MARTHE ET MARIE

FORUM CATHOLIQUE
 
AccueilCalendrierGalerieFAQRechercherS'enregistrerConnexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 

Génocide polonais et résistance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédente  1, 2
AuteurMessage
Souricet
Invité




MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Mer 15 Aoû 2007 - 20:02

Insurrection de Varsovie

Face a l’expérience orientale et craignant qu’une bataille a Varsovie ne détruise la ville et n’entraîne des pertes parmi la population civile, l’on hésitait a y étendre la « Tempete ». Pourtant la conviction prit le dessus qu’une bataille pour Varsovie aurait une importance non seulement militaire mais aussi politique ; de plus, l’on prenait en considération la tension émotionnelle qui régnait chez les habitants et leur désir ardent de lutter, exprimé par les soldats de l’Armée de l’Intérieur. L’ordre définitif de lancer l’insurrection fut émis, avec la participation du Délégué du Gouvernement et du Président du Conseil de l’Unité Nationale, le 31 juillet, lorsque les troupes de l’Armée Rouge atteignaient le quartier de Praga sur la rive orientale de la Vistule. 23 mille soldats dont une partie seulement étaient équipés d’armes entreprirent l’action qui débuta dans l’apres-midi du 1er aout sous le commandement du colonel Antoni Chruściel (pseudonyme « Monter »). Bien que les insurgés aient pris Un nombre important de bâtiments stratégiques pendant les premiers jours et que le nombre d’insurgés augmentât au fil du temps (34 mille soldats au total combattirent dans l’insurrection), on ne put repousser entierement les Allemands du centre ni s’emparer des arteres et ponts principaux. La garnison allemande qui comptait 16 mille soldats fut fortement renforcée (notamment par les troupes destinées a combattre les maquis) et le 5 aout, les Allemands contre-attaquerent en utilisant les chars, l’artillerie lourde et les avions de combat. Dans le premier quartier qu’ils prirent (Wola), un massacre massif des habitants euT lieu, ce qui se répéta encore a plusieurs reprises. Les colonnes allemandes cernerent dans Varsovie des « îlots insurgés » qui maintenaient la communication grâce aux passages souterrains dans les caves et les canaux. L’administration polonaise prit le pouvoir sur ce territoire ou paraissaient les journaux et fonctionnaient une radiodiffusion (« Eclair ») et des services municipaux.

On prévoyait que le combat ne durerait que quelques jours, soit jusqu’a l’arrivée de l’Armée Rouge, mais avant le 8 aout, Staline donna l’ordre d’arreter l’offensive dans la région varsovienne, ce malgré les appels notamment du premier ministre du Gouvernement de la République de Pologne, venu le 31 juillet en visite officielle a Moscou. Staline ne consentit meme pas a l’atterrissage d’avions de transport des alliés sur les pistes soviétiques, ce qui rendit pratiquement impossible toute aide aérienne, puisque les bases les plus proches se trouvaient en Italie méridionale et en Angleterre. Ce n’est qu’a la mi-septembre, a la veille de l’échec de l’insurrection, qu’un parachutage important fut possible, mais les insurgés ne purent s’emparer que de quelques 47 tonnes. Les luttes se prolongeaient, le nombre de victimes civiles allait croissant, les vivres, les médicaments, l’eau venaient a manquer. Ni l’occupation du quartier de Praga par l’Armée Rouge, ni les tentatives échouées des troupes polonaises, commandées par le général Berling, de prendre les tetes de ponts a Varsovie, ne changerent rien. Les insurgés capitulerent le 2 octobre. Pres de 150 mille civils ont trouvé la mort, la ville n’était que gravats (plus tard, des commandos allemands spéciaux détruisirent les bâtiments indemnes), presque 520 mille habitants furent chassés de la ville et 17 mille insurgés furent faits prisonniers.

L’Insurrection de Varsovie a été la plus grande bataille livrée par l’armée polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale : 10 mille insurgés périrent et 7 mille furent portés disparus ; les Allemands subirent des pertes importantes avec pres de 10 mille soldats tués et environ 6 mille portés disparus, 300 chars, canons et voitures blindées détruits.

L’insurrection n’atteignit ni ses buts militaires ni politiques, mais pour les générations de Polonais a venir, elle est devenue le symbole meme du courage et de la détermination dans la lutte pour l’indépendance.

