MARTHE ET MARIE
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Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé

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Cécile
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Ven 14 Mar 2008 - 21:54

Les historiens recensent plusieurs manière connues de lire la Bible..

- La lecture émotionnelle
- La lecture grammaticale et historique
- La lecture "typologique" ou symbolique (Origène par exemple)

...et la lecture spirituelle, la "lectio divina".
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Cécile
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Ven 14 Mar 2008 - 22:06

Peut-être que tout le monde ne connait pas Zenit, donc je mets l'article intégral :

Si l’on ne pose sur la Bible qu’un regard scientifique, elle se referme




Quatrième prédication de carême du P. Cantalamessa en présence de Benoît XVI


ROME, Vendredi 14 mars 2008 (ZENIT.org) - Si l'on ne pose sur la Bible qu'un regard scientifique, celle-ci se referme, comme certaines coquilles qui, lorsqu'on les touche, se referment pour protéger la perle qu'elles contiennent, la perle de l'Ecriture étant le Christ.
C'est ainsi que le P. Raniero Cantalamessa OFM Cap. a expliqué ce matin l'importance de la lecture spirituelle de la Bible qui peut seule « libérer » le contenu des Ecritures pour chacun de nous.
Le prédicateur de la Maison pontificale a prononcé ce vendredi matin, en la chapelle « Redemptoris Mater » au Vatican, en présence du pape et de ses plus proches collaborateurs de la curie, sa quatrième prédication de carême sur « la lecture spirituelle de la Bible ».
Le P. Cantalamessa a dénoncé une « exégèse exclusivement scientifique » des Ecritures qui fait de la Bible « un objet d'étude que le professeur doit ‘maîtriser' et face auquel, comme il sied à tout homme de science, il doit rester ‘neutre' ».
« Mais dans ce cas unique, il n'est pas permis de rester ‘neutre' et il n'est pas donné de ‘dominer' la matière ; il faut plutôt se laisser dominer par elle. Si l'on y réfléchit bien, c'est presque un blasphème d'affirmer qu'un expert de l'Ecriture ‘maîtrise' la parole de Dieu », a-t-il affirmé.
« La conséquence de tout cela, a-t-il poursuivi, est que l'Ecriture se referme, ‘se replie' sur elle-même ; elle redevient le livre ‘scellé', le livre ‘voilé' car, dit saint Paul, ce voile est ‘enlevé dans le Christ', ‘quand on se convertit au Seigneur', c'est-à-dire quand on reconnaît le Christ dans les pages de l'Ecriture ».
Le P. Cantalamessa voit là une explication à « la pauvreté et l'aridité spirituelle qui règne dans certains séminaires et lieux de formation ».
« L'Eglise a vécu et vit de la lecture spirituelle de la Bible, a-t-il déclaré. Si l'on coupe ce canal qui nourrit la vie de prière, le zèle, la foi, tout se dessèche... On ne comprend plus la liturgie qui est entièrement construite sur une utilisation spirituelle de l'Ecriture ».
Le P. Cantalamessa reconnaît toute l'importance de l'exégèse car, dit-il « on ne peut pas, dans l'Ecriture, découvrir l'Esprit, sans passer par la lettre, c'est-à-dire l'ornement concret et humain dont la parole de Dieu a été revêtue dans les différents livres et chez les auteurs inspirés. On ne peut découvrir la signification divine contenue dans l'Ecriture qu'en partant de la signification humaine, celle que voulait donner l'auteur humain, Isaïe, Jérémie, Luc, Paul, etc. L'immense effort d'étude et de recherche qui entoure le livre de l'Ecriture trouve ici sa pleine justification ».
« Mais prétendre comprendre l'Ecriture de manière exhaustive, en l'étudiant uniquement avec l'instrument de l'analyse historique et philologique, c'est comme prétendre découvrir le mystère de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie, en se basant sur une analyse chimique de l'hostie consacrée ! L'analyse historique et critique, même si elle est poussée au maximum de sa perfection, ne représente en réalité que le premier degré de la connaissance de la Bible, celui qui concerne la lettre », a-t-il expliqué.
« La lecture spirituelle est une chose bien précise et objective, a-t-il poursuivi. C'est la lecture qui est faite sous la conduite ou à la lumière de l'Esprit Saint qui a inspiré l'Ecriture. Elle se base sur un événement historique, c'est-à-dire sur l'acte rédempteur du Christ qui... offre la vraie clé de lecture de la Bible tout entière »
« Celui qui voudrait, après lui, continuer à lire l'Ecriture en faisant abstraction de cet acte, serait comme un musicien qui continue à lire une partition musicale en clé de ‘fa', après que le compositeur ait introduit la clé de ‘sol' dans le morceau : chaque note produirait alors un son faux. Maintenant, le Nouveau Testament appelle cette nouvelle clé ‘l'Esprit', et l'ancienne clé ‘la lettre', en disant que la lettre tue, mais l'Esprit vivifie », a-t-il expliqué.
Le P. Cantalamessa évoque la « tristesse » du cardinal de Lubac qui déplorait un manque de foi et d'élan chez ses contemporains, et de ce fait, l'impossibilité de « ressusciter » la lecture spirituelle de la Bible.
« L'Esprit s'est mis à souffler à nouveau, de manière inattendue, de partout, sur les ossements desséchés, a constaté le prédicateur de la Maison pontificale. Et parallèlement à la réapparition des charismes, on assiste à la réapparition de la lecture spirituelle de la Bible et ceci est également l'un des fruits les plus exquis de l'Esprit ».
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Ven 14 Mar 2008 - 22:55

