pas sous la contrainte que les Hommes ont le plus créé ?, c'est peut être même la meilleure parade à la "paresse"
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Re: L'attitude scientifique

Message par Arcanes le Sam 23 Juin 2007 - 21:25

Souricette dis :
Qu'est-ce qui fait obstacle à l'attitude scientifique ?

Qu'est ce qui selon vous empêche la science de se développer ?


La science peut-elle elle-même se faire obstacle ? (quand elle accepte de servir autre chose que la vérité scientifique)

L'etat doit-il financer la science ou l'orienter ? Quel est le rapport entre l'Etat et la science ? La science doit-elle être utile à l'Etat et à quelles fins ? Quelles limites doit-on instaurer?

Et qu'appelle-t-on science ? Peut-on dire que la science est une démarche qui vise le progrès aussi bien technique qu'au niveau de l'esprit ? Qu'elle aime la vérité pour elle même et non pas pour autre chose ?

Etre scientifique, n'est ce pas vouloir dire la vérité sur le monde? Connaitre est-il savoir?



Il existe différentes filières scientifiques, mais en règle générale, c'est l'enveloppe financière qui manque pour avancer dans un domaine de la recherche. Ensuite on peut considérer l'objet de la science en question, et voir s'il ne pertube pas l'équilibre sociale ou/et économique ou morale. Il y a aurait donc à analyser afin d'approbation financière l'utilité immédiate ou a brève échéance sur des plans autre que la science elle meme.


La science ne rime pas toujours avec progres. Le progrès est alors relatif à l'objet de la science. Par exemple une machine moderne effectuant un travail très désagréable à la place d'un homme peut etre un progrès en soit. Mais pour l'homme qui perd sa place ce ne l'est pas.

A mon avis Etre scientifique c'est avant tout, vouloir des réponses. Je penses qu'une découverte mise en connaissance amène à nouveau une demande de réponse. On voit un but, on l'atteind, puis un autre se dessine à l'horizon.
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Re: L'attitude scientifique

Message par saint Zibou le Mar 3 Juil 2007 - 8:19

Souricette a écrit:Qu'est-ce qui fait obstacle à l'attitude scientifique ?

L'attitude scientifique a été posée par Thalès de Milet:unifier le multiple des phénomènes sous un concept unique. Même Einstein y a souscrit avec sa formule:E=MC2

Néanmoins, je pense que le plus grave empêchement au développement de l'attitude scientifique et de la science est la volonté de pouvoir, source de tous les a priori, dont celui, récent, de la totale mathématicité du réel, depuis Descartes et Kant...

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