Bibliographie élémentaire : Norman Davies Rising `44. „The Battle for Warsaw”, Londres 2004 ; Stefan Korboński The Polish Underground State : A Guide to the Underground, 1939-1945, Boulder 1979; Marek Ney-Krwawicz The Polish Home Army, 1939-1945, Londres 2001
Revenir en haut Aller en bas
Souricet
Invité




MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Mer 15 Aoû 2007 - 20:03

L’Insurrection de Varsovie (1er août – 5 octobre 1944) fut le point culminant de la lutte de l’État Polonais Clandestin contre l’occupant. Cette bataille, la plus sanglante de l’histoire de Pologne, entreprise par l’armée AK, conformément à la devise “nous voulions être libres et ne devoir cette liberté qu’à nous-mêmes”, coûta la vie à des centaines de milliers de Polonais.

L’Insurrection de Varsovie fut la dernière décision souveraine de la nation et de l’état polonais.

Au cours des décennies du joug communiste, c’est précisément le souvenir de l’État Polonais Clandestin, l’ethos de l’Armée AK et de l’Insurrection de Varsovie qui a constitué le fondement moral de la Pologne et des Polonais.

Cette tradition a ensuite nourri le mouvement “Solidarność” dont la détermination décida du sort de la Pologne et, indirectement, de celui de l’Europe. Aujourd’hui, la Pologne rejoint la communauté européenne des nations avec toute la richesse de son patrimoine historique et la mémoire du prix incommensurable payé pour le droit à la liberté et à décider souverainement de son propre sort.

http://www.consulat-pologne-strasbourg.org/archives_fr.html
Revenir en haut Aller en bas
Souricet
Invité




MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Mer 15 Aoû 2007 - 20:05

La destruction de Varsovie

Devant le début de départ précipité des fonctionnaires allemands, suite à l'arrivée à Praga, faubourg de Varsovie, de blindés de l'Armée rouge et aux encouragements à se soulever de Moscou, Bor-Komorowski, commandant de l'Armée de l'Intérieur (AK), des Bataillons Paysans et de l'Armée Populaire, donna le signal du soulèvement attendu, le 1er août 1944. Deux ou trois jours plus tard, l’armée russe arrive sur les bords de la Vistule. Le général polonais commandant l’armée polonaise donne l’ordre à ses troupes de traverser le fleuve et de prendre part au combat contre les Allemands. Or, le soir-même, Staline donne l’ordre formel à toute l’armée russe de rester sur la rive Est de la Vistule. Quant au général polonais, il est convoqué d’urgence à Moscou. On ne le reverra plus jamais. Les Russes attendent ainsi tranquillement la fin de l’insurrection sans apporter aucune aide. Les pilotes américains et polonais stationnés en Angleterre parachutent de l’aide aux insurgés. Or, les Russes leur refusent le droit d’atterrissage. Ils sont donc obligés de voler selon la ligne droite la plus courte, aller et retour, sans pouvoir éviter les tirs allemands. En survolant la mer Baltique, ils manqueraient de carburant, ne pouvant se ravitailler en Russie. La bataille fit rage pendant 63 jours. Aidés par les Varsoviens, les partisans prirent toute une partie de la ville. En réponse, Hitler, voulant faire un exemple dissuasif, renvoya contre la ville ses blindés, de l'aviation et de l'artillerie lourde épaulés par des divisions S. S. et des brigades spéciales. Il ordonna de raser irrémédiablement Varsovie et d'exterminer ses habitants, sans faire de prisonniers. Le plus gros canon de l'époque est utilisé contre Varsovie (Thor, un mortier de 650 avec des obus perforants de 2 200 kg, traversant toutes les épaisserus de béton connues). En l'espace de deux jours, au plus fort des massacres, 40 000 personnes furent tuées. Les insurgés ne possédaient des munitions que pour quelques jours de combat. Malgré quelques parachutages alliés d'armes et de médicaments, ils ne purent se battre avec succès. Le 2 octobre 1944 Bor-Komorowski fit sa reddition. Quelques 250 000 personnes payèrent cet acte de leur vie, sous les yeux des forces soviétiques stoppées de l'autre côté de la Vistule, l'arme au pied à moins de deux kilomètres de la tragédie. Après l'évacuation d'un reste de population, les Nazis anéantirent la ville. Les opposants en puissance au gouvernement pro-soviétique se trouvèrent par la même occasion éliminés, laissant le champ libre à Staline pour l'installation d'un gouvernement pro-communiste. Le 17 janvier 1945, l'armée polonaise faisant partie du collectif soviétique put défiler, après la libération, entreprise à partir du 12 janvier, dans Varsovie en ruines ; elle avait été intentionnellement écartée du soulèvement de la capitale.