Citation:
« Mais dans ce cas unique, il n'est pas permis de rester ‘neutre' et il n'est pas donné de ‘dominer' la matière ; il faut plutôt se laisser dominer par elle. Si l'on y réfléchit bien, c'est presque un blasphème d'affirmer qu'un expert de l'Ecriture ‘maîtrise' la parole de Dieu », a-t-il affirmé.


Je suis bien en accord avec cette affirmation, la recherche biblique , la vraie, conduite de manière exigeante amène au point ou l'on sait "qu'on ne sait rien"..
Et c'est là ou la grâce peut se manifester, c'est pour celà que les grands exégètes sont aussi d'une grande humilité...

Le centre des Ecritures c'est le Christ, c'était ce qu'expliquait St Augustin..Et les Evangiles amènent au Christ.
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L'unité de l'Eglise ne réside pas tant dans son passé que dans son avenir (Christopher Webber)
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Fée Violine
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Sam 15 Mar 2008 - 10:07

lucie a écrit:
c'est ce que j'essaie de dire depuis le début... on n'a aucune certitude ... Biggrin

chacun prend des hypothèses qui lui convienne, et tente de les faire passer pour certitudes, rejetant ainsi celles des autres....

et je préfère de loin lire les textes.

mais je l'ai déjà dit...


mais moi aussi, c'est ce que j'essaie de dire.
Je ne rejette pas les hypothèses des autres, je rejette seulement, avec des arguments rationnels, les erreurs historiques ou logiques contenues dans ces hypothèses.
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lotus tranquille
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MessageSujet: En vrac   Dim 16 Mar 2008 - 8:22

Question aux administrateurs du forum et/ou aux créateurs de cette plate-forme: existe-t-il une vue en arborescence?

Contexte de la question: pour quelqu'un qui comme moi, prend la discussion en cours de route il est fort difficile de repérer qui répond à qui ou à quoi... et le résultat est assez hallucinant.

Socrate: "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien"... mais quand même! on sait quelques petites choses...

Merci à la douce fée Violine de renvoyer à l'une de mes contributions sur un autre forum.
La "lecture spirituelle" est bien belle et nourrissante à la condition de s'enraciner dans une analyse précise du texte (et de son contexte) sinon on peut faire dire n'importe quoi (et le contraire) à un texte donné.

Une hypothèse: la conférence du P. Cantalamessa (quel beau nom!... Chante la messe! cheers ) exprime une réaction par rapport à l'hyper critique des XIX et XXème siècle qui a eu tendance à la "déconstruction" du texte plutôt qu'à sa compréhension. En cela il a raison.
Car toute exégèse (y compris l'exégèse historique) a pour vocation de faire ressortir le sens d'un texte et non de dire que tel verset serait tardif ou primitif...

snif
Et si ces réflexions tombent comme un pavé dans la mare, j'en prends le risque...

Bonne journée à tous! in love
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Fée Violine
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Dim 16 Mar 2008 - 10:54

je ne pense pas qu'il y ait la vue en arborescence. Mais en général chacun cite les propos auxquels il répond, ce qui clarifie tout de même les débats.
Merci, Lotus, pour ton intervention. C'est ce que j'essayais de dire.
Le P. Cantalamessa n'interdit pas l'étude historique, mais signale qu'il ne faut pas s'arrêter là, ce qui est évident !
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lucie
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Dim 16 Mar 2008 - 11:04

Citation:
Car toute exégèse (y compris l'exégèse historique) a pour vocation de faire ressortir le sens d'un texte et non de dire que tel verset serait tardif ou primitif...


bien sur... c'est en ce sens que le texte est le plus important...

