MARTHE ET MARIE

Immigrés vers l'europe

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Immigrés vers l'europe

Message par mandonnaud le Dim 2 Mar 2008 - 21:00

Fin d'un article du monde diplomatique de Mr Zingler qui fait honte et réfléchir:


Les Etats industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines.

Prenons l’exemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courante de l’Afrique de l’Ouest. La Sandaga est un univers bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cœur de Dakar. On peut y acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français, espagnols, italiens, grecs, etc. – au tiers ou à la moitié du prix des produits autochtones équivalents.

Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof, avec ses enfants, sa femme, travaille jusqu’à quinze heures par jour… et n’a pas la moindre chance d’acquérir un minimum vital décent.

Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.

Peu d’êtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambarg du Mali, mossi du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen détruit leur vie et celle de leurs enfants.

Revenons à Frontex. L’hypocrisie des commissaires de Bruxelles est détestable : d’une part, ils organisent la famine en Afrique ; de l’autre, ils criminalisent les réfugiés de la faim.

Aminata Traoré résume la situation : « Les moyens humains, financiers et technologiques que l’Europe des Vingt-Cinq déploie contre les flux migratoires africains sont, en fait, ceux d’une guerre en bonne et due forme entre cette puissance mondiale et de jeunes Africains ruraux et urbains sans défense, dont les droits à l’éducation, à l’information économique, au travail et à l’alimentation sont bafoués dans leurs pays d’origine sous ajustement structurel. Victimes de décisions et de choix macroéconomiques dont ils ne sont nullement responsables, ils sont chassés, traqués et humiliés lorsqu’ils tentent de chercher une issue dans l’émigration. Les morts, les blessés et les handicapés des événements sanglants de Ceuta et de Melilla, en 2005, ainsi que les milliers de corps sans vie qui échouent tous les mois sur les plages de Mauritanie, des îles Canaries, de Lampedusa ou d’ailleurs, sont autant de naufragés de l’émigration forcée et criminalisée (7). »
Jean Ziegler.


article complée a se lien:
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/ZIEGLER/15658
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Re: Immigrés vers l'europe

Message par Joss le Lun 3 Mar 2008 - 11:50

Eh oui, MANDONNAUD, je le sais bien, l'équilibre fragile mondial est rompu....Que faire ? ..... "contrairement à ce que je croyais et de la réputation qu'on leur donne, les africains travaillent très dur !" me disait une amie qui revient du Togo

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les hausses en afrique et les pauvres

Message par mandonnaud le Lun 3 Mar 2008 - 14:18

02/03/2008 20:30 dans la croix se jours
La hausse des prix agricoles inquiète l'Afrique


L'augmentation mondiale des cours des céréales représente une chance pour certains paysans et un problème pour les citadins


Déchargement de marchandises dans le port de Mogadiscio en Somalie (Photo AFP/Feferberg)

La hausse mondiale des prix, qui concerne aussi bien le carburant que les céréales, est en train de déclencher en Afrique noire des mouvements de révoltes populaires. La semaine dernière, la capitale du Cameroun, Yaoundé, a été le théâtre de manifestations violentes, notamment de la part des syndicats de transporteurs. De même au Burkina Faso, où plusieurs villes ont connu de sérieux incidents entre forces de l’ordre et manifestants qui protestaient contre la vie chère.

En Guinée, où la situation était très tendue en début d’année, tous les facteurs sont également réunis pour une nouvelle explosion de violence. Macky Bah, directeur de l’Association de coopération et de recherche pour le développement explique bien la situation difficile que vit le citadin moyen à Conakry.

« Avec la hausse du carburant, le sac de riz importé de 50 kg coûte désormais 150 000 francs guinéens (23 €) au lieu de 130 000 l’an dernier (20 €), alors que le salaire d’un fonctionnaire de base stagne à 500 000 francs (76 €). Quant au riz produit localement, il est beaucoup plus cher, à 3 800 francs le kg (0,60 €), notamment à cause de la hausse des intrants. Cela devient inaccessible pour la plupart des gens ! »

Ceux qui voudraient se rabattre sur la baguette de pain de 250 g ne s’y retrouveront pas non plus. Elle a vu son prix quasiment doubler en six mois, passant de 800 à 1 500 francs (0,12 à 0,22 €). « Les commerçants font ce qu’ils veulent avec les prix, ils s’entendent avec les hauts fonctionnaires », affirme Macky Bah, tout en signalant que le gouvernement tente d’apaiser les tensions en distribuant dans les quartiers du riz bon marché, mais de mauvaise qualité. « Le temps que cela arrive jusqu’au consommateur, son prix final répercute les marges des intermédiaires », remarque-t-il.

Au Mali, le prix du blé a augmenté de 103 % en deux ans
D’autres gouvernements tentent de pallier la hausse des cours en étant plus imaginatifs. Ainsi au Mali, le prix du blé a augmenté de 103 % en deux ans. Le gouvernement a décidé, en accord avec les boulangers, de produire du pain en mélangeant 65 % de blé avec 35 % de céréales locales, et de le vendre à l’ancien prix, celui d’avant la hausse.

Reste à savoir si les productions locales peuvent répondre à la demande. « On ne peut pas annoncer une pénurie alimentaire, assure Caroline Bah, directrice de l’ONG Afrique verte. Certes, les récoltes ont été moins bonnes que l’an passé, à cause notamment des ravages causés par les inondations. Mais il faut se garder de tout propos alarmiste car cela risquerait de déclencher un mouvement spéculatif chez les commerçants. »

De fait, si son ONG dresse un tableau relativement tempéré de la situation alimentaire dans trois pays du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger), quelques éléments montrent une tension en devenir sur les marchés régionaux. Par exemple, l’absence d’une chute des cours juste après les récoltes n’est pas bon signe. Heureusement, la production maraîchère – dite « de contre-saison » – présente de bons résultats et assure aux petits paysans qui la pratiquent des revenus supplémentaires.

Pour autant, Caroline Bah estime qu’une hausse mondiale des cours des céréales doit être un signal fort pour les États africains afin qu’ils encouragent et développent leurs productions locales. « L’Office du Niger devrait en profiter pour accroître les zones irrigables et augmenter ainsi les productions locales. Il existe toute une panoplie de mesures à prendre à la fois pour diversifier la consommation et développer les nombreux potentiels », insiste-t-elle.

En Afrique, les paysans représentent 60 à 80 % de la population active
Ambroise Mazal, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), ne dit pas autre chose. « La hausse actuelle des prix n’est pas liée à une pénurie, mais elle risque d’entraîner un problème d’accessibilité », assure-t-il. Pour lui, la hausse des cours de céréales révèle avant tout la grande dépendance des pays du Sud en développement vis-à-vis des importations. « Ce n’est pas faute de potentiel de production, mais ces pays n’ont pas développé de politique agricole volontariste, notamment d’appui aux petits producteurs », explique-t-il.

Sachant qu’en Afrique 60 à 80 % de la population active est composée de petits paysans, dont la production représente 30 % en moyenne du PIB de ces pays, alors que seulement 4 % de ce même PIB est investi dans le secteur agricole, une amélioration dans ce secteur aurait des conséquences bénéfiques pour une bonne partie de la population. « D’autant que sur les 50 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, les trois quarts sont des ruraux », ajoute Ambroise Mazal.

Cette hausse des cours mondiaux serait-elle finalement une chance pour les agriculteurs modestes des pays du Sud ? Pas si simple en fait. « En l’état actuel des choses, seuls les gros producteurs, disposant d’importants moyens, peuvent vraiment profiter de cette tendance », regrette Ambroise Mazal. Pire, celle-ci crée des tensions sur le foncier car les grands propriétaires terriens veulent accroître leur surface pour profiter de la hausse des cours des céréales. « C’est notamment la raison pour laquelle depuis 2007 on assiste à une multiplication des conflits entre le Mouvement des sans terre au Brésil et les grands propriétaires », explique-t-il encore.

Si l’on ajoute à cela les aléas climatiques de plus en plus fréquents et la demande croissante en biocarburant pour pallier la hausse du pétrole, le petit paysan qui veut accroître sa production de cultures vivrières, ou simplement la maintenir, n’y arrivera pas sans aide.
Catherine REBUFFEL
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