L’objectif des Soviétiques était en fait d’annihiler toute résistance polonaise. Les résistants furent d’ailleurs condamnés, déportés, aussitôt la guerre terminée. Trois mois plus tard, le général Gudérian, de l'Armée allemande, faisait condamner les deux généraux S.S. Kaminski et Derlevager pour les massacres perpétrés à Varsovie. Passés en conseil de guerre, ils furent fusillés.
Revenir en haut Aller en bas
Souricet
Invité




MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Mar 30 Oct 2007 - 20:55

Zdzislaw Jan KAPERA

LE DECRYPTAGE D’ENIGMA ET SON ROLE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE


ENIGMA: une machine chiffrante ultra-performante


Au début du xxe siècle quelques inventeurs avaient cherché à construire une machine sûre et performante à base de tambours (ou roues) chiffrants appelés rotors. En 1919, à l’issue de la Grande Guerre, l’ingénieur hollandais Hugo Koch avait pris le premier un brevet pour une machine à écrire secrète. Mais ce fut un ingénieur allemand, Arthur Scherbius, auquel Koch avait cédé ses brevets, qui en construisit le prototype. Son entreprise fit un échec commercial, mais attira l’attention de la Reichmarine (1926) et de la Reichswehr (1928) qui l’utilisèrent pour le chiffrement mécanique des messages destinés ensuite àêtre transmis par radio. Entre 1937 et 1938, les unités de l’Abwehr (services d’espionnage militaire), de la SD (services de sécurité), les postes et les chemins de fer allemands furent équipées de machines Enigma. Parmi les spécialistes, la version militaire d’Enigma, sans cesse modifiée, passait alors pour une machine impossible à casser, à l’abri de toute tentative de décryptage. Les Français et les Anglais s’attaquèrent au système, en vain. Même équipés de documents allemands originaux (description, mode d’emploi, système de la configuration des rotors pour 3 mois et — probablement — un message clair accompagné du texte codé) qui leur avaient été transmis par un membre du Chiffrierstelle (agence cryptologique de la Reichwerh), ils n’arrivèrent pas à violer le secret d’Enigma. Heureusement, l’officier qui avait acheté ces documents avait des relations au Bureau polonais des chiffres de la deuxièrùe section des services de renseignement; en automne 1932, ils furent remis à un jeune mathématicien, Marian Rejewski. Ce fut un coup dans le mille! La formation très solide de cet ancien étudiant de l’Université de Poznai~, le stage d’un an qu’il avait effectué à la chaire des statistiques de l’université de Gôttingen, un cours de cryptologie qu’il avait suivi, une parfaite connaissance de l’allemand, mais avant tout une extraordinaire intuition, autant d’atouts qui lui permirent d’abord de faire une reconstruction mathématique des connexions internes des câbles d’Enigma àpartir d’éléments dont ils disposait, et d’effectuer ensuite vers la fin de l’année un premier décodage réussi. [I n’est pas sans importance de rappeler qu’un mois après, le 30janvier 1933, AdolfHitler devint chancelier du troisième Reich. On peut donc dire que, même si nous n avons pas eu ,,notre espion chez Hitler”, pour paraphraser le titre de l’excellent livre du colonel Paillole, Enigma s’y est en quelque sorte substituée.

Entre 1933 et 1938, Rejewski et ses deux collègues du BS-4 (section allemande du Bureau des Chiffres polonais), Jerzy R6~ycki et Henryk Zygalski, cassèrent de façon suivie, sans interruptions, des codes d’Enigma, grâce à quoi la Deuxième Section put être au courant des efforts de réarmement de la Wehrmacht, de la Luftwaffe et de la Kriegsmarine. Chaque division nouvelle, terrestre ou aérienne, chaque navire de guerre nouveau étaient équipés d’une machine Enigma. Il y avait de quoi écouter! En fait, des stations d’écoute radio situées à Krzeslawice près de Cracovie, à Poznaî’ et à Varsovie assuraient une interception régulière de messages allemands. En janvier 1938, un test effectué pendant deux semaines démontra que le Bureau des Chiffies sut casser 75 pour cent des messages interceptés. Ce résultat excellent aurait pu être encore meilleur, selon Rejewski, si les Polonais avaient disposé d’une meilleure écoute radio (certains messages avaient été incomplets ou mal transcrits par les radiotélégraphistes) et d’équipes de cryptologues plus importantes. Malheuresement, ceux-ci ne furent pas nombreux au BS-4.


La gloire, à d’autres?

Les historiens s’accordent à croire qu’Enigma a joué un rôle considérable dans l’histoire de la seconde guerre mondiale. Cette opinion est confirmée par l’observation que le général Dwight D. Eisenhower, chef des Alliés et futur président des Etats-Unis, exprima dans une lettre du 7juillet 1945, adressée au général Stewart Graham Menzies, chef des services secrets britanniques. (La copie de cette lettre se trouve à la bibliothèque présidentielle d’Eisenhower). Citons-en quelques extraits ,,Les informations fournies par vos services de renseignements avant, pendant et après cette campagne [il s’agit de l’opération Overlord, c’est-à-dire du Débarquement de Normandie] ont été pour moi très précieuses. Elles ont grandement simplifié ma tâche de commandant en chef des forces armées. Elles ont sauvé la vie de milliers d’êtres humains et contribué à réduire le temps nécessaire pour mettre en déroute l’ennemi et le sommer de se rendre.” Il prie Menzies de transmettre ,,personnellement et à chacun qui a été engagé dans ce travail, l’expression de son admiration la plus profonde et ses remerciements pour sa contribution décisive à l’effort militaire des Alliés”.

On ignore si le général Menzies avait transmis ces paroles à ses cryptologues, s’il leur avait fait voir l’original de la lettre. Peut-être pas, car le commandeur Frederick W. Winterbotham, un des proches collaborateurs du général et auteur du système de distribution des informations reçues grâce au décodage d’Enigma, cita ces propos à partir d’une copie de la lettre se trouvant aux Etats-Unis. Ce dont on peut être absolument sûr, c’est que Menzies ne l’avait jamais montrée ni aux cryptologues polonais ni à leurs chefs, sans lesquels le succès du décryptage n’aurait pas été possible. Et pourtant, ils étaient en Angleterre depuis deux ans! Le général Menzies n’a même pas autorisé les membres de l’équipe polonaise, qui avaient gagné l’Angleterre en août 1943, àjoindre l’équipe de Bletchley Park!

Il n’a pas fait partager la gloire aux autres. Il en a cueilli les fruits tout seul. Le 1~ février 1943, il a été décoré des médailles de saint Michel et de saint Georges et s’est vu décerner un titre de noblesse. Grâce à ses mérites de guerre, Menzies a continué d’être le chef des services secrets britanniques qu’il n’a quittés qu’en 1952, de son propre gré et au sommet de la gloire. l’affaire de Kim Philby, qui l’aurait certainement compromis, n’a éclaté que 8 ans plus tard.


Le dévoilement progressif des secrets d’Enigma.

Les cryptologues polonais qui ont apporté une contribution précieuse à l’opération Ultra étaient restés dans l’oubli. Jusqu’à sa mort en 1968, le général Menzies n’en avait rien dit, de même qu’il n’avait pas dispensé ses cryptologues du serment qu’ils avaient prêté de garder secrets tous les détails de l’opération Ultra. Ses successeurs en avaient fait autant. Le secret d’Enigma, bien que connu d’une bonne dizaine de milliers de personnes employées à Bletchley Park et de quelques centaines d’officiers du M16, n’a été révélé que 30 ans après la guerre. En Pologne le colonel Wladyslaw Kozaczuk de l’Institut militaire historique a fait publier en 1967 l’ouvrage intitulé Bataille des secrets, consacré à l’histoire des services de renseignement polonais entre 1922 et 1939. Ce livre révèle ,,le déchiffrement par des cryptologues polonais la machine chiffrante Enigma ce qui permit de lire nombre de messages considérés par l’état-major allemand comme totalement protégés contre le déchiffrement”, et ,,le travail des stations d’écoute installées par les services de renseignement radio et des cellules du Bureau des Chiffres [qui]... constitua un apport précieux à la reconnaissance du développement des forces armées allemandes”. Le livre de Kozaczuk a trouvé un écho en Allemagne ,,Die Nachthut”, journal des anciens membres de l’Abwehr en a publié de longs extraits, mais a contesté la thèse de l’auteur selon laquelle les Polonais auraient décrypté Enigma. Ce qui est étonnant, c’est que même Kozaczuk ne connaissait pas à l’époque les noms des décrypteurs polonais.

L’année suivante parut le livre de l’historien britannique David lrving sur le Forschungsamt, la Section du Chiffre dirigée par Hermann G~ring lui-même. L’auteur de l’introduction à ,,Breach of Security” (London 1968), Donald Cameron Watt, professeur à l’Université de Londres, y a révélé un fait jusque là complètement méconnu. Sans mentionner le nom d’Enigma, il a informé le public que la Grande Bretagne ,,avait reçu des services de renseignement polonais les clés de chiffres militaires et diplomatiques allemands”. Ce texte, même s’il ne mentionnait ni le nom du centre cryptologique et repérage radio polonais de Pyry ni la date de la transmission des clés (juillet 1939). a tout de même levé le voile du secret. Pourtant, cette révélation n’a suscité aucune réaction de la part de ceux qui détenaient le secret ,,du canard qui ne cancanait pas mais pondait des oeufs d ‘ or~~ (paroles de Winston Churchill). Les initiés devaient se taire et ils persistaient dans leur mutisme.