Citation:
mais quand même! on sait quelques petites choses...


Oui... mais pas précisément sur ce qui a été dit, c'est à dire sur la personnalité de ceux qui ont écrit les Evangiles... pour autant que je sache du moins.

La tradition apporte un certains nombres d'éléments... non vérifiables, par ailleurs... l'exégèse propose différentes pistes... parfois surprenantes Shocked et tout aussi non vérifiables, parfois confiramant la tradition, parfois l'infirmant...

de là... personnellement, cela m'importe assez peu.
sans doute parce que ce n'est pas une certitude historique que je cherche dans la Parole.
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Fée Violine
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Dim 16 Mar 2008 - 15:59

mais Lucie, j'ai l'impression que nous ne parlons pas de la même chose.
Il ne s'agit pas de chercher une certitude historique dans le texte, mais seulement d'éviter, grâce à un minimum de connaissances historiques, des erreurs de compréhension du texte.
Ou alors, il faut renoncer à l'objectivité, et décider que chacun a le droit d'utiliser les textes à sa guise ?
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lucie
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Dim 16 Mar 2008 - 17:50

peut-etre ne parlons-nous pas en effet de la même chose...
mais je ne parle pas d'une certitude historique dans le texte, mais sur le texte...
et je trouve que la différence entre certitude et conviction me parait bien floue....


bien sur, je ne pense pas que le texte puisse se lire totalement en dehors de tout contexte...
encore que... un certain nombre de paraboles parlent simplement sans aucun contexte...
il est plus difficile d'en dire autant d'un texte apocalyptique... sans se référer aux textes antérieurs, aux dirconstances de leur écriture etc... je pense qu'on va au contre sens assuré.
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MessageSujet: Sans contexte?   Lun 17 Mar 2008 - 6:44

Lucie a écrit:
Citation:
un certain nombre de paraboles parlent simplement sans aucun contexte...


Pas sûr. Pas dans tous les cas.

Par exemple, la parabole du roi qui quitte son royaume pour aller se faire couronner ailleurs... Pour moi, c'était incompréhensible!!! Pas besoin d'avoir étudié beaucoup l'histoire de France pour savoir que les rois se faisaient couronner à Reims et pas en Norvège!!!

C'est une allusion à ce qui s'est passé avec Hérode le Grand (39-4 avant notre ère) qui a été nommé roi par le Sénat de Rome. De fait, quand il est revenu, il a dû conquérir son royaume qu'il ne devait qu'à la puissance de Rome.

Hérode le Grand, qui n'est pas à confondre avec Hérode Antipas (celui de la Passion et celui des Actes des Apôtres) et qui lui n'a jamais été roi.
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Cécile
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Lun 17 Mar 2008 - 7:01

un certain nombre de paraboles parlent simplement sans aucun contexte...



Pas sûr. Pas dans tous les cas.


C'est pourquoi Lucie précise : un certain nombre ... Wink
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lucie
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Lun 17 Mar 2008 - 8:23

Merci Cécile.
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Cécile
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MessageSujet: Re: Principe pour l'interprétation d'un texte dit révélé   Mer 4 Juin 2008 - 20:06

« L'humilité intellectuelle » est la première règle pour qui scrute la Bible


Catéchèse du mercredi sur saint Grégoire le Grand

ROME, Mercredi 4 juin 2008 (ZENIT.org) - « L'humilité intellectuelle est la première règle pour celui qui cherche à pénétrer les réalités surnaturelles en partant du livre sacré », explique Benoît XVI en prenant l'exemple de saint Grégoire le Grand.
Benoît XVI a en effet évoqué pour la seconde fois ce mercredi, place Saint-Pierre, la figure du pape Grégoire le Grand, et spécialement ses écrits.
Une lecture humble de l'Ecriture
Le pape rappelait qu'on a gardé de lui un Registre de plus de 800 lettres, mais surtout des « écrits de caractère exégétique », spécialement son « Commentaire moral à Job », ou « Moralia in Iob », les « Homélies sur Ezéchiel » et les « Homélies sur les Evangiles ». S'y ajoute, disait le pape, « une importante œuvre de caractère hagiographique, les « Dialogues », écrite pour l'édification de la reine lombarde Théodelinde ».Enfin, « l'œuvre principale et la plus célèbre est sans aucun doute la « Règle pastorale », que le Pape rédigea au début de son pontificat dans le but précis de présenter un programme ».
Mais qu'est-ce qui inspire l'écrivain ? « Il veut simplement, explique Benoît XVI, être la bouche du Christ et de son Eglise, sur le chemin qu'il faut parcourir pour arriver à Dieu ».
Pour ce qui est de la lecture de la Bible, « il pensait que le chrétien ne devait pas tellement tirer des connaissances théoriques de l'Ecriture Sainte, mais plutôt la nourriture quotidienne pour son âme, sa vie d'homme dans ce monde », souligne Benoît XVI.
Et d'expliquer : « Aborder l'Ecriture uniquement pour satisfaire son propre désir de connaissance signifie céder à la tentation de l'orgueil et s'exposer ainsi au risque de glisser dans l'hérésie. L'humilité intellectuelle est la première règle pour celui qui cherche à pénétrer les réalités surnaturelles en partant du livre sacré ».
Humilité et compétence, souligne le pape : « L'humilité n'exclut pas du tout, bien sûr, l'étude sérieuse ; mais si l'on veut que celle-ci soit bénéfique sur le plan spirituel, en permettant d'entrer réellement dans la profondeur du texte, l'humilité demeure indispensable. Ce n'est qu'avec cette attitude intérieure que l'on écoute réellement et que l'on perçoit enfin la voix de Dieu ».
Benoît XVI explique que « lorsqu'il s'agit de la Parole de Dieu, comprendre n'est rien, si la compréhension ne conduit pas à l'action» et il cite Grégoire le Grand : « Le prédicateur doit tremper sa plume dans le sang de son cœur ; il pourra ainsi arriver également jusqu'à l'oreille de son prochain ».
Les différents sens de l'Ecriture
« Le grand Pape ressent le devoir d'orienter les pasteurs et les fidèles sur l'itinéraire spirituel d'une lectio divina éclairée et concrète, inscrite dans le contexte de sa propre vie », souligne le pape.
Dans son « Commentaire moral de Job », souligne Benoît XVI, Grégoire évoque trois sens de l'Ecriture : littéral, allégorique et moral, qui sont, explique-t-il, « des dimensions du sens unique de l'Ecriture Sainte.
Mais saint Grégoire privilégie le sens moral : « L'idéal moral, commente-t-il, consiste toujours à réaliser une intégration harmonieuse entre la parole et l'action, la pensée et l'engagement, la prière et le dévouement aux devoirs de son propre état : telle est la route pour réaliser cette synthèse grâce à laquelle le divin descend dans l'homme et l'homme s'élève jusqu'à l'identification avec Dieu. Le grand Pape trace ainsi pour le croyant authentique un projet complet de vie ; c'est pourquoi le « Commentaire moral à Job » constituera au cours du Moyen-âge une sorte de Somme de la morale chrétienne ».
Les « Homélies sur les Evangiles » sont également d'une grande importance et d'une grande beauté.
« Le texte peut-être le plus organique de Grégoire le Grand est la Règle pastorale, écrite au cours des premières années de pontificat. Dans celle-ci, Grégoire se propose de tracer la figure de l'évêque idéal, maître et guide de son troupeau », explique Benoît XVI.
Pour une action pastorale efficace
Une des points forts de cet enseignement est qu'une « action pastorale efficace demande ensuite qu'il connaisse ses destinataires et qu'il adapte ses interventions à la situation de chacun : Grégoire s'arrête pour illustrer les différentes catégories de fidèles avec des annotations judicieuses et précises, qui peuvent justifier l'évaluation de ceux qui ont également vu dans cette œuvre un traité de psychologie. On comprend à partir de cela qu'il connaissait réellement son troupeau et parlait de tout avec les personnes de son temps et de sa ville »..
Son autre œuvre, les « Dialogues », est également « significative », ajoute le pape qui relève notamment que « le livre II est entièrement consacré à la figure de Benoît de Nursie et est l'unique témoignage antique sur la vie du saint moine, dont la beauté spirituelle paraît dans ce texte avec une grande évidence ».
S'arrêtant aux relations du pape Grégoire avec les patriarches d'Antioche, d'Alexandrie et de Constantinople elle-même, Benoît XVI faisait observer : « Il se soucia toujours d'en reconnaître et d'en respecter les droits, en se gardant de toute interférence qui en limitât l'autonomie légitime ».
Et de conclure : « Grégoire était resté un simple moine dans son cœur, et c'est pourquoi il était absolument contraire aux grands titres. Il voulait être - telle est son expression - servus servorum Dei. Ce terme forgé par lui n'était pas dans sa bouche une formule pieuse, mais la manifestation véritable de son mode de vivre et d'agir ».
Anita S. Bourdin
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