Souricet Invité

 | Sujet: Moyen-Age, Renaissance, Lumières Jeu 7 Juin 2007 - 10:45 | |
| | Ce nom de Renaissance n'est-il pas contestable ? En effet, il suppose qu'avant le XVIe siècle régnaient les ténèbres. En anglais, le Moyen Age s'appelle souvent the dark ages. Or, le XIIe siècle, entre autres, fut un siècle rayonnant. |
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Souricet Invité

 | Sujet: Re: Moyen-Age, Renaissance, Lumières Jeu 7 Juin 2007 - 10:45 | |
| | Citation: | Mais revenons au Siècle des Lumières et à ses particularités françaises. L'héritage des Lumières s'est en effet révélé moins traumatisant en Angleterre ou en Allemagne. Dans notre pays un rationalisme excessif, le jacobinisme politique et l'athéisme militant ont conduit à la Révolution française. Ce dernier événement a conduit à un bouleversement de l'histoire européenne, puis mondiale au XXe siècle, dont on peut mesurer encore les conséquences de nos jours. J'invite ceux qui voudraient sortir de l'hégémonie du "penser libéralement correct" de nos amis américains à lire le bienvenu "Siècle de 1914 - Utopies, guerres et révolutions en Europe au XXe siècle" de l'historien Dominique Venner chez Pygmalion.
Très schématiquement, le Siècle des Lumières a conduit la France à un clivage durable de la société française, à une rupture brutale avec une partie de ses racines. En Europe, de loin en loin, le jacobinisme français (exporté par Napoléon) a embrasé tous les pays et scellé le déclin de la civilisation européenne, engendré les nationalismes destructeurs, les totalitarismes, ruiné l'espace européen et permis le transfert du leadership mondial aux Etats-Unis. Dans l'histoire des idées, le rationalisme réducteur et son corollaire, la croyance dans un progrès scientifique indéfini, seule source de bonheur pour l'humanité, ont conduit aux impasses de conflits mondiaux toujours plus destructeurs… L'histoire littéraire du XIXe siècle nous rapporte la chronique de ce désenchantement, celle du XXe siècle nous fait entrer de plain-pied dans l'horreur du septième cercle infernal...
L'héritage des Lumières me paraît donc bien surévalué. Si nous lui devions toutes nos libertés (ce qui est une affirmation très contestable), elles auraient en tout cas été fort chèrement payées. Il me semble plus "raisonnable" de renoncer à une dichotomie historique : un avant "Révolution", période d'obscurantisme qui débouche après 1789 sur une ère lumineuse et heureuse. Nous avons là tous les indices d'une construction mythique que des idéologues ont essayé d'inculquer au travers de programmes scolaires orientés.
Aujourd’hui, nous devons manifester plus d’esprit critique et apprendre à recevoir « tout » notre héritage.
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