MARTHE ET MARIE

Tirer les leçons du passé

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Tirer les leçons du passé

Message par Souricet le Jeu 7 Juin 2007 - 10:06

Selon moi, tirer les leçons du passé, c'est comprendre qu'une guerre peut être évitée quand les bonnes décision sont prises à temps, et quand la guerre n'est pas vue comme une fatalité inéluctable. Et quand les hommes politiques ont un peu de longueur de vue, de courage et d'esprit de décision et d'analyse. Ce qui est rare, surtout aujourd'hui.

On juge les grands esprits politiques sur leur capacité de prévision et de décision au moment opportun.

Il est évidemment plus facile de juger 7O-80 ans plus tard, parce qu'on a le recul. On ne peut pas savoir ce que l'on aurait fait à leur place, avec les informations de l'époque. Mais tirer les leçons du passé devrait servir à éviter de reproduire les mêmes erreurs indéfiniment.

Selon moi, tirer les leçons du passé, c'est comprendre qu'une guerre peut être évitée quand les bonnes décision sont prises à temps, et quand la guerre n'est pas vue comme une fatalité inéluctable. Et quand les hommes politiques ont un peu de longueur de vue, de courage et d'esprit de décision et d'analyse. Ce qui est rare, surtout aujourd'hui.
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Message par Souricet le Jeu 7 Juin 2007 - 10:06

Je pense que la "diplomatie" de Wilson lors de la seconde guerre a été catastrophique et est une cause lointaine de la seconde guerre mondiale. De plus, les anglais et les Américains ne voulaient pas déstabiliser l'Allemagne dans les années 30 pour des raisons économiques, et ils faisaient tout pour réduire la dette allemande, et pour affaiblir la position de la France en Europe.
Ne pas effacer la dette, ç'aurait été ne pas donner de moyens financiers à Hitler. Et si on avait continué d'occuper la Rhuhr, il n'y aurait jamais eu de seconde guerre mondiale.
Sur les malversations financières de l'Allemagne et de l'Angleterre vis-à-vis de la dette dans les années 20 :
Henri Béraud, Ce que j'ai vu à Berlin, Les Editions de France, Paris 1926

Sans la Rhuhr, les Allemands n'auraient pas pu développer leur industrie militaire et chimique. De plus, si les Français étaient restés sur la rive gauche du Rhin, jamais la France n'aurait pu être envahie. Une défense dur le Rhin, c'est infranchissable.

De toute façon, les Allemands n'ont jamais eu l'impression d'avoir perdu la première guerre, vu que les combats n'ont jamais eu lieu sur leur sol et que les Alliés ne sont jamais arrivés à Berlin comme l'aurait voulu Foch. La victoire n'a pas été décisive.
Ce n'est pas seulement qu'on a laissé l'Allemagne s'armer, c'est que son redressement a été voulu par l'Angleterre. D'autre part, l'URSS a beaucoup aidé l'Allemagne. Il y avait des accords militaires entre Weimar et l'URSS. Les archives découverts en Allemagne de l'Est après la chute de Berlin l'ont prouvé. Les soldats allemands étaient formés sur le sol russe.

Quand on n'ose pas prendre à temps les mesures qui s'imposent, on se trouve finalement acculé à la guerre. D'ailleurs, il ne s'agissait pas de guerre préventive, mais, à partir du moment où on n'avait pas terminé la première guerre mondiale en allant à Berlin comme le préconisait Foch de :
1) Ne pas rendre la Rhuhr aux Allemands ;
2) Ne pas financer le réarmement de l'Allemagne.
Pas besoin de guerre. Les Allemands n'avaient pas d'armes dans les années 20.

La guerre n'était pas terminée, on n'avait pas définitivement battu l'Allemagne. Il ne faut pas oublier en outre qu'on laissait le pays entre les mains des Spartakistes, ce qui ne représentait nullement une garantie de paix en Europ. Il fallait absolument occuper militairement tout le pays, éteindre la révolution, et soutenir la nouvelle Pologne contre les Rouges. L'armée française n'aurait dû être démobilisée en 1921-22. Hélas, la France était saignée à blanc et plus personne ne voulait se battre. On pourrait dire que la "drôle de guerre" a commencé en 1919.