Or, le hasard a voulu qu’un jour le général français Gustave Bertrand, ayant dans sa jeunesse collaboré avec les cryptologues polonais, avant de monter dans un train a acheté à la gare le livre de Michel Garder sur les services secrets de son pays (La guerre secrète des services spéciaux français 1935-1945, Paris 1967). Scandalisé par la façon dont l’auteur avait décrit le travail du renseignement radio qu’il avait dirigé avant la guerre et pendant la campagne 1939-40, il a décidé de présenter sa version des faits, tout en protégeant la confidentialité de son agent allemand, de ses collaborateurs et collègues et sans révéler les noms des cryptologues polonais. Dans un livre publié en 1973 qui est passé inaperçu en France, mais a suscité un vif intérêt en Pologne, général Bertrand décrit ses contacts avec le Bureau des Chiffres polonais, révèle la transmission du secret du décryptage d’Enigma aux Alliés en juillet 1939. Il y parle du succès de la collaboration polono-franco-britannique durant la campagne 1940 et de ses efforts pour continuer les travaux cryptologiques en zone libre, toujours en collaboration avec les Polonais. Malheureusement, le livre de Bertrand, mal écrit, mal rédigé, plein de lacunes, a raté la chance de devenir un bestseller. Et pourtant, il en avait le potentiel! Même son titre intriguait: Enigma ou la plus grande énigme de la guerre 1935-1945, (Paris 1973). Par une coïncidence singulière, le livre parut dans les librairies parisiennes juste après Noél 1972, 40 ans jour pour jour après la reconstruction mathématique des clés d’Enigma par Marian Rejewski, employé à la section allemande du Bureau des Chiffres polonais. D’après les paroles de celui-ci, il avait eu l’intuition de vérifier sa découverte, sachant qu’en cette période de fêtes de fin d’année 1932 les Allemands allaient s’adresser des voeux de Noél. Et, comme par un coup de baguette magique, à travers les messages codés ont surgi des textes clairs de dépêches secrètes! Il serait intéressant de savoir si la date de parution du livre de Bertrand fut choisie délibérément pour rappeler celle du décodage d’Enigma ou si c’était une pure coïncidence.

Frederick W. Winterbotham, commandant en chef de l’opération Ultra, ne connaissait probablement pas le livre de Bertrand, car sa version de la collaboration cryptologique des Alliés dans les années 1939-1940 est est loin d’être exacte. Lui-même, tout comme Gordon Welchman, excellent cryptologue de Bletchley Park, devenu par la suite expert de la protection des ordinateurs, employé dans les années 70. à la corporation américaine MITRE, se sont battus pour obtenir l’autorisation de faire paraitre leurs mémoires, dans lesquels l’affaire d’Enigma allait occuper une place de choix. Ils se rendaient bien compte qu’après la révélation par J. C. Masterman des opérations du XX-Committee (retournement de presque tous les agents nazi en Grande Bretagne), il fallait continuer de révéler la vérité sur les activités de l’intelligence Service britannique pendant la seconde guerre: Enigma devait être l’étape suivante de ces révélations. Les éditeurs, grandes sociétés angloaméricaines, ont soutenu les deux auteurs dans leurs efforts d’obtenir l’autorisation de publier. Mais le chef du General Communication Head Quarter, sir John 1-looper, ainsi que les responsables du renseignement au niveau du gouvernement (Ministère des Affaires étrangères, Ministère de la Défense) leur ont catégoriquement refusé leur autorisation. Dans cette situation, celui qui a finalement révélé le secret d’Enigma et de l’opération Ultra fut Anthony Cave Brown, journaliste américain de renommée internationale (mort tout récemment). Dans son livre La guerre secrète (Paris, 1982, le titre original Bodyguard of lies, première édition Harper and Row, New York 1975) Brown a donné une description minutieuse du plan de déception allié lors du Débarquement de Normandie (opération Overlord). Quant à Winterbotham, le moratoire forcé sur son livre The Ultra Secret (London 1974, paru en France chez Robert Laffont sous le titre Ultra, Paris 1976) allait bientôt être levé et le livre a eu titi énorme succès de librairie (plusieurs millions d’exemplaires vendus). En revanche, la publication de Welchman sur le travail des cryptologues de Bletchley Park, qui n’a vu le jour qu’en 1982, a brisé la carrière de son auteur. Le bras de la direction du GCHH a été si long que Welchman, qui travaillait aux Etats-Unis, s’est vu retirer l’accès aux secrets de communication de ce pays. En conséquence, il ne put plus exercer son métier. Il fut frappé de cette sanction malgré (ou peut-être à cause de) ses mérites de guerre en domaine de décryptage, qui furent honorés de la plus haute décoration anglaise, Order of the British Empire ! Pour comble de malheur, son livre, mal conçu par l’éditeur américain, grossi de rapports des travaux que Welchman avait effectués aux Etats-Unis après 1945, n’a pas apporté à son auteur le succès qu’il méritait bien plus que l’auteur d’ Ultra.

Les machines chifffrantes Enigma que les Alliées avaient prises comme butin de guerre aux Allemands en 1945 ont été remises par les Anglais aux ambassades intéressées. C’était l’argument majeur dont ceux-ci se sont servis pour justifier l’ordre de maintenir secrète toute information sur Enigma et l’interdiction de toute publication sur la machine. Les Américains s’étaient eux aussi engagés à garder le secret d’Enigma aussi longtemps que les Anglais en auraient besoin; même dans l’ouvrage de Masterman sur les agents retournés, édité par la prestigieuse Yale University Press en 1972 il n’était question que de « moyens de communications spéciaux ». D’autre part, l’absence de censure préventive aux Etats-Unis empêcha l’arrêt d’impression de l’ouvrage déjà cité d’A. C. Brown, qui allait donc paraître en 1975. Brown, qui dans cette publication consacra une place considérable à Enigma, fut par ailleurs l’un des premiers lecteurs du manuscrit dactylographié du livre de Winterbotham The Ultra Secret.
Revenir en haut Aller en bas
Souricet
Invité




MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Mar 30 Oct 2007 - 20:56

Les conséquences du relâchement des restrictions par le renseignement britannique.

La levée du secret acquise grâce à la publication de Winterbotham a eu une grande importance. Les efforts pour obtenir l’autorisation de publier les livres de Masterman, Winterbotham et Welchman ont contribué à ouvrir aux historiens de la seconde guerre l’accès aux documents extrêmement importants, qui sans cela auraient vu le jour bien plus tard, peut-être jamais... C’est grâce à eux que l’équipe de Harry Hinsley, ancien recteur de St. iohn’s College à Cambridge, a pu avoir accès àla presque totalité des archives du renseignement britannique de Public Records Office (Kew), à partir desquelles ces chercheurs ont élaboré une publication en plusieurs volumes relatant la contribution du service de renseignement brittanique àla stratégie et au déroulement de la seconde guerre mondiale. Dans Cet ouvrage imposant, l’histoire est présentée de manière impersonnelle, comme celle de comités et non pas de personnes. Même dans l’appendice du premier volume (1979), où il est question de la collaboration cryptologique des Britanniques avec les Polonais et les Français, les noms des mathématiciens polonais casseurs de codes d’Enigma n’ont pas été cités. Voilà à quel point sir Harry Hinsley, ancien employé de Bletchley Park, tenait à respecter rigoureusement les consignes gouvernementales relatives à l’histoire officielle du renseignement britannique!

Qui donc a tiré de l’oubli les décrypteurs polonais, Marian Rejewski, Jerzy Râzycki et Henryk Zygalski? Le premier qui révéla ces noms fut David Kahn, excellent historien spécialisé dans la cryptologie. Dans une note critique du livre de Winterbotham, publiée dans «The New York limes Book Review » du 29 décembre 1974, il présenta au public américain les trois noms, injustement oubliés par Winterbotham et fit mention de la transmission aux Alliés par les Polonais de codes Enigma enjuillet 1939, fait historique également omis par celui-ci.

En Pologne, à la même époque, Wladyslaw Kozaczuk commença à publier dans l’hebdomadaire « Stolica» (fin 1974

— 1975) une première version de son livre Enigma, grâce auquel le public polonais put enfin connaître les noms des trois cryptologues.


La source Wicher (jusqu’en 1939)

En même temps, des questions douloureuses commencent à être posées: depuis qu’on sait que la machine Enigma avait été reproduite en Pologne, qu’on en produisait des répliques, que les Polonais décryptèrent pendant près de 10 ans des messages chiffrés de l’armée allemande, dont aussi ceux de la marine et des forces de l’air, alors pourquoi la connaissance de ce secret ne les a en rien aidés en 1939, pourquoi ils ont transmis ce secret aux Alliés sans rien demander en retour? En quoi le décryptage d’Enigma a réellement influé sur les opérations militaires de la seconde guerre?

En 1939, Wicher, formidable source d’informations reçues à partir du décodage d’Enigma, s’est quasiment tarie à la suite des changements radicaux introduits par les Allemands le 15 décembre 1938. Ceux-ci ont ajouté deux rotors supplémentaires au jeu de trois utilisés jusqu’alors et augmenté le nombre de connexions placées à l’avant de la machine de 6 à 12, ce qui a considérablement réduit la possibilité de restituer la configuration initiale déterminée par la clé secrète qui changeait chaque jour. D’après les calculs de Rejewski lui-même, lui et ses collègues ne parvenaient plus à décrypter que 10 pour cent des messages interceptés. Les Polonais ont eu beau restituer rapidement le système de connexions des nouveaux rotors, car le nombre de permutations des connexions a augmenté de façon dramatique. Pour les restituer il fallait plus de bombes, c’est-à-dire de machines électromécaniques permettant d’identifier la configuration du jour et de feuilles perforées (baptisées grilles de Zygatski), correspondant à toutes les permutations du réglage de base des rotors. D’après Rejewski, «l’usine AVA a fourni un petit nombre de rotors IV et V pour les machines servant à déchiffres les messages du réseau SD, mais pour une bombe il fallait 36 rotors IV et V, et comme le travail avec les bombes devait durer 24 heures sur 24, on avait besoin d’opérateurs supplémentaires. Et pour nos deux paquets de feuilles perforées, il en fallait 58 d’autres... Nous parvenions à décrypter les messages militaires seulement lorsque dans la machine il n’y avait par hasard que trois tambours initiaux sur un axe, ce qui arrivait en moyenne une fois sur dix ». Le colonel ian Le~niak, chef du service « Allemagne» de la deuxième Section, a confirmé dans un entretien accordé à Ryszard Woytak le 15 janvier 1976 qu’en 1939 les officiers de l’état-major polonais avaient reçu très peu d’informations d’Enigma. Pendant les mois qui ont précédé le début de la guerre jusqu’en septembre 1939, l’exploration de cette source de renseignements a donc été très faible. Plusieurs raisons expliquent cette perte d’efficacité. D’abord, l’insuffisance de moyens financiers pour répondre aux besoins des cryptologues. Ensuite, le fiasco de la conférence de cryptologues alliés qui s’est tenue à Paris en janvier 1939; les Français et les Anglais avaient trop peu d’informations sur le fonctionnement d’Enigma pour venir en aide aux Polonais ; ceux-ci ont donc résolu de ne pas révéler à leurs homologues alliés les résultats obtenus par le BS-4.

Il faut noter cependant que les cryptologues polonais avaient fourni les clés du réseau SD de façon ininterrompue jusqu’au premier juillet 1939. Cela est important dans la mesure où l’erreur courante des historiens de cette période est d’ affirmer qu’en 1939 le décryptage d’Enigma fut quasiment abandonné. Or, les services de renseignement polonais avaient été coupés d’informations provenant de cette source seulement en été 1939.


Effets à long terme de la conférence des cryptologues alliés à Pyry

Six mois après la conférence de Paris, à Pyry, près de V’arsovie, s’est tenue une deuxième conférence de cryptologues alliés (du 25 au 27 juillet 1939). Les invités furent accueillis par le chef du Bureau des Chiffres, colonel Gwido Karol Langer, accompagné de son adjoint, commandant Maksymilian Ciç±ki. Parmi les invités, il ya eu commandant Gustave Bertrand du centre de repérage radio du Service de Renseignement français et son excellent cryptologue, capitaine I-lenri Braquenié. Les Britanniques furent représentés par Alastair Denniston, chef du service de déchiffrement de l’Intelligence Service (Governement Code and Cypher School), Alfred Dillwyn Knox, éminent spécialiste d’Enigma, et Edward Travis, chef du service repérage radio de l’Amirauté. Les Polonais ont transmis à leurs futurs compagnons d’armes les résultats de dix ans de recherches sur Enigma et promis de leur remettre par le courrier diplomatique deux exemplaires de la copie polonaise de la machine (un pour les Français, un autre pour les Britanniques). En plus de cela, les Anglais allaient recevoir un paquet de grilles de Zygalski. Lors de la conférence, Marian Rejewski a eu l’honneur de présenter à A. D. Knox les résultats de ses découvertes sur Enigma. Le célèbre cryptologue britannique n’arrivait pas à croire qu’il avait été si près de trouver la clé de l’énigme. Or, «les miracles n’arrivent qu’une fois », comme a très justement remarqué à ce propos Gilbert Bloch, spécialiste le plus connu aujourd’hui de l’histoire d’Enigma. En effet, à partir des données qui depuis 1932 furent en possession de tous les cryptologues, seul Rejewski a su déchiffrer les codes secrets.

La transmisssion du secret aux Alliés a été la seule décision raisonnable à prendre à la veille de la guerre. D’après le colonel Stefan Mayer. elle aurait été prise au niveau du chef de l’Etat-major polonais. Je doute fort que le général Waclaw Stachiewicz en ait compris l’importance ou qu’il ait été capable d’en prévoir les effets à long terme. Pour lui, ce fut une décision plus politique (un geste de solidarité à l’égard des Alliés) que militaire. Dans son rapport sur les préparatifs à la guerre concernant la période 1935-1939, on chercherait en vain une seule mcntion de la 11e Section ou du Bureau des Chiffres. Il est mort en 1973, parfaitement inconscient de la plus grande réussite de ses subalternes.

Les cryptologues polonais pendant la guerre

Le secret d’Enigma fut donc généreusement transmis aux Alliés, sans rien leur demander en retour. La suite de cette histoire est connue du public polonais grâce aux ouvrages de Jerzy Garliûski et Wladyslaw Kozaczuk. Après l’invasion de la Pologne par les troupes allemandes, les cryptologues polonais ont gagné la France et, ayant reçu le consentement du général Wladyslaw Sikorski, se sont mis au service des Français. Ceux-ci ont entrepris la production de machines supplémentaires, indispensables pour les travaux de décryptage, car les répliques polonaises avaient été complètement détruites en septembre1939; le colonel Langer n’avait transporté à Paris qu’un exemplaire de la machine. Les Anglais ont concentré leurs efforts àmettre au point la version modifiée, plus performante, des grilles de Zygalski (baptisées ieffrey’s sheets), dont un paquet a été transmis au centre français du repérage radio au P.C. Bruno (Gretz-Armainvilliers, dans la région parisienne). Grâce à cela assez rapidement, le 17janvier 1940. les Alliés sont parvenus à casser pour une première fois le code militaire d’Enigma. Il s’est avéré alors qu’après le 1er septembre 1939 les Allemands n’avaient apporté aucune modification au système: Enigma était à la disposition des Alliés. Cependant, comme nous le savons, cet accès aux renseignements secrets des nazis n’a pas aidé les Alliés à bien déchiffrer les intentions d’Hitler à l’encontre du Dannemark, de la Norvège et plus tard de la France. Celle-ci n’a pu être sauvée, bien que, pour citer les paroles du colonel Louis Rivet, chef du P.C. Bruno, à partir du 10 mai 1942 « nous lis[ions] tout» et que se fût bien Enigma qui avait prévenu I’Etat-major français du décryptage du code secret français par les Allemands. L’apport des services de déchiffrement d’Enigma pendant la Bataille de Dunkerque et la bataille d’Angleterre n’a jamais été expliqué à fond. Mais les Alliés ont rapidement appris à utiliser opérationnellement les informations fournies, grâce notamment aux efforts de Winterbotham qui a mis sur pied un système sûr et efficace de transmission des renseignements obtenus, baptisé SLU (Special Liaison Unit) et a mené à bien l’opération Ultra, c’est-à-dire la distribution des informations interceptées d’abord à partir d’Enigma, et plus tard aussi de Geheimschreiber.
Revenir en haut Aller en bas
Mespheber
Membre superactif
Membre superactif


Sexe:Masculin
Age : 36
Inscrit le : 16 Nov 2007
Messages : 1030
Localisation : Lille - Francja

MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Sam 17 Nov 2007 - 0:06

Ne serait-ce pas plus simple, Souricet, de donner la source d'où tu copies ces pavés pénibles à lire au format du forum? D'autant plus que le droit légal à la citation est largement dépassé AMHA...
_________________
Revenir en haut Aller en bas
Fée Violine
Indéboulonnable
Indéboulonnable



Age : 58
Inscrit le : 29 Mai 2007
Messages : 2643

MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Sam 17 Nov 2007 - 1:09

Bonjour, Mespheber. Ça fait longtemps qu'on ne t'avait pas vu !
Revenir en haut Aller en bas
Joss
Administratrice
Administratrice


Sexe:Féminin
Age : 58
Inscrit le : 26 Mai 2007
Messages : 5367
Localisation : region parisienne

MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Sam 17 Nov 2007 - 10:21

Mespheber a écrit:
Ne serait-ce pas plus simple, Souricet, de donner la source d'où tu copies ces pavés pénibles à lire au format du forum? D'autant plus que le droit légal à la citation est largement dépassé AMHA...


SOURICETTE a quitté le forum Wink
_________________
Je dors, mais mon cœur veille. Cantique des Cantiques, 5, 2

http://le-raton-laveur.blogspirit.com/
http://leraton-laveuretl-aigle.blogspirit.com/
Revenir en haut Aller en bas
Mespheber
Membre superactif
Membre superactif


Sexe:Masculin
Age : 36
Inscrit le : 16 Nov 2007
Messages : 1030
Localisation : Lille - Francja

MessageSujet: Re: Génocide polonais et résistance   Sam 17 Nov 2007 - 20:50

AMHA: pas une grosse perte. Il n'y a rien de moins créatif que de plagier des informations sans apporter quoique ce soit de personnel.
_________________
Revenir en haut Aller en bas

Génocide polonais et résistance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédente  1, 2

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
MARTHE ET MARIE :: CHEZ LAZARE :: Histoire-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet