MARTHE ET MARIE

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Re: Pages feuilletées

Message par Fée Violine le Jeu 11 Déc 2008 - 10:44

encore une chronique de Pages feuilletées :

En 1984, quand la Lozère n’était encore pour nous qu’un lieu de vacances, des amis parisiens nous dirent : « Tiens, puisque vous allez en Lozère, vous devriez aller voir Pierre Rabhi ». Vu de Paris, la Lozère et l’Ardèche, c’est pareil. Et nous voilà du côté de Lablachère, à la recherche de la ferme isolée où demeure la famille Rabhi. Pierre Rabhi était chez lui, mais très occupé, entre deux avions. En une minute il a trouvé le temps de recevoir princièrement cette famille inconnue qui débarquait chez lui à l’improviste. Je dis « princièrement » car jamais je n’ai eu à ce point l’impression d’avoir affaire à un grand seigneur. Ce petit homme sec et modeste n’est pas un grand de ce monde mais c’est une personnalité qu’on n’oublie pas. Avant de laisser à sa femme le soin de nous recevoir plus longuement, il nous a fait cadeau de son livre, et c’est précisément de ce livre que je vais vous parler aujourd’hui.

Du Sahara aux Cévennes ou la reconquête du songe,
de Pierre Rabhi, éditions de Candide, Lavilledieu (Ardèche), 1983

« Bien des explorateurs européens ont relaté leurs aventures à travers les continents qui n’étaient pas les leurs, pourquoi moi Africain ne rendrais-je pas compte de mon itinéraire presque forcé à travers le continent matériel et culturel de la nation française ? »

Ainsi commence le livre où Pierre Rabhi raconte sa vie.

Rabah Rabhi est né dans une oasis du Sud-Algérien en 1936. À 4 ans il perd sa mère. Son père est forgeron et musicien. C’est une vie de pauvreté, de noblesse, de beauté et de paix. Plus tard, l’enfant va à l’école.

« J’appris à préparer ma planche en l’enduisant d’argile, à fabriquer l’encre avec de la laine et du suint de mouton, à tailler mes plumes dans un roseau et surtout à tracer les belles lettres de l’alphabet arabe. Puis je commençais à inscrire la formule qui devait chaque fois ouvrir les versets : ‘Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux’. (…) Le temps passait et tout mon être s’imprégnait de l’esprit du Coran. J’étais dans le songe des jours sans histoire ».

Il apprend aussi à s’émerveiller devant la beauté du monde. Par exemple il regarde le berger emmener son troupeau.

« Et voici que l’homme de silence, le bâton en travers des épaules, attend les retardataires. Sans hâte, il commence à faire les premiers pas de l’ascension, entouré du mouvant troupeau. Je les entends au fond du reflux de la brise. Ils viennent d’atteindre la brèche qui les avale peu à peu. La silhouette de l’homme se découpe sur le bleu du ciel. Elle reste un instant suspendue entre deux infinis ».

Il évoque le petit matin, la canicule, la cérémonie du thé à la menthe, le marché.

« J’écoute le désert ne rien dire. Je le sais parcouru par des esprits et de petits vents chauds, petits vents simples s’esprit qui racontent n’importe quoi, qui sont espiègles et qui rient en découvrant leurs dents blanches. Ils portent des djellabas de laine brune, une petite clochette à leurs pieds. Mais je n’ai jamais su où ils habitaient ».

Voici la nuit qui tombe. « Je suis allongé sur la terrasse, l’œil rivé à la voûte céleste. Le vieillard qui berce la nuit m’a dit que tout est précaire excepté la saveur d’être avec notre voisine Mimouna, qui par-dessus le mur nous offre un bol de nourriture qu’elle a préparée, et le brandon de feu que nous donnons à Mesahouda pour allumer son bois. Tout est précaire sauf les contes de ma grand-mère et le luth de mon père qui répand ses chants andalous ».

Ensuite le jeune Rabah sera plus ou moins adopté par un couple français et il va à l’école française malgré l’opposition farouche de sa grand-mère qui se méfie de ces mécréants. La vieille dame est fière de ses enfants.

« Si mon oncle avait l’allure princière des religieux avec ses vêtements immaculés, son visage brun embelli par le voile blanc et la sérénité, sa démarche mesurée ponctuée par le claquement des babouches couleur d’or, mon père reflétait l’esprit industrieux, inventif, maître de sa destinée, homme total sensible aux femmes et les chantant avec enthousiasme ».

Le petit Rabah se sent déraciné, dans cette civilisation si différente, mais ses nouveaux parents sont gentils et il s’y habitue. Le voilà partagé entre deux vies, entre le monde des mille et une nuits et le monde occidental, entre la cérémonie de la circoncision et la lettre au Père Noël, entre le gentil père français et le noble père forgeron et troubadour. Rabah passera aussi 18 mois à Aïn Sefra à l’école de son oncle l’imam. Il n’y est pas très heureux. À l’occasion d’une grande fête, son père doit sacrifier un bélier. Au moment de tuer l’animal, il s’en va soudain chercher un voisin avec qui il s’était disputé quelques jours plus tôt.

« Je ne compris que bien plus tard la raison de ce comportement : ‘Ton sacrifice est nul s’il y a du ressentiment dans ton cœur. Réconcilie-toi d’abord avec l’autre’ ».

Nous chrétiens nous avons le même commandement dans l’évangile, mais je ne sais pas si nous le mettons souvent en pratique…

Il passe l’année scolaire en ville, où il prépare le certificat d’études, et il ne revient au village que pour les vacances. Sa grand-mère aimerait qu’il ne reparte plus et qu’il reste avec les siens. « Ma vie n’était plus faite que de réinsertion, de réadaptation alternée ».

Mais le père tient à ce que son fils fasse des études. La grand-mère prédit :

« ‘Écoute bien mes paroles, si tu laisses repartir ton fils, il ne reviendra plus’. Et je ne devais plus revenir, ma volonté n’y étant pour rien. »

La grand-mère meurt « d’un mal dans la poitrine », comme elle disait.

« La pauvreté avait aiguisé son savoir des choses de la survie : plantes comestibles du désert, petits animaux, préparation des sauterelles, les mille manières de tirer parti de tout, vêtir les siens, ne rien gaspiller, vénérer la céréale qui dans ses rudes mains devenait noblesse. Fragment du principe nourricier, du principe germinatif, elle était maintenant chez elle, reprise par la terre dont elle fut un prodigieux témoin ».

Le père n’arrive plus à gagner la vie de ses sept enfants. Il se résigne à devenir ouvrier au service des Français. Rabah prend le train pour retourner à Oran.

« Au fond du compartiment, un groupe de nomades entoure un joueur de gasbaa, longue flûte de roseau. Les accents nostalgiques, portés par le vent, se marient étrangement avec le bruit du train. Les hommes s’étaient défaits de leur turban et de leur sandales et avaient adopté leur posture habituelle, accroupis sur les banquettes de bois. L’un des assistants se mit à accompagner la flûte de sa voix un peu éraillée. Tout à leur émotion, ces nomades n’étaient plus de ce monde. Une femme exhibe un sein brun, l’offre à son enfant, puis, d’un mouvement d’aile, elle l’enveloppe et redisparaît avec lui sous le voile bleu. J’étais loin de me douter que ces scènes pour moi si familières allaient être les dernières parmi les gens de mon pays ».

Le jeune Rabah entre dans un lycée privé. Il se sent de plus en plus intégré dans la société européenne.

« Nourriture française, coutumes françaises, fêtes françaises, langue française, art français, pensée française. Plongé dans le bain, je subis l’ultime galvanisation. Pourtant je n’avais pas le sentiment de renier, mais de répondre à ce besoin lancinant d’unité de moi-même ».

En réalité le jeune homme civilisé et élégant « recèle au fond de lui-même un animal sauvage, semblable à un fennec aux yeux vigilants ».