En 33, la situation était encore récupérable, comme le faisait remarquer Pacalou :

cette action préventive aurait pu être menée à moindres frais, car l'Allemagne de 1933-34 ne disposait en théorie qu'une armée de 100 000 hommes; même si le gouvernement du Reich avait triché (je ne sais pas, c'est probable, à voir), il était donc quasi-incapable de réagir militairement à un ultimatum; par ailleurs, la Rhénanie étant démilitarisée, la France pouvait l'occuper sans coup ferir et menacer directement la Ruhr, centre industriel vital du Reich(cela avait déjà été fait en 1923 pour exiger les réparations);

Et Pacalou écrit aussi :

Tout cela pour rappeler que l'immobilisme de la France (que je ne veux certes pas excuser!!!) s'explique pê en partie par certaines pressions de ses alliés anglo-saxons; je ne prétends pas que ceux-ci eussent tout fait pour empêcher l' action préventive appelée par la Pologne de Pilsudski, mais quand on sait les concessions et le temps qu'il a fallu aux brits de Lord Chamberlain pour comprendre que M. Hitler n'était décidément pas un gentleman!!!......

En 1935, lorsque Hitler envoie ses troupes en Rhénania démilitarisée par le Traité de Versailles, c'est la dernière occasion offerte aux alliés-désunis: Hitler sait d'ailleurs qu'il joue un formidable coup de poker (j'ai lu que ses généraux n'en menaient pas large); mais la France, dont les chefs vont et viennent, ne fera rien, alors que le prétexte, l'entorse faite délibérément au Traité signé même par les perfides anglo-saxons, est un prétexte en or!!!

Qu'Hitler ait voulu faire la guerre, cela ressort clairement de ses discours secrets : le 23 mai 1939, il dit à ses généraux :"Dantzig n'est pas la question". Le problème, c'est d'agrandir l'espace vital de l'Allemagne (Lebensraum), pour la nourrir. Il faut attaquer la Pologne à la première occasion. Par la suite, au procès de Nuremberg, Ribbentrop a affirmé qu'il ne s'agissait, pour Staline comme pour Hitler, que de récupérer"des territoires perdus au cours d'une guerre malheureuse". Et il a déclaré : "Staline, pour cette raison, ne pourra jamais faire à l'Allemagne le reproche d'une agression ou d'une guerre d'agression pour son action en Pologne. Si l'on parle d'agression, alors les deux pays sont coupables."

Dans le livre de Decaux, Destins fabuleux, on apprend que le Suédois Bïrger Dahlerus a essayé de sauver la paix en août 1939. Il aidscuté avec Goering et même avec Hitler. L'Angleterre s'est prêtée à ces négociations de la denière heure. Dalherus est allé infatigablement, ne dormant que deux heures par nuit, de Berlin à Londres et retour. Il y a des minutes vertigineuses où cet homme admirable a failli réussir. Il décrit Hitler tantôt calme et apparemment compréhensif, tantôt saisi d'une de ses célèbres crises imprévisibles. Détail curieux, dans ces moments-là, hurlatoires, on ne pouvait l'approcher à cause de la pestilence qui sortait de sa bouche. Quand l'Allemagne est entrée en guerre, la nouvelle a été reçue sans enthousiasme de la part du peuple allemand.


Dernière édition par le Jeu 7 Juin 2007 - 10:12, édité 2 fois
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Re: Tirer les leçons du passé

Message par Souricet le Jeu 7 Juin 2007 - 10:07

La question de la Tchécoslovaquie

En 1917, le Président des Etats-Unis W. Wilson a proclamé dans ses fameux Quatorze Points que chaque peuple a droit à l’autodétermination. Ceci signifiait la fin de la monarchie multinationale. Les Tchèques, comme les autres nations de la monarchie, accédaient à l’indépendance. En créant leur propre Etat les Tchèques ne se sont pas limités au territoire habité par eux, mais incluaient aussi des régions habitées par quatre autres peuples, dont 3,3 millions d’Allemands. Ces Allemands – installés en Bohème depuis le XII e siècle – ont déclaré en décembre 1918 vouloir faire partie de l’Allemagne conformément à la proclamation du Président Wilson, mais le gouvernement tchèque les a empêché par la force. Quand, en mars 1919, les Allemands des Sudètes ont manifesté leur volonté d’autodétermination Prague a envoyé l’armée. Il y a eu 54 morts, ce qui a pesé par la suite sur les relations entre les deux peuples de Bohème. Les Tchèques qui pendant des siècles aspiraient à l’indépendance la refusaient aux Allemands de Bohème et Moravie. Après l’accès au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933, le rapport des forces commence à changer. En 1938, les Allemands des Sudètes demandaient la transformation de la Tchécoslovaquie sur une base fédérative, comme en Suisse, et l’égalité entre Tchèques et Allemands, mais le gouvernement tchèque n’a pas accepté cette proposition. Hitler réclama alors les régions habitées par les Allemands et obtint que le gouvernement britannique dépêchât une mission en Tchécoslovaquie qui conclut que les revendications allemandes étaient justifiées. Cela conduit aux Accords de Munich de septembre 1938. La Grande-Bretagne et la France cèdent à ces revendications, et une commission internationale délimite la nouvelle frontière les Tchèques ayant renoncé au plébiscite prévu. Par la suite Hitler viole l’Accord en occupant aussi les régions tchèques de Bohême et de Moravie en 1939. En mai 1942, la résistance tchèque réfugiée à Londres fait assassiner Heydrich, l’administrateur allemand à Prague, ce qui a provoqué des représailles terribles de la SS, coûtant la vie à 199 Tchèques à Lidice. Quand les Tchèques reviennent au pouvoir à Prague en 1945, ils expulsent les Allemands qu’ils considèrent comme responsables de leurs malheurs et prennent tous leurs biens. Environ 250 000 Allemands ont alors péri. Beaucoup ont été tués sur place, d’autres n’ont pas survécu aux conditions extrêmement dures de l’expulsion. Ces faits atroces ont été commis sous un gouvernement démocratique, dirigé par Benes, car le régime communiste n’a commencé qu’en 1948. Après la chute du régime communiste, en 1989, le Président Vaclav Havel a exprimé des regrets pour ce qui était arrivé en 1945. Ce geste lui a valu de violentes critiques dans les médias et une grande partie de la classe politique.

http://www.diploweb.com/forum/bartsch.htm
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Re: Tirer les leçons du passé

Message par Souricet le Jeu 7 Juin 2007 - 10:07

J.M. Keynes, "Les Conséquences économiques de la paix"; Jacques Bainville, "Les Conséquences politiques de la paix", collection Tel, éd. Gallimard, 2002, 504 p.

Le directeur de la collection Tel, chez Gallimard, a eu l’excellente idée de republier ensemble deux textes célèbres, qui l’avaient toujours été séparément alors qu’ils portent sur le même objet : le traité de Versailles et l’ordre européen qui a suivi la Première Guerre mondiale. Il s’agit des "Conséquences économiques de la Paix" de John Maynard Keynes et des "Conséquences politiques de la paix" de Jacques Bainville. Vu l’importance des décisions qui furent prises à cette époque et qui pèsent encore sur l’Europe d’aujourd’hui, il est particulièrement intéressant de relire deux analyses qui comptent parmi les plus critiques et les plus lucides qui furent jamais écrites sur l’œuvre des négociateurs européens de la Conférence de Paris.

Une politique à courte vue ?

Paru le premier, "Les Conséquences économiques de la paix" est aussi le plus connu des deux textes. Il valut à celui qui n’était pas encore devenu le plus grand économiste du XX è siècle une célébrité instantanée en Europe et aux Etats-Unis. On a même affirmé, en exagérant, que sa critique sans concessions de la politique à courte vue de G. Clemenceau, Lloyd George et W. Wilson était à l’origine du refus du Sénat américain de ratifier le traité de Versailles. Il est certain en tout cas que Keynes força les pays occidentaux vainqueurs de la Première Guerre mondiale à mettre en cause un certain nombre des postulats qui avaient présidé aux relations avec l’Allemagne après la Première Guerre mondiale. La réintégration intelligente de l’Allemagne (de l’Ouest) à la communauté des nations après la Seconde Guerre mondiale doit beaucoup à l’influence de Keynes.

Le rôle clé de l'Allemagne en Europe

La thèse principale de l’auteur est la suivante : l’Allemagne était, avant 1914 le moteur de la croissance économique sur le continent européen. Et elle est appelée à le redevenir sans quoi elle-même et tous ses voisins risquent de sombrer dans la misère et de ne plus disposer que d’une alternative politique : Réaction ou Bolchevisme. Keynes, qui était membre de la délégation britannique à la Conférence de paris et qui en démissionna en avril 1919 pour rédiger son pamphlet, explique aux Européens qu’un comportement généreux serait le calcul le plus réaliste. Réintégrer l’Allemagne au flux normal des relations économiques – en un mot renoncer aux réparations – signifierait assurer sa propre prospérité et panser rapidement les plaies de la Grande Guerre.

"Trop doux pour ce qu'il a de dur" ?

Un tel langage était-il audible par une opinion française qui connaissait les dévastations causées par l’Allemagne au nord et à l’est de son territoire et qui avait perdu plus d’un million d’hommes en soutenant l’essentiel de la poussée allemande à l’ouest jusqu’au printemps 1918 ? Les hommes politiques français ne devaient-ils pas tenir compte du désir profond des anciens combattants que la paix marque l’abaissement définitif de la puissance allemande ? Mais précisément : les négociateurs français, G. Clemenceau en tête, n’ont-ils pas, du point de vue national trop cédé aux exigences de Wilson d’arriver à une paix de compromis ? Le traité de Versailles n’est-il pas " trop doux pour ce qu’il a de dur " ? Telle est la question posée par l’historien Jacques Bainville dans "Les conséquences politiques de la paix", paru quelques mois après l’ouvrage de Keynes et dont le titre fait bien évidemment écho à celui de l'économiste britannique.

Un chef d’œuvre d'analyse géopolitique...

Le texte de Bainville n’a jamais atteint, hors des frontières de l’Hexagone, une notoriété équivalente à celle du texte de Keynes. Cela vient sans doute qu’il parle très peu d’économie. Or le point de vue économique intéressait au premier chef l’opinion britannique ou américaine. En France en revanche, "Les Conséquences politiques de la paix" passe pour ce qu’il est : un chef d’œuvre de l’analyse géopolitique. L’auteur y montre en particulier qu’en démantelant l’Autriche-Hongrie sans démanteler de manière similaire l’Empire allemand, les négociateurs de la Conférence de Paris ont détruit, au centre de l’Europe, les conditions de l’équilibre européen. Il décrit, en 1920, avec une précision étourdissante, la manière dont une Allemagne révisionniste s’y prendra pour reconstituer sa puissance : annexion de l’Autriche ; conquête de la Pologne ; éclatement de la Tchécoslovaquie. Il n’y manque rien, même pas la durée de vie de l’ordre de Versailles : une vingtaine d’années.

... mais des postulats erronés

Comment ne pas être fasciné, à première vue par le texte de Bainville ? Cependant, comme souvent les produits de l’intelligence française, le charme se dissipe partiellement lors de la relecture. Les analyses de l’historien français reposent sur quelques postulats erronés : par exemple le fait qu’il aurait été possible pour la diplomatie française de mettre à profit des tendances séparatistes en Bavière ou en Rhénanie. Ou bien l’idée selon laquelle la nouvelle démocratie allemande serait au fond aussi militariste que l’Empire wilhelmien. Surtout, lorsqu’il envisage l’ensemble de l’ordre européen Bainville se trouve devant la même contradiction que Clemenceau et les républicains français – un paradoxe pour ce monarchiste ! Vouloir abaisser définitivement la puissance allemande impliquait de faire contribuer la Russie soviétique à l'ordre de paix européen. Or J. Bainville ne veut pas en entendre parler. A l’inverse, il imagine une coalition des puissances conservatrices, mais dont il exclut l’Allemagne, alors qu’une Europe conservatrice ne pouvait se passer d’une Allemagne forte et stable.

De l'erreur d'avoir raison trop tôt

Au bout du compte, le plus réaliste des deux est J.M. Keynes, qui avertit sur le danger qu’il y a à exclure Berlin et Moscou de la paix européenne, contre toute la tradition diplomatique du continent. Mais Keynes venait trop tôt : il faudra une deuxième catastrophe européenne pour que l’on réintègre d’abord l’Allemagne, à partir des années 1950, puis l’Union Soviétique, à partir des années 1960, aux négociations européennes sécuritaires globales. Cependant, la lucidité de Keynes est avant tout ancrée dans sa fidélité au libéralisme britannique. Ce membre distingué de la upper class britannique vit encore dans la vieille tradition diplomatique européenne, où la paix ne devait en aucun cas humilier ni exclure aucun des belligérants sous peine de saper l’ordre du continent. Bainville au contraire, tout monarchiste qu’il se dise, est très dépendant des postulats diplomatiques issus de la Révolution française : la guerre aux tyrans ne cesse jamais et elle ne connaît aucune modération.

Dans une Europe sortie en 1989 du cycle destructeur de la guerre des peuples et des passions idéologiques, la relecture des deux textes de Keynes et Bainville sur le Traité de Versailles est riche d’enseignements. (Voir des cartes de l'OTAN et de l'UE25 au 1er mai 2004)

Edouard Husson

Spécialiste de l'Allemagne, auteur de la préface : "Keynes et Bainville à la recherche de l'équilibre européen perdu" (65 pages inédites).

http://www.diploweb.com/ue/husson.htm

PACALOU a écrit:
Au sujet de Bainville, voici ce que dit de la duplicité allemande en 1918-19 un historien qu'il cite et présente comme polonais;

"La politique allemande fait tout pour démontrer que l'Allemagne seule est capable de sauver l'Europe du bolchevisme; ils soutiennent en secret le gvnt de Moscou et l'armée rouge contre les polonais pour prouver par les faits que ceux ci sont incapables de tenir tête à Trotski; d'autre part ils démontrent qu'il faut donner à l'Allemagne la possibilité de développer industrie et agriculture pour vaincre le bolchévisme intérieur (et apparaitre ainsi comme les vrais seuls sauveurs de l'Europe, note perso); ils demandent donc les conditions nécessaires à la reconstitution de leur vie économique et l'allégement des charges imposées par les réparations, et la charbon de haute Silésie;la propagande allemande est très habile à lançer dans le monde des formules qui servent ses intérêts; pendant la guerre c'était "une paix sans annexion" maintenant c'est "une Allemagne organisatrice de l'Est" et "la collaboration économique des vainqueurs et des vaincus"; nous savons qu'un groupe important en Angleterre dont M. Keynes est le porte-parole a déjà été complètement acquis par le programme allemand; si ces idées devaient être acceptées par la diplomatie alliée l'Allemagne serait rétablie dans sa situation d'avant-guerre..."
Bonsoir, M. Keynes!
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Re: Tirer les leçons du passé

Message par Souricet le Jeu 7 Juin 2007 - 10:10

A l'époque on poussait à choisir son camp : soit pour les Bolcheviques contre les Allemands, soit pour les Allemands contre les Bolcheviques. Et il me semble que c'est le mécanisme du déclenchement des guerres : acculer les gens à choisir leur camp.
Je suis hostile à la guerre car je considère qu'y être hostile est en soi une action : la guerre arrive quand on la veut ou qu'on la croit inévitable. Croire à la paix peut permettre de sauver la paix. Je choisis donc de croire que la paix est possible.
Il se trouve que devant le choix Bolcheviques / Nazis, ni l'un ni l'autre n'était le bon choix. Les Polonais ont refusé de chosir et l'ont payé cher : la guerre pour eux a duré jusqu'à la fin des années 90. Personnellement, je ne regrette pas qu'ils aient choisi de combattre les deux camps à la fois, même si ma famille a eu personnellement à en souffrir à toutes les générations. C'était ce qu'il fallait faire.
A l'heure actuelle, on voudrait de nouveau nous faire choisir notre camp. Or, je ne suis pas sûre que le mal ne soit que d'un côté. Il sait parfois habilement se dissimuler. Donc, tant qu'on le peut encore, je choisis de ne pas choisir.

Il faut faire le pari de la Paix, une sorte de pari de Pascal où nous avons tout à gagner.
(Julien Green)

D'ailleurs, il est frappant de voir la logique des guerres : on continue pour que ceux qui sont morts ne soient pas morts pour rien. Exemple : guerre de 14.
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