Il arrête des études et travaille comme prothésiste dentaire. Il apprend à jouer du piano. À force de fréquenter des chrétiens, il perd ses préventions contre le christianisme, se prend d’amour pour Jésus-Christ et il se fait baptiser sous le nom de Pierre. Il travaille dans une banque. Survient la guerre d’Algérie. Pierre, à la suite d’un désaccord avec son père adoptif, se retrouve à la rue. Il lit beaucoup, il réfléchit, il a des doutes sur la civilisation occidentale. En 1960 il quitte l’Algérie et débarque à Paris.

(à suivre)
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Message par Fée Violine le Jeu 11 Déc 2008 - 11:01

« La solitude est ici fondamentale, elle est le matériau essentiel dans ces grandes rues désertes et froides de minuit (…) Ici les signes anonymes remplacent la relation, mais il faut savoir les interpréter. Le langage est partout sous forme de cendre ».

« Quelques mois, voire quelques jours, ont suffi à me désillusionner complètement. La France, perçue à travers son histoire, ses écrivains, ses mystiques, ses artistes, n’a rien à voir avec sa réalité vécue. »

Pierre trouve un travail et suit des cours qui l’intéressent.

« J’ai cessé de croire que les églises pourraient être un lieu où l’étranger peut vivre la fraternité ».

Il rêve de rejoindre au Brésil un ami qui fait de l’alphabétisation dans les favelas, mais voilà qu’il fait la connaissance d’une jeune fille.

« La musique, le théâtre, la littérature, le christianisme. Je partageais toutes ces choses avec Michèle, cela nous assurait une certaine douceur au milieu de la brutalité matérialiste ».

Les deux fiancés rêvent de s’installer à la campagne. Leur rêve va se concrétiser grâce à un petit groupe de gens qui militent pour la création du Parc national des Cévennes et qui les aident.

« Ces gens semblent avoir été délégués par une puissance bénéfique pour nous aider à modeler le rêve ».

Pierre et Michèle se marient en Ardèche, Michèle continue à travailler à Paris tandis que Pierre étudie l’agriculture dans une école familiale rurale. Avec un ami médecin de campagne, il apprend à connaître le pays. Michèle et le premier bébé (Cécile) arrivent, la famille réunie s’installe dans une maison.

« Nous intriguons tous les gens du pays. Certains déplorent notre fantaisie, si ce n’est pas un malheur, des jeunes qui pourraient se faire d’excellentes situations en ville ! »

Pierre doit travailler la terre pendant trois ans avant d’avoir droit à un prêt du Crédit agricole pour acheter une ferme. Le voilà donc ouvrier agricole. Le travail au début lui paraît très dur.

« En ces temps de résolution et de peur, deux choses contradictoires m’étaient nécessaires : la prière et l’orgueil ».

La vie est très dure pour le jeune couple au bord de la misère. Africain, ancien musulman, citadin, Pierre se sent vraiment isolé. Il se met à faire des sculptures en bois ou en terre cuite. Un ami les aide à acheter la ferme qu’ils ont enfin trouvée. Mais comme ils n’ont plus un sou, Michèle et les enfants vont vivre pendant six mois à St-Étienne, où vivent les parents adoptifs de Pierre. Pierre restaure la maison, et il le fait si bien, qu’il en fera un métier : pendant des années, il va restaurer des maisons. Il cherche des truffes et les vend. Il a bien du mal à nourrir sa famille.

« Tandis que nous cheminions d’événement en événement, s’éveilla en nous le sentiment de la non-fragmentation. Rien n’est séparé de rien, le balancement joie-peine-effort-repos-espoir-désespoir, se fait à l’intérieur d’une cohésion et non selon des alternatives contradictoires et indépendantes. Nous avons aussi appris que la plus grande mutilation que l’on puisse faire à l’homme, c’est de le priver de toute insécurité. L’insécurité nous a forcés à tirer de nous-mêmes des richesses que nous ne soupçonnions pas : imagination, créativité, résistance physique et psychique, victoire sur les privations de toutes sortes, les inconforts. »

Pierre rend hommage à Michèle, « une âme forte dans un corps de frêle apparence, mais combien doué de cette énergie que j’ai bien souvent admirée chez les femmes de mon pays et qui suscite une infinie tendresse ».

Peu à peu, la famille Rabhi est moins pauvre. Ils élèvent des chèvres.

« Vivre d’un troupeau, c’est en grande partie le parasiter quelle que soit la préoccupation qu’on ait de son bien-être ».

« Au printemps, la vie nous submerge sous la forme de nombreux chevreaux, et c’est chaque fois un émerveillement de voir que tout est perfection dans le processus d’incarnation. Tout est si bien prévu qu’on a du mal à imaginer que cela ne puisse être le fait d’une intelligence ».

Pierre Rabhi cultive la terre suivant la méthode biodynamique, qui est basée sur l’anthroposophie (une sorte de théosophie fondée par Rudolf Steiner).

« Mon rôle n’est plus celui d’un simple agriculteur, car je n’ai pas seulement à provoquer des effets ponctuels, mais à participer à un vaste mouvement de restauration ou de maintien de la santé de la terre nourricière ».

Grâce à cette méthode il constate avec joie que « la terre sèche, revêche, presque inhospitalière, lourde à la charrue, qui est nôtre, devient peu à peu sereine, affable, attentive à nos sollicitations (…) Il ne s’agit pas ici de je ne sais quelle religion. Je me suis toujours méfié des délires mystiques vers lesquels peut conduire l’insurrection contre le matérialisme (…) Par contre la gestion des êtres vivants (animaux ou végétaux) me paraît être une merveilleuse école d’objectivité ».

« J’ai une joie extraordinaire à sentir la vie de plus en plus intense dans mon sol (…) Quant au troupeau, après sélection judicieuse, soins par homéopathie, nourriture sauvage et nourriture de culture équilibrée, il est en état sanitaire et de production très satisfaisants. La santé des personnes, elle, n’a cessé de s’améliorer ».

« Michèle a acquis une grande maîtrise dans la fabrication du fromage (…) C’est au marché du bourg qu’est vendue notre production, elle est la base de notre économie et nous permet maintenant de vivre correctement ».

Il oppose, à la pléthore destructrice de la société de consommation, « la pauvreté en tant que valeur de bien-être. Le mot pauvreté étant chargé de maléfices, il convient de préciser que la pauvreté selon nous n’est pas la misère, mais la relation équilibrée entre mes besoins vitaux et moi-même. Mes besoins en tant qu’homme ne se limitent pas bien entendu à l’entretien de mes fonctions végétatives. J’ai à nourrir aussi ma spiritualité, ma sensibilité, ma créativité, mon affectivité. Mais je dois réaliser qu’il n’est pas de pauvreté hors d’une disposition d’esprit sans laquelle tout devient privation raisonnée, une digue fragile contre l’envie. Je suis pauvre parce qu’au plus profond de mon être, j’ai aboli toute avidité, toute fausse nécessité ».

En mai 68, des contestataires viennent les aider aux travaux de la ferme. Les Rabhi, précurseurs du mouvement de retour à la terre, forment de nombreux stagiaires aux travaux agricoles. Cette famille élargie est bénéfique pour tout le monde, notamment c’est enrichissant pour les enfants. Une vache, Mamma, vient compléter le nombre des habitants de la ferme. Son arrivée est décrite avec humour.

« Nous poussâmes les hommages rendus à Mamma jusqu’à lui jouer de la flûte afin d’amadouer son caractère. Mais le troisième seau renversé me fit sortir de mes gonds et perdre instantanément l’urbanité dont je la gratifiais. Saisissant une ceinture, je me mis à ce que je considérais comme un dressage nécessaire. Effectivement l’incident ne se reproduisit plus. Et notre Mamma, peu à peu, perdit son statut d’étrangère capricieuse pour devenir simple, compréhensive, membre véritable du clan ».

Ensuite à propos de Dieu, il cite Maître Eckhart, un mystique allemand du Moyen Âge :

« Pourquoi bavardez-vous au sujet de Dieu ? Tout ce que vous dites de lui est mensonge ».

Il évoque aussi ses cinq enfants : Cécile, Vianney, David, Sophie et Gabriel, qui suivent tous les traces de leurs parents, dans le « petit royaume de patience » créé par Pierre et Michèle.

« J’aime ce pays qui nous a donné asile et à travers lui la splendide planète qui est la nôtre. J’aime ce pays dans la respiration quotidienne, dans les saisons, dans la pluie, dans le vent, si proche de tout ce qui vit ».

Actuellement, et depuis longtemps (1981), Pierre Rabhi est chargé de mission pour enseigner l’agriculture biodynamique aux paysans du Burkina Faso, ce qui lui a permis de retrouver avec joie son continent natal.

Il a écrit un roman, « Le gardien du feu » (inspiré de la vie de son père). C’est aussi un conférencier apprécié.

Bref, c’est un homme qui sort de l’ordinaire. C’est une joie de lire ce livre plein de poésie qui prend, dit la préface, « une remarquable dimension humaine ».
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Re: Pages feuilletées

Message par Fée Violine le Jeu 11 Déc 2008 - 11:11

Depuis que j'ai écrit cette chronique, Pierre Rabhi a fait beaucoup de choses et écrit beaucoup de livres.
Il s'est notamment présenté aux élections présidentielles en 2002, et il n'était pas loin d'avoir les 500 signatures. Dommage ! C'était le meilleur !

"Du Sahara aux Cévennes " a été réédité sous un nouveau titre, mais j'aimais mieux l'ancien.


D'après wikipédia:

En 1978, il est chargé de formation à l'agro-écologie par le CEFRA (Centre d'études et de formation rurales appliquées).
À partir de 1981, il se rend au Burkina Faso en tant que « paysan sans frontière » à la demande du gouvernement de ce pays et avec le soutien du CRIAD (Centre de relations internationales entre agriculteurs pour le développement).
En 1985, il créé un centre de formation à l'agroécologie à Gorom-Gorom, avec l'appui de l'association Le Point-Mulhouse.
En 1988, il fonde le CIEPAD (Carrefour international d'échanges de pratiques appliquées au développement) avec l'appui du Conseil général de l'Hérault. Il met en place un « module optimisé d'installation agricole », de programmes de sensibilisation et de formation, et le lancement de nombreuses actions de développement à l'étranger (Maroc, Palestine, Algérie, Tunisie, Sénégal, Togo, Bénin, Mauritanie, Pologne, Ukraine...)
En 1992, il lance le programme de réhabilitation de l'oasis de Chenini-Gabès en Tunisie.
Depuis 1994, il anime le mouvement « Oasis en tous lieux », visant à promouvoir le retour à une terre nourricière et la reconstitution du lien social.
En 1997 et 1998, il intervient à la demande de l'ONU dans le cadre de l'élaboration de la Convention de lutte contre la désertification (CCD) et est appelé à formuler des propositions concrètes pour son application.
De 1999 à 2001, il lance de nouvelles actions de développement au Niger (région d'Agadez) et au Mali (région de Gao).
En 2002 il fait une pré-campagne présidentielle où il obtient 184 parrainages d'élus et qui donne naissance au Mouvement Appel Pour une Insurrection des Consciences (MAPIC)
Il anime régulièrement des conférences ou des ateliers sur les thèmes de la simplicité volontaire et de la décroissance. Considéré comme artisan de l'altermondialisme, il fut invité lors du Forum social européen, et a intitulé un de ses exposés « Donner une âme à la mondialisation ». Il crée en 2007 le « mouvement international pour la terre et l'humanisme »[1].
Il est président d'honneur de l'association Terre et Humanisme, il a fait partie du comité éditorial du mensuel français La Décroissance et est vice-président de l'association Kokopelli qui oeuvre à la protection de la biodiversité ( à la production et distribution de semences issues de l'agriculture biologique et biodynamique..) et à la régénération des sols cultivés.


Bibliographie


  • Du Sahara aux Cévennes ou la reconquête du songe (autobiographie), Éditions de Candide, Lavilledieu, 1983, rééd. Albin Michel, Paris, 1995, rééd sous le titre Du Sahara aux Cévennes :itinéraire d'un homme au service de la Terre-Mère, Albin Michel, Paris, 2002.
  • Le Gardien du Feu (roman), Éditions de Candide, Lavilledieu, 1986, Éditions Albin Michel, Paris, 2003.
  • L'Offrande au crépuscule (Prix des sciences sociales agricoles du ministère de l'Agriculture), Éditions de Candide, Lavilledieu, 1989, rééd. aux éditions L'Harmattan 2001.
  • Le Recours à la terre (recueil d'articles), Éditions Terre du Ciel, Lyon, 1995, nouvelle éd. augm. 1999.
  • Parole de Terre : une iniciation africaine, Éditions Albin Michel, Paris, 1996 (préface de Yehudi Menuhin).
  • Manifeste pour des Oasis en tous lieux, ouvrage collectif sous la direction de Pierre Rabhi, 1997.
  • Le Chant de la Terre interview par Jean-Pierre et Rachel Cartier, Editions La Table Ronde, Paris, 2002
  • Graines de possibles, regards croisés sur l'écologie avec Nicolas Hulot, Ed Calmann-Lévy, Paris, 2005. ISBN 2702135897
  • Conscience et environnement, Éditions du Relié, Gordes, 2006.
  • La part du colibri, l'espèce humaine face à son devenir, Editions de l'aube, 2006 (témoignage au festival du livre de Mouans-Sartoux en 2005).
  • Terre-Mère, Homicide volontaire ? Entretiens avec Jacques Olivier Durand, Le Navire en pleine ville, 2007.
  • Manifeste pour la Terre et l'Humanisme, Pour une insurrection des consciences, Actes Sud, 2008.


Dernière édition par Fée Violine le Mer 15 Avr 2009 - 11:47, édité 1 fois
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Re: Pages feuilletées

Message par Fée Violine le Mer 15 Avr 2009 - 11:45

pacalou a écrit:
Une femme forte, audacieuse, intelligente, sensible;
De quoi faire peur à un homme, quoi! (je viens de lire aussi Badinter)

En relisant ce fil, je tombe sur cette remarque de Pacalou, sur laquelle je ne m'étais pas arrêtée la première fois et qui m'étonne...
Qu'en pensent les autres hommes du forum ?
Moi les hommes "forts, audacieux, intelligents et sensibles" me semblent plutôt sympathiques, mais ce n'est peut-être pas pareil dans l'autre sens ?
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Re: Pages feuilletées

Message par plume verte le Mer 15 Avr 2009 - 13:37

Fée Violine a écrit: les hommes "forts, audacieux, intelligents et sensibles" me semblent plutôt sympathiques,

euuhhh...tu parles de moi ? Oui c'est certain, tout mon portrait!
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Re: Pages feuilletées

Message par Fée Violine le Mer 15 Avr 2009 - 13:57

Certainement ! Mais que répondrais-tu à Pacalou ?
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Re: Pages feuilletées

Message par plume verte le Mer 15 Avr 2009 - 14:47

Nous avons tous une expérience différente de la vie, nous ne vivons pas tous avec le même environnement intellectuel ni économique.
Pour répondre, en deux mots, « une femme forte, audacieuse, intelligente, sensible » ça n’existe quasiment pas ; Forte, audacieuse, intelligente oui certainement ; mais rajouter « sensible »…... c’est un anachronisme.
Aujourd’hui (sans rentrer dans les détails) il y a deux types de couple, : le partenariat (association) on y divorce facilement, et les couples avec un dominant.
Un homme fort et audacieux ne recherche pas une femme qui lui ressemble. Il apprécie une femme qui l’aidera dans ses ambitions ou une femme qu’il dominera, qu’il domestiquera.
Les femmes aiment-elles les hommes forts, a priori, oui, mais que veut dire ce mot : fort comme J-C. Vandamme l’acteur belge, ou fort comme le professeur Albert Jacquard, qui a consacré l’essentiel de sa vie à diffuser un discours humaniste pour favoriser l’évolution de la conscience collective.
Audacieux, je crains que de nos jours, les femmes n’apprécient pas dans la vie de tous les jours un homme audacieux, à la télé, au cinéma, oui ; Pour beaucoup, l’homme idéal est un fonctionnaire (je sais, je suis dans la caricature).
Intelligent, encore une fois, que veut dire ce mot ? un homme qui sait faire son chemin, baisser l’échine pour s’attirer les faveurs des chefs, pour beaucoup de femmes, cet homme-là est un homme intelligent.
Et enfin « sensible » sensible ou intentionné ? pas la même chose, un homme qui peut être impressionné par ceci ou cela, je ne pense pas qu’il intéresse beaucoup les femmes.
P.S.
Puisque tu rouvres la page sur Rabbi, as-tu lu les pages de l’article de La Vie que je t’avais envoyé dans les pièces jointes ? Perso, j’ai trouvé très superficiel ce texte.
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Re: Pages feuilletées

Message par Fée Violine le Mer 15 Avr 2009 - 18:18

Je n'ai pas vu de pièces jointes dans le message où tu me parlais de l'article sur Rabhi ! De toute façon, je le connais par ailleurs.

Les femmes aiment-elles les hommes forts, a priori, oui, mais que veut dire ce mot : fort comme J-C. Vandamme l’acteur belge, ou fort comme le professeur Albert Jacquard, qui a consacré l’essentiel de sa vie à diffuser un discours humaniste pour favoriser l’évolution de la conscience collective.

Si je peux donner mon avis perso : ni l'un ni l'autre !!! What a Face
Il s'agit surtout de la force de caractère.

Pour beaucoup, l’homme idéal est un fonctionnaire
Je dois pas être normale... :gnark:
Mais quand on voit le nombre de femmes qui quittent leurs hommes parce qu'elles s'ennuient avec eux... Ou alors, parce qu'elles ne les trouvent pas assez sécurisants au contraire ? J'en sais rien.

Forte, audacieuse, intelligente oui certainement ; mais rajouter « sensible »…... c’est un anachronisme.
Ah bon ? Un anachronisme ?!

Et enfin « sensible » sensible ou intentionné ? pas la même chose, un homme qui peut être impressionné par ceci ou cela, je ne pense pas qu’il intéresse beaucoup les femmes.
Intentionné ? Tu veux peut-être dire "attentionné" ? Mais ça n'a rien à voir avec la sensibilité.
Un homme doit être sensible au sens de "pas une brute épaisse". mais il ne doit pas être une mauviette non plus, bien sûr.
C'est pas facile d'être parfait !

Mais ça ne nous dit toujours pas pourquoi les femmes "fortes, audacieuses, intelligentes et sensibles" font peur à Pacalou et sans doute à des tas d'autres hommes. C'est peut-être parce qu'ils ont l'impression de ne rien pouvoir leur apporter ?

Sinon, je rouvre ce fil parce que je mets mon site à jour, je fais le tour de mes chroniques, j'en ai mis de nouvelles (Jean-Paul II, Graham Greene, Daniel-Rops), je les illustre avec des photos, et je vais encore en mettre d'autres.
Arnaud (le copain qui s'occupe de mon site) va ajouter une partie "famille" où je mettrai mon arbre généalogique avec des tas de détails sur mes divers ancêtres. C'est très amusant à faire, tout ça.
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Re: Pages feuilletées

Message par Eriluc le Mer 15 Avr 2009 - 19:42

Mais ça ne nous dit toujours pas pourquoi les femmes "fortes, audacieuses, intelligentes et sensibles" font peur à Pacalou et sans doute à des tas d'autres hommes. C'est peut-être parce qu'ils ont l'impression de ne rien pouvoir leur apporter ?

Je ne suis pas d'accord les hommes aiment les femmes "fortes, audacieuses, intelligentes et sensibles" si elles font en plus le ménage, à manger et supporte qu'on soit désordonnés, inconsistant et paresseux ça frise la perfection féminine. semoque

Plus sérieusement, si on part du principe que depuis quelques milliers d'années l'équilibre le plus fréquent et le plus basic des relations homme/femme est un rapport de domination (fort, audacieux) pour l'homme et de séduction (intelligente et sensible) pour la femme, il semble que le fait qu'une femme puisse cumulé l'ensemble des qualités des deux "camps" peut faire peur à ceux qui veulent conserver cet équilibre ancestrale.
Pour ceux, les hommes, qui acceptent que toutes ces qualités soient un attrait plus qu'une répulsion, il faut sans doute qu'eux même est ces mêmes qualités en quantité suffisantes pour que l'équilibre soit possible, et uniquement possible car avec toutes ces qualités dans une relation, sans humilité de surcroit, le système est trop instable pour tenir dans le temps.
Si non il reste une issue c'est l'Amour, avec le grand A. L'A de l'Affection mais surtout d'Attrition pour que ce couple vive sous le regard de son Seigneur avec la passion de ce respecter, tel que l'autre est, et de se donner, tel que l'autre peut l'accepter.
Il n'y a nul peur pour celui qui voit dans le regard de l'autre non un jugement mais une acceptation. Pas de peur à celui qui, chaque jour, voit que ses incapacités et son néant ne sont plus un sujet de tristesse et d'inquiétude, mais grâce à l'autre, un sujet de paix et de joie.

Très cordialement

Eric
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Re: Pages feuilletées

Message par Fée Violine le Mer 15 Avr 2009 - 20:39

Eriluc a écrit:Je ne suis pas d'accord les hommes aiment les femmes "fortes, audacieuses, intelligentes et sensibles" si elles font en plus le ménage, à manger et supporte qu'on soit désordonnés, inconsistant et paresseux ça frise la perfection féminine. semoque
Hmmm... La perfection consiste plutôt à éduquer autrui qu'à le garder dans l'enfance...

Plus sérieusement, si on part du principe que depuis quelques milliers d'années l'équilibre le plus fréquent et le plus basic des relations homme/femme est un rapport de domination (fort, audacieux) pour l'homme et de séduction (intelligente et sensible) pour la femme, il semble que le fait qu'une femme puisse cumulé l'ensemble des qualités des deux "camps" peut faire peur à ceux qui veulent conserver cet équilibre ancestrale.
Il me semble que les 4 qualités citées appartiennent autant aux hommes qu'aux femmes. Assimiler l'intelligence, la sensibilité et les femmes à la séduction me semble plutôt réducteur ! L'intelligence et la sensibilité servent à tout, tout le temps, et pas seulement pour séduire ! Et le rapport F > H ne se limite pas à la séduction !

Pour ceux, les hommes, qui acceptent que toutes ces qualités soient un attrait plus qu'une répulsion, il faut sans doute qu'eux même est ces mêmes qualités en quantité suffisantes pour que l'équilibre soit possible, et uniquement possible car avec toutes ces qualités dans une relation, sans humilité de surcroit, le système est trop instable pour tenir dans le temps.
Si non il reste une issue c'est l'Amour, avec le grand A. L'A de l'Affection mais surtout d'Attrition pour que ce couple vive sous le regard de son Seigneur avec la passion de ce respecter, tel que l'autre est, et de se donner, tel que l'autre peut l'accepter.
Il n'y a nul peur pour celui qui voit dans le regard de l'autre non un jugement mais une acceptation. Pas de peur à celui qui, chaque jour, voit que ses incapacités et son néant ne sont plus un sujet de tristesse et d'inquiétude, mais grâce à l'autre, un sujet de paix et de joie.
Sans humilité, c'est sûr, on ne va pas loin. Mais à mon avis, l'humilité est incluse dans l'intelligence et dans le courage.
C'est quoi l'attrition ?
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Re: Pages feuilletées

Message par Fée Violine le Lun 12 Juil 2010 - 21:00

J'ai à nouveau mis mon site à jour, ajouté des chroniques et beaucoup d'illustrations